Naissance d'un soumis (05)


Naissance d'un soumis (05)
Texte paru le 2015-03-30 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Naissance d'un soumis

Dans le fond de moi-même, j’espérais voir Colas au réfectoire mais il n’était pas là. Je m’installais à la table des 4e et j’avalais quelques bouchées ; je n’avais pas faim mais l’envie irrépressible de me retrouver seul, dans mon lit, pour revivre cette heure si formidable ; ma première jouissance non masturbatoire et avec un mec. Prétextant d’un léger mal de tête, je renonçais au film projeté dans la salle des fêtes et montais me coucher. Je me couchais nu, ayant simplement mis mon pyjama sous mon oreiller. Je n’avais jamais fait cela mais j’avais besoin de pouvoir sentir mon corps, de pourvoir le palper partout et sans entraves. Heureusement, celui de mes camarades de chambre qui restait le weekend était au cinéma et n’arriverait pas avant 1 heure 30. Je m’endormis en pensant à ce miracle : jouir sans même m’être branlé simplement parce que Colas avait joui dans ma bouche. Je ressentais le moment de sa jouissance dans ma bouche comme un moment d’extase et le goût si agréable de son sperme ; j’espérais pouvoir le connaître à nouveau. Je m’endormais sans m’en apercevoir et, d’une traite, j’arrivais au matin. Mon copain de chambrée dormait encore lorsque je me réveillais. Doucement je passais mon pantalon de pyjama et sans bruit je partis à la douche où d’autres élèves étaient déjà en train de se laver. J’allais au réfectoire pour le petit déjeuner et je traînais le plus longtemps possible dans l’espoir d’y voir Colas, mais il ne vint pas. Je retournais dans ma chambre préparer un exposé de géographie que je devais faire le mardi matin. Difficile de travailler en pensant à la soirée de la veille. Pourtant je finis par rédiger l’exposé. Au déjeuner du dimanche, meilleur repas de la semaine, pas de Colas non plus.

Je passais l’après-midi dans la salle de musique, près de la salle des fêtes. J’y travaillais le piano. En effet, à mon arrivé au collège, j’avais indiqué jouer du clavecin ; seul un piano était à la disposition des rares élèves qui jouaient de la musique. Le professeur de musique m’avait dit, lors d’une rencontre avant la fête donnée pour Noël, que si j’arrivais à lui prouver que je savais jouer correctement, il me donnerait des cours de piano et essaierait d’obtenir, d’une manière ou d’une autre, que je puisse travailler le clavecin. Il m’avait donc demandé de lui présenter un programme de mon choix. J’avais décidé de jouer 10 des 30 Inventions de J. S. Bach, 5 à deux voix, 5 à trois voix (je jouais déjà au clavecin les 30 inventions depuis quelques mois). Mais le touché du piano, très éloigné de celui de l’instrument à cordes pincées, résistait à mes efforts et je devais présenter mon programme un mois plus tard, lors des auditions semestrielles que présentaient les élèves inscrits à son cours depuis la rentrée. Je travaillais donc tout l’après-midi sur Bach. Avec la volonté de parvenir à une belle sonorité et la musique du Cantor aidant, je commençais à penser à autre chose qu’à la soirée de la veille. Pourtant, dès après cette répétition fructueuse, je revivais de nouveau les instants passés avec Colas. Or, toujours pas de Colas au repas du soir et au petit déjeuner du lundi. J’étais désespéré.

Je ne le vis que le lundi midi, au réfectoire, en train de faire la queue au self du lycée. Comme je l’appris bien vite, lui rentrait souvent chez ses parents le weekend. Il prenait le premier train après le match du samedi, et revenait au lycée le lundi pour le premier cours. Il était donc là, en train de se servir et de préparer son plateau, discutant avec ses copains mais ne me voyait pas et manifestement ne cherchait pas à me voir.

La semaine se passa sans qu’à aucun moment nos regards ne se croisent. Le samedi suivant, l’équipe de Rugby jouait en extérieur et les collégiens n’étaient pas autorisés à suivre l’équipe dans ce cas ; ce samedi, j’étais de corvée de vestiaire pour l’équipe de foot. Je dus donc attendre encore une semaine pour qu’un match de rugby ait lieu dans l’établissement. J’étais vraiment fébrile. Je repérais vite Colas qui passait devant moi sans me regarder en allant se doucher. Puis, lorsqu’il sorti de la douche, encore une fois le premier, à mon grand soulagement, il me dit très bas "Dans une heure. Même endroit."

Une heure plus tard, dans la même tenue que 15 jours plus tôt, je frappais à sa porte.

— Entre.

Au ton de la voix, j’ai compris que les choses avaient changé ; le calme et la gentillesse qu’on sentait dans sa voix quinze jours plus tôt, avaient laissé la place à une forme de rudesse et de volonté pressante. J’ouvrais la porte. Colas était à nouveau dans l’angle de la pièce, entre son lit et le mur. Il portait un boxer noir qui ressortait magnifiquement sur sa peau si blanche et marquait avec une insolence plus qu’érotique le relief de son anatomie. Dès mon entrée, ses yeux bleus me transpercèrent de part en part au point que je pensais qu’il était en colère, que j’étais en retard ou que j’avais fait une bêtise. De la même voix ferme il ordonnait.

— À genoux à mes pieds, bâtard.

Je m’avançais vers lui et aussitôt que je fus à la distance idéale, je me mettais à genoux, fixant son boxer. Naturellement, je me penchais pour lécher son sexe et ses couilles à travers le tissu.

— Stop.

J’arrêtais mon mouvement et, levant les yeux vers les siens, j’attendais les ordres.

— Mains sur la tête ; tu ne va pas retirer les mains de ta tête de toute la séance. Tu dois m’obéir exactement, sinon je ne te revois plus ; par ailleurs, je ne veux pas entendre le son de ta voix.

Je le regardais toujours, essayant par l’expression de mes yeux d’indiquer mon accord avec sa volonté.

— Ne me regarde que si je t’en donne l’ordre ; sinon baisse les yeux ; ton regard ne doit jamais croiser le mien sauf si je l’autorise. Ecoute bien les ordres, je ne les répète jamais. Ils doivent être exécutés à la lettre. Toi, tu es un bâtard et tu n’as rien à dire mais seulement à obéir. Pour indiquer que tu as compris, tu hoches la tête.

Je baissais les yeux et faisais signe de la tête.

— Je vais te tester pendant deux ou trois séances pour savoir si tu es digne de devenir MON bâtard ou si je te renvoie définitivement. Compris ?

Hochement de tête.

— Avec les dents, tu vas baisser mon boxer et dégager mon sexe ; ensuite, seulement avec la bouche, tu vas me faire jouir ; je veux jouir dans ta bouche comme l’autre fois. Tu avales tout et sitôt après, tu te barres sans rien dire, pas un mot. Toi, tu ne dois pas jouir. Tu as 15 minutes (il me désignait du doigt la pendule sur sa table de nuit). Commence, bâtard.

Le défi était énorme. Je parvenais pourtant à baisser son boxer et à avaler son sexe sans utiliser mes mains que je gardais sur la tête durant tout le trip. Avec la langue, en aspirant et jouant de tous les moyens, je le faisais bander, haleter et gémir. Parfois encore, j’avais un haut-le-cœur car sa verge était entrée trop profondément dans ma gorge ; j’entendais alors…

— Respire, calme-toi.

À la treizième minute, il jouissait dans ma bouche comme la fois précédente et, cette fois, n’étant pas surpris, presque rien, si ce n’est peut-être une petite perle, ne coulait de ma bouche ; j’avalais tout. Dès que son sexe ne produisit plus rien, j’ouvrais la bouche, l’en faisais sortir, me levais et partais, mains sur la tête baissée.

Une fois dans le couloir, je reprenais une attitude normale… et je me précipitais à nouveau aux toilettes ; j’avais de nouveau joui dans mon short mais, comme j’avais ajouté un slip de bain qui avait absorbé l’essentiel de mon sperme, le survêtement n’avais pas de traces et j’espérais que Colas n’avait rien vu. J’enlevai mon maillot de bain, essuyai mon entre jambes et repartis dans mon dortoir.

Comme quinze jours plus tôt, je ne revoyais Colas que le lundi au repas du midi. À la sortie du réfectoire, il s’avança vers moi et me poussa dans le renfoncement d’une niche, entre le buste d’un homme célèbre et le mur.

— Dis moi la vérité, samedi, tu as jouis ? Ne mens pas, je le sais.

Je hochais la tête pour approuver comme il me l’avait ordonné.

— C’est bien de ne pas mentir. Je l’ai vu dans tes yeux quand tu as jouis. Un bâtard ne doit pas jouir lorsqu’il fait jouir son Maître ; il ne peut jouir que sur ordre du Maître. Samedi prochain, tu viens me voir à la même heure mais tu te seras vidé les couilles avant… Tu viens juste en survêt, rien dessous et sans chaussettes. File, bâtard.

Je baissai les yeux et je repartis vers la cour de récréation du collège. Je passais la semaine à repenser à cette deuxième expérience. Le plaisir ressenti lors de la première avait été décuplé par le fait que j’avais des contraintes imposées. Le silence (que j’avais pratiqué par peur la première fois) était agréable. Ne rien dire et obéir était bon ; je me sentais rassuré de savoir exactement ce que je devais faire. Ne rien attendre en retour (même si j’avais encore joui) et surtout partir aussitôt la jouissance de l’autre acquise était aussi une chose que je pensais apprécier. Recevoir la semence du jouisseur en bouche était tellement agréable. Le goût m’enivrait presque, mais surtout, sentir les jets de spermes se rependre et ressentir la puissance ainsi montrée par le sexe lors de la jouissance me transportait ; d’ailleurs, je jouissais en même temps que Colas, presque dans le même rythme, ce qui montrait bien que j’aimais cela. Enfin, me faire traiter de bâtard ne m’avait pas choqué. Mieux, j’avais trouvé en cela presque une valorisation que Colas m’accordait. Et qu’il veuille faire de moi SON bâtard me rendait fier. Il fallait réussir le défi et je décidais de tout mettre en œuvre pour y parvenir. Il fallait que je contrôle ma jouissance.

Et le samedi arriva.

Dès après le repas du midi, je montais dans mon bâtiment et, enfermé dans les toilettes, je me branlais jusqu’à éjaculer ; je partis voir le match et rejoignis les vestiaires pour y ramasser le linge sale. Dans les vestiaires, Colas et moi n’échangeâmes pas un mot ou un regard. Après avoir terminé mon travail, je remontais dans mon bâtiment et, dans les toilettes encore, je jouissais une nouvelle fois. Je pouvais aller rejoindre Colas, ce que je fis immédiatement. Une fois devant sa porte, je frappais.

— Entre.

Je retrouvais la voix ferme de la semaine précédente. J’entrais. Colas était au même endroit dans la même tenue, les mains dans le dos. J’avançai un peu puis, spontanément, je mis mes mains sur ma tête.

— C’est bien tu progresses. Avance et arrête-toi à trois pas devant moi pour recevoir mes ordres.

Je me mis en position, tête baissée et yeux regardant mes pieds.

— Tu vas retirer ton jogging, te foutre à poil et reprendre la position ; exécution !

Je retirais mes baskets et mon survêt avant de remettre mes mains sur ma tête et de la baisser encore plus si c’était possible.

— Ecoute bien. À la fin du trip quand j’aurai joui, tu te remettras dans cette position et tu attendras. Sans bouger tu écouteras ce que j’aurais à te dire et tu suivras mes derniers ordres. Compris ?

Je hochais la tête et ce faisant, je voyais à ses pieds un long morceau de bois de 5 cm d’épaisseur sur 10 de large, avec les clous de tapissier enfoncés dedans.

— Parfait. N’oublie pas que c’est un test. Avance et, en gardant tes mains sur la tête, mets toi à genoux comme l’autre fois mais avec les genoux sur la brique.

Je plaçais d’abord le genoux droit sur la brique puis le gauche. J’étais en position mais j’avais déjà mal aux genoux. Même si les clous étaient arrondis, ils s’enfonçaient dans ma peau. Je restais plusieurs minutes comme cela sans qu’il réagisse. Puis, il sortit ses mains de derrière son dos ; la gauche tenait deux pinces à linge. Prenant mon téton droit dans ses doigts, il le pinça et y fixa la première pince. Je fis une grimace en soufflant pour supporter au mieux cette douleur inconnue.

— Souffle sans bruit, calme toi ! Retiens ta respiration si tu veux mais je ne veux rien entendre même pas un gémissement ou un halètement. Un bâtard supporte tout en silence, quoi que son Maître lui fasse.

Je hochais la tête. Ce fut alors le tour de l’autre sein. Je respirais à fond et rien ne troubla le silence. Mes deux tétons ainsi garnis, Colas attendit encore quelques instants avant d’ouvrir le tiroir de sa table de nuit et d’en retirer d’autres pinces à linge. Il en ajouta une de chaque côté de celle pinçant mon téton droit puis fit de même à gauche. En contrôlant ma respiration, je parvenais à limiter les soupirs excessifs.

— Du calme et du silence, bâtard le plus dur reste à faire.

Cela n’était pas fait pour me rassurer mais je commençais à trouver ce traitement agréable et je bandais progressivement. Je mettais mon cerveau en mode contrôle d’éjaculation même si mes deux jouissances préventives me semblaient exclure le risque d’un plaisir intempestif. Reste que je me savais capable de jouir 5 fois dans la même nuit, alors, il fallait être prudent pour réussir le test.

Il prit alors mes couilles dans ses mains et y mit une pince, puis deux, puis trois… huit au total quatre à chaque boule. Toujours lentement et avec calme. La douleur était vive mais je la maîtrisais. Je ne pensais qu’au test, réussir le test, devenir LE bâtard de Colas et donc tout accepter de lui.

Il referma le tiroir et dit.

— Comme l’autre fois, uniquement avec la bouche, tu me fais jouir en 15 minutes ; Allez.

Comme la semaine précédente, avec les dents je baissais son boxer et sortis sa queue que je commençais à lécher pour qu’elle prenne une première rigidité. Dès que ce fut fait, je l’avalais et commençais à sucer au plus profond de ma bouche. J’aimais trop ça, avoir une queue dans la gueule. C’était formidable. Mais voilà, avec les pinces, les choses se passaient moins facilement. Chaque mouvement faisait bouger les pinces qui me faisaient alors un peu plus mal. N’importe, je parvenais à les oublier et comme l’autre fois à quelques secondes près, Colas jouissait dans ma bouche en 13 minutes. Lorsque j’eus avalé tout son sperme, je reculais la tête, me relevais et je reprenais ma position à trois pas de lui, tête baissée.

Colas avança vers moi et commença à enlever les pinces de mes couilles. Ouah, mettre des pinces fait mal, mais les enlever c’est pire. Je n’arrivais pas à retenir de petits gémissements.

— Chut, respire, calme-toi.

Je suivais ses conseils mais avec difficulté. Lorsque toutes les pinces furent enlevée, il prit mes couilles et les caressa doucement, réduisant d’autant la douleur. Puis ce furent les seins. Là aussi Colas prit soin de les caresser une fois les pinces retirées. Le travail accompli, il passa sur mon côté droit et disparu de ma vue. Les chambres des élèves du lycée avaient chacune un petites salle de bain avec douche. Je l’entendais se laver un peu. Il revint dans la chambre et dit :

— Tout d’abord, mettons les choses au clair, même si tu es doué, n’oublie pas que tu n’est qu’un bâtard et que je peux en trouver un autre meilleur que toi sans problème. J’accepte de m’occuper de toi et de te former pour que tu deviennes un vrai soumis, je l’espère, sans défaut. Mais n’oublie jamais en cas d’erreur ou de violation de mes règles, il n’y aura qu’un avertissement. Pas de troisième chance. Et si je te vire, c’est définitif ; jamais je ne reviendrais sur ma décision. À titre exceptionnel pour les minutes qui viennent et jusqu’à mon ordre contraire répond de vive voix. Compris ?

— Oui…

— Bien. Dès lundi, tu vas aller voir ton délégué de classe. Qui est-ce ?

— Thibault S…

— OK, je le connais. Tu vas lui dire que tu voudrais parler au SG parce que tu as des difficultés à suivre en math… Tu es bon en math ?

— Pas mauvais.

— Ça ne fait rien ; que tu a peur de lâcher prise en math alors. Au SG tu demanderas si un lycéen peut te donner quelques cours particuliers en math. On fera la proposition au lycée et je dirais que je te prends en charge. À partir de là, j’établirai un emploi du temps compatible avec le tien et tu viendras chaque semaine une ou deux fois pour un cours de math en plus des samedis de match. Compris ?

— Oui

— Tu auras intérêt à bosser tes maths par toi-même pour t’améliorer et montrer que mes cours sont utiles… Mais évidemment je te donnerai d’autre cours que des maths. Compris ?

— Oui.

— Autre chose. Comme je ne veux jamais t’entendre sauf ordre contraire comme maintenant, tu pourras, à chaque cours, me poser des questions ou me donner des indications par écrit sur tous les sujets, y compris les plans. Tu mets le mot dans une enveloppe et tu le poses sur le bureau en entrant. Je te répondrais oralement. Compris ?

— Oui.

— Tu as des questions ?

Je réfléchissais à toute vitesse.

— En dehors des cours, je vous parle ?

— Non sauf si je t’aborde moi-même. Si j’utilise ton prénom tu réponds avec mon prénom lorsque c’est nécessaire.

— Je viens en cours dans quelle tenue ?

— Toujours comme aujourd’hui.

— Je n’ai pas d’autres questions.

— C’est bien. Retour au silence total ; sans bouger, compte jusque 20, rhabille toi et file.

Il repartit dans sa salle de douche. Je comptais en silence et à 20, je remis mon jogging et mes baskets et je partis

Je passais le dimanche après midi au piano. Il me fallait sélectionner les inventions à jouer vendredi soir. Je disposais de 10 minutes environ pour emporter la conviction. Et, ce jour, pour la première fois de ma vie, je me rendais compte que le piano permettait aussi, presque mieux que le clavecin, de transmettre une sensibilité, une émotion. J’avoue que le piano est devenu ce jour là un instrument ami. En fait, alors que je maîtrisais ces inventions depuis déjà trois ans sans véritable problème technique, je n’arrivais pas jusqu’alors à en faire des morceaux de piano. Elles restaient pour moi des chefs-d’œuvre de l’art du clavecin que le piano dénaturait. Mais ce dimanche après-midi, les doigts ne connaissant pas la limite technique, je parvenais, pour la première fois à leur donner un véritable sens au piano. En fait, je les jouais en pensant à Colas et surtout en respirant. Car s’il est un élément que je retiendrais toujours des paroles de Colas, c’est celui-là : Respire et calme-toi. Avec calme et en respirant à chaque motif de l’invention, en lui donnant sa signification par la respiration et l’affect, je parvenais enfin à domestiquer cet instrument trop grand pour moi. Je commençais à en comprendre le toucher et la délicatesse parce que, moi-même, en respirant et en étant calme, je pouvais jouer des nuances qu’il permet, là où le clavecin ne permet que des tempi et une interprétation quasiment mécanique. Je répétais pendant trois heures et je sentais que je tenais ma présentation. Je savais jouer Bach au piano, non seulement d’un point de vue du doigté mais aussi d’un point de vue expressif. Je choisissais de jouer les inventions 1, 3, 6, 13 et 15 de chacune des deux séries composées par le Cantor. Cela ferait un peu plus de 10 minutes mais sans trop d’excès. À tout hasard, je revoyais un petit choral pour un éventuel bis.

Heureux de cette transformation au plan musical, je n’en affrontais pas moins la semaine dans l’anxiété la plus grande. Jouer le mieux possible du piano (je prévoyais de m’entraîner encore un ou deux soirs) et tout mettre en œuvre pour trouver un professeur de mathématiques. Dès le lundi matin, je voyais Thibault. Il revint me voir pour dire que le SG m’attendait mardi à la récré du matin (10 heures). Le SG, un peu étonné, me dit qu’il allait faire une recherche pour voir si un terminal me prendrait en charge. Le lendemain, le SG, m’annonça à la récréation du midi, fier de l’efficacité de son intervention, qu’un dénommé Colas C… ? Chambre 212, bâtiment ‘A’, qui n’était hélas qu’en ‘première’, avait accepté de me donner une ou deux heures de leçon hebdomadaire. L’emploi du temps me serait communiqué par Thibault. Il me donnait l’emploi du temps le jeudi ; mon premier cours serait le lundi à 17 heures. Encore un long WE à attendre mais entre les deux, un concert. En effet, je ne comptais pas voir Colas samedi ; il n’y avait pas de match de rugby prévu.

Le vendredi à 18 heures 30, je montais sur l’estrade de la salle des fêtes pour ma prestation. J’étais tétanisé. Je respirais à fond et je disais : Calme-toi, respire. Et Bach, sans aucun problème, s’écoulait sous mes doigts dans une parfaite fluidité et une sensibilité étonnante. Après la dernière invention, les quelques élèves présents applaudirent. Et je voyait alors que, parmi eux, Colas était présent et applaudissait très fort, ajoutant à ses bravos un sourire large et franc. J’étais heureux, et pas seulement parce que le professeur de musique souriait et me disait à l’oreille qu’il me prenait dans son cours de piano. J’en oubliais mon bis. À la petite réception qui suivait (coca et cacahuètes), Colas s’approcha de moi et me murmura :

— Bravo, petit bâtard. Il te faut maintenant maîtriser le sexe comme tu maîtrises Bach… À lundi.

Et de sourire encore une fois.

Lundi fut long à arriver. À 17 heures précises je frappais à la porte de Colas, en survêtement mais avec mon livre et mon cahier de math dans ma serviette pour donner le change. Venant directement d’un cours, je n’avais pas eu le temps de me vider les couilles avant d’arriver chez lui et je devais donc faire très attention à mes pulsions. Le "Entre" qui suivit fut ferme comme il l’était désormais chaque fois. Colas était également en survêtement, assis à sa table de travail. Il se recula un peu et me fit signe d’aller m’installer sous le bureau. Je posais mon cartable et j’entrais à la place qui m’était attribuée. Colas se remis en place non sans avoir baissé son pantalon. De sa main droite, il désigna son réveil posé par terre et me dit :

— Tu suces pendant 55 minutes minimum ensuite il te reste 5 minutes pour me faire jouir. Je n’ai pas le temps de m’occuper de toi, j’ai un exposé à préparer. Tu peux utiliser tes mains ; interdiction de jouir. Lorsque j’aurais joui, tu me montreras ton sexe pour me prouver que tu n’as pas jouis et tu partiras.

Et je le fis. Une heure de vrai plaisir, de plaisir intense à avoir la queue de Colas dans la bouche et à la décalotter doucement, puis à la faire grandir, grossir, à jouer avec ses testicules, à les lécher et à les avaler à leur tour, puis revenir à son membre viril et l’absorber complètement ; une heure à repérer la montée de sa jouissance et, alors, ralentir mon ardeur pour qu’elle n’arrive pas trop vite, une heure qui passa vite, trop vite mais que j’appréciai à sa juste valeur : une heure à prendre du plaisir avec le sexe de celui qui, dans ma tête, était Mon Maître, une heure à avoir Mon Maître dans la bouche.

Et les semaines allaient ainsi se dérouler jusqu’aux vacances de pâques. Je voyais Colas au moins deux fois chacune d’elles. Je le suçais chaque fois, dans la position qu’il imposait et selon les indications de temps qu’il me donnait et, dès qu’il avait joui et inspecté mon sexe, je repartais. Avant de regagner mon dortoir, je me masturbais dans les toilettes. Durant cette période, j’apprenais une vertu cardinale pour les soumis… La patience.

Colas m’apprit encore autre chose : domestiquer mon plaisir et n’avoir de jouissance qu’au moment où il le désirait lui. Après les vacances de pâques en effet, il entreprit de me branler, le plus longtemps possible en m’interdisant de jouir avant son ordre. La première fois fut un désastre. Je jouissais moins de 5 minutes après qu’il ait commencé à s’occuper de mon sexe. Il faut dire qu’il faisait cela très bien. Pour la peine, il me donnait une fessée. Mais il a vite compris que j’aimais la fessée et la punition devint donc de faire le ménage dans sa chambre. Même si j’aimais aussi faire le ménage pour Colas, je tenais avant tout à apprendre. Et petit à petit je réussis à ne plus jouir sans l’ordre.

Restait alors à jouir, à partir de l’ordre donné, dans le temps qu’il me précisait pour ce faire. C’était plus facile mais le temps était parfois court. Chaque séance se terminait évidemment par l’obligation que j’avais de lui donner du plaisir selon ses ordres. Il s’arrangeait donc pour que reste à chaque fois le temps pour le sucer et le faire jouir à son tour.

Dans les dernières semaines de l’année, c’est par la fellation qu’il me faisait jouir, m’interdisant là encore de le faire avant son ordre et fixant le délai de jouissance parfois à une minute après celui-ci. Bref, en quelque mois je parvins à me maîtriser et jouir seulement si mon esprit le décidait, après son ordre et dans le temps imparti. Mais, et je vais sans doute en étonner plus d’un, mon plaisir n’était pas celui là mais celui de pouvoir sucer Colas et de le faire jouir dans ma bouche. Je devenais véritablement accro au sperme dont le goût me semblait meilleur chaque fois.

C’est ainsi que les grandes vacances arrivèrent et que je perdis mon Colas. Il partait de son côté, avec ses parents pour deux mois ; je restais un mois dans la colonie du collège et partais un mois à Hossegor, chez mon oncle, au camping. J’étais seul, sans Maître, sans possibilité de le voir ou de l’entendre. Je n’avais même aucun moyen d’écrire à Colas et pourtant j’ai bien eu envie de lui écrire.