Le très mystérieux Vladimir


Le très mystérieux Vladimir
Texte paru le 2014-07-29 par François T.   Drapeau-fr.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg

Cet auteur vous présente 53 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 7347 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© Tous droits réservés. François T..


Ce matin-là, je reçus un coup de téléphone de mon ami Justin. Il était huit heures à peine et je venais de pénétrer dans ma boutique par la porte arrière, suivi par la vendeuse. Je ne lève pas le rideau de fer avant 9 heures 15 mais, comme tous les matins, je venais tôt pour contrôler les ventes de la veille pendant qu'elle aspirait la moquette et rangeait les étagères.

— Tu peux venir, s'il te plaît ? J'ai besoin de toi.

Le ton de la voix de Justin était vaguement suppliant.

— Maintenant ?

— Oh oui, je t'en prie…

— Problème ?

— Non non, t'inquiète pas… Enfin si… un petit problème sans gravité.

Justin n'était pas homme à me déranger inutilement. Une longue amitié de quinze ans nous liait, nous nous étions rencontrés sur les bancs du collège et pour tout dire nous avions fait nos premières expériences ensemble. Si, à proprement parler, nous n'avons jamais été amoureux l'un de l'autre, notre centre d'intérêt commun (le sexe avec des garçons) nous a unis dans une amitié solide.

J'étais donc curieux et vaguement inquiété par ce coup de fil en remontant la rue commerçante après avoir laissé Maéva préparer l'ouverture. Le temps était splendide et déjà chaud, encore une belle journée de début de saison en perspective. Je tournai sur le quai du canal où habitait mon ami, je saluai au passage des serveurs qui installaient les tables et les chaises sur les terrasses de bois en surplomb de l'eau et je pénétrai dans l'immeuble de Justin. À l'étage il entrebâilla sa porte palière en entendant mes pas dans l'escalier. Il avait la mine fatiguée de quelqu'un qui a peu dormi et me fit immédiatement « Chut ! » en plaçant son doigt verticalement sur sa bouche. Je le suivis en silence jusqu'à son salon plongé dans une pénombre colorée par les rideaux tirés et là je me figeai.

Un garçon entièrement nu était allongé de tout son long sur le grand canapé d'angle. Un instant j'ai craint qu'il fût inconscient et que Justin m’appelle à l'aide pour le sortir du pétrin mais je remarquais le souffle régulier et surtout la solide érection matinale caractéristique d'un dormeur. Dans la position où il était, je ne pouvais pas manquer de la remarquer. Le garçon, qui sans être d'une grande beauté, avait un corps appétissant, était proprement étalé sur le dos, parfaitement détendu dans son sommeil, un sourire béat aux lèvres, la nuque calée par ses mains aux doigts croisés. Et il bandait ! Fort ! La verge aux belles proportions était dressée en oblique au-dessus d'un ventre parfaitement glabre excepté un minuscule triangle de poils clairs sur le pubis. D'ailleurs il était pratiquement lisse de partout, ni les cuisses ni les aisselles ne portaient trace de pilosité, seuls les mollets étaient pourvus d'un duvet fin d'un blond doré. À part une serviette de bain posée sous ses fesses, je ne voyais autour du canapé aucun vêtement.

Vladimir.jpg

Je me posais mille questions sur l'appel de Justin. M'avait-il fait venir dans le seul but d'admirer la plastique du dormeur ? Avait-il été poussé par la fierté de me montrer la beauté d'un amant rencontré la veille ? Cela ne collait pas avec la mentalité de Justin, nous étions trop bons amis pour qu'il se permette une fantaisie aussi puérile. Et puis d'abord avaient-ils été amants ? Que faisait alors le dormeur sur le canapé, il aurait dû être dans le lit de la chambre. Je doutais qu'ils l'aient été, je connaissais trop bien mon Justin, je savais qu'il aimait les hommes virils jusqu'à la caricature, ceux couverts d'un paillasson sur leur torse musclé, la gueule carrée et envahie par une barbe de trois jours, en gros l'absolu inverse de l'éphèbe étalé sous nos yeux, non pas que celui-ci manquât de charme et de formes viriles mais il était bien trop jeune pour séduire Justin et la pâleur lisse de sa peau le disqualifiait irrémédiablement à ses yeux. Restait la taille de la bite, assez généreuse sans être exceptionnelle, qui pouvait l'intéresser… Je l'interrogeai à voix basse.

— Qui c'est ?

— Je ne sais pas !

— Hein ! Tu ne vas pas me dire que tu l'as trouvé comme ça sur ton canapé en rentrant hier soir !

— Viens dans la cuisine que je te raconte. Tu veux un café ?

Pendant qu'il me préparait un Nespresso bien crémeux comme je les aime, je m'assis de façon à surveiller le dormeur, car j'ai des goûts masculins bien plus éclectiques que ceux de Justin et qui vont du jeune mâle tout juste sorti de l'adolescence comme le spécimen que j'avais sous les yeux, à des hommes de mon âge.

— Hier je suis sorti en boîte avec un couple de vacanciers, deux mecs très bien…

— Toujours aussi fêtard, tu bosses pas aujourd'hui ?

— Si, mais je ne pouvais pas faire autrement… Je suis rentré à 3 plombes du mat'… Le quai était désert, pas un chat… et puis devant l'entrée, assis sur le petit muret, j'ai vu un mec complètement trempé, ses vêtements dégoulinaient, il y avait une vraie flaque d'eau autour de lui… Il avait dû tomber dans le canal ou y être poussé, je ne sais pas… Il avait un peu l'air dans les vapes mais pas comme un type camé ou bourré à mort… Plutôt comme un mec choqué, il me regardait avec l'air de pas comprendre ce qui lui arrivait… Je lui ai demandé si ça allait… pas de réponse… Je ne savais pas quoi faire, t'as vu c'est encore un môme… et il commençait à grelotter, je ne pouvais pas le laisser là. J'ai sorti mon portable pour appeler la police municipale mais comme un fait exprès je n'avais plus de batterie, la poisse quoi… Il a commencé à parler… bon il n’était pas clair, il bafouillait, il devait quand même avoir pris des choses et puis c'était pas en français. J'ai essayé de lui parler en anglais, rien à faire… Au bout d'un moment il a sorti un truc de sa poche, j'ai reconnu un passeport européen, il était trempé comme le reste avec les pages collées. Le gamin cherchait un truc dedans mais comme il tremblait il n'y arrivait pas, alors il me l'a tendu. En fouillant j'ai trouvé un flyer d'un centre de vacances sur la route de M., impossible de le ramener là-bas, je ne pouvais pas non plus le renvoyer en lui indiquant la direction, il ne serait jamais arrivé là-bas et trempé comme il était…

Justin s'assit en face de moi avec sa tasse de café, il jeta un coup d’œil précipité à sa montre et continua son récit.

— Puisque j'avais ses papiers dans les mains, j'en ai profité pour regarder son identité. Il s'appelle Vladimir Itchi-truc-chouette-en-sko ou enfin un machin comme ça, il est Lituanien et tiens-toi bien… il a 19 ans ! On ne dirait pas comme ça à le voir à poil… On lui en donne 16 à tout casser, eh ben si, il est né en 95 ! Je me suis dit : un, il est majeur, deux, il est perdu, trois j'ai ses papiers, je ne risquais donc rien à le faire monter… Sans aucune arrière pensée, hein, tu connais mes goûts. Je ne pouvais pas ne pas lui venir en aide. Il a eu du mal à se lever et il a fallu que je le soutienne pour grimper les trois étages. Il ne titubait pas non… il était comme fatigué, comme s'il tombait de sommeil. Je l'ai fait entrer directement dans la cuisine et lui ai fait comprendre qu'il devait enlever ses vêtements. Le temps que j'aille chercher un drap de bain et je l'ai retrouvé à poil, il avait tout posé, même le slip ! Pas pudique pour un sou, le gaminou… J'ai mis la serviette sur ses épaules mais il n'a pas bougé. Il restait debout en vacillant un peu et grelottant de la mâchoire, alors je l'ai essuyé, frictionné partout pour le réchauffer, il s'est laissé faire sans bouger sauf qu'il s'est mis à bander direct quand je lui ai essuyé les fesses et l'intérieur des cuisses. Je t'avoue que j'ai même insisté un peu pour être sûr que c'était bien ma main qui le mettait dans cet état et ça avait l'air d'être le cas.

— Tu ne lui as pas fait une petite pipe, histoire de le réchauffer plus vite ?

Justin regarda de nouveau sa montre et continua très vite.

— J'ai commencé… même s'il est un peu trop jeune pour moi, ça m'avait échauffé de le frotter partout et puis il a plutôt un bel engin… quoique un peu trop clean pour moi, dit-il en riant. Non c'est pas pour ça mais il ne réagissait pas, il était certainement drogué et c'était salaud d'en profiter. J'ai ramassé ses vêtements et j'ai été les étendre sur la terrasse. Quand je suis revenu, il était parti s'affaler sur le canapé, emmitouflé dans la serviette et je crois qu'il pionçait déjà. Et depuis il dort…

— Et tu m'as appelé pour quoi ?

— J'arrive pas à le réveiller… Rien d’inquiétant, il a juste l'air d'avoir du sommeil en retard… Je l'ai secoué par l'épaule plusieurs fois, il était couché sur le côté, il a grogné et s'est retourné pour prendre la position que tu lui vois maintenant. J'ai réessayé 10 minutes plus tard sans plus de succès et pourtant je l'ai secoué ! Maintenant il va falloir que je parte, j'ai rendez-vous à l'agence avec un client pour lui faire visiter une maison, si je rate cette affaire, sûr que je me fais déglinguer par le boss.

— OK, bien compris, tu veux que je lui serve de nounou…

— Ben, je voudrais surtout pas qu'il se réveille tout seul dans une maison inconnue, à mon avis il ne doit pas se souvenir de grand-chose. Pis j'ai des trucs ici que je n'aimerais pas voir disparaître… Après tout, je ne connais rien de lui… Je suis désolé de te demander ça mais je n'ai pas d'autres solutions.

— Te casse pas la tête, je m'occupe de tout. Maéva peut ouvrir la boutique toute seule et avant onze heures, il n'y a pas grand monde. File…

— Ah merci ! Tu me sauves… Ses fringues sont sur le séchoir de la terrasse et son passeport sur un fil dans la salle de bain pour sécher. Je te laisse un double des clefs. Si tu as un doute, que tu n'arrives pas à le réveiller, n'hésite pas, appelle SOS Médecins, j'assume, je te rembourserai…

— Va pas te faire des idées, il est seulement endormi, ton naufragé. Cool mec, pense à ta vente.

Une fois Justin parti, je me rapprochai du dormeur. Son calme et sa sérénité étaient rassurants. Que c'est beau un garçon qui dort tout nu, sans aucune protection sur lui ! Il paraissait fragile et en même temps si confiant, si abandonné dans son sommeil avec toujours le même petit sourire aux coins des lèvres. Sa verge avait un peu dégonflé, elle reposait tranquillement sur son abdomen, toujours bien droite, prête à bondir. Je le trouvais très à mon goût le petit Lituanien, vraiment un joli petit lot que j'aimerais bien tirer. Je m'assis à côté de lui et l'admirai de longues minutes. Oui, oui, tout à fait à mon goût mais il fallait qu'il se réveille maintenant, je n'avais pas toute la matinée.

Bon, quelle méthode employer pour le réveiller ? La brutale n'avait pas fonctionné, le secouer à nouveau risquait de ne rien donner de plus et j'étais plutôt enclin à utiliser la méthode douce. Je passai le bout de mes doigts sur sa poitrine. Sa peau était effectivement d'une douceur de pêche, un véritable appel à continuer. J'ai donc continué à le caresser à pleines mains sur les flancs et le torse mais le plus doux de tout était son ventre tendre et l'intérieur de ses cuisses. Était-ce un effet de mon imagination ? J'avais l'impression que son sourire devenait plus béat et puis il gonfla légèrement la poitrine comme pour mieux recevoir mes caresses et sa verge reprit une partie de sa rigidité. Dors-tu encore profondément petit Vladimir ou ai-je déclenché un rêve érotique dans lequel tu te complais ? Peut-être rêves-tu à une fille aux seins lourds qui caresse ta peau ? Ta surprise risque d'être grande quand tu vas ouvrir les yeux ! Very bad trip ! Un solide mec de trente berges à la place d'une Naïade balte ! Tant pis pour toi, tu n'avais qu'à pas te droguer, il y a des risques à courir quand on perd son contrôle…

Son sourire m'attirait, un chatouillis sur les lèvres devrait le faire émerger. Je m'appliquai le plus délicatement possible, passant et repassant mes lèvres sur les siennes, insistant du bout de la langue, allant jusqu'à les suçoter… mais rien, pas le moindre mouvement… limite inquiétant. Oh si ! Un mouvement quand même : celui de sa queue redevenue très raide qui battait verticalement. On aurait dit un appel et comme je ne suis pas homme à laisser une demande sans réponse, je parcourus de ma bouche, en une succession de petits baisers, la distance qui séparait ses lèvres de sa verge impatiente : menton, cou, pomme d’Adam, clavicules et tétons, sternum, nombril et aines, le voyage fut agréable, tout juste gâché par son apathie. “Bon Vlady, si tu ne te réveilles pas avec la pipe que je vais te faire, je ne saurai plus comment procéder !” Je mis tout mon art et mon expérience à son service, un long travail appliqué et précis de ma bouche, mes lèvres et ma gorge sur son pieu devenu cramoisi, un travail savant de mes doigts sur ses couilles et de mon pouce sur son gland entièrement décalotté qui pourtant ne le sortit pas de sa léthargie.

J'insistais jusqu'à avoir mal à la mâchoire et à perdre l'envie de continuer. Elle était pourtant belle sa queue, dressée en oblique dans son implacable rigidité, une queue si dure qu'elle donnait immanquablement envie de se la prendre dans le cul. Ouais, c'est ça… J'avais tellement échauffé mes sens à le sucer, à caresser sa peau si douce, à m'émerveiller de son corps sensuel, que je sentais monter le désir de me faire prendre, de me servir de lui comme d'un godemiché. J'eus un peu honte de le rabaisser au rang d'un jouet, d'une simple poupée gonflable mais le désir et l'excitation me firent ravaler ma honte.

J'allai chercher dans la chambre de Justin capotes et gel et je me suis foutu à poil. Aucun problème pour dérouler la capote, son érection n'avait pas faibli le moins du monde et augmentait encore mon désir de sodomie. J'étais vraiment chaud maintenant et ne voyais plus que l'excitante étrangeté érotique de la situation. Pas besoin de longue préparation, une noix de gel suffisait : c'était moi qui allais contrôler la pénétration. Elle était vraiment bonne sa queue ! Agenouillé au-dessus de lui, je me l'enfonçai juste assez brutalement pour être à la limite de la douleur et du plaisir, cette frontière ténue qui fait suspendre le souffle et battre le sang aux tempes. Je descendis sans faiblir jusqu'à m'asseoir sur son ventre et résistai à l'envie de me relever le temps de m'habituer. À moitié courbé sur lui, surveillant les mouvements rapides de ses yeux sous ses paupières et le mystérieux sourire qui fleurissait à ses lèvres, je jouai du bassin, m'empalant avec vigueur sur son pieu. Plus je le regardais et plus j'avais la certitude qu'il était éveillé et qu'il prenait plaisir à ce que je lui faisais. Il avait le visage ravi d'un garçon heureux et je n'aurais pas été étonné de l'entendre ronronner. Pourtant il gardait toujours les yeux fermés. Je lui massais la bite du mieux que je pouvais, m'enfonçant jusqu'à la garde et remontant jusqu'au gland. Je prenais un pied terrible comme je n'en avais pas pris depuis longtemps et au comble de l'excitation, je me jetais sur ses lèvres et forçais ma langue entre ses dents.

Enfin il réagissait ! Enfin il donnait signe de vie ! Il jeta une main sur ma nuque pour coller étroitement mes lèvres aux siennes, il joua de sa langue contre la mienne et donna de larges coups de bassin contre mes fesses relevées. Je m'abandonnai à son énergie fiévreuse, à ses mouvements désordonnés mais trop rapidement à mon goût, je le vis se tendre et se crisper. Le petit Lituanien jouissait, et pas qu'un peu ! Je le voyais se vider dans de grands spasmes, yeux fermés, bouche ouverte à la recherche d'air frais. Tant pis, ça avait été bref, mais ça avait été bon ! Je me dégageais de sa bite amollie, ôtais la capote pleine et m'apprêtais à me branler sur son ventre quand en grognant il pivota entre mes jambes, se tourna sur le ventre et fit mine de replonger dans le sommeil, la tête enfoncée dans les coussins, les bras ramenés sous la poitrine.

« Là tu déconnes Vladimir ! C'est plus l'heure du dodo ! Il y a des gens qui doivent te chercher en ce moment… Bon je verrai après comment te réveiller pour de bon… Tu vas avoir droit à une douche si j'arrive à te porter jusqu'à la salle de bain… » Pour l'instant il fallait que je me finisse… Et me vider sur son nombril ou dans le creux de ses reins, c'était un peu pareil. D'autant plus que je découvrais son envers tout aussi kiffant que son endroit. De belles épaules bien larges, un torse en V qui se terminait sur des hanches étroites et surtout, surtout… un p'tit cul de rêve, ferme, rebondi, pommé, un p'tit cul tendrement duveteux sur lequel je prenais plaisir à balader mon gland, à frotter ma verge d'un lobe à l'autre. Je n'avais plus du tout envie de me finir rapidement, d'abréger le contact avec cette chair si douce et tiède. Je guidai mon pieu dans sa vallée moite, je le poussai le long de son périnée entre ses cuisses serrées, je frottai, passai et repassai mon nœud sur son œillet…  « Réagis, mec ! Arrête de faire semblant de dormir, sinon tu vas te retrouver avec une bite dans le cul ! »

Maintenant j'en avais trop envie… Trop envie de baiser ce bel endormi, trop envie de m'enfoncer entre ces belles fesses qui me narguaient par leurs rondeurs. Et tant pis pour lui s'il venait de jouir, ce n'était pas mon problème. On devient égoïste quand on se fait mener par sa queue. Maintenant je me fichais bien qu'il soit stone ou ait encore envie de pioncer, je m'en fichais totalement, j'avais trop envie de le baiser ! J'ai enfilé rapidement une capote. Je n'ai pas essayé de le préparer. Si je lui glissais un doigt il risquait de réagir ou même tenter de se défiler, j'ai couvert ma queue de gel et je lui suis tombé dessus. Qu'il était chaud, qu'il était doux, qu'il était ferme sous ma poitrine et mon ventre, le beau petit Lituanien ! Il a alors compris ce que je voulais faire mais n'a pas eu le temps de se débattre. Je l'ai écrasé de mon poids, j'ai bloqué ses genoux entre les miens, j'ai saisi ses bras fortement dans mes mains et planté mon menton entre ses omoplates. Il a serré les fesses et j'ai eu beaucoup de mal à trouver son trou, je ne fus même pas sûr de l'avoir pénétré tant il crispait ses lobes. Mais j'étais si raide et si volontaire qu'il ne put rien empêcher.

 « T'es qu'un salaud » pensai-je de moi tout en forçant de ma verge son entre-fesses serré.  « Bouge, remue, défends-toi ! Ne me laisse pas faire ça sans réagir. » Pourtant, subjugué par la chaleur de son corps nerveux, par la douceur de sa peau, je ne pouvais m'empêcher de pousser de mes reins. Et puis je l'ai senti détendre ses muscles fessiers, cesser d'opposer une résistance. Oh oui, j'étais rentré, et largement plus que du bout du gland. Je sentais bien, à présent, la moelleuse étreinte de son conduit autour de mon sexe. Je fus alors très doux dans mes allées et venues. Très doux mais décidé à m'enfoncer plus encore. Sous moi je le sentais vibrer, je sentais de brefs tressaillements suivis d'imperceptibles mouvements de bassin pour accompagner ou plutôt contrer c'est-à-dire “aller contre” chaque pénétration. Vladimir se faisait prendre non pas comme un passif amorphe mais en participant à sa manière, en roulant des reins pour mieux se présenter. Découverte pour lui du plaisir anal ? Première pénétration révélatrice ? Jamais je ne le saurai mais l'étroitesse de son anus conjugué à son relâchement complice pouvait le laisser penser. Et puis il y avait ce râle de gorge, cette expiration rauque et modulée que je sentais partir de sa poitrine pour finir près de mon oreille et qui me semblait un signe de son intense plaisir.

J'ai remplacé mon menton par ma bouche et la contrainte par la douceur. Je me suis fait moins pesant et j'ai couvert ses épaules et son cou de baisers. Je l'ai senti se décontracter et mieux se donner. Bientôt il força de ses cuisses puissantes l'étau de mes genoux, Vladimir voulait ouvrir les jambes et dès que je me fus soulevé, il cambra les reins et fit glisser une jambe en dehors du canapé. Quel appel, quelle demande ! Mieux qu'avec des mots il m'invitait à la lui mettre bien profond. Il sembla un instant perdre la respiration quand mes poils de pubis chatouillèrent sa raie, quand au coup suivant ma verge entière disparut dans son trou. Je l'ai baisé aussi longtemps que j'ai pu, je me suis mordu les lèvres pour me retenir et continuer à le faire vibrer. Quand je n'ai plus pu me retenir, j'ai glissé ma main sous son ventre à la recherche de sa verge. Elle était maintenant sous mes doigts, prête à cracher et je n'eus pas grand-chose à faire avant de sentir son anus rythmiquement me serrer la queue et achever de me traire. Nous avons joui de concert comme si c'était une première fois, comme si jamais avant nous n'avions joui et l'instant suivant nous sommes retombés, épuisés et suants, moi sur lui, lui sous moi, anéantis de bonheur.

J'ai fermé les yeux pour mieux humer son odeur et quand je les ai rouverts, j'ai vu qu'il m'épiait d'un œil, la joue toujours collée aux coussins. Un œil d'un bleu si clair… Un œil plus bleu et plus clair que ne le sera jamais sa Baltique et dans lequel j'ai vu briller de la malice et de la reconnaissance aussi. Au baiser léger que je lui fis sur la joue il répondit par un sourire. Je me sentis pardonné de mon audace. Le temps de la discussion était venu.

— Tu parles Français ? Speak English ?

Froncement de nez et dénégation de la tête.

— Sprechich nur (ou un truc comme ça) Deutsch ! Sa voix est chaude, un peu voilée.

Aie ! Pour les explications, cela allait être coton !

— Tu veux prendre une douche ? Shower ? Pschiiiit ? (Bruit de l'eau giclant d'une douchette avec geste explicatif de la main)

— Moargh… (Grognement grognon) …Schlafen… (et l'œil qui se referme)

Schlafen… Schlafen… On a plus le temps, mon grand, j'ai du boulot qui m'attend !

Alors j'ai cherché ses flancs et des deux côtés en même temps je l'ai chatouillé. Il a sursauté, rué, tressailli, il a pouffé, crié, ri, il a gigoté comme une anguille, frotté son corps sous le mien, éclaté dans un rire enfantin haut perché. Je n'ai pas cédé à ses suppliques lituaniennes, je n'ai pas cessé mes chatouilles et les ai même amplifiées jusqu'à ce qu'il me désarçonne et que nous tombions l'un sur l'autre au bas du canapé, moi sur le dos, lui sur mon ventre et me tenant le poignets. Nouveau moment de calme, de relâchement, les yeux dans les yeux et nos corps plaqués. Oh putain ! Comme j'aimerais connaître plus souvent de si beaux matins ! Comme j'aimerais qu'il y en ait un autre demain… et après demain… Comme j'aimerais que tu deviennes mien… Je te connais à peine et déjà je t'aime… Vladimir, pourquoi faut-il que tu viennes de si loin ?

Il s'est relevé comme à regrets, il a fait «  Pschiiiit » avec la bouche en promenant un pommeau imaginaire au dessus de sa tête. Je lui ai montré la salle de bain et quand je l'ai poussé dans la cabine, quand je suis rentré à sa suite et j'ai ouvert les robinets, il m'a tendu ses lèvres et s'est blotti dans mes bras. Nous nous sommes savonnés longtemps, méticuleusement, faisant renaître sous la mousse nos ardeurs flamboyantes. Je n'avais plus envie de quitter ce corps si doux mais la sonnerie de mon portable, là-bas dans la cuisine, abrégea nos ablutions. Maéva bien sûr s’inquiétait, il était l'heure de remonter le rideau et elle ne trouvait pas dans la réserve certaines tailles de T-shirt pour le réassort. Je lui ai indiqué où se trouvait le carton et affirmé que je serai là dans ¼ d'heure mais déjà je savais que j'allais mentir : Vladimir s'était approché de moi par derrière et s'était collé à mon dos. Il était si câlin avec sa joue posée entre mes omoplates, si câlin avec ses bras croisés sur ma poitrine et sa façon presque enfantine de s'accrocher à moi… Mais dans ses yeux délavés j'ai vu briller le désir quand je me suis tourné vers lui. Il m'a attiré vers le canapé, s'est assis le dos calé aux coussins et a pris ses deux jambes dans ses mains. Il me faisait don de ce que tout à l'heure je lui avais volé. Il attendait, impatient que de nouveau je le prenne et que je le fasse blêmir de plaisir et se tordre sous mes coups de pine. Je me suis employé, je crois, à satisfaire ses désirs au-delà de ce qu'il attendait.

Après avoir fait l'amour, il avait bien fallu se rhabiller. Dans ses vêtement froissés il n'avait rien perdu de son charme et j'espérais encore le revoir le soir-même. Nous nous sommes expliqués par gestes, j'ai saisi qu'il était avec un groupe et qu'ils repartaient dans la journée. Il semblait aussi triste et désolé que moi. Nous avons échangé nos adresses et nos mails puis je lui ai fait comprendre que j'allais le raccompagner à son village de vacances.

Vladimir est assis à côté de moi dans la voiture, à ses pieds un sac de ma boutique avec dedans un T-shirt d'une marque à la mode. Il ne voulait pas l'accepter et ne l'a pris que quand il a su que j'étais le patron. Il m'a dit mille fois « Merci », en lituanien, en allemand et même en anglais. Dans cette langue il connaissait aussi « I love you », j'ai traduit en français et il a répété maladroitement la phrase, il l'a dite en lituanien et j'ai écorché à mon tour ces mots si beaux quelque soit la langue. Tant pis… Si on les avait mal prononcés, on se les était dit quand même et c'était bien le principal…

Les minutes qui s’égrènent avant notre séparation me laissent dans la bouche un goût de cendre. Je ralentis jusqu'à me traîner pour retarder l'échéance mais là-bas, plus très loin, il y a la silhouette d'un car sur le parking avec sur ses flancs une large inscription en jaune, vert et rouge avec des caractères accentués. Vladimir me serre la cuisse et me fait signe de l'arrêter sur le bas-côté. Un dernier regard intense, une dernière mimique pour se dire « Dommage… » et je le regarde s'éloigner.

Adieu Vova. Adieu Mystérieux. Nous n'étions faits que pour nous croiser. Il fera froid demain dans ton pays nordique, il fait froid aujourd'hui dans mon cœur sous le soleil languedocien.