La route des éphèbes (12)


La route des éphèbes (12)
Texte paru le 2021-02-04 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : La route des éphèbes


Chapitre 12 — CAP SOUNION ; PELASGIA (Récit de Dominique)


Dans ce petit hôtel d’Athènes, nous avions bien profité de nos deux nuits, aussi bien sur le plan sentimental que sur le repos. Dans l’intimité de la chambre, j’ai encore plus découvert le corps si désirable de Jérôme ! Je n’avais plus envie du tout de le quitter et la rentrée sur la France et Rouen allait être dure !

Hervé avait tout calculé pour la visite du Cap Soùnio à deux heures de route d’Athènes par la côte attique. Nous avons pu visiter le temple de Poséidon vers dix-sept heures sous un soleil encore bien tapant. Le bleu sombre de la mer se reflétait dans les yeux de Jérôme.

Dans le secteur, nous n’avons trouvé aucun camping. Comme nous voulions assister au réputé coucher de soleil sur le cap, le groupe a décidé de camper sauvagement. Le terrain propice a été impossible à trouver en bord de mer. Nous avons alors sillonné l’arrière-pays et fini par trouver un emplacement au bord d’un chemin sous un citronnier. J’ai vu arriver un paysan grec qui portait un grand panier. J’ai craint un instant qu’il nous reproche notre installation sans autorisation au bord du champ. Nous n’avons rien pu comprendre à ses propos, mais il nous a offert avec le sourire des grappes de raisin et des citrons !

La nuit tombait tôt en Grèce et nous nous sommes tout de suite rendus sur le site, en haut de la falaise et tel Poséidon, nous avons défié le soleil entrant dans les eaux maintenant sombres de la mer Égée. Quelques couples assistaient au spectacle devant les colonnes du temple passées de l’ocre au rouge sang. Je me suis installé en contrebas de la falaise dans un endroit discret auprès de Jérôme assis sur une grosse pierre alors que Delphine et Hervé regardaient la descente de l’astre debout à quelques mètres de nous. Hervé a pris la main de Delphine et moi les épaules de Jérôme. Il m’a serré à son tour en regardant fixement la ligne d’horizon et quand la boule de feu rouge a disparu sous les flots, il a tourné la tête pour poser ses lèvres sur les miennes.

Un bon repas à la terrasse d’une taverne en bord de mer a agréablement conclu la soirée sous les lueurs du soleil disparu et qui ne voulait pas mourir sous nos yeux.

Soùnio était la dernière étape touristique de notre voyage en Grèce, le lendemain nous devions commencer notre retour vers la France. Ceci dit nous avions prévu de nous arrêter plusieurs jours à Pelasgia pour profiter de ce charmant pays et de la plage.

— On sera en France vers le dix août ! ai-je fait remarquer à Jérôme. Tu ne reprends le boulot que le vingt, ça te dirait de rester à Thônes avec moi jusque-là ?

— Avec plaisir ! m’a répondu mon Jéjé tout joyeux. Mais tes parents ?

— De toute façon, tu venais déjà avant en qualité d’ami tant à Hervé et Delphine qu’à moi, alors je ne vois pas la différence ! Juste qu’il ne faudra pas me rouler de pelle devant mes parents et mes frères. Tu dormiras dans ma chambre contrairement à tes autres séjours car ma mère loue la chambre d’amis à cette époque de l’année !

Dans la grande maison familiale accouplée à l’atelier de menuiserie, tout le monde disposait d’une chambre. Mais la mienne, dans les combles, était la plus grande, avantagée par les soupentes.

— Et je dormirai dans ton lit ? m’a demandé Jérôme malicieux.

— Bien sûr et avec un pyjama ! ai-je répondu pour le taquiner. Et un slip sous le pantalon de pyjama !

— Chiche ? m’a répondu Jérôme.

Mes parents étaient très accueillants et ma mère semblait apprécier particulièrement Jérôme qui comme moi, s’intéressait à d’autres choses qu’à la chasse ! J’ai tout de même demandé l’avis à ma sœur sur mon invitation qui l’a approuvée en me recommandant la prudence et celle de Jérôme dans mes gestes et paroles.

La route a encore été longue jusqu’à Pelasgia. Partis de bonne heure à la fraîche, nous avons roulé toute la journée pour atteindre la baie et le port de la petite cité vers dix-huit heures.

Notre emplacement de campement nous attendait et le propriétaire du champ était là. Dans un anglais approximatif, mêlé de français, il nous a souhaité la bienvenue, offert des pêches de son verger et nous a même proposé de nous installer pour les repas sous la tonnelle de son abri de jardin ce que nous n’avions pas osé faire auparavant.

Bref, le bivouac était idéal ainsi que le temps toujours clément.

Trois jours de rêve, nous avons vécus ! Des nuits à la belle étoile sous la tonnelle pour Jérôme et moi. Pas de voiture ni visite pendant trois jours, juste pour les provisions et les repas du soir au village où nous avons retrouvé Spyros et son copain Yanis. Spyros nous a même invités chez ses parents à un dîner traditionnel grec pris dans la cour de la maison sous les treilles de vigne.

Les parents de Spyros nous ont réservé un accueil très chaleureux ! Ils parlaient un peu l’anglais et nous avons pu converser de la France et de la Grèce. Sans être communistes, ils souhaitaient vivement le retour à la démocratie et parlaient même de l’entrée de leur pays dans l’Europe.

Spyros et son ami me semblaient bien potes et je crois qu’ils avaient compris la nature de mes relations avec Jérôme. Nous avons d’ailleurs échangé nos adresses et Jérôme et moi correspondons toujours avec Spyros. Son copain s’est marié…

L’après-midi, après ou avant d’interminables baignades, je me promenais avec Jérôme le long de la côte sauvage. Nous ne rencontrions personne, d’ailleurs elle était inaccessible par les terres. On se baignait tout nu dans les criques et on a même fait l’amour dans l’eau chaude et salée !


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