Maître-nageur, maître-branleur

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Numéro 66

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 66
Date de parution originale: Septembre 1994

Date de publication/archivage: 2018-07-30

Auteur: Camille
Titre: Maître-nageur, maître-branleur
Rubrique: Jeux de pines à la piscine

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Mon fantasme à moi, ce sont les maîtres-nageurs. Je crois que ça m’est venu tout petit. Mes parents m’emmenaient très souvent à la piscine, et je n’avais de regards que pour ces hommes-là, et particulièrement pour celui qui m’a appris à nager. C’était un homme grand et très musclé, avec des cheveux frisés. J’aimais le voir s’accroupir pour me tendre une perche, pour faire mes premières brasses. Lorsque les cours se sont achevés, j’ai piqué une colère terrible pour avoir d’autres leçons, et j’ai eu d’autres leçons pour apprendre le dos crawlé, le papillon. Je suis devenu un excellent nageur. Le soir, après les cours, je me souviens que je pensais à mon prof, et j’éprouvais de délicieuses sensations dans la queue. Je n’ai pas été long à découvrir les plaisirs de la masturbation.

Plus tard, j’ai très vite fréquenté les lieux de drague, les abords des gares, les parcs publics... et les piscines. Je me suis trouvé quelques partenaires comme ça, après avoir nagé un peu avec eux, pris une douche, suivi d’un petit voyage en commun dans un vestiaire. C’était bien, mais j’avais envie de faire l’amour avec un maître-nageur, et je n’ai jamais réussi à en débaucher un seul. Enfin, à la fin du mois de juin dernier, je suis parti en Espagne. Ça n’a rien d’original pour me faire dorer au soleil et profiter de la mer et des pédés qui viennent de partout, et qui ne cherchent qu’un coup à tirer. Comme ces vacances-là sont pour moi souvent frénétiques, j’en oublie pour un temps mon fantasme, et je remplis mon corps de corps-à-corps et de foutre (sous préservatif!). Mais cette année, j’ai réalisé mon fantasme, alors que je n’y pensais pas.

Lorsque je suis arrivé sur la plage, les hauts-parleurs annonçaient qu’il y avait une invasion de méduses, et qu’il ne fallait pas se baigner. J’ai pensé bêtement qu’en restant dans l’eau, mais près du bord, je ne risquais rien. Je me suis fait brûler par une petite méduse, sur le mollet. La douleur a irradié très vite toute la jambe, et celle-ci s’est mise à gonfler. J’ai été jusqu’au poste de secours. Je ne savais pas s’il était maître-nageur ou simple secouriste, mais je dois dire que lorsque je l’ai vu je ne sentis même plus la douleur de la brûlure. Il ressemblait comme deux gouttes d’eau à mon maître-nageur d’enfance, très brun, la peau tannée par le soleil, grand et musclé.

Lorsque je suis sorti du poste de secours, j’avais l’impression d’avoir la queue qui allait gicler de mon maillot de bain d’un instant à l’autre. Il me fallait un mec, tout de suite. J’ai trouvé sans trop de mal, à l’heure de la sieste, on trouve toujours une queue qui démange. J’ai baisé le type comme un sauvage, deux fois de suite. Et la nuit a été folle. Le lendemain sur la plage, même histoire, encore ces foutues méduses. J’avais envie de me baigner, alors je me suis rabattu sur la piscine où je n’avais jamais mis les pieds. Ce n’est pas moi qui l’ai vu tout de suite, c’est le contraire. L’homme qui m’avait soigné la veille est venu vers moi, et m’a dit dans un français approximatif:

— Toi, je t’ai vu hier? Comment va ta mollet?

Je l’ai regardé, subjugué. J’ai mis du temps à répondre que ça me faisait encore un peu mal, mais que oui, ça allait J’ai pas eu le temps de mettre ma serviette autour de ma ceinture, et un maillot de bain ne peut pas cacher une érection. Il s’est rapproché de moi, faisant une protection de son corps contre le regard des autres.

— C’est moi tu veux?

À cette question, j’ai cru que ma bite allait cracher son foutre, et moi, hurler de jouissance. J’ai fait “oui, oui” avec la tête, incapable de ne rien dire. C’était plus grand qu’un rêve de gosse sur le point de se réaliser. Il m’a dit qu’il faisait une pause dans une heure. Une heure!

J'ai cru hurler de jouissance

Je vous jure que ça a été l’heure la plus chaude de mon été. À plat ventre sur ma serviette, je pensais déjà à la douceur de sa queue dans ma bouche, à sa peau salée, à ses doigts pénétrant mon cul, ou à ma bite lui limant le trou de balle. Toutes les positions, tous les cas de figures. Et pourtant, ce fut long d’attendre! Enfin, au bout d’une bonne heure, il est venu me chercher.

Il m’a emmené dans un long couloir qui longe la piscine en sous-sol. Il y faisait une chaleur presque insupportable. Les bruits de l’eau et des systèmes de pompage faisaient un bruit d’enfer, le tout dans une ambiance style “petites lumières de sécurité”; et je vous assure que j’ai pensé que j’étais en enfer, en train de me damner, avec cet homme dont j’avais rêvé depuis toujours.

Il a frôlé ma queue. Elle s’est redressée d’un coup, passant l’élastique du maillot de bain. L’homme s’est un peu écarté, puis a sorti sa queue de son maillot de bain. Elle ne bandait pas encore. Il m’a fait signe de m’approcher pour que je le suce. C’est vraiment bon de sucer une queue qui ne bande pas, et de sentir qu’elle commence à s’allonger, à se durcir, à prendre toute la place dans la bouche. Ça n’a pas été long! Quelques secondes plus tard, c’était un membre énorme que j’avais dans la gueule et que je suçais avidement. Il avait l’odeur dont j’avais rêvée, mi-musc, mi-salé. Je l’aurais sucé des heures, mais il s’est dégagé assez brusquement, et m’a poussé par terre. Je l’ai senti se coucher sur moi de tout son poids. Je sentis les muscles de ses pectoraux sur mon dos, et sa queue qui se coinçait entre mes fesses. Puis sa queue a essayé d’aller plus loin.

J’ai dit:

— Non, pas sans capote!

Nous n’en avions pas, ni l’un ni l’autre. Il m’a dit:

— D’accord, on va s’arranger.

Il m’a pénétré avec un doigt, puis deux et puis trois. Ça faisait bien l’épaisseur de sa queue. La chaleur me monta au visage. Mon corps emprisonné sous le sien ruisselait de sueur. Sa queue était toujours entre mes fesses. Il a commencé à aller et venir dans la raie du cul. Il me serrait avec ses jambes, et sa main continuait à me fouiller le cul. Ma queue, coincée sous mon ventre, me faisait mal. Je me suis soulevé un peu. Il a sorti ses doigts de mon cul pour aller me branler la base de la bite. Et puis il a fait des aller-et-venues entre mon cul et ma bite, des doigts qui s’enfoncent dans mon trou, me branlent, puis ressortent et viennent s’enrouler autour de ma queue, me branlent, puis retournent dans mon cul, tout ça en continuant à s’astiquer le nœud entre mes fesses. Je ne sais pas ce qui était le meilleur, l’idée que je me faisais branler le cul et la bite par un maître-nageur, ou cet endroit incroyable, ou la chaleur, ou bien sa dextérité.

J’avais l’impression de me faire enculer, mais qu’en même temps une autre queue se frottait contre moi. J’étais au bord de la jouissance, mais à chaque fois que j’allais jouir, mon beau maître-nageur changeait volontairement de rythme; de quoi me rendre fou! Brusquement, il m’a branlé plus fort, et il a lui-même accentué ses va-et-vient. Il a joui le premier, et de sentir ces longs jets de foutre tiède sur mon dos m’a fait jouir aussitôt. J’ai poussé un long cri, alors que mon sperme se répandait sur le sol.

Camille, 24 ans.