L’île des Éphèbes (01)


L’île des Éphèbes (01)
Texte paru le 2013-12-14 par Prades   Drapeau-fr.svg
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CHAPITRE I : Un voyage qui commence mal.


Point de vue Paul

Une sonnerie stridente me tire de mon sommeil, je me redresse péniblement pour arrêter l’alarme de mon réveil et me frotte les yeux. Il est 6h du matin, et aujourd’hui, c’est le grand jour. «Il ne faut pas que tu sois en retard le jour du départ Paul !» avait martelé mon patron une semaine à l’avance. Il est saoulant à me chaperonner alors que j’ai 24 ans, mais bon, c’est quant même un type bien. Mon bouleau, c’est guide touristique mais je suis aussi pilote sur de petits avions. La plupart du temps, je conduis des groupes de vacanciers vers des destinations exotiques puis une fois sur place, j’assure la logistique et je les accompagne partout. Le groupe que je devrais accompagner pour le prochain voyage fait partit d’un centre de vacance; six garçons âgés de 14 à 16 ans plus leur monitrice, Eva, une vielle peau de cinquante ans. En plus de cela, je dépanne ma tante en emmenant dans l’avion sa fille Elise, et sa meilleur amie Sarah. Je file prendre une douche, m’habille et saute dans ma voiture. Pendant le trajet, je jette un coup d’œil au formulaire des ados que je vais accompagner :

Robin, 16 ans C’est un garçon de taille moyenne avec des cheveux bruns relevés vers l’arrière. Il a un visage rusé, presque félin, des yeux marron et un nez légèrement retroussé. Il portera un t-shirt blanc à manche courte, un short noir jusqu’aux genoux et des chaussures avec chaussettes courtes.

Alexis, 15 ans Je vois un garçon de petite taille avec des cheveux légèrement bouclés et blond foncé. Ses yeux sont marron. Sur la photo il porte un t-shirt blanc à manches courtes en dessous d’une veste à fermeture-éclair. Il a un jean large au dessous duquel dépasse un ample caleçon coloré.

Manuel, 14 ans C’est le plus petit du groupe, il a les cheveux noirs, coupés court, une tête un peu rebelle. Il n’a pas l’air très grand et il est indiqué qu’il est Colombien. Il sera vêtu d’un t-shirt blanc et d’un short bleu.

Alexandre, 16 ans C’est un grand garçon blond aux yeux bleus. Son visage et fin et ses cheveux sont en bataille. Il est noté qu’il a passé toute son enfance dans une pension très strict en Russie. Il porte un t-shirt moulant noir en dessous d’une veste noir. Son pantalon est aussi noir, version treillis.

Antoine, 16 ans Il est précisé qu’il est Thaïlandais. C’est au garçon assez grand, la peau colorée, les cheveux noirs, les yeux sombres. Il sera habillé d’un maillot de foot et d’un short de basket.

Jérémy, 16 ans Il vient d’Angleterre et fait sa scolarité à Eton. Il a les cheveux châtains, peignés, un visage souriant et poli, comme tout enfant bien élevé. Il porte aussi des lunettes. Il a un maillot de corps blanc sous un polo noir à manches courtes et un bermuda beige.

Elise, 14 ans C’est ma jeune cousine. Je l’ai rencontré plusieurs fois et on a de bonnes relations. Elle a un visage rieur et des cheveux châtains jusqu’aux épaules et les yeux verts. Elle est vêtu d’un t-shirt rose et d’un mini short avec des fleurs.

Sarah, 14 ans C’est la meilleur amie de ma cousine, je ne l’ai jamais vue. Elle est blonde aux yeux bleus et porte un t-shirt sans manches noir et un mini short blanc.

Ma voiture arrive au parking de l’aéroport, ça fait une semaine que je lis et relis le fichier sur les garçons, ils m’excitent, tous sont magnifiques et comme en plus je suis gay, ça ne fait qu’aggraver la chose. Ils doivent cacher des trésors de beauté sous leurs vêtements et j’aimerai y goûter. Je me dirige sur la piste où se situe mon avion, le groupe est déjà là, Mme Eva Brown vient à ma rencontre, pressée de partir :

— Bonjours Paul, prêt pour le grand voyage ?

— Oh vous savez, j’ai l’habitude.

Je rabats mes lunettes de soleil d’un air crâneur.

— Bien, voici Alexandre, Antoine, Manuel, Jérémy, Robin et Alexis. Les garçons voici Paul notre guide.

— Salut les gars.

Ils me disent tous bonjour sauf Alexis et Manuel, plongés sur leurs gameboy. Ils ont l’air heureux de partir, tant mieux, j’aime les gens dynamiques.

— Bien, tout le monde monte dans l’avion, nous n’allons pas tarder à partir.

Les garçons se bousculent pour entrer dans le petit avion. Je remarque Manuel qui à l’air d’être un dur à cuire, il ne se laisse pas marcher sur les pieds. Je monte dans l’appareil à leur suite, j’aperçois Alexis en train de jouer avec les boutons dans le cockpit.

— Alexis, va t’asseoir et arrête de toucher à ça.

— Oh Paul, t’es pas drôle, moi qui croyais que tu étais cool.

Il me fait une tête innocente, mais je ne me laisse pas prendre à son jeu.

— Oui bas ce sera moins cool lorsque l’on s’écrasera.

Je le pousse hors de la pièce, au passage j’applique ma main sur son bras, le contact avec sa peau nue électrise tout mon corps.

À l’arrière c’est la pagaille, je vois Robin allongé sur deux sièges, Alexandre qui ébouriffe les cheveux d’Antoine. Manuel, lui s’amuse à abaisser son siège au maximum et Eva tente de faire revenir le calme. Seul Jeremy reste calme, bien assis sur son siège, réservé, à l’écart des autres. Il regarde par le hublot avec un peu de nostalgie. Soudain, j’aperçois au fond de l’appareil de petite têtes familières.

— Eh salut mes princesses.

— Salut Paul.

Elise et Sarah étaient gentiment assises à attendre de me voir.

— Vous n’avez pas peur de l’avion j’espère ?

Elise me lança un sourire amusé.

— Tu sais on est pas des gamines, on est grande maintenant.

— Ouais !

— Bien, bien, si mesdames veulent bien m’excuser, il faut que j’aille piloter ce tas de ferraille.

— On arrivera quand ?

— Je dois atterrir à Madagascar dans dix heures, alors il faut pas traîner.

Je remonte vers l’avant, les garçons se sont un peu calmé, Manuel joue les petits caïds et essaie d’impressionner Jérémy. Je m’installe aux commandes.

— Bonjours à tous, je suis Paul votre commandant de bord, veuillez attacher vos ceintures nous allons décoller.

Des rires me parviennent à l’arrière, je me concentre et amorce la manœuvre de décollage. Après le feu vert de la tour de contrôle je mets les gaz et décolle sous les hourras enthousiastes de mes passagers. Je mets l’avion à son altitude de croisière et enclenche le pilotage automatique. Voilà, le plus dur est fait, je m’adosse à mon fauteuil et commence à rêver de ces beaux et jeunes garçons. Dans mon pantalon je sens ma queue durcir au fur et à mesure que je construis mes fantasmes. Cependant une main se pose sur mon épaule et me sort de ma rêverie : c’est Alexandre, mon dieu qu’il est beau.

— Qu'y a-t-il ?

— Euh monsieur…

— Tu peux m’appeler Paul.

— Paul, c’est normal qu’on ait laissé Mme Brown à l’aéroport ?

— Comment ça ?

— Baaa vous avez décollé avant qu’elle revienne dans l’avion.

— Quoi, elle était partie !?

— Oui, aux toilettes elle avait dit.

— C’est une blague !

— Non, je vous promets…

— Bon, retourne t’asseoir, je vais régler le problème.

— Comme vous voudrez.

— Tu peux me tutoyer.

— Ok, comme tu veux.

Il quitte la cabine. Oh la boulette, j’ai laissé leur accompagnatrice en France, c’est vraiment la merde. Bon, tant pis, après tout ce n’est pas ma faute. Je suis donc le seul adulte maintenant, ça pourrait être utile, je vais passer ma première nuit à l’hôtel seul avec eux, il suffira que je couche les filles plus tôt, puis j’irai mater les garçons dans leurs chambres sous prétexte de voir que tout va bien. C’est pas si mal finalement.

Au moment où je veux me lever, une lumière rouge s’affiche. Quoi ! Plus de carburant ! C’est quoi se bordel, il y a une fuite !

Cela fait maintenant six heures que l’on vole, et la nuit a fini par tomber. Je jette un coup d’œil par-dessus de mon épaule, tout le monde dort à l‘arrière. Je vérifie mes cartes, on vient de dépasser la Somalie, on est maintenant au dessus de la mer. Il fait très noir, je ne vois rien du tout. Comme j’ai le pilotage automatique de mis, je pourrais profiter que tout le monde dort, m’installer à côté d’Alexis par exemple et essayer de le tripoter un peu de façon discrète. Je glisse une main dans son caleçon qui dépasse tout le temps et le tour est joué. Je sais que je joue gros là-dessus, si jamais on apprend que j’aime les jeunes ados bien montés, je risque la prison. Au moment où je veux me lever, une lumière rouge s’affiche. Quoi ! Plus de carburant ! C’est quoi se bordel, il y a une fuite ! Je baisse d’altitude pour me retrouver plus proche de la mer, il reste encore 1000 km à parcourir et l’avion est à sec. Faut-il que j’avertisse tout le monde ? Pas le temps il faut que j’amerrisse. Je ne suis qu’à quelque mètres de l’eau, mon dieu, on va tous mourir c’est sûr. Au même moment, j’aperçois une forme sombre à l’horizon, une ile ! C’est étrange, elle ne figure pas sur la carte. Je vois une bande de sable où je pourrais tenter de me poser. L’avion touche le début de la plage, s’enlise, tournoie, ralentit, entre dans la foret et va heurter de plein fouet un arbre. Ma tête cogne contre le tableau de bord et je perds connaissance.

Lorsque je revient à moi, je remarque que j’ai été sorti de l’avion et que huit visages inquiet me regarde.

— Il se réveille.

— Poussez vous, laissez le respirer.

J’aperçois la jolie tête blonde d’Alexandre:

— Paul, tu vas bien ?

— Oui, ça va, ça va… Et vous ?

— On va bien, personne n’est blessé, par contre l’avion a pris feu, c’est pour ça qu’on s’est éloigné.

— Donc on n'a plus d’affaires, super… Bon le principal c’est que tout le monde soit vivant. Vous allez bien les filles ?

— Oui, on a rien.

Je me lève, tremblotant.

— Bon, je ne sais pas où l’on est mais il est trop tard pour aller en repérage, on reste groupés, on va dormir sur l’herbe à côté de la plage. À partir de maintenant, tout le monde obéit au moindre de mes ordres, la situation est grave.

— Eh, t’es pas notre père, se rebelle Manuel.

— Peut-être mais la situation l’oblige. Bon, Alexandre, Robin et Antoine, allez chercher du bois sec pour faire un feu, ne vous éloignez pas trop.

Je m’approche d’Elise et Sarah qui sont assises à dix mètres de là.

— Vous allez tenir le coup les filles ?

— Oui, mais on a froid.

— Tenez, voilà mon manteau, allongez-vous l’une contre l’autre pour vous tenir chaud, on va faire un feu.

Dix minutes plus tard, grâce à mon briquet je réussis à allumer un petit bûcher, les filles se sont endormies. Je reste avec les garçons, l’ambiance au début sinistre commence à se détendre.

— C’est qui ces deux filles me demanda Antoine.

— C’est Elise, ma petite cousine et sa meilleur amies Sarah. Je devais les accompagner à Madagascar où ma tante les attend.

— Si on doit survivre comme Robinson Crusoé elles ne tiendront pas longtemps, commenta Alexis.

Cela fit beaucoup rire Manuel.

— Le problème c’est qu’on n'a pas de réseau, commenta Antoine.

— Oui, on peut pas appeler les secours, enchaîna Alexandre.

— Calmez-vous, je suis sûr que cette île est habitée, demain on trouvera de l’aide.

— Quand je pense qu’on a laissé Mme Brown à l’aéroport, s’esclaffa Robin.

— Mouais, dans un sens elle a eu plus de chance que nous.

— Arrête de jouer les défaitistes Antoine, ça va être cool, on va être libre sur cette île, argumenta Alexis.

— Libre, je suis jamais vraiment libre sans ma télévision.

— Moi c’est mon portable qui va me manquer, renchérit Robin.

— Moi c’est internet qui va me manquer, ajouta Manuel. Je pourrais plus me branler devant de belles nanas à poil lorsque je serai en manque, et c’est pas les deux fillettes à côté qui vont les remplacer.

Un silence suivit sa déclaration, Jérémy se mit à rougir.

— Allez quoi les mecs, faites pas genre, je suis sûr que vous vous touchez tous le soir dans votre lit. Alexandre, beau comme tu es, tu vas pas me faire croire que tu ne te tires pas sur la nouille quand même ?

— Mon pauvre Manuel, ça ne te réussit pas la puberté.

Manuel se renfrogna:

— Bande de faux-culs.

Je suivais l’échange du coin de l’œil, amusé. Manuel, même si il était le plus petit était vraiment une grande gueule, mais c’est souvent ceux qui parle le plus qui en font le moins.

— Bon les garçons, il est tard, tout le monde se couche.

— Ok, je vais juste pisser.

— Je te suis, j’ai envie.

Robin et Alexandre se levèrent, marchèrent une quinzaine de mètres puis dos à nous, commencèrent à se soulager en discutant. La lumière du feu éclairait leurs dos, je réussis à distinguer les traînées de leurs urines se perdre sur l’herbe. Si jamais j’osais me joindre à eux, je pourrais exhiber mes attributs virils tout en ayant l’occasion de mater les leurs. Mais un mouvement de Manuel attira mon attention, il s’était assis à côté de Jérémy qui regardait le feu en silence.

— Salut Jérémy, tu as l’air un peu triste.

— Mais, c’est juste que je suis fatigué.

— Oui, je sais ce qu’il te faut pour retrouver de l’énergie, une bonne branlette entre potes.

Quel vilain garçon Manuel, il avait remarqué l’embarras apparent de Jérémy tout à l’heure et il voulait essayer de l’embêter pour passe le temps. Jérémy rougit à nouveau.

— Allez, fait pas ton timide, je suis sûr que tu es bien membré. Allez, sors ta queue, t’as pas à avoir honte.

Sacré Manuel, comme c’est le plus petit, il veut se donner des airs de dur à cuire mais je suis sûr qu’il n’oserait jamais se mettre à poil et encore moins se branler devant tout le monde.

Manuel posa sa main sur la bermuda de Jérémy qui sursauta.

— Arrête Manuel, je veux juste dormir.

D’un mouvement souple Manuel, remonta le maillot de corps et le polo de Jérémy, dévoilant une paire d’abdos bien sculptés.

— Eh là, tu caches bien ton jeu. En fait, sous tes airs d’intello, tu es hyper baraqué !

Jérémy, tout rouge, remit son maillot en place prestement. Manuel n’insista pas et alla se coucher. Je m’allongeais sur le dos et fermais les yeux tandis que des ronflements se mirent à troubler la quiétude ambiante. Le bruit des vagues sur la plage me berçait lentement, épuisé par ma journée je finis par sombrer dans un profond sommeil.