Lope Story (10)


Lope Story (10)
Texte paru le 2018-08-01 par Luc Tulède   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Lope Story (série)


Chapitre 11


Après cet intermède, pour le moins inattendu, je retournai rejoindre Stéphane dans la salle sans oublier de jeter un regard vers la table de Philippe. Les deux me firent un clin d’œil appuyé par un signe de tête approbateur, et Philippe, pouce dressé vers le haut, me gratifia d’un beau sourire confiant.

J’étais là encore en plein dilemme. Devais-je tout rapporter à Stéphane ou le garder pour moi ? Dans les deux cas, je prenais un risque : soit je lui disais tout, et là s’ouvrait une grande inconnue quant à la suite des évènements, soit je ne lui disais rien avec le double risque que 1° l’un des deux mecs l’aborde pour lui raconter notre petite entrevue et que 2° je perde sa confiance. La deuxième possibilité présentant plus de risque, je décidais de tout lui dire.

– Tu as été bien longue dis-moi. Il te fallait autant de temps pour te refaire une beauté ?

– Non, mais un mec m’a accosté.

– Un mec t’a accosté ! Raconte-moi ça en mangeant ton entrée, sinon elle sera froide.

Entre deux bouchées, je lui exposais par le menu notre entrevue et lui remit la carte de Philippe. Comme je m’y attendais, mon histoire eut l’heur de lui plaire. Ça l’émoustillait au plus haut point, un des scénarios qu’il avait imaginé serait peut-être en passe de se réaliser. À sa façon de bouger sur sa chaise, je sentais bien que ça bouillait dans sa tête et probablement dans son calbut.

– C’est super tout ça, me dit-il. En plus, ils sont plutôt beaux gosses en jetant un regard vers leur table. Hum décidément, tu m’épates. Tu perds ta virginité et le soir même, tu t’fais draguer par des mecs. Tu vois, je te l’avais bien dit. Tu es capable de faire bander un régiment, ma petite pute ! Allez, viens là ! Rejoins-moi sur la banquette et malaxe-moi la bite à travers le pantalon.

– Mais y’a du monde et…

– Et rien du tout. Obéis et démerde-toi pour être discret, un point c’est tout. Et puis la nappe cache tout et je suis certain que ça va exciter nos deux gaillards.

Je m’installai immédiatement sur la banquette et tendis une de mes mains vers son beau paquet encore bien ferme. Je fis en sorte d’être discret, mais la manœuvre n’échappa pas à nos deux compères qui nous jetaient des regards en coin, plein de malice. Le spectacle devait les rassurer quant à mon statut de lope. Quant à Stéphane, il était aux anges, et moi aussi quelque part. Cette situation, quoique très embarrassante, m’excitait. L’effet fut immédiat : je me remis à bander. Le fait de sentir la pine de Stéphane sous mes doigts me dilata instantanément la rondelle qui laissa s’échapper quelques gouttes de sperme restantes. J’étais vraiment parfait dans le rôle que l’on m’avait assigné. Quand le serveur arriva, je retirai ma main. Stéphane me fusilla alors du regard comme si j’avais commis un crime de lèse-bite. Une fois le serveur partit, il me répliqua sèchement :

– Quand je te donne un ordre, tu l’exécutes sans t’occuper du reste. OK ? Alors tu me remets ta main là où elle était et vite. Je crois cependant que cela mérite une punition. J’ai ma petite idée, on verra ça tout à l’heure. Pour l’instant, continue et tâte-toi la bite aussi, mais interdiction de jouir, sinon ce sera double punition.

– D’accord Maître.

Me toucher la bite ne passa pas non plus inaperçu à nos deux amis qui me jetèrent des regards plein d’envie. Je pense qu’ils auraient adoré être assis à notre table pour admirer le spectacle et, pourquoi pas, y participer. J’avais du mal à me retenir, ma bite était hypersensible et le moindre toucher l’aurait fait exploser en mille gerbes. Mais je résistais du mieux possible, par respect pour mon Maître.

Bientôt, le garçon revint avec les plats de résistance et je ne bougeais plus, mes deux mains toujours occupées à ce que vous savez. Le vit-il ? Je ne sais pas, en tout cas, il sut rester discret.

– Bon c’est bien. Tu n’as pas bougé. Tu vois, c’est simple. Quand tu veux, tu peux. Tu dois apprendre à perdre toutes tes inhibitions. Une pute ne doit avoir peur de rien, ni de personne et encore moins du qu’en-dira-t-on. C’est bien, ma poulette. Continue comme ça, tu me plais. Mais pour l’instant, arrête et mange. Après j’irai voir nos deux tourtereaux pour savoir ce qu’ils veulent.

Dès le plat de résistance terminé, Stéphane se rendit à la table de nos deux comparses. Que se dirent-ils, je n’en sais rien ? Par contre, leurs regards vers moi prouvaient que je devais en partie être au centre de leur discussion.

Après une dizaine de minutes de conciliabules, il revint s’installer près de moi. Son sourire en coin m’inquiéta un peu. Cette petite séance semblait lui avoir procuré beaucoup de joie. La courbure de sa braguette, même si son pantalon le serrait beaucoup moins que le mien, en était un joli témoignage.

– Alors, lui fis-je, que vous ont-ils raconté ?

– Tu aimerais bien le savoir, ma petite chérie ? Mais je te dirais que ce que j’ai envie de te dire. Sache que ces deux mecs sont super sympas et chaud-bouillants comme la braise, et sexuellement très proches de moi dans leurs goûts. C’est pour ça que tu leur as tapé dans l’œil. Ils ont tout de suite compris qui était le Maître et qui était la lope. En t’accostant dans les chiottes, ils voulaient juste en être certains. Et ils en ont eu la confirmation.

– Très proches de vous dans les goûts ? Cela veut dire qu’ils sont actifs tous les deux et plutôt dominateurs ?

– Oui et deux fois plutôt qu’une. Ce sont de vrais machos accrocs aux jouvencelles dans ton genre. Ils savent que ce sont les meilleures.

– Les meilleures peut-être, mais ça se voit tant que ça ? Encore décontenancé par cette remarque.

– Mais non, rassure-toi. On a simplement le pif pour les repérer. Avec le temps, toi aussi tu les repéreras.

– Peut-être, on verra bien. Par contre, j’ai encore une question : comment font-ils pour baiser s’ils vivent ensemble ? Il faut bien que l’un des deux accepte de se faire mettre ou les deux, s’ils sont versatiles ?

– Non, aucun des deux n’est versatile, ce sont deux actifs purs et durs et je ne crois pas qu’ils vivent ensemble. Ce sont deux copains de baise tout simplement. D’après ce que j’ai cru comprendre, ils vivent séparément. L’un des deux travaille dans un bar gay et l’autre bosse dans l’administration.

– Dans un bar gay ? Et il ne bosse pas ce soir ?

– Il m’a dit qu’il était en congé en ce moment, le bar est en travaux. Mais tu poses trop de questions ma chérie. Ça suffit maintenant. Je les ai invités à prendre le café avec nous, tu pourras apprécier leurs qualités par toi-même. Et je te conseille d’être très gentille avec eux.

Cette dernière phrase, pleine de sous-entendus, me mit légèrement en émoi. Qu’est-ce que c’était encore que ce plan foireux ? Décidément, je me souviendrais toute ma vie de cette soirée et du week-end qui la suivit. Pour une initiation, ce fut une initiation. En quelques heures et en quelques jours seulement, j’avais sombré dans la pire débauche et vécu tellement d’expériences différentes que je passais sans coup férir du statut de puceau à celui de bête de sexe, au sens passif du terme. Peut-être eût-il mieux valu une initiation plus progressive ? Souvent, nous cherchons à retrouver les émotions fortes, et une fois atteintes, nous en recherchons d’autres, encore plus intenses. Comme les sportifs à la recherche de l’adrénaline, nous poussons les expériences jusqu’aux limites de nos potentialités, quitte à prendre parfois des risques inconsidérés. En sexe, c’est la même chose : nous passons par des stades différents et progressifs qui nous conduisent à expérimenter des situations nouvelles pour atteindre le niveau d’excitation maximale. Ça peut commencer par de la baise classique et simple, puis s’orienter vers la recherche de partenaires multiples, puis ce stade passé, on peut en venir à l’amour en groupe et aux orgies et ensuite progressivement dériver vers des pratiques de plus en plus hard jusqu’au sado masochisme, au fist-fucking, à l’uro et pire encore au scato. Cette progression se fait généralement sur plusieurs années. Pour moi, elle se fit en quelques jours du stade 1 au stade 4 sans aller pour autant jusqu’au stade ultime précédemment décrit. Ainsi donc, en l’espace de quelques jours, mon apprentissage fut quasiment complet. Était-ce bien ou mal ? Avec le recul, je peux dire maintenant que ce fut un bien. Très vite déniaisé et au fait des pratiques sexuelles gay les plus courantes et usitées, j’ai pu ensuite choisir le type de relation qui me plaisait et m’épanouir pleinement sexuellement. Stéphane à lui seul était déjà un excellent début, mais les choses, vous l’avez compris, ne s’arrêteraient pas là.