Les folies du Mardi gras

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Numéro 3

Texte d'archive:


Archivé de: Honcho – Numéro 3
Date de parution originale: Février 1995

Date de publication/archivage: 2015-02-06

Auteur: Stéphane
Titre: Les folies du Mardi gras
Rubrique: Écrits lubriques

Note: Le magazine Honcho (France) ayant disparu, nous vous présentons alors sur l'archive des textes y ayant paru au fil des ans, à titre d'archive, le but premier de l'archive étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte, ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

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C'était le 15 février 1994 et je m'en souviens comme si c'était hier. Et qu'avait de spécial, me direz-vous, cette date précise du calendrier ? D'abord elle avait ceci de particulier d'être le Mardi Gras, et ensuite elle marqua le jour où j'ai rencontré l'homme qui aujourd'hui encore hante mes fantasmes et que je recherche sans répit depuis qu'il m'a abandonné pantelant après ces instants à jamais mémorables où en me baisant de manière particulièrement experte il a réveillé en moi d'impérieux instincts qui jusque là sommeillaient au plus profond de moi-même...

Mike m'avait invité à une soirée qu'il organisait chez lui à l'occasion de ce fameux Mardi Gras de l'an passé. Le thème en était : À mec sexy nul n'est tenu. Les soirées de Mike sont toujours très réussies et extrêmement bien fréquentées. On se bouscule pour s'y faire admettre. Aussi étais-je excité à l’idée de me joindre à la fête, en même temps que désolé d'avoir été prévenu si tardivement car cela ne me laissait que peu de temps pour me choisir un costume digne d'une telle assemblée. Mais

Mike m'apprit que cette invitation tardive était délibérée et qu'il en avait usé de même avec tout le monde pour que nous évitions de nous lancer dans des frais inutiles en nous faisant faire des costumes somptueux. Il nous engageait plutôt à nous montrer imaginatif et à chercher dans notre garde robe de quoi nous rendre le plus sexy possible tout en faisant preuve d'un maximum d'originalité et d'extravagance.

Comme j'ai plutôt le look BCBG, toujours soigné et propre sur moi, je me suis dit que je pourrais peut-être étonner mon monde en me montrant à cette soirée pour une fois sous un jour nouveau, plus crade, plus cuir et plus provoquant. Je fis donc aux puces l'acquisition d'un pantalon de cuir noir, un pantalon déjà bien usé que j'allais encore rouler et piétiner dans la poussière d'un chemin de traverse avant que d'y pratiquer quelques trous savamment placés. Chez moi je sortis d'une commode un T-shirt blanc sur lequel je me suis appliqué à verser de la bière avant de le déchirer lui aussi en divers endroits. Au fond de ma penderie j'ai récupéré un vieux perfecto noir que je me suis évertué à rendre bien crade avant que d'y fixer quelques grosses épingles et des chaînes maculées de graisse. J'ai également retrouvé à la cave une vieille paire de bottes de motard qui portaient encore les traces de boue des dernières virées en trail que je faisais dans les chemins creux de campagne aux alentours de St-Rémy-les-Chevreuse deux ou trois ans auparavant... Pour parfaire mon look, j'ai par ailleurs cessé de me raser dès l’avant-veille de la fête. Le jour dit, avant de quitter mon appartement j'ai mis une dernière touche à mon accoutrement en passant un peu de cendre grise dans mes cheveux taillés en brosse ainsi que sur mon visage et en fixant à une narine une chaînette, faux piercing pour une parfaite image de ténébreux et indomptable loubard. En un mot j'étais paré pour un remake de Mad Max. Le pantalon de cuir me collait à la peau et son contact contre mon épiderme aussi bien que son toucher lorsque j'y promenais mes doigts me procuraient des sensations que je découvrais pour la première fois et qui, ma foi, étaient fort agréables...

— Regardez-moi ça ! Stéphane ! Méconnaissable ! Tu sais que ça te va super bien ! Quel look ! C'est une tenue que tu devrais adopter plus souvent ! Quel paquet ! Et ce cul ! Ça te moule mon chéri. Ouahhh !!! Retenez-moi ou je vais grimper aux rideaux ! Et comment que tu me trouves en Marilyn ? Dis, un loubard comme toi ça devrait se jeter sur une blonde platinée comme moi et la violer brutalement à même le sol, non ? Alors qu'est-ce que t'attends... j’appellerai même pas au secours ! Enfin, ne rêvons pas... allez, viens que je te présente à quelques nouvelles têtes que tu ne connais pas encore. Tu vas voir j’ai invité quelques beaux morceaux et je peux te garantir que tu ne seras pas déçu de ta visite ! Si tu les excites autant que tu m'excites moi, crois-moi tu ne vas pas t'ennuyer ce soir !

Mike qui n'était jamais aussi bien dans son rôle que lorsqu'il jouait les greluches vaporeuses me fit faire le tour de l'assemblée. Difficile de distinguer sous les déguisements et les grimages outranciers un morceau de premier choix d'un morceau de mou rance. Mais les voix, et surtout les regards me permettaient déjà de faire un premier tri car aucun travestissement et aucun maquillage ne sauraient trahir un homme viril : ses yeux et sa manière de s'exprimer le révèlent à coup sûr. Après avoir été présenté à quelques personnes je laissai Mike pour me joindre à quelques amis et échanger avec eux quelques banalités et plaisanteries de circonstance.

J'en étais à mon troisième Bloody Mary et à ma nième réflexion caustique ou admirative sur les rotondités fessières de tel ou tel invité passant devant notre groupe quand une main vint se poser sur mon épaule. Je me retournai pour reconnaître dans le pseudo-CRS qui me dévisageait un des types que j'avais remarqué quelques minutes auparavant.

— Vérification d’identité. Suis-moi sans faire d'histoire...

— De quoi est-ce qu'on m'accuse ?

— D'excitation à la débauche...

— Ah bon, qui c'est qui m'accuse de l'exciter ?

— Moi !

Mon interlocuteur portait une cagoule comme celle qui dissimule le visage des hommes des unités spéciales des commandos d'intervention. Il était vêtu d'un treillis sombre, plutôt moulant, et de rangers noires. Au premier coup d'œil on pouvait voir qu'il avait une carrure plus qu'impressionnante. Sous la tenue militaire se cachait manifestement un athlète aux proportions parfaites. La voix aussi était prometteuse, profonde, avec des accents méditerranéens qui lui donnaient encore plus de charme,

— Ton cas relève de l'outrage public à la pudeur, je suis obligé de sévir...

— Je suis pourtant très décent !

— Et ce petit cul cambré moulé dans le cuir qui est une invite au viol, et ce paquet provocant qui allume la lubricité de ceux que tu croises, et cette jolie petite gueule enjôleuse...? c'est pas un attentat aux bonnes mœurs, ça ? Et tous ces trous qui laissent apparaître cette belle peau bronzée...!!! C'est peut-être innocent tout ça !

— Euh, non, pas vraiment... je plaide coupable...

— Alors suis-moi, je t'embarque !

En même temps qu’il disait ces mots il m'enserra les poignets dans une paire de menottes qu'il gardait pendues à son ceinturon. Il m'entraîna vers une des chambres dont il referma la porte. Là il me retira les menottes et me commanda de me mettre face au mur, mains contre la cloison, bras et jambes écartés. Il procéda alors à une fouille au corps qui me fit bander comme un cheval.

— C'est une matraque ou un fusil que tu caches entre tes jambes ou c'est moi qui te fait cet effet là ?

— Je n'ai pas d'arme sur moi en dehors de celle dont ma gratifié dame Nature...

— On va voir ça...

Je sentis alors sa main qui défit la fermeture-éclair tendue à craquer de ma braguette puis deux doigts passèrent la barrière de la ceinture de mon slip pour aller se saisir de l'objet du délit.

— Tu sais que cet engin est hors-normes... trop gros pour être autorisé! Est-ce que tu as un permis de port d'arme lourde ? Et dans ces grosses bourses-là, tu caches quoi ? me demanda-t-il en soupesant mes couilles après avoir parcouru de ses doigts toute la longueur de la hampe de mon sexe en érection.

— Euh, juste un peu de liqueur de contrebande, très épaisse, très sirupeuse... ça vous dit ?

— Tentative de corruption de fonctionnaire, ça va chercher loin, ça ! Défroque-toi !

Je laissai tomber pantalon et slip.

— Écarte bien les cuisses que je mate ton petit trou... des fois que t'y cacherais de la marchandise prohibée... ouvre plus, je vois rien... allez, encore... maintenant penche-toi en avant... tousse... bon apparemment y a rien. Pourtant un cul bien rebondi comme celui-là et bien ouvert ça doit pouvoir en avaler des choses. Ça serait un vrai garage à bites que ça m'étonnerait pas !

Pendant qu'il disait cela, il empoigna fermement mes deux lobes fessiers et les malaxa avec vigueur comme s'il se fut agit d' argile à modeler. Il leur asséna également quelques magistrales et cinglantes claques afin de me faire goûter aux rigueurs de la loi. Puis toujours en se tenant derrière moi, il passa sa main entre mes cuisses, empoigna mes couilles, les soupesa, s'empara ensuite de mon sexe toujours raide et gonflé et le mania comme s’il se fut agi d’un levier... il me fit mal et je poussai quelques cris de douleur non contenue.

— Retourne-toi maintenant. Allez, à genoux !

Je m'exécutai. Il se tenait devant moi. jambes légèrement écartées, les poings s'appuyant sur ses hanches. À hauteur de mes yeux je vis un impressionnant renflement au niveau de l'entrejambe de son treillis.

— Mets tes mains dans ton dos !

Il me repassa les menottes.

— Comme ça tu ne seras pas tenté de toucher à mon arme ! Pour cette fois-ci je passe l'éponge sur tes exactions... mais pour qu'il y ait tout de même une punition tu va me nettoyer mes rangers... avec ta langue... allez, lèche !

Je fis ce qu’il me demandait et je passai avec application ma langue sur le cuir odorant de ses chaussures militaires. Cela dura quelques trop courtes minutes car tout à coup, comme sur un coup de tête, il retira brusquement le pied que j'étais en train de lécher et il me planta là. Il sortit précipitamment et sans un mot de la pièce m'y abandonnant à genoux, les mains maintenues dans le dos par les menottes. Je ne réagis pas tout de suite, espérant un retour qui allait m'étonner. Mais après un certain temps qui me parut interminable je dus me faire à l'idée qu'il m'avait laissé en plan. Du coup je me sentis un peu con.

Il ne me fut pas facile de me relever puisque je ne pouvais pas m'aider de mes bras. Ce ne fut pas sans mal, non plus, que je réussis à remonter slip et pantalon, d'autant que mon sexe toujours en érection mit une évidente mauvaise volonté à réintégrer mes vêtements. Par contre je ne parvins pas à refermer ma braguette ni à me réajuster puisque mes mains étaient maintenues au niveau de mes fesses. Pas facile non plus d'ouvrir la porte pour sortir de cette chambre où plus rien ne me retenait. Mon pénis était toujours aussi raide et menaçait à tout instant de surgir de dessous mes vêtements remontés tant bien que mal. C'est de cette manière inconfortable et pas facile à gérer que je pus enfin rejoindre mes amis. En progressant au milieu des invités dont quelques-uns avaient, tout comme moi. commencé à perdre leurs vêtements, je m’efforçai de localiser mon pseudo-CRS mais je ne réussis pas à le repérer.

Quelques mains baladeuses, profitant de ce que mes bras soient entravés et de ce que mes vêtements leur soient largement ouverts, se permirent quelques caresses... audacieuses autant que vicieuses, certaines en profitant même pour sortir ma bite du slip qui la cachait si mal. Je jouai des coudes pour essayer d'empêcher que ne se produise l'irréparable, et ce fut suivi d'une meute de mecs affamés que je parvins enfin à retrouver mes copains rigolards qui n'avaient rien perdu du spectacle.

— Alors, mon chéri... on s'est enfui du pénitencier ?

À ma grande confusion mon sexe se dressait de plus en plus, affichant un côté exhibitionniste que je ne lui connaissais pas. Tous les regards étaient braqués sur lui.

— Délivrez-moi de ces menottes !

— T'as la clé ?

— Non, mais le mec qui m'a fait ça est déguisé en CRS avec une cagoule sur la tête. Retrouvez-le et ramenez la clé... vite !

J'avais peur de me faire violer et je me sentais sans défense.

— Approche, que je te remette tout ton beau bazar en place me dit Vincent, alias Arlequin, et aussitôt il se saisit de mon engin en érection, le caressa furtivement au passage et le remit délicatement dans le slip. Puis il remonta mon pantalon de cuir, remit le T-shirt en place et referma la braguette sous les huées de l'entourage. Ce salaud de Vincent qui me draguait depuis des mois et auquel je m'étais toujours refusé avait enfin eu la récompense de son indéfectible patience. Sous prétexte de me tirer d'embarras, il avait pu se saisir pendant un bref instant de l'objet de tous ses désirs. Il en gardait l'odeur musquée au bout de ses doigts qu’il reniflait avec ostentation me promettant de ne plus se les laver avant longtemps.

Puisque personne ne revenait avec les clés qui m'auraient délivré, les mains toujours menottées dans le dos Je me mis moi-même à la recherche du faux CRS qui m'avait joué ce tour pendable. Profitant de ce que je ne pouvais pas me défendre des Polichinelle, des Indiana John, des princes arabes, des divas plantureuses, des petits chaperons rouges psychédéliques, des corsaires. des grognards, des Tarzan, des généraux, des Marie-Chantal, des éphèbes évadés d'une orgie romaine, des reines couronnées, etc, etc. me caressaient au passage, ou me mettaient plus gaillardement la main au cul ou au paquet, sans parler de ceux qui m'arrêtaient carrément pour me rouler un patin chargé de vapeurs d'alcool. Mais point de CRS en vue.

— Tu es le clou de ma soirée, mon cher Stéphane

— Oh, Mike, content de te trouver, qui est le CRS en cagoule que lu as invité à ta soirée ?

— J'en ai pas la moindre idée. Je ne sais même pas avec qui il est arrivé ici. Je l'ai remarqué à cause de sa carrure exceptionnelle et son regard m'a fait passer un frisson au creux des reins mais je ne sais rien de lui.

Il ne me semble pas le connaître...

— Est-ce que tu l'as vu ? C'est lui qui m'a menotté et je voudrais qu'il me délivre maintenant. La plaisanterie a assez duré !

— Tu en a marre de te faire peloter par tout le monde ? Écoute. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où il est passé. Tu sais comment sont les gens, ils vont, ils viennent... Si tu ne le retrouves pas on essayera de couper ça avec une scie à métaux, je dois avoir ce qu'il faut dans la cuisine. En attendant on va faire le tour des autres pièces. Il a peut-être eu besoin d'un peu d'intimité avec un autre jeune délinquant de ton espèce. J'ai remarqué deux ou trois beaux loubards très excitants... il a peut être décidé de leur faire leur fête à eux aussi...

C'est dans la salle-de-bains que nous retrouvâmes finalement l'énigmatique CRS, toujours cagoulé. Étaient agenouillés devant lui un mec dans une tenue de cuir clouté, avec une magnifique casquette digne de l'équipée sauvage et un jeune type aux cheveux très courts portant un mini short de cuir, des rangers par dessus d’épaisses chaussettes blanches et dont le torse, nu, était comme saucissonné dans de fines lanières de cuir. Le pseudo-CRS, à l'aide de sa matraque passée derrière leur nuque, maintenait la tête des deux gaillards appuyée contre son sexe en érection qui émergeait de la braguette du pantalon de treillis. Et ce sexe énorme était emballé dans une capote noire ce qui lui donnait l'aspect d'une seconde matraque. Les deux victimes agenouillées léchaient ce gourdin avec une réelle avidité.

Cet excitant spectacle nous laissa sans voix. Nous n'osions pas les déranger et en même temps nos yeux n'en perdaient pas une miette. Le CRS fit comme s'il n'avait pas remarqué notre présence et ne nous adressa pas la parole, se contentant de donner des ordres d'une voix sèche aux deux esclaves qui s'occupaient à astiquer et à polir sa "matraque". Puis tout à coup il fut pris d'un râle puissant, il se raidit sur ses jambes. cambra son torse vers l’arrière, porta son regard vers le plafond et poussa des grognements significatifs attestant un bel orgasme. Que c'est beau un homme qui jouit ! Devant ce spectacle personne n'ouvrit la bouche. Nos yeux étaient fixés sur lui, comme hypnotisés. Il poussait toujours de petits râles, lesquels, avec le bruit que nous faisions en déglutissant notre salive et le brouhaha de la fête étaient les seuls sonorités qui emplissaient la pièce. Nous étions encore sous le charme quand tout à coup le mystérieux CRS se réajusta après avoir rapidement retiré la capote et s'être essuyé le sexe avec du papier-cul. Il referma prestement sa braguette, repoussa les deux types toujours agenouillés à ses pieds et s'approcha de nous :

— Qu'est-ce que vous voulez vous deux?

— J'aimerais bien être délivré de ces menottes...

— J'en ai pas encore fini avec toi. Je t'embarque...

— Il en est pas question, je reste ici..

— On ne discute pas ! Je t'emmène, tu ne m’échapperas pas !

J'étais partagé entre mon envie de le suivre et de voir où tout cela pouvait mener car cet inconnu me fascinait et entre mon refus de remettre mon sort entre les mains de quelqu'un que personne à cette soirée ne semblait connaître.

Mike voulut s'interposer.

— Quoi ? Qu'est-ce qu'elle veut la Marilyn ? T'en fais pas ma belle, ça va être ta fête à toi aussi ! Vous allez me suivre tous les deux !

Il nous prit alors fermement par le bras et sans que nous puissions opposer de résistance il nous tira avec une force incroyable hors de la salle de bains et de là vers la porte de sortie de l'appartement. Nos cris ne protestation, pas bien énergiques il faut bien le dire, étaient couverts par la musique, les rires et le bruit des conversations. Personne ne remarqua rien.

Une fois sur le pallier il ne nous fit pas descendre les escaliers vers la sortie de l'immeuble mais au contraire il nous les fit monter en direction des combles. Arrivé au dernier étage, il se dirigea sans hésitation vers une des pièces minuscules au fond de l'étroit couloir. Il semblait connaître parfaitement les lieux. Il ouvrit la porte qui n'était pas verrouillée et nous fit entrer dans un petit débarras sombre dans lequel nous trébuchions à chaque pas sur divers objets ou cartons qui étaient entreposés là. Il referma la porte derrière lui. Seule une petite lucarne laissait entrer la nuit dans ce tombeau. Quant à lui, sa tenue noire nous le rendait invisible. Je sentis tout à coup qu'il tirait mes mains vers l'arrière et avec effroi je constatai qu'il passait quelque chose autour de la chaînette reliant les menottes. Au bruit métallique que cela fit, je sus que c'était une autre chaîne. De cette manière j'étais retenu contre le mur comme un chien par une laisse. Mes pourquoi Mike n'intervenait-il pas, pourquoi ne tentait-il pas de se sauver pour donner l'alerte?

Au moment où je faillis hurler pour appeler du secours, il me passa un bâillon autour de la bouche.

Je m’étais travesti en Mad Max par pure fantaisie mais jamais je ne m'étais senti attiré par le monde glauque des baises dans des lieux improbables autant que sombres et sordides, jamais je ne m'étais senti attiré par des relations de domination et de violence, jamais je n'ai fantasmé sur des rapports S.M. et surtout jamais je ne me serais laissé aller à m'abandonner entre les mains d'un inconnu. En ce moment je sentais au contraire la trouille m'envahir. Imaginez seulement qu'il me contraigne à subir une relation sexuelle non protégée... l'horreur... puisque je ne pouvais même pas m'en défendre. Pourquoi avais-je eu l'inconscience de me laisser faire ? Pourquoi Mike avait-il suivi sans plus de résistance ? Était-il complice ? Aujourd'hui, avec le recul je préfère penser que c'était un coup monté de sa part.

Quoi qu'il en soit, sans jamais sortir des limites d'un safe sex bien compris, le CRS ordonna à Marilyn de jouer de sa langue pour calmer mes tensions. Lui-même se mit bientôt de la partie, se plaça entre mes cuisses et revêtit ma bite d'un préservatif avec un tel savoir faire qu'il faillit me faire jouir d'emblée ce qui eut été dommage car ensuite il joua si bien de sa langue, de ses doigts et de sa matraque de cuir qu'avec l’aide de Mike il me mit le cul en feu et me fit connaître un orgasme rare. Lorsqu’après ses savantes caresses, dont les moins excitantes n'étaient pas celles administrées avec le froid gourdin qui faisait partie de sa panoplie, gourdin auquel il fit aussi franchir les limites de mon anus, lorsqu'après donc tous ces jeux d'une haute technicité j'eus joui comme un forcené et avec force grognements, je l'entendis se relever. Il me retira mon bâillon :

— Adieu beau loubard ! Peut-être qu'un jour nos chemins se croiseront à nouveau.

— Non, attends...!!!

Mais, sans plus tergiverser, il jeta la clé des menottes par terre et sortit sans m'écouter en nous plantant là et en nous laissant nous débrouiller seuls. Nous entendîmes ses pas s'éloigner dans le couloir puis dans les escaliers. Pendant ce temps Mike cherchait à tâtons la clé pour me délivrer.

— Qui est ce mec ?

— Je te l'ai dis, je l'ignore...

Jamais, depuis, Mike ne s'est départi de sa version de l'affaire, même lorsque je le supplie de me dire comment retrouver ce type qui désormais a envahi mes fantasmes.

Alors, puisque ce salaud de Mike fait la sourde oreille... si tu me lis c'est à toi que je fais directement appel, à toi mon beau CRS. Je me languis de toi, j'ai besoin de te revoir. J'ai soif de faire l'amour avec toi. Recontacte-moi. je t'en supplie !

Stéphane De Lo