La route des éphèbes (04)


La route des éphèbes (04)
Texte paru le 2021-01-01 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : La route des éphèbes


Chapitre 4 — LA PLAGE DE THESSALIE ; LES MÉTÉORES (Récit de Dominique)


Thessalonique, quel souvenir ! J’ai tout fait pour provoquer Jérôme ! Je l’avais bien allumé dans l’après-midi car c’est lui qui avait proposé le vrai bain de minuit ! D’ailleurs il bandait quand il a retiré son slip de bain ! J’étais enfin sûr qu’il était homo ! J’allais enfin baiser avec lui ! Mais quand nous nous sommes retrouvés nus, l’un contre l’autre dans les duvets, j’ai été drôlement ému ! Ce n’était plus comme avec les autres mecs ! J’ai d’abord pensé à son plaisir et lui d’ailleurs au mien ! Je ne pouvais pas savoir s’il était actif ou passif. Moi, comme lui d’ailleurs, j’étais les deux et tout s’est passé naturellement ! Je me suis enfoncé dans son corps et lui ensuite dans le mien dans une parfaite union. Nous n’avons presque pas dormi, il nous fallait découvrir pour nous tous les plaisirs entre garçons !

Au matin, j’ai fanfaronné en lui disant : « On a enfin baisé ensemble ! » Sur le moment, même, je voulais pour couvrir mon trouble, lui dire « Je t’ai bien baisé ! » Mais moi aussi je m’étais vraiment offert, comme lui pour mon plus grand contentement et je lui avais franchement fait l’amour ! Cette nuit-là, j’avais tout oublié au point de m’endormir tout nu dans le même sac de couchage que Jérôme et sur une plage ! Hervé nous a réveillés. Il a bien vu que j’avais partagé ma couche avec Jérôme, que nous étions nus et enlacés dans les duvets assemblés.

La découverte d’Hervé m’avait contrarié. Sur le moment je ne pensais qu’à une aventure d’un été avec Jérôme et je ne tenais pas à l’exposer aux yeux de ma famille. Hervé n’a émis sur le fait aucun commentaire ni laissé voir sur son visage approbation, désapprobation ou indifférence. Je ne pouvais même pas savoir s’il avait fait part de sa découverte à ma sœur.

Nous avons repris la route pour les Météores. J’avais hâte de me retrouver seul dans la voiture avec Jérôme. Durant le petit-déjeuner, il n’avait cessé de babiller, de me regarder avec ses yeux tendres qui me faisaient craquer.

— Tu as l’air d’avoir la forme ce matin Jérôme ! lui a dit Delphine innocemment. Les nuits au grand air ça te réussit !

Jérôme m’a souri et a répondu à ma sœur :

— Oui, j’ai passé une très bonne nuit ! Et sans moustique ! Je suis prêt à dormir à nouveau à la belle étoile !

— Tout seul ? a demandé Hervé d’un air malicieux.

— Non ! Il me faut un garde du corps et Domi est parfait ! a répondu fermement Jérôme.

J’ai évité de regarder mon beau-frère et quand je me suis retrouvé seul sous la tente avec Jérôme, pour ranger nos sacs, j’ai complété sa pensée :

— Tu as donc apprécié ma garde très rapprochée !

Jérôme m’a montré très tendrement ses sentiments.

— Dépêchez-vous là-dedans ! On est déjà en retard ! a crié Hervé.

La route a été longue et chaude jusqu’au pied des Météores. Nous avons fait quelques arrêts « pipi - détente ». À chaque fois, j’entraînais Jérôme, derrière un buisson, un rocher et je le câlinais.

À Larisa, après un petit arrêt en ville pour faire des provisions, Jérôme m’a passé le volant. Il en a profité pour me lire quelques passages du guide et a ajouté ses commentaires sur les monastères des Météores. Je n’écoutais pas trop, car Jérôme tout en tenant son guide de la main droite, me caressait la cuisse puis la braguette de mon short.

— Arrête Jérôme ! lui ai-je dit sans aucune conviction. On va bientôt arriver à Kalampaka. Hervé a sûrement déjà repéré sur la carte la route du camping et on va devoir sortir de la voiture. Tu me fais bander et toi aussi tu triques ! Mais dis-moi, depuis quand tu as envie de faire l’amour avec moi ?

— Depuis les sports d’hiver, il y a trois ans ! m’a-t-il répondu et il a tout de suite ajouté : En plus, j’ai tout de suite eu des sentiments pour toi ! Tu ne peux pas savoir le nombre de fois que j’ai rêvé de toi ! Mais j’avais trop peur que tu sois hétéro et risquer de tout gâcher ; surtout à cause d’Hervé et Delphine !

— Pourquoi eux ?

— Ça aurait pu les fâcher contre moi si tu leur avais dit !

— T’as peut-être raison ! Moi en tout cas, j’avais envie de te baiser depuis trois ans aussi et j’étais décidé à le faire pendant ces vacances !

— Et si j’avais été hétéro et choqué ? m’a demandé Jérôme.

J’ai rigolé en lui caressant la joue ! Quel amour ce Jérôme !

— Hétéro ! Toi ? Toi qui avais les mains moites et transpirais en me regardant ce soir de réveillon ! Qui tremblais quand je t’ai juste embrassé sur la joue ! Toi qui regardes mon cul et ma braguette depuis trois ans ! Toi qui détournais ton regard quand je me déshabillais devant toi !

— Bon ! Je ne suis pas discret ! Alors, que de temps de perdu ! m’a rétorqué Jérôme.

J’étais bien ému, je lui ai pris la main pour l’embrasser, ne pouvant faire mieux en conduisant et je crois que je lui ai dit :

— Perdu ? Sûrement pas mon Jérôme !

Le camping repéré par Hervé à la sortie de Kalampaka était ombragé. Heureusement, il était loin d’être complet et nous avons pu planter la tente sous un grand olivier. Depuis notre emplacement, on apercevait au loin les Météores rougissants.

La douche avec Jérôme a duré longtemps ! Même si ma sœur et son mari ne se faisaient aucune illusion sur la nature de nos relations, je ne me voyais pas faire l’amour avec Jérôme sous le duvet à quelques centimètres d’eux ! D’autant plus que Jérôme, il était comme moi, il ne fallait pas lui en promettre !

— Quand on pourra, on couchera dehors mon Jéjé ! lui ai-je proposé.

— Il faudra donc suggérer à Hervé des endroits idéals dans la nature, avec cours d’eau si possible ! m’a répondu Jérôme qui comme moi était plus que propre.

Le soir nous n’avons pas réuni nos duvets, mais la chaleur était telle que nous n’avions pas besoin de nous y glisser ! La lune était absente comme l’éclairage du camping et j’ai pu me blottir contre Jérôme, l’embrasser et le caresser sans bruit.

Au petit matin alors que Delphine et Hervé dormaient encore, nous nous sommes levés et avons été prendre une douche plus que bienfaisante ! Jérôme m’a pris par la main pour m’entraîner hors du camping encore endormi dans un champ de citronnier voisin.

— Domi ! m’a-t-il demandé après m’avoir embrassé alors que nous étions enlacés sous un arbre à l’abri de tout regard. Tu as un copain ?

— Bien sûr que non ! lui ai-je répondu. Si j’en avais un, je ne le ferais pas cocu ! Toi si ?

— Non ! Enfin si, si je ne l’aimais plus !

— Il y avait deux questions. T’as un mec ?

— Mais non ! Pas un avec des sentiments ! Mais des potes pour baiser comme tu dis, j’en ai pas mal ! Et toi ? m’a-t-il rétorqué.

— Moi, jusqu’à présent, je n’ai fait que des rencontres furtives, une soirée, un coup !

— Et ça te convient ?

— Non ! Pas vraiment ! Et toi ?

— Moi maintenant, je préférerais un petit copain pour moi tout seul !

Jérôme a conclu avec un grand sourire que j’ai interrompu en lui prenant la bouche qu’il m’a particulièrement offerte.

La route était sinueuse pour atteindre les Météores. Depuis un parking, une passerelle permettait l’accès au monastère principal à plus de six cents mètres d’altitude. Je ne me souviens pas du nom de cet édifice. Jérôme le connaît sûrement. La vue était magnifique depuis l’éperon rocheux. On a pu y visiter l’église décorée de fresques byzantines, le réfectoire, les cellules des moines et la tour de hissage qui permettait aux moines de se ravitailler sans contact avec le monde extérieur.

Hervé a proposé de visiter un autre monastère beaucoup plus petit et moins côté des touristes déjà nombreux à neuf heures du matin. Ce lieu de culte était occupé par des sœurs. Une tourière nous a accueillis et dans un anglais approximatif nous a fait comprendre que pour entrer, les hommes devaient mettre des pantalons longs et les femmes des jupes longues ! Pour les femmes, les sœurs prêtaient de tels vêtements. J’ai trouvé cela un peu excessif car nous étions tous habillés très correctement et j’ai proposé de renoncer à la visite. Mais Hervé et Delphine semblaient avoir envie de visiter et j’ai cédé. Delphine a mis une jupe de prêt, de toile noire et Hervé, Jérôme et moi sommes retournés aux voitures.

Nous avons dû ouvrir les sacs dans les coffres et chercher bien au fond les jeans ! Nous avons ôté nos shorts sur le parking pour enfiler les jeans. Jérôme avait mis le matin un mini-slip bleu et nous a fait son numéro en se baladant jusqu’aux portes du monastère presque à poil ! Il avait en outre tiré sur son slip pour le faire entrer dans la raie de ses fesses. Jérôme, le derrière presque à l’air, a entrepris une danse quasi démoniaque sur le parking sous les encouragements, les applaudissements d’Hervé, d’un groupe de touristes hollandais et l’objectif de mon appareil photo !

Correctement vêtus, un peu excités, nous sommes entrés dans le monastère sous le regard froid de la sœur et le fou rire contenu de Delphine déguisée !

Après la visite, reposés par la fraîcheur et le calme des lieux, nous avons repris la route en direction de Lamia.


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