La route des éphèbes (03)


La route des éphèbes (03)
Texte paru le 2021-01-15 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : La route des éphèbes


Chapitre 3 — LA PLAGE DE THESSALIE (Récit de Jérôme)


À quelques kilomètres de Thessalonique, au calme, Hervé nous a dégotté une petite plage de sable, une crique ombragée, un superbe endroit. On a décidé d’y camper, en sauvage ! Il n’y avait personne et nous avons trouvé un emplacement tranquille pour le cas où d’autres campeurs s’installeraient. Ah ! J’ai écrit une page sur cette fameuse soirée !


Plage de Thessalie, le 22 juillet 1972.

À Thessalonique, nous sommes allés faire un tour en ville et la visiter, le bazar turc (Modiano), la Tour Blanche et la Rotonda. On a fait quelques emplettes pour le dîner. Hervé a proposé de trouver rapidement un camping au bord de mer pour pouvoir se baigner.

Comme d’habitude, Hervé et Dominique ont monté la tente. Comme d’habitude, j’ai préparé le reste du campement.

Dominique a suggéré de faire le soir un bain de minuit !

Hervé a dit que si l’on voulait se baigner à poil, on pouvait profiter du soleil et le faire tout de suite puisque nous étions isolés du monde !

On a joué dans l’eau tout nu ! Pour nous tous c’était une première ! Hervé et Delphine sont partis dans une crique un peu plus loin…

Bon dîner avec des grillades au feu de bois !

Il faisait très chaud sous la tente et Dominique m’a proposé d’aller dormir dehors sur la plage.


Dans le journal, je n’ai pas pu tout écrire ! Sur le moment j’étais gêné de la proposition d’Hervé. Je l’avais déjà vu à poil, mais pas Delphine. Hervé et Delphine sont partis devant Dominique et moi. J’ai hésité à retirer mon maillot de bain. Dominique qui m’attendait était déjà nu. Il a vu mon trouble, s’est approché de moi, il a fait descendre mon slip sur mes jambes.

— Voilà ! C’est fait père la pudeur ! a-t-il dit en me donnant une claque sur les fesses et en me poussant devant lui vers le rivage.

Je l’ai précédé en courant. On a joué au ballon dans l’eau chaude. Je me suis retrouvé seul avec Dominique. On a chahuté dans l’eau à son initiative ! J’ai vu qu’il bandait à moitié. Comme moi, il devait se retenir. Je suis revenu m’allonger sur la serviette de bain. J’étais sur le ventre quand Dominique m’a rejoint.

— Tu vas attraper des coups de soleil ! m’a-t-il dit. Tu veux que je te mette de la crème dans le dos ?

Je n’ai pas eu le temps de lui répondre que j’ai senti la crème froide dans le creux de mes reins et les mains de Dominique. Il m’a massé le dos doucement, jusqu’aux fesses qu’il effleurait sans oser les toucher ! J’ai entendu du bruit. Je me suis retourné pour voir arriver Hervé et Delphine. Dominique, à mon grand regret, a arrêté son massage et s’est allongé brusquement à côté de moi sur sa serviette et sur le ventre. Sur le ventre heureusement car sa queue était toute raide ! Mais j’étais dans le même état ! Nous nous sommes tous reposés sur la plage. Dominique a tourné la tête vers moi ! Avec un sourire, il m’a fait un clin d’œil complice et il a plaisanté sa sœur et son beau-frère sur leur petite balade dans les criques !

Le dîner a été excellent ! Dominique avait fait des brochettes au feu de bois allumé sur la plage.

Lorsque Dominique et moi avons été nous coucher, assez tard car il faisait encore très chaud, la température sous la tente était suffocante malgré la nuit tombée. Hervé et sa femme, déjà au lit, roucoulaient dans leur sac de couchage !

— Il fait une horrible chaleur là-dedans ! Si nous allions dormir à la belle étoile ? m’a proposé Domi. Sur la plage ! Hervé et Delphine seraient plus tranquilles pour une fois.

J’ai acquiescé et nous avons sorti de la tente nos matelas pneumatiques et nos duvets et les avons transportés vers le rivage, au creux d’une dune à l’abri du vent tiède.

— Et si l’on prenait un bain de minuit ? Un vrai ! ai-je osé proposer à Dominique.

À peine ai-je eu le temps de prononcer ces mots que Domi avait enlevé son maillot de bain ! Le mien a rejoint mes chevilles, Domi m’a tendu la main et nous avons couru dans l’eau. Nous avons repris notre fausse bagarre en restant près du bord. J’ai enlacé Domi, à moins que ce ne fût lui qui ait pris cette initiative. Nos jambes se sont nouées, nos ventres se sont rejoints. J’ai senti sa queue bandée sur la mienne dans le même état. J’ai posé mes lèvres sur les siennes. Notre étreinte violente et passionnée a duré longtemps ! Le froid a fini par nous faire sortir de l’eau. Nous avons rejoint nos couchages. Dominique sans un mot a assemblé nos duvets. Nos corps nus s’y sont blottis. Nous avons fait l’amour une bonne partie de la nuit, enfin plusieurs fois ! Nous nous sommes entièrement donnés et offerts, sans aucune retenue. Je n’avais jamais eu autant de désirs et Domi les a tous comblés.

C’est Hervé qui nous a réveillés en nous chatouillant à travers le duvet.

— On a eu froid cette nuit ! On a rassemblé les duvets pour avoir plus chaud ! s’est justifié Dominique d’un ton penaud de collégien surpris en train de faire une bêtise.

— Je ne te demande rien Domi ! a crié Hervé en retournant vers le campement. Il est neuf heures ! Delphine a fait le café.

J’ai vu Dominique un peu contrarié. Mais, Hervé reparti, il m’a fait un sourire, m’a embrassé ; enfin, roulé une pelle ! Et il m’a dit :

— Bonne nuit mon Jéjé ? On a enfin baisé ensemble ! Ça t’a plu ?

— Oui, je suis prêt à recommencer ! Mais moi, je t’ai fait l’amour !

— Si tu préfères ce mot-là, ok ! Après tout c’est vrai ! J’ai fait ça avec toi avec des sentiments et pour ça, c’est bien la première fois !

Tout nus, on a été se baigner avant de renfiler nos maillots pour le petit-déjeuner. Nous en avions bien besoin, les duvets sentaient la douce odeur de l’amour ; du foutre aurait dit plus crûment Domi !

L’équipe a replié le campement et nous avons pris la route en direction des Météores, via Larisa. Depuis la voie rapide que les Grecs appelaient pompeusement "National Road", nous avons aperçu le mont Olympe coiffé d’un petit nuage qui devait cacher les dieux !


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