Naissance d'un soumis (02)


Naissance d'un soumis (02)
Texte paru le 2015-03-06 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Naissance d'un soumis

Je commençai à bouger le pied gauche, lentement, jusqu’à la limite rendue possible pas la chaine des entraves ; le talon du pied était à peine devant les orteils de l’autre.

— Bien. Fais le lentement puis dans quelque temps tu verras tu sauras exactement la taille de tes pas et tu pourras aller vite pour exécuter les ordres ; c’est une question d’habitude.

Lentement, j’avançais le pied droit, gauche, droit… Jusque 10 et je m’arrêtais. Je comptais presque tout haut, du moins très fort dans ma tête pour ne pas me tromper et cela tout en répétant régulièrement : « Martinet : 10 ».

— Quand tu t’arrêtes, c’est pieds joints. Encore deux pas.

— Quart de tour à droite.

— Deux pas.

— 5 marches à monter ; commence.

La chaîne était à peine suffisante pour monter les marches et le fer du pied inférieur entrait dans la chair ; mais je montais… Un couloir carrelé : 30 pas ; un quart de tour ; une porte qui s’ouvre ; 9 marches à descendre ; un palier : 6 pas ; encore 7 marches ; un couloir dont le sol est en briques irrégulières : 22 pas ; un quart de tour ; une porte qui s’ouvre ; 5 pas un sol humide en terre ; une porte qui se ferme ; 5 pas ; quart de tour.

Je me tiens debout devant le Maître, sans rien voir. Et je bande.

— Reste bien droit, ne bouge pas.

Il entreprend de retirer mon cockring et mon ballstrecher. Et d’un coup, mon sexe est mis dans un tissu mouillé d’eau froide. Je sursaute.

— Du calme ; tu dois débander.

Et je débande lentement au bout de la troisième fois que l’eau froide vient ainsi sur mon sexe.

Alors, je sens que le Maître est en train de passer ma queue et mes couilles dans un anneau métallique. Le Maître passe un liquide gras sur ma queue et la passe dans un tuyau en acier. Il me pose une cage de chasteté. C’est la première fois qu’une chose comme cela m’arrive. Je commence à rebander mais j’en suis vite empêché… Ça me fait mal. Mon sexe se comprime dans la cage et mon gland appuie sur le morceau métallique qui est à l’extrémité du tuyau … Je me tords un peu. Il faut que je me raisonne et que j’oblige mon cerveau à contrôler mes réactions… J’applique sans trop de succès la méthode Coué : « ne bande pas ; ne bande pas… » ; mon cerveau ne pense qu’à cela et à « Martinet 10 ».

— Demi tour.

C’était reparti. 7 pas ; porte grinçante ouverte (pas la même que celle par laquelle j’était entré qui ne grinçait pratiquement pas) ; 5 pas ; quart de tour gauche ; 3 pas.

— Écarte des pieds ; laisse toi faire.

Le Maître m’attrapa aux épaules et me pencha vers l’avant. Je sentais très vite être arrêté dans ma chute par une planche oblique, bien lisse. Un trou aménagé dedans permettait à mon sexe encagé de ne pas être écrasé sur la planche. Une fois mon corps bien posé en oblique, le Maître fixa mes pieds de chaque côté de la planche par des anneaux de la chaîne, la chaîne entre mes fers permettait juste cet écartement. Je savais tout cela car, bien que je sois aveugle j’interprétais les bruits et je sentais bien les choses se dérouler. Le Maître détacha ma main gauche des menottes et la refixa en attachant cette fois mes poignets au dessus de ma tête à un crochet par la petite chaîne qui séparait les menottes. Mes mains furent ensuite tirées vers le haut lentement par un mécanisme dont je m’entendais que les cliquets… Le Maître passait lentement de cran en cran comme pour me faire mieux ressentir mon impuissance devant la montée progressive du mécanisme jusqu’à ce que, à leur tour, mes pieds soient tirés vers le haut. Malgré tout, j’étais en extension assez vite, obligé de me mettre sur la pointe des pieds. Je ne pouvais plus bouger ni main, ni pied. Mais sans doute cela n’était-il pas assez, le Maître ajoutait des sangles en cuir au niveau des genoux, du dos et des épaules. J’étais saucissonné sur la planche, en extension, dos et fesses prêts à subir le châtiment du jour.

Les lanières d’un martinet me caressaient le dos lentement, doucement, provoquant une montée d’énergie dans mon sexe, montée vite réprimée par la cage. Après quelques minutes de ce traitement si agréable, le coup est arrivé, violent.

— Compte les coups bien haut.

— 1

J’avais à peine fini de dire « un » que le deuxième coup s’abattait, plus violent peut-être que le précédent, mais sur mon dos cette fois.

— « 2 ».

Et enchaînement se poursuivit, avec une alternance de coups sur les fesses et le dos, sans ordre nécessaire et un avantage pour ce dernier. Le fait de devoir compter m’interdisait de montrer que j’avais mal et, de toutes les façons, jusque là, je peux supporter le traitement. J’ai connu pire dans le passé sous les coups de ceinturon de mon père.

— « 10 ».

Petite attente.

— Et qu’est-ce qu’on ajoute en bon bâtard ? Parle.

— Merci, Monsieur.

— Et ? Tu crois que cela suffit ?

Les choses se bousculent dans ma tête ; je fais tourner mon cerveau à toute vitesse pour trouver une réponse, LA réponse, LA BONNE réponse. Elle vient vite presque comme un automatisme que mon cerveau envoie sans qu’il le veuille et, à l’instant même où c’est dit, je regrette de n’avoir pas plus réfléchi.

— Encore, Monsieur, s’il vous plait.

— Encore combien, bâtard ?

— 20, Monsieur, s’il vous plait.

— C’est si gentiment demandé que je ne peux pas refuser. Evidemment tu voulais dire 20 sur les fesses et 20 sur le dos. Mais on va compliquer les choses. Tu vas compter, mais en comptant les coups sur le dos et sur les fesses dans deux comptes séparés ; tu dois arriver à 20 dans les deux cas. Et ne te trompe pas, sinon je recommence tout.

Et les coups ont repris. Et je comptais. Comme il n’y avait pas une alternance régulière, le décompte des coups sur les fesses était plus avancé ; j’en étais à « 7 » alors que le dos ne comptabilisait que « 2 ». Mais, à la fin, j’arrivais, sans erreur aux deux « 20 ».

— 20. Merci, Monsieur. Encore, Monsieur, s’il vous plait.

— Non, je ne vois pas pourquoi je te donnerais du plaisir. Ça suffit, bâtard !

J’ai hésité à répondre, mais la consigne du silence m’a conduit à ne rien dire et à ne plus réclamer. Enfin, je me disais que c’était la consigne du silence mais c’était aussi la limite de la résistance de mes fesses et de mon dos. J’avais déjà été frappé, mais rarement aussi fort et autant de coups. Il fallait rester humble et savoir s’arrêter avant d’être plus apte à supporter plus et plus fort.

Le Maître en leva les trois sangles et relâcha la tension en actionnant le mécanisme de cliquet à l’envers. Mes pieds touchaient à nouveau le sol et mes mains descendaient doucement au dessus de ma tête ; il les retira du crochet, enleva l’une d’elles des menottes pour me les rattacher aussitôt dans le dos. Il détacha mes chevilles et donna les ordres inverses.

— En arrière, 3 pas.

Quart de tour gauche ; 5 pas ; porte grinçante ouverte ; 7 pas ; quart de tour à droite.

— Derrière toi il y a un tabouret ; assieds toi doucement.

Je baisse mon cul doucement en écartant mes mains de mon dos pour maintenir un peu l’équilibre. Je parviens à m’asseoir sur le tabouret juste au bord pour que la cage qui enserre mon sexe ne cogne pas et que mes couilles pendent. J’ai un peu mal aux cuisses tellement j’ai tendu les muscles pour ralentir la descente ; mais surtout j’ai eu mal aux fesses lorsqu’elles ont touché le tabouret et que mon poids a appuyé sur elles. Je me suis juré de maigrir un peu pour avoir moins mal à l’avenir.

— Voilà, c’est ici que tu vas vivre ; c’est ton ‘studio’. Lorsque tu seras devenu un esclave parfait tu pourras y vivre et avoir des moments d’intimité, du moins quelque fois, lorsque je l’autoriserai, en récompense de ton obéissance. Si tu veux qu’il reste propre, utilise le seau pour chier et pour pisser ; avec ta cage, tu vas en foutre partout ; alors assois toi aussi pour pisser. Tu verras lorsque j’enlèverai le bandeau, c’est aménagé.

— Pour l’instant tu as interdiction de me voir. Debout !

Long silence sans doute pour éprouver ma faculté à me taire.

— Maintenant quelques consignes pour cette nuit. Je vais t’installer sur ton lit, enfin, ce qui va te servir de lit. Tu y seras attaché par le cou au mur ; mais tu ne risques rien… la chaîne est juste assez tendue pour empêcher que tu t’étrangles et juste assez lâche pour te permettre de te retourner. De toute façon, en cas de danger, si tu tires très fort, un anneau de la chaîne qui est au mur cassera ; il est scié pour le permettre. Seulement si tu le fais, tu m’appelles ; je veux savoir ce qui se passe, pourquoi tu as tiré et voir ce qu’on peut améliorer. Pour m’appeler, il te suffit de crier bien fort « Monsieur » et plusieurs fois, si tu veux. J’ai installé une caméra qui te filme en permanence et qui capte tous les sons que tu émets. Je veux le silence complet sauf en cas d’urgence. L’ordi qui retransmet est dans mon bureau et je l’entends depuis mon lit ; je pousse le son au maximum. Je peux aussi te voir depuis ma tablette et je l’ai toujours avec moi dans la maison. Et lorsque je serais absent (rarement, très rarement pendant ce stage), tu ne seras pas attaché et pas enfermé… donc pas de risque. C’est clair ? Réponds !

— Oui Monsieur, très clair, Monsieur.

— Tu dors avec le bandeau sur les yeux. Je ne te l’enlève que durant la journée. Mais comme je ne veux pas que tu me vois avant un certain temps, lorsque tu entends que j’arrive (c’est facile à repérer) tu te mets dos à la porte d’entrée de ton studio, de préférence sur le tabouret. Si tu n’as pas le temps de t’y asseoir, debout, mais dos à la porte. Tu fermes les yeux et, lorsque je rentre dans la cave je te mets le bandeau. Pour le reste du temps, lorsque tu n’est pas attaché, tu fais ce que tu veux. Tu as à manger dans une gamelle et deux gamelles pour boire… tu verras l’une est meilleure que l’autre. Tu as aussi un lieu d’aisance ; je te l’ai dis, utilise le même pour pisser, sinon ça deviendra irrespirable pour toi ici. En revanche, si tu dois pisser la nuit, fais le… sur les couvertures qui te servent de lit mais elles ne seront changées qu’une fois par mois. Tu verras comment s’organise le roulement. Tant que tu es en test, donc durant ces 15 jours, pas d’alcool. Si tu es malade, tu es autorisé à me le dire lorsque je viens te lever ou te coucher. Je te donnerais ce qu’il faut ; tu ne crains rien. Je te veux en forme pour mieux subir mes caprices et te tester sous tous les aspects. Tout est clair ? Réponds.

— Oui Monsieur, tout est clair, Monsieur.

— Tu as droit à deux questions ; réfléchis bien.

Encore une fois mon cerveau tournait à plein régime… Quelles questions ? Fallait-il seulement en poser ; le Maître n’attendait-il pas que je dise que je n’avais pas de question ou, au contraire, en attendait-il ? Là encore, avant même que j’arrive plus loin de le raisonnement, je m’entendais dire :

— Pas de question, Monsieur, tout est clair.

— Tant pis pour toi, tu as perdu une occasion qui ne se reproduira peut-être pas et gagné 10 coups de cravache. Ne l’oublie pas dans tes comptes. Moi je le note sur un carnet, donc…

Il y eu un petit temps de silence puis :

— Debout, c’est l’heure de dormir.

Je me relevais difficilement mais mieux que les autres fois.

Le Maître ajouta alors, dans mon dos, une chaîne reliant le collier, les menottes et les fers.    

— Quart de tour à gauche ; quatre pas ; attention tu es juste au pied de ton lit. Tu vas marcher sur les couvertures, alors lève bien les pieds. 4 pas ; à genoux.

Ouah. Dur de se mettre à genoux avec le harnachement qui était le mien ; jusque là, lorsque j’avais dû le faire mes mains étaient libres et je pouvais m’en aider. Que faire ? Se laisser tomber en espérant que les couvertures soient assez épaisses pour amortir le choc sur les genoux. J’amorçais la chute… Une main ferme et puissance me rattrape par le biceps gauche et amortit ma chute. Ça va, les couvertures font le reste. Je pense, mais ne dis pas « Merci, Monsieur ».

— Allonge-toi ; un peu plus à droite… TA DROITE, BÂTARD ! 5 coups de tapette.

Il attrapait mon cou, tournait un peu ma tête et fixait une chaîne au collier de mon cou. Il jetait une couverture sur moi et dit.

— Bonne nuit, bâtard, fait de beaux rêves… et n’oublie pas que je veux le silence et que j’entends tout ce que tu dis. Donc rêve en silence.

Quelques bruits de pas, d’une porte qui s’ouvre et se ferme, mais pas à clé. Une montée d’escalier et une porte qui se ferme et …

Le silence.

Le silence, c’est à la fois le calme et l’enfermement.

Allongé sur les couvertures sales, je restais quelques secondes à ne plus savoir rien de moi, de ma situation et de quoique ce soit. Bon sang, mais qu’est-ce que je foutais là ?

Alors, dans ma tête, les événements des derniers jours ont défilés, en accéléré, bien sûr. Je chatais avec le Maître depuis déjà quelques temps. Le 1er janvier, j’avais pris une résolution… Comme beaucoup, j’ai pensais qu’elle tomberait dans le ‘sac à oubli’ des promesses non tenues. Et puis, j’ai quand même voulu lui donner un peu corps en m’inscrivant sur un site de chat homo et bareback. C’était sans grande conviction. Compte tenu de mon jeune âge, j’avais très vite des contacts : beaucoup de « chateurs » âgés voyant dans mon profil un peu de viande fraîche à se mettre entre les jambes. Pourtant certains profils étaient intéressants ; mais ceux-là ne me contactaient pas.

J’avais décidé d’une tactique.

Tout d’abord, ne pas mettre en « public » de photos de moi ; mieux ne pas en envoyer une à la première demande mais envoyer une photo du net d’un mec qui fait manifestement plus âgé que moi. Des photos de moi, j’en avais fait quelque temps plus tôt avec un mec qui m’avait emmené au « Crisco », une boite gay SM à Courtrai, en Belgique. Avant de rentrer à Lille, le soir, il était prévu qu’on passe chez lui pour faire des photos suggestives et posées… Bref des belles photos, prise dans son salon, sur un canapé blanc, photos pour lesquelles je prenais la pose. Il me les avait données et juré qu’il ne les mettrait pas sur le net… Je ne sais pas s’il a tenu parole et, à vrai dire, je m’en fou, maintenant. Ces photos là, je les envoyais à ceux des contacts qui me semblaient les plus sûrs en expliquant que l’autre photo, envoyée avant, ce n’était pas moi mais, que ne me trouvant pas beau, j’avais eu peur de leur réaction. Certains contacts m’ont pris pour un branleur… Et, hop, « blacklisté » D’autres ont compris même si, les photos, un peu trop belles, étaient parfois prises elles aussi pour des photos du net ; j’ai continué de chater avec eux.

Ensuite, pas de téléphone ni de « skype ». Deux raisons à cela. Je vis en coloc avec deux mecs qui sont devenus des amis. Depuis trois ans, on partage un petit appart. : une grande cuisine, un séjour transformé en bureau commun, une salle de bain commune et une chambre… commune. Oui je sais, vous imaginez déjà les partouzes. Eh bien non, un dortoir de mecs qui se respectent et respectent l’intimité des autres. On y dort, « point-barre ». On partage aussi la ligne téléphonique et la liaison internet. Alors le tel et « skype »… pas terrible. Bon, mes colocataires doivent bien avoir compris ma sexualité. Mais l’accord entre nous c’était « pas de fille à l’appart… on ne reçois pas ; on découche ». Et on a respecté l’accord… je me déplace donc pour le sexe chez les mecs ou dans les boîtes de Belgique et des Pays-Bas, voire celle de Lille. Mes colocataires ont bien vu que c’était des mecs qui me ramenaient le soir, mais c’est tout ce qu’ils savent de ma sexualité. Le côté SM reste secret (du moins je le crois) et, avec eux, je tenais que cela perdure.

Enfin, pas de plan pendant les études. Un trip d’essai à Pâques pour une prise en main, après mes examens, fin mai. Mes études étaient terminées. Je n’avais pas envie de poursuivre en master ; une licence suffit pour faire ce qui me plait. Et le risque d’un échec est quasiment nul ; je bosse bien durant l’année… pour pouvoir profiter des vacances. Mon contrôle continu du premier semestre assure presque ma réussite de l’année.

La tactique fut payante. Deux ou trois sados, dans une tranche d’âge me convenant, ont continué à échanger avec moi. L’un d’entre eux fini par avoir ma préférence par les possibilités de logement offertes (une cave dans une maison). C’est avec lui que je décidais donc de tenter l’aventure et de réaliser ma « bonne résolution » de janvier.

Il était convenu que je sois chez lui le soir même de mon dernier cours du second semestre, le vendredi. Le WE précédant, nous avons mis au point les derniers éléments. Les ordres étaient clairs. J’en ai déjà donnés quelques uns.

Allongés sur mon grabat, je me remémorais donc cette semaine folle qui se terminait là, nu, bite en cage, cagoulé, enchaîné sur des couvertures sales…