Naissance d'un soumis (09)


Naissance d'un soumis (09)
Texte paru le 2015-05-12 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg/ MMM+.jpg/ MM.jpg

Cet auteur vous présente 22 texte(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 8229 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© 2015 — Tous droits réservés par Yosh Leclerc.



Template-Books.pngSérie : Naissance d'un soumis

Je fis un bon. Je suis à l’hôpital ? Je suis chez Colas et Antoine ? Non, il y a une silhouette devant moi qui tient une lampe torche. J'étais ébloui. J'étais perdu. Qui est là ?

— Ça y est ? Tu te réveilles ?

Mécaniquement je répondis « oui ».

— Oui qui ?

Je commençais à me souvenir.

— Oui, Maître. Pardon Maître. Que ce passe-t-il ?

— C’est à moi de poser les questions et celle-là en particulier. Tu m’empêches de dormir tellement tu t’agites dans ton sommeil. Tu as manqué tomber du lit.

Je me souvenais de tout maintenant. Où j'étais. Avec qui j'étais. Le rêve que je venais de faire et le cauchemar qui l’accompagnait mais qui n’était pas un cauchemar mais la réalité de la soirée de la veille. Le Maître tourna autour du lit et alluma la lampe posée sur la table de nuit tout en éteignant sa torche. Je le voyais maintenant distinctement. Il était en short et tee-shirt blanc, le short et le tee-shirt que j’avais préparé le matin. Je me redressais dans le lit. Je ne savais pas bien qu’elle attitude avoir. Je commençais à me sentir encore plus mal. La position, vite la position. Je retirais le drap qui me recouvrait encore et je me tournais pour me lever. Je posai les pieds par terre et je commençais à me mettre debout en levant les bras pour poser mes mains sur ma tête. Je ne tenais pas encore très bien debout et je chancellais.

— Et maintenant, il va se casser la figure… Assis sur le lit, andouille. Voilà.

— Pardon, Maître, je suis désolé.

— Ok, on verra ça plus tard.

Il partit vers le cabinet de toilette et revint avec un verre d’eau qu’il me tendit. Je le saisis et je bus quelques gorgées. J'étais parfaitement conscient désormais mais encore plus honteux.

— Ça va aller ?

— Oui Maître, merci.

Il restait là, debout devant moi à me regarder ; je baissais les yeux. Je rougis ; je le sentis, mes joues chauffaient. Que faire. Quelle contenance prendre ? Je me lèvai cette fois sans vaciller et je me mis à genoux devant le Maître, yeux baissés, mains sur la tête et bouche ouverte.

— Que veux-tu ? Ma queue ? Tu essaies de te faire pardonner. J’ai dit qu’on verrait plus tard. Mais c’est vrai aussi que maintenant que je suis complètement réveillé, cela me ferait du bien. Pourtant, je sais que ce sera une punition pour toi si je te la refuse. En revanche, je pense que je vais t’aider en remettant ta cage. Je n’aurais pas dû te la retirer tout à l’heure, tu es encore trop novice. Debout.

Je me relèvai, tout penaud et je pris la position. Le Maître sortit la cage de sa poche et parvint à me la remettre en tapant deux ou trois coups secs sur ma queue pour qu’elle perde la bien faible rigidité qui naissait.

— Au lit, bâtard et dors, en silence cette fois.

Je m’allongeai à nouveau sur le lit. Je retirai le drap sur mes jambes et je regardai le Maître. Il ralluma la lampe torche.

— Eteints.

Je me tournai vers la table de nuit pour arrêter la lampe de chevet. Le Maître fit demi-tour et commença à s’éloigner en direction de la porte donnant sur l’escalier en colimaçon qui le ramènerait à sa chambre.

Début du paragraphe au présent — Passage au passé à partir d'ici

Il commençait à refermer la porte lorsqu’il pencha sa tête à nouveau dans la chambre. Dans l’obscurité, je ne voyais qu’une ombre de tête, le reste du corps était caché par la porte.

— Qui est Colas ?

— Pardon, Maître ?

— Tu rêvais avant que je viennes te réveiller ; ou tu faisais un cauchemar en disant « Colas, Colas ». Alors je te demande : qui est Colas ?

J’hésitai ; qu’avais-je réellement dit en dormant.

— C’est une longue histoire, Maître.

— Alors, je veux la connaître. Tu me la racontes demain. Maintenant dors. Et évite de me réveiller en appelant Colas.

— Pardon Maître.

La porte se referma. J’entendis les marches métalliques résonner un peu puis, plus rien sauf, au moment du passage au « rouge », un bip et un clic. La porte était verrouillée. Je me retrouvais seul, parfaitement réveillé ; il était déjà 4 heures du matin. Je ne parvenais plus à fermer l’œil de la nuit mais j’essayais de ne pas faire de bruit lorsque je bougeais dans le lit. À 5 heures et demi, je décidais de me lever et de prendre une douche. L’eau glacée me rappela la rivière sous le pont romain. Et pourtant je restais sous la douche un long moment. Que faire pour réparer toutes ces bêtises. Mon séjour avait pourtant bien commencé. Dans la cave, avec les contraintes pas de problème. Mais là, avec certaines libertés… Je ne suis pas fait pour la liberté. À 6 heures, je étais prêt ; j’attendais que la porte se libère. Le vert, le bip et je pouvais monter. Arrivé dans l’office, je regardai les tableaux. L’emploi du temps avait changé. Pour ce soir, il était indiqué : « Après le café ; salon : Qui est Colas ? » ; pour le lendemain « 20 heures ; attendre dans la cave ; punitions reportées ».

Je préparais le petit déjeuner. À 7 heures, le Maître s’installa à sa place et je portai le plateau avec jus d’orange, pain grillé, confitures et café noir. J’allumai la radio, ce qui me valut un « bonne initiative ». Lorsque le Maître quitta la pièce à 7 heures 30, je rangeai tout et, sans avoir déjeuné car je n’avais envie de rien, suivant les indications du planning, j’entrepris mon travail. Pour l’essentiel, rien de différent de la veille sauf que je n’avais pas la cave à entretenir. Le ménage de la chambre et de la salle de bain du Maître terminé, le lit fait, les sous-vêtements du soir et du lendemain préparés, la lessive lancée, je faisais le repas tout en mangeant moi-même, à dire vrai sans grand appétit. Je passais l’après midi à faire du repassage et à inventorier encore les armoires et placards que je n’avais pas encore ouverts ou à vérifier si je me souvenais bien de ce qu’il y avait dans les autres. Je descendis faire ma chambre, lit au carré (comme j'avais appris à le faire au collège et au lycée). Je préparai le dîner, toujours en mangeant, mais toujours sans goût. L’heure des explications arrivait et je ne savais pas bien comment j’allais m’en tirer. Lorsque le Maître d’installa dans le salon, j’apportai le déca. Au moment où je m’apprêtais à repartir :

— En position. Qui est Colas ?

Je me mettais en position, garde à vous, tête baissée, yeux regardant vers le bas et mains sur la tête.

— C’est un copain du lycée, Maître. Il m’a appris à faire des fellations.

— Et il t’a dépucelé ?

— Non, Maître, pas lui, Antoine, son ami, enfin, son mari.

— Intéressant. Raconte en détail. Je te dirais de t’arrêter si cela ne m’intéresse plus.

Et je racontais. Tout (je passais l’épisode « David »… trop nul). Je racontais le collège et le lycée, Les Adrets, Hossegor, le mariage et la fête. Tout. Le Maître ne m’interrompait pas.

— Ils savent que tu es ici ? Du moins Colas ?

— Ils savent que je suis en stage, Maître.

— Ils savent où ?

— Non, Maître.

— Et à part Colas et Antoine ? Qui encore ? Enfin, ceux qui ont compté, disons ceux que tu as sucés ou qui t’ont enculés régulièrement.

— Bryan, Maître.

— C’est qui lui ?

— C’est lui qui a remplacé Colas au lycée. Colas me le fit connaître pendant ma troisième et j’ai continué avec lui pendant les trois années de lycée. Mais cela a été moins intense qu’avec Colas même si Bryan lui, m’enculait, ce que Colas n’a jamais fait. Et puis il a été souvent absent alors…

Et je racontais Bryan. Mon retour au lycée en septembre avait été assez triste. Déjà, à Hossegor pendant le mois d’août, j’avais trainé comme une âme en peine, fuyant même les soirées feu de camp sur la plage (et, mais cela je ne le dis pas, fuyant David qui avait de nouveau tenté sa chance, mais sans succès). Et pourtant, il était convenu que Bryan prendrait le relai de Colas et que je serai son soumis et lui donnerai du plaisir. Mais, malgré cette perspective, je restais triste. Bryan ne faisant pas de sport collectif, je renonçais même à la corvée de vestiaire du samedi. Elle n’avait plus beaucoup d’intérêt et chaque fois que je voyais un beau corps nu, je pensais à Colas. Bryan était gentil pourtant. Dès la rentrée il est venu me voir dans ma chambre (j’avais ma chambre comme tous les lycéens). Je l’ai sucé mais je lui ai dis que je préférais venir chez lui. J’y suis allé une fois par semaine. On s’amusait. Il aimait qu’on le suce mais il préférait jouir sur mon corps ou dans mon cul plutôt que dans ma bouche. J’aimais bien ce que nous faisions mais il y avait une certaine routine. Même si parfois il me donnait des contraintes, me mettait des pinces ou m’écrasait les couilles, même si c’est lui qui le premier m’obligea à rester penché sur une table, jambes écartées parfois attachées aux pieds de la table, pendant qu’il me sodomisait, je n’attendais pas le jour de nos rencontres comme j’avais attendu celui des rencontres avec Colas. Mais, au moins, pendant que j’étais avec Bryan, voulant bien faire mon travail de soumis, je pensais à lui donner ce qu’il était en droit d’attendre de moi et je ne pensais pas à Colas, Enfin, pas trop.

Et puis il y a eu l’accident. Un lundi, un peu avant la Noël, Bryan n’est pas revenu au lycée. Dans la journée le SG est venu nous dire qu’il serait absent plusieurs semaines. Il avait eu un accident grave et, même s’il n’y avait pas de danger pour sa vie, il y aurait de la rééducation pour marcher. Je demandai si on pouvait lui écrire et ayant obtenu l’adresse de ses parents, j’écrivis plusieurs fois, des lettres discrètes mais marquant mon amitié. Après quelques semaines il répondit. Il avait eut les deux jambes cassées, multiples fractures et souffrait beaucoup.

— Sers moi un autre déca et un armagnac. Dans l’abattant de la bibliothèque, derrière toi.

Je partis refaire un café à la cuisine et pendant qu’il se préparait, je sortis un verre à alcool (j’avais bien repéré où étaient les différents éléments du service de table). Je trouve l’armagnac (domaine de Papolle, millésimé 1973), je le sers et repartis chercher le déca qui était prêt. Je repris la position et continuai mon récit.

Pendant toute l’absence de Bryan, je découvrais que d’autres élèves du collège et surtout du lycée aimaient baiser avec un mec et surtout un mec soumis. J’avais repris la corvée de vestiaire pour augmenter mes chances de rencontre. Ce fut efficace. J’ai connu comme cela une bonne douzaine de mecs, peut-être un peu plus si l’on prend en compte les trois années de lycée. Ils n’étaient pas tous homos mais ils aimaient tous jouir dans une bouche ; les homos ou les « bi tendance homo » aimaient aussi jouir dans un cul. Ma tendance naturelle à l’obéissance et le plaisir que je prenais à être ainsi soumis au plaisir des mecs, ont incité bien les élèves à se servir de moi. C’étaient pour beaucoup des sportifs, le plus souvent des basketteurs, ce qui tombait bien puisque j’étais moi-même souvent habillé comme eux avec un short long et un maillot aux couleurs des grandes équipes de la NBA. Quant aux autres élèves du lycée, même s’ils avaient tendance à se moquer de moi, ils n’osaient pas trop se lancer car mes « amants » étaient aussi mes « amis ». En échange de mon silence et de mes faveurs, je bénéficiais de leur protection. Ma discrétion était utile car les jeux se transformaient parfois en véritable orgie : deux ou trois mecs parfois plus, qui n’hésitaient pas à être directifs avec moi, l’un me tenant pendant que les autres m’enculaient mais le tout avec mon consentement total. Je me rendais compte que je devenais accro au sexe et qu’il m’en fallait de plus en plus ; j’avais un rapport sexuel au moins trois soirs par semaine et les autres jours je « compensais » en me branlant. J’ai ainsi permis à beaucoup d’ados de découvrir le plaisir avec un homme voire le plaisir tout court ; quatre ou cinq, en dehors de la branlette, n’avaient jamais eu de rapports sexuels avant de me connaître. Je restais pourtant bon élève ; c’est sans doute ce qui interdisait aux rumeurs de prendre corps tant chez mes professeurs que chez les surveillants. Certains « pions » ont bien tenté leur chance ; je jouais alors les machos offensés et leur crainte de voir leur tendance sexuelle relevée aux autres élèves les faisaient renoncer définitivement.


Je profitais aussi de cette période pour faire encore plus de piano. Je me lançais dans les « Variations Goldberg » de Bach. Mais, devant la difficulté de ce monument et le temps que je passais dans mes jeux sexuels, je renonçais à les présenter au spectacle de la classe de musique. Je rejouais juste le même concerto que l’année précédente. J’attendrai d’être en première pour jouer les « Goldberg » en public. Je ne cesserai plus de les jouer par la suite, sauf pendant les quelques mois durant lesquels je ne jouais rien. C’est, avec les « Inventions », la partition que je joue le plus souvent. Je dois dire que je ne les joue pas comme Gould. Attention, je ne prétends pas être un pianiste de sa trempe. Je suis un honnête amateur et pour ces deux partitions, un bon amateur. Je veux dire que je n’aime pas l’interprétation de Gould. Lorsque j’ai découvert les « Variations Goldberg », c’est évidemment en écoutant Walcha à la radio qui les jouait au clavecin. J’avais 8 ans à l’époque et je suis tombé « dedans » ; ce sont ces Variations qui m’ont conduit à demander à ma mère de m’inscrire au conservatoire de musique de notre ville en classe de clavecin, ce qui pour un enfant de mon âge était une curiosité. C’est plus tard que j’ai découvert la version de Gould au piano. C’est encore mon professeur du collège qui me la fit connaître. Je ne comprenais d’ailleurs pas bien comment il était possible de jouer sur un seul clavier ce qui était écrit pour deux claviers. Depuis, je sais qu’il s’agit pour l’essentiel de croiser les mains pour y parvenir et que c’est la principale difficulté. Même au clavecin, elles sont difficiles. On dit que Bach les écrivit pour son élève Goldberg alors âgé de 13 ans. C’est une belle légende sans doute. Avant que je les reprenne à 17 ans au lycée et au piano, je ne jouais que certaines Variations sur un clavecin à deux claviers. L’interprétation de Gould m’avait désorienté ; pour un claveciniste, c’est beaucoup trop rapide. Il parvenait à jouer les 32 variations en 52 minutes dans la version de 1981, tempo qu’il est impossible de tenir au clavecin. Mon professeur a dû comprendre mon étonnement et il m’a alors fait connaître une autre interprétation que je considère comme meilleure au piano, celle de Perahia. Je dirais simplement que ce très grand artiste est plus proche, selon moi, de ce que Bach voulait. Son tempo est plus adapté à l’œuvre ; il lui faut 73 minutes pour jouer l’ensemble des variations et, ce qui est vrai pour l’ensemble, l’est aussi pour chaque variation. Certains andantes, joués trop vite par Gould, me semblent perdre la sensibilité et la sérénité qui s’imposent. Certes, « le temps ne fait rien à l’affaire » mais je trouve une sorte de « réalistique » dans le jeu de Perahia qui touche plus le claveciniste. Je trouve aussi le touché de Perahia, ses ‘piano’ et ses ‘forte’ plus en rapport avec le Bach que j’aime que ceux de Gould. Perahia est pour moi un grand interprète de Bach et, lorsque je ne joue pas moi-même, c’est lui que j’aime écouter, du moins au piano. J’attends pourtant avec impatience que Frey se confronte à ce monument avec l’intelligence qu’il a mise dans les concertos pour clavier. En effet, si rien ne dépasse la version de Koopman au clavecin (1987), on peut encore transcender cette œuvre de multiples fois. Bach reste et restera éternel comme le montre une version singulière, celle de Loussier (1999) pour son jazz trio, version qu’il faut écouter pour comprendre la modernité de Bach, plus grand compositeur de tous les temps.

Cette digression à propos du Cantor, a semblé intéresser mon Maître qui ne m’interrompit pas. Mais je devais parler de Bryan et je repris donc mon sujet.

Bryan revint qu’après Pâques. Il marchait encore difficilement et était visiblement marqué par l’accident. Il fallu encore quelques semaines avant qu’il me dise de venir dans sa chambre. Je le suçai et il jouit mais avant que ce plaisir redevienne vraiment un besoin impérieux pour lui, il fallut encore attendre la rentrée suivante, en septembre. Il redoublait sa première dans la même classe que moi et je l’aidais donc lorsqu’il le fallait, portant son cartable ou tenant son plateau au self. Notre connivence paraissait donc naturelle et nous avons pu reprendre nos jeux. Pourtant, Bryan n’avait plus la même pêche. Et moi, je continuais à participer à des « orgies » organisées par d’autres élèves pour palier ce manque. Il a retrouvé un peu d’entrain à partir de la terminale ; Bryan a même participé à quelques « orgies » collectives. Mais, lui comme moi et d’autres encore, nous avons fait moins de ‘jeux’ pour travailler le bac. Bref, ce furent ces années qui ont développé en moi le besoin de sexe d’une manière compulsive.

Il en fut de même pendant les vacances à Hossegor. À partir de cette année là, j’y suis allé durant tout l’été, juillet et août. Je travaillais beaucoup au camping mais je m’amusais aussi. Du surf et du funboard au même club qu’avant (mais sans David qui n’était pas revenu). Je suis devenu un expert en pédés. J’arrivais vite à repérer les mecs qui étaient homos et je m’arrangeais pour leur faire comprendre que j’étais disponible. Alors, les soirées dans les dunes ont été chaudes pendant ces trois étés jusqu’après ma terminale. J’avais seulement une limite. Pas de sodomie sans capote. J’avais appris cela d’Antoine qui ne m’a jamais baisé sans ; Bryan non plus du reste.

Enfin, Antoine m’a baisé une fois sans capote, deux jours avant son mariage avec Colas, dans une orgie d’ « enterrement de vie de garçons » (ici le « s » s’impose) que nous avons fait à trois. Et comme il était fidèle à son Colas depuis 5 ans et qu’ils avaient fait un test prénuptial j’étais en confiance. Ainsi Antoine avait été deux fois le premier. Mais à Hossegor, que du ‘safe’. Malgré cette exigence, je trouvais des partenaires sans problème. Le « bouche à oreille » fonctionnait bien et j’avais une certaine réputation quand à la façon dont je faisais grimper les mecs au rideau en les suçant ; la fellation restait ce que je préférais et ce que beaucoup des mecs que j’ai connu alors, préféraient aussi.

J’en étais là de mes explications lorsque j’entendis des bruits sans équivoque : le Maître desserrait la ceinture de son pantalon. A-t-il lu dans mes yeux que j’avais envie de sa queue ? Pourtant, ils étaient toujours baissés. En tous les cas, sans ordre, je restais au garde à vous, tête basse et mains sur la tête. J’étais comme cela depuis plus d’une heure et je me dandinais un peu, sans trop le faire voir, parce que je commençais à avoir des crampes dans les bras et les jambes. En plus, depuis j’avais compris que le Maître avait commencé à retirer sa ceinture, mon sexe commençait à gonfler sous mon short et il fallait que je bouge un peu pour qu’il ne reste pas coincé en se déployant.

— Avance près de moi. À genoux ; raconte en me branlant.

En m’avançant, je vis que le Maître avait ouvert sa braguette et baissé son « brief backless » noir de marque « bARECOdE bERLIN » que j’avais préparé la veille pour qu’il s’habille le matin. Sa queue, déjà bien en forme, et ses couilles gonflées étaient soutenues par l’élastique du brief passé juste en dessous. Je pris sa queue dans la main et continuai mon récit.

Je racontais comment beaucoup de mecs, à Hossegor, étaient devenus des habitués, parfois sur les trois années. Quelques uns étaient des jeunes de mon âge mais pour la plupart, ils étaient plus âgés que moi, entre trente et quarante ans. Certains étaient mariés et d’autant plus heureux de pouvoir se faire sucer comme cela qu’ils étaient parfois assez frustrés avec leurs épouses dont ils me disaient qu’elles n’étaient pas aussi douées. Mais il est vrai qu’un mec qui aime être sucé sait le faire car il sait ce qui est bon pour lui même et le reproduit pour les autres. J’expliquais comment, durant ces trois étés, j’étais devenu véritablement accro au sexe. Il m’en fallait tous les jours plusieurs par jour. Je pouvais sucer cinq ou six mecs dans la soirée, parfois plus si la soirée se prolongeait et que l’un acceptait de me reconduire au camping d’oncle Pierre en voiture. C’était même parfois à la limite de la partouze, cachés dans les dunes où dans les bois alentour. Certains attendaient que je les suce en se branlant et parfois j’étais à genoux devant trois mecs, alternant la fellation et les branlettes de trois queues en même temps. Beaucoup ont demandé où j’étais la troisième année, celle du bac. Je suis arrivé plus tard, après les résultats, et je suis reparti très tôt pour m’installer à Lille, ville où j’avais choisi de faire mes études supérieures. Alors pendant le court mois que je passais à Hossegor, toutes les demandes n’ont pas pu être satisfaites même si j’ai encore augmenté mon quota journalier. Il faut dire que mon oncle m’avait acheté, comme cadeau pour avoir eu mon bac avec mention, un magnifique vélo hollandais. Sans doute le fait que j’aille dans le Nord, non loin des Pays-Bas, l’avait-il incité à ce choix. Je pouvais donc rentrer tard le soir, sans dépendre de personne.

Pendant que je parlais, je branlais le sexe du Maître avec chaque main alternativement, tâchant par ces changements de main, doublés de changement de rythme et de pression, d’apporter un plaisir parfait. Je faisais tout pour ne pas regarder le Maître mais seulement sa queue et ses couilles. Mais je sentais bien que le plaisir montait. Je croyais même sentir une goutte de salive tomber sur ma main pendant que j'étais en action.

— Mains sur la tête. Silence. Recule un peu en restant à genoux.

Le Maître se leva du fauteuil et alla vers le meuble où j’avais trouvé l’armagnac. Il y pris quelque chose et revint vers le fauteuil. J’entendis qu’il se déshabillait. Puis il se plaça derrière moi.

— Mains dans le dos.

Je mis les mains dans le dos et le Maître me passa son tee-shirt autour des yeux pour en faire un bandeau. Ensuite, il attrapa mes poignets et, avec une corde, les attacha. Il passa sur le côté et j’entendis qu’il se remit dans le fauteuil.

— Tu viens de dire que tu sais faire monter les mecs au rideau en les suçant… J’attends la preuve ; au boulot, bâtard.

Le défi est énorme après l’échec de la veille. Mais sucer est mon plus grand plaisir et je sais le faire vraiment bien. Alors, je m’avançais sur mes genoux en me laissant guider par les sons que j’entendais. Je butais sur le genou du Maître mais je trouvais ma place entre ses cuisses et, avec ma bouche, je cherchais son sexe. Je le trouvai et commençais à le lécher et à lécher ses couilles. Cela fait, je pris dans ma bouche cette verge dont j’avais tant envie. Au début, j’avalais seulement le gland et j’excitais le méat avec la pointe de ma langue. Je continuais en faisant le plus attention possible pour ne pas trop souvent laisser la verge quitter ma bouche tant qu’elle n’avait pas atteint une rigidité suffisante. Lorsque ce fut le cas je la fis de temps en temps sortir de ma bouche pour la lécher encore sur toute sa longueur et gober les couilles et les exciter aussi, mais je la fis surtout entrer le plus profondément possible dans ma bouche, jusqu’au fond de ma gorge, jusqu’à toucher ma glotte. Puis je reculais doucement pour ne plus tenir que le gland et je repartais dans l’autre sens pour tout reprendre, en aspirant fortement, de façon à accroître la pressions sur la verge et à inviter le sperme à monter. Je renouvelais ces mouvements selon un plan presque écrit à l’avance tellement, depuis que Colas m’a apprit à sucer, j’ai acquis une vraie méthode d’excitation, douce mais efficace. Je commençais à entendre la respiration du Maître changer de rythme. C'était bon signe. Je commençais aussi à sentir quelques contractions musculaires. Du reste, le Maître attrapa mes épaules et ses mains les serrèrent de plus en plus fort. Ses doigts se crispèrent et ses ongles entrèrent dans ma chair ; les mains se fermèrent comme des étaux aux pointes acérées mais la douleur ressentie était agréable car elle m’indiquait encore mieux les actions qui procuraient au Maître le plaisir le plus intense. Ne sachant pas s’il souhaitait jouir vite ou espèrait que le plaisir de la fellation se prolongea au maximum possible, je décidai de ralentir le travail de ma bouche un instant avant de le reprendre de plus belle et que les ongles s’incrustent encore plus. J’attendis le signal qui pourrait me faire comprendre que je ne devais plus ralentir mais aller jusqu’à l’extase finale. Ce signal vint sous la forme d’un « oui ». Alors redoublant d’activité et de pression sur la verge, aspirant encore plus celle-ci pour l’emmener le plus loin possible en moi et excitant encore plus le méat de la pointe de ma langue lorsque je reculais, je sentis une contraction qui ne laissait plus de place au doute. Du reste, le Maître, lâchant mes épaules attrapa ma tête entre ses mains et me la plaqua contre son ventre au moment même où il éjacula ; il la recula un peu et la fit avancer lentement à nouveau pour un deuxième jet de sperme et recommença ce mouvement pour les derniers jets à venir. Ma bouche était remplie et, chaque fois que ma tête est légèrement en arrière, j’avalais ce que je pouvais. J’adore ce goût salé et cette consistance un peu glaireuse du sperme. Celui du Maître est parfait dans tous ces éléments. Au moment où le Maître retira sa queue, j’avalai ce qui me restait en bouche ; pas une goutte n’a perlé au bord de mes lèvres. Je étais assez content du résultat. Mais la question essentielle était de savoir si le Maître, lui, est également content. La réponse vint, comme elle devait venir.

— Oui, pas mal pour un bâtard qui pour le reste n’est pas très doué ; mais il y a encore une marge de progression.

Je savais que le Maître voulait dire le contraire mais qu’il ne pouvait pas me féliciter. C’était le jeu et, pour montrer que j’y participais pleinement, je baissai la tête, le plus possible comme si j’étais en contrition.

— Recule.

Les bruits que j’entendis, une fois reculé, indiquaient que le Maître se levait du canapé.

— Je monte me coucher, tu as 10 minutes pour te détacher et tout ranger. Demain, je vais tester tes capacités de maso.

Une des portes que je n’ai pas le droit d’emprunter, sur ma gauche, s’ouvrit et se referma. Aussitôt, elle se rouvrit.

— Et à part Colas, Antoine et Bryan ? Qui encore ?

— Damien et Monsieur Mathieu.

— Eh bé, mon ami… et je suis censé le prendre bien ?

— Pardon, Maître !

— Tu me raconteras Damien et MONSIEUR Mathieu. Il a droit au « Monsieur », lui. Je tiens à savoir qui il est et par là même qui tu es, bâtard.

— Oui Maître je dirais tout.

La porte se referma de nouveau ; j’entendis marcher dans le couloir et monter à l’étage ; le Maître allait se coucher. J’entrepris donc de me détacher. La corde autour de mes poignets n’était pas solidement nouée. En fait, il s’agissait juste de m’interdire l’usage des mains pendant la fellation. Je rangeai le petit matériel dans un tiroir de la bibliothèque que je trouvais ouvert. Je pris le verre vide et le mit au lave-vaisselle que je lançais et je descendis dans ma chambre. Je pris une douche et je me couchai. J’allais pouvoir dormir ; je n’avais pas failli. Il fallait encore dire merci à Colas qui m’avait si bien enseigné l’art de la fellation qu’il pratiquait lui-même divinement. Mais le Maître avait raison, je n’étais pas seulement un passif soumis, j’étais aussi maso, je le savais ; Damien et surtout Monsieur Mathieu pouvaient en attester.

Certes, Colas m’avait appris à aimer les pinces aux seins et sucer dans des positions difficiles à tenir, y compris les genoux posés sur des instruments faisant mal et rendant plus difficile le travail de fellation. Mais, en fait, ces éléments étaient surtout destinés à obliger l’esprit à se concentrer sur ce qu’il fallait faire avec la langue, les lèvres et la bouche. Pour ne plus penser aux pinces et aux genoux, se concentrer sur la queue que l’on excite est un moyen efficace. Et dès lors que l’on est concentré sur cette queue, on lui donne un plaisir intense. Le truc est simple mais efficace. Dès que l’esprit quitte la queue, la douleur le rappelle à l’ordre et il y revient. C’est donc dans la formation d’un bon soumis suceur de queue que la douleur aux seins et aux genoux trouve naturellement sa place. Oh, je comprends bien que certains n’aiment pas et préfèrent sucer sans contrainte. Mais je ne suis pas de ceux-là. Reste qu’on est loin du masochisme. C’est un peu comme les menottes ou les yeux bandés, juste un peu plus dur. Mais l’idée est là, concentration sur le sexe et perte de repère pour tout le reste, en dehors du sexe à faire jouir. Quand au travail du cul avec des godes, inutile de dire que c’est loin d’être du masochisme. Jusqu’au BAC, donc, juste quelques contraintes mais rien de bien exceptionnel ou qui ressemble à du vrai SM. Avant de m’endormir, sachant que le lendemain il y aurait le test, je faisais une introspection rétrospective dans laquelle Monsieur Mathieu allait jouer le rôle central après que Damien ait quitté la scène.

Dès la mi-août, je quittais Hossegor pour Lille. Il fallait que je trouve à me loger. Je n’avais pas beaucoup d’argent, j’étais boursier et j’avais donc opté pour les « cités U » du CROUS. J’obtins une chambre. Tout était bien organisé sauf l’impondérable. Lorsque j’arrivais, pas de chambre pour moi. Mon dossier, dont je montrais l’attestation d’enregistrement, avait été égaré et comme, en plus, l’une des résidences était en travaux suite à un important dégât des eaux, il fallait que je trouve une solution provisoire. J’aurais une chambre vers la fin septembre. Que faire ? Les cours commençaient le lendemain de la Braderie de Lille, le premier lundi du mois. Un mec s’est avancé vers moi.

— Tu cherches une piaule ?

— Oui provisoirement, pour un mois, un mois et demi.

— J’ai une colocation chez un ami et il y a une petite place ; je pense que pour un court moment, il acceptera.

Sur le chemin qui nous conduisait à l’adresse la plus improbable de la ville (rue Pharaon de Winter, peintre du XIXe, ami de Pierre Puvis de Chavannes), il m’expliquait qu’ils occupaient tous les deux un appartement avec cuisine, salle de bain et deux grandes pièces. L’une servait de chambre et l’autre de pièce à vivre. Mon regard, à la suite de cette dernière précision a du l’interloquer.

— Non, t’inquiète, on est pas PD. On a préféré cette solution, c’est tout. Dans la chambre on a chacun son box, séparé par des armoires et des paravents. On a un lit pliant pour le cas où un ami passerait quelques jours ; tu y dormiras.

Je le remerciais. Le fait qu’il ait pensé que je puisse craindre de vivre avec des PD m’a plutôt fait rire et m’a rassuré sur l’allure générale que j’avais. Et de toute façon s’était provisoire. J’y suis resté 3 ans. 3 ans avec Arthur. C’est Charles, son ami d’enfance et de deux ans son aîné, qui avait trouvé cet appart ; il est parti, à la fin de ses études, au bout de 2 ans. Les deux amis se trouvaient bien à vivre comme cela. Lorsque Charles est parti, Arthur et moi, on a cherché un nouveau troisième et on a trouvé Grégoire ; nous sommes restés tous les trois pendant un an. Pourquoi je suis resté ? Parce que Charles et Arthur étaient sympa, que l’ambiance était bonne et que, un soir, ils m’ont fait boire. Alors j’ai raconté que j’avais bien rit quand Arthur avait dit « t’inquiète, on est pas PD » car moi je l’étais. Ils se sont regardés et Arthur s’est excusé et sans doute pour être aimable il a ajouté:

— Tu peux rester plus si tu veux.

Et j’ai dis oui. Voilà toute l’histoire. Je pense qu’au début, ils ont longtemps eu un doute ; Charles a même longtemps pensé que j’avais raconté un bobard pour pouvoir rester avec eux. On a mis au point la règle : « on ne reçoit pas, on découche ». Et ça a marché. Nous avons vécu comme cela sans heurt, sans crise et en toute amitié, une amitié très forte qui conduisait à une entraide parfaite dans les moments difficiles (examen ; problèmes familiaux ; problèmes financiers et autres). Arthur, Charles puis Grégoire ont toujours été là au moment où, à l’anniversaire de la mort de ma mère, j’étais en pleine déprime. Arthur et Charles ont été là au moment où j’ai tenté de mettre fin à mes jours en me pendant dans la cave de l’immeuble. C’est là que mon homosexualité n’a plus fait de doute pour eux et qu’ils m’ont soutenu en trouvant toujours le moyen de me distraire au début de ma thérapie et en m’incitant malgré tout à travailler mes cours.

Car j’ai suivi une thérapie. En fait, ce n’est pas parce que je suis homo ; ça c’est la version « soft ». C’est parce que j’ai compris que j’étais un homo maso/soumis destiné à vivre en esclave au service d’un homme. Hélas, il est difficile de trouver un homme comme cela qui soit bien dans sa peau. Une expérience malheureuse me l’a suffisamment prouvé (Damien). En revanche, il y a des gens formidables même chez les pédés dominateurs et sadiques (Monsieur Mathieu), des gens qui savent ce que le maso ressent et qui savent lui montrer comment il doit être et pourquoi il est important, lui, le maso, malgré, mais surtout à cause, de son penchant sexuel.

Les choses ont commencé de manière simple et banale. Arrivé à Lille où je ne connaissais personne, il fallait que je retrouve un mec pour avoir avec lui des relations sexuelles. Or, jusque là je n’avais jamais été en manque. Colas, le premier, était venu à moi. Il m’a fait connaître Bryan et Antoine ; mes autres relations, à Hossegor, étaient faciles, comme toutes les relations de vacances. Mais à Lille, d’une part, je n’osais pas chercher l’âme sœur parmi mes condisciples de première année de fac et, d’autre part, je vivais avec deux mecs hétéros, ce qui ne facilitait pas ma liberté. Il fallait que je trouve au moins une queue et vite, que ce soit pour la sucer, la prendre dans le cul ou les deux. Si je pouvais retrouver plusieurs mecs et me faire sauter à la chaîne, c’était encore mieux. J’étais devenu accro au sexe et l’abstinence depuis quelques jours était insupportable.

Et j’ai très vite appris qu’il y avait, non loin de la fac, un sauna homo : « Les bains ». J’y suis allé. Ce fut une découverte pour moi. Compte tenu de mon âge et du fait que je n’étais pas moche, j’y ai vite rencontré un beau succès. Je prenais donc l’habitude d’y aller chaque vendredi dans l’après-midi en me fixant la limite de trois heures sur place. Je ne voulais pas risquer de gâcher mes études, à l’époque du moins... Il fallait déjà que je travaille au RU, 5 midis par semaine pour payer les divers frais, même si mon loyer n’était pas cher ; j’avais donc peu de temps pour les galipettes. Pendant deux mois, le sauna m’a suffit. Et, début novembre, j’y ai rencontré Damien. Un beau mec, 30 ans, un peu enrobé mais bien fait de sa personne quand même. Nous avons baisé plusieurs fois au sauna où il venait lui aussi uniquement pour cela. Il devait rentrer chez lui, dans le Pas-de-Calais et quittait donc Lille assez tôt. L’après-midi du vendredi l’arrangeait donc lui aussi ; moi, j’avais le sexe, la fiabilité et la rapidité. Damien était actif mais aussi exigeant vis-à-vis de son partenaire et même un peu plus. Début décembre, il m’a proposé de nous voir, la semaine suivante, non pas au sauna mais dans un cruising-bar. Il y en avait un à 200 mètres du sauna dans une rue perpendiculaire. Simplement, le vendredi, le cruising n’ouvrait que le soir et non l’après-midi. J’acceptai. Ce fut le début d’une descente aux enfers vertigineuse.