La route des éphèbes (20)


La route des éphèbes (20)
Texte paru le 2021-02-14 par Michel Geny-Gros   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : La route des éphèbes


Chapitre 20 — DE L’HIVER AU PRINTEMPS (Récit de Dominique)


Nous avons repris la routine, le travail à la CAMUR pour Jérôme et mes études dans leurs dernières phases pour moi. La rencontre de Geneviève et de Philippe s’est transformée en liaison. Philippe s’est pratiquement installé chez la maman de Jérôme très rapidement. Geneviève un mercredi soir avait évoqué avec son Jérôme et moi son appréhension à révéler à son ami l’homosexualité de son fils et sa liaison avec moi. Jérôme était très ennuyé, il avait peur de gâcher la vie de sa maman, envahissante mais si chère à son cœur ! Mais dès le vendredi soir, nous avons été fixés. Jérôme était sous la douche et j’ai à sa demande, répondu au téléphone :

— C’est maman ! Réponds s’il te plaît !

— Elle arrive ! ai-je dit à Jérôme après avoir répondu et raccroché, en ajoutant : Philippe a bien pris ! m’a dit ta maman, mais elle préfère venir nous voir. Elle s’invite à dîner et apporte tout. Je lui ai dit qu’on avait tout ce qu’il fallait pour lui offrir à dîner, mais elle a insisté…

— Et comment as-tu abordé la question ? lui a demandé Jéjé un quart d’heure après autour de l’apéro.

— Un peu lâchement ! a répondu la maman de Jérôme. "Je voudrais te parler de mon fils" ai-je dit à Philippe. Philippe m’a regardé avec un petit sourire encourageant. J’ai continué en me servant de Domi "Tu as remarqué qu’il ne quittait pas son copain Dominique ?" "Ne te fatigue pas Geneviève ! Je ne suis pas à l’affût de ce genre de choses ! Mais je suis observateur ! Tu veux me dire que ton fils est homo et que Dominique est son ami ?" J’ai acquiescé et Philippe m’a répondu "Je ne suis pas du tout attiré par les hommes fussent-ils jeunes et beaux comme ton fils et Dominique. Mais je peux comprendre ! Ton fils et son ami sont charmants, discrets et cela ne changera rien entre nous ni avec eux".

— Sympa ! Ouf ! a déclaré Jérôme. Et comment a-t-il vu ?

— D’abord, il a vu que vous ne vous quittiez pas des yeux ! Votre complicité ! Et puis surtout, le soir du réveillon, Philippe est sorti comme vous un peu avant minuit pour prendre l’air. Et il vous a vus ! a conclu Geneviève en ajoutant : Et sur le moment, il ne m’a donc rien dit ! Philippe m’a promis de garder le secret vis-à-vis de tes parents et ta famille, Domi !

Mes parents, ma famille, je ne savais plus ce que j’allais devoir faire dès le mois de septembre. Mes études terminées, j’allais devoir trouver un emploi et à Paris, bien sûr. Mais comment dire à mes parents que j’allais m’installer avec Jérôme, le coup du colocataire ne tiendrait pas longtemps… D’autant plus que mes parents savaient Jérôme propriétaire de son appartement et pas dans le besoin !

Pour les vacances de Pâques, j’ai trouvé un prétexte pour ne pas me rendre — à regret — au Bouchet. Je devais obligatoirement faire un stage en entreprise. Jérôme en a parlé à Jean FRINGUET. Le directeur général a donné son accord pour m’accueillir à la CAMUR.

— Mais tant pis pour vous si vous provoquez des doutes ! nous a dit Jean FRINGUET au cours d’un dîner au restaurant alors que Jérôme l’avait invité avec son ami Jacky. La première chose que nos collègues demandent aux stagiaires, c’est "Par qui êtes-vous entré ?"

— Ils n’ont qu’à dire qu’ils sont cousins ! a suggéré Jacky.

— C’est une idée ! a dit Jean FRINGUET en ajoutant s’adressant à Jérôme tout en souriant et d’un air complice. D’autant que des bruits courent déjà sur vous et moi Jérôme !

Le stage a duré un mois ! J’ai été affecté au service du directeur commercial, Michel DELECOURT. Lors de notre premier entretien, je lui ai tout de suite dit en accord avec Jean FRINGUET qui m’a présenté à lui, que je connaissais Jérôme, qu’il était mon cousin — sans plus de précision — et je lui ai même dit que pendant ce stage, j’allais résider chez lui.

Michel DELECOURT m’emmenait avec lui lors de tous ses rendez-vous extérieurs chez les clients "grands comptes " de la CAMUR. Je travaillais effectivement pour lui et n’avais pas l’impression d’être un inutile boulet. J’étais donc très occupé. Je déjeunais à la cantine le midi avec Jérôme presque tous les jours car de temps en temps, j’avais le plaisir d’être invité à des repas d’affaires.

Le soir, je rentrais avec Jérôme et une vie de petit couple s’était installée. J’étais très heureux et je m’entendais bien avec Jérôme dans le petit train-train quotidien, hormis quelques fois de petites et inévitables disputes qui se terminaient toujours par des câlins.


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