La route des éphèbes (11)


La route des éphèbes (11)
Texte paru le 2021-02-03 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur

MM.jpg

Cet auteur vous présente 39 texte(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 1467 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© 2021 — Tous droits réservés par Michel Geny-Gros.


Template-Books.pngSérie : La route des éphèbes


Chapitre Chapitre 11 — ATHÈNES (Récit de Jérôme)


L’idée de nous offrir une chambre d’hôtel m’était venue quand j’ai découvert la grande métropole grecque. Mais je n’avais pas osé l’évoquer car je savais Domi, étudiant et pas bien aisé financièrement et je ne voulais pas passer pour le mec précieux que je n’étais pas. Certes, j’étais délicat, soigné, j’adorais les eaux de toilettes et les crèmes de beauté mais je savais aussi m’adapter aux circonstances et ce voyage avec ses aspects rudes et un peu baroudeurs me convenait. Un peu de confort allait faire du bien à notre petite équipe et nous allions ainsi mieux apprécier la visite d’Athènes.

J’ai suggéré à mes compagnons de poser nos sacs de voyage dans les chambres et de nous rendre immédiatement à la recherche d’une taverne pour dîner car la nuit tombait. La chambre était propre, bien meublée, la literie parfaite et de lourds volets de bois l’avaient protégée de la chaleur. La chambre disposait d’une petite salle de bains avec baignoire/douche, lavabo et wc. Parfait pour une nuit de noces ! « Il ne manque que le champagne ! » m’a dit Dominique presque sérieusement en me poussant sur le lit ce qui nous a mis en retard…

— On vous attend les amoureux excités du slip ! a crié Hervé derrière la porte de notre chambre quelques instants après.

— Hervé ! a crié Delphine. On va t’entendre dans tout l’hôtel !

L’hôtel ne faisait pas restaurant et le portier nous a conseillé une taverne non loin de l’hôtel. Il nous a expliqué tant bien que mal le chemin pour nous y rendre à pied. Le petit restaurant était situé sur une place animée, décorée de lampions qui me faisait penser à la place du Tertre. Un aimable accueil nous a été réservé comme à l’accoutumée.

Deux jeunes hommes grecs attablés se sont levés pour venir nous parler lorsqu’ils ont entendu notre langue natale. Ils étaient très séduisants et ont absolument voulu nous accompagner à la cuisine pour nous expliquer les plats proposés. Ils ont voulu tout savoir de nous quatre et de la France qui avait accueilli de nombreux ressortissants grecs en opposition avec les colonels. Ils ont fini par rapprocher leur table de la nôtre et nous avons passé ensemble une bonne soirée bien arrosée. Mais nous étions tous un peu fatigués, j’avais hâte de me retrouver seul dans la chambre avec Domi et sous prétexte d’un départ aux aurores, nous les avons remerciés et quittés.

Ma première nuit dans un vrai lit avec Domi ! D’abord nous avons pris un bain ensemble. Nous avons mis de l’eau partout dans la salle de bains. Je verrai toujours Domi, nu et bronzé, vautré à plat ventre sur les draps blancs du lit. Quelle nuit ! Nous n’avons finalement que peu dormi. Quand je me suis réveillé, Domi sommeillait à mes pieds, sa tête reposait sur mon ventre, ses longs cheveux soyeux caressant ma peau et je sentais son souffle effleurer mon sexe… Naturellement nous avons été en retard sur l’horaire prévu pour nous retrouver tous quatre au petit-déjeuner !


"Athènes, le 2 août 1972"

"C’est encore de la terrasse d’un café au centre de la Plaka que je reprends la plume. Delphine et Hervé sont partis tous deux faire le tour des boutiques de souvenirs et je me repose avec Domi en sirotant comme lui une bière "Fix" selon l’habitude.

Depuis hier matin, on crapahute à travers la ville. Visite tout d’abord du Parthénon, nous avons apprécié ce site si symbolique de la Grèce. Une vue magnifique sur la ville nous a permis d’admirer le théâtre romain, au loin le stade olympique récent et le vieux quartier de la Plaka.

L’après-midi du premier jour dans la capitale grecque, nous avons visité le musée en passant à pied devant le palais royal protégé par la garde en grande tenue pour le moins surprenante, d’épaisses jupes plissées blanches, des bas et des chaussures à pompons ! Hervé nous a plaisantés Domi et moi en nous proposant d’acquérir une tenue d’evzone !

— D’accord si tu la payes et Jérôme et moi on la met et on circule ainsi dans les rues de Thônes dès notre retour, a répondu Domi.

D’ailleurs, pour la garde royale, on a remis ça ! La relève de la garde et le lever des couleurs dans l’acropole à 8 heures du matin. On a dû se lever tôt et je serais bien resté au lit !

Ce matin, nous avons visité le marché aux puces Monastirakiou et les boutiques souvenirs des rues avoisinantes. L’après-midi après un rapide repas nous nous sommes rendus jusqu’au port du Pirée. Je ne m’imaginais pas un tel commerce de bateaux marchands d’un tel tonnage ! Pour ce soir, nous avons envisagé de retourner sur le port pour y dîner."


Le soir, au cours du dîner, pris sur une terrasse sur un quai du port du Pirée, Delphine, un peu embarrassée, a posé une question à son frère :

— Domi, je voudrais te poser une question indiscrète sur ta sexualité. Excuse-moi d’avance, mais c’est pour mieux te comprendre. Pour Jérôme, je n’aurais pas osé poser la même question, car pour lui j’ai la réponse par Hervé qui le connaît très bien !

— Vas-y Delphine, maintenant, je n’ai pas grand-chose à cacher ! a répondu Domi.

— As-tu déjà couché avec une fille ?

— Le visage de Domi s’est éclairé comme si la question l’avait soulagé.

— Oui, une fois !

— Et ça t’a plu ?

— Bof ! Puisque tu veux tout savoir, elle m’a fait bander ! J’ai baisé et tiré mon coup ! Mais bon, il y avait des circonstances, c’était la nuit de votre mariage. Il y avait la présence de Jérôme qui me troublait ! J’avais envie de lui ! Notre cousin Yves qui ne pensait qu’à niquer ! Une fille qui ne pensait, elle aussi qu’à se faire sauter ! Mes trois frères l’avaient déjà niquée depuis longtemps ! J’ai suivi Yves dans la grange du Villard où il avait donné rendez-vous à cette fille qui était invitée à la noce. La fille, elle nous voulait tous les deux ! Bref ! Voir la queue bandée d’Yves s’activer dans le… Voilà j’ai pu à mon tour ! Mais donc… tu vois… tout seul je n’aurais pas pu !

— J’ai compris petit frère ! a dit Delphine calmement et curieuse comme toutes les femmes, elle a osé lui demander: La fille c’est la Brigitte non ? Tous les mecs du canton sont passés dessus !

— Pas moi ! a crié Hervé en rigolant. Dommage ! Arnaud m’a dit que c’était une bonne affaire !

— Moi, c’est Hervé qui m’a obligé à coucher avec une fille ! ai-je ajouté entrant dans le jeu après avoir lancé un petit clin d’œil complice à Domi.

— Vous êtes tous des cochons ! a conclu Delphine, mais elle s’est levée de table pour nous embrasser tous les trois.



Asuivre.png