Naissance d'un soumis (10)


Naissance d'un soumis (10)
Texte paru le 2015-06-03 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg/ MMM+.jpg

Cet auteur vous présente 22 texte(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 11517 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© 2015 — Tous droits réservés par Yosh Leclerc.


Template-Books.pngSérie : Naissance d'un soumis


Chapitre 4 : Frémissez des tourments que l'enfer vous prépare

*Cherubini, Médée, Air de Créon, acte I, scène 6.


Je suis arrivé au « Sling » à 20 heures, juste à l’ouverture. Damien m’attendait devant le local dont l’entrée est difficile à repérer. Le vendredi, c’est la soirée « Lascar et skets ». Damien m’avait indiqué le dresscode : Survêt, skets, shorts, etc. Cela me convenait parfaitement. C’était la première fois que j’entrais dans un lieu comme celui-là. Damien, lui semblait connaître. Du reste le mec au bar le salua comme un habitué. Au vestiaire, nous nous sommes mis à l’aise. Damien avait ramené un petit sac de sport ; il en a sorti un collier et une laisse. J’étais interloqué mais le jeu m’intéressait. Une fois équipé, il m’a fait visiter les lieux en me tenant en laisse. De retour au bar, Damien s'installa sur l'un des tabourets. Il commanda une bière. Je commandai un coca zéro.

— Tu n'as pas été autorisé à t'asseoir et encore moins à commander une boisson.

Je regardai Damien tout étonné, interloqué même.

— Pardon, dis-je sans que mon intonation indique nettement si j'étais interrogatif ou si je m'excusais.

— Pardon qui ?

Cette fois mon regard montrait mon incrédulité.

— Pardon, Damien.

— Non ! Pardon qui ?

Je ne savais plus quoi faire ou dire. Devant mon air ahuri, il précisa.

— Ici, c'est "Maître".

Je marquai un temps, bouche bée, avant de dire :

— Pardon, Maître.

Un silence pesant suivit. Damien me regardait sans un mot, son regard était d'une exceptionnelle sévérité. Le temps semblait suspendu. Après un long moment, il reprit

— J'ai dit que tu n'étais pas autorisé à t'asseoir.

Je ne savais plus quoi faire. Et pourtant je suis descendu du tabouret sur lequel je m’étais installé. Damien sortit alors du sac des genouillères et me les tendit sans dire un mot. Je les prenais et je les mettais.

— Ce n'est pas dans un but décoratif. À quatre pattes.

Et, ce tournant de nouveau vers le barman qui suivait la scène en toute indifférence, Damien ajouta pendant que je me mettais à genoux :

— Mon dog a soif, vous avez une gamelle, s’il vous plait ?

Le barman se pencha et après un instant, posa une gamelle sur le comptoir.

— Merci, avec de l’eau, s’il vous plait, il est encore en formation.

Le Barman reprit la gamelle et j’entendis qu’il la remplissait au robinet. Dans ma tête, je pensais avoir échappé à bien pire. Damien prit la gamelle et la déposa par terre.

— À quatre pattes j’ai dit, sale dog. Quatre pattes, pas à genoux.

Et je reçus une claque bien appuyée en pleine figure. Je me mettais à quatre pattes, la tête devant la gamelle et, comme j’avais effectivement soif, je commençais à boire dedans. Je n’avais jamais fait cela et je ne savais pas bien que penser. Deux autres mecs, arrivés après nous, étaient au bar et regardaient le spectacle. L’un d’eux intervint.

— Oui au début, c’est dur de faire obéir les jeunes dogs. En général une bonne punition les aide à comprendre.

— Je vais l’installer sur la croix tout à l’heure, si tu veux participer à sa formation, pas de problème.

— Si ça peut rendre service, Ok.

J’avais fini de boire. Je ne savais pas quoi faire. Je restais par terre, à regarder le sol. J’étais complètement désorienté. Damien intervint alors.

— Tu peux nettoyer mes skets, dog.

Je regardais vers le haut pour chercher du secours dans le regard de Damien. J’y trouvais la colère.

— Tu regardes vers le bas. Et lorsque je te donne un ordre tu réponds « Oui, Maître ». Et je ne dois pas devoir te donner des ordres tout le temps. Tu prends des initiatives. Si tu veux dire quelque chose, fait le beau.

— Oui Maître.

Et j’avançais la tête près de ses skets pour commencer à les lécher. Cela a duré un moment. Pendant ce temps Damien discutait avec de nouveaux arrivants. Au total, il y avait une dizaine de mecs ce soir-là. Tous étaient relativement âgés, la quarantaine environ. J’étais le plus jeune et manifestement, j’étais convoité. Damien dut refréner certaines ardeurs. Non, je me ferais pas enculer ce soir ; non je ne sucerais pas les mecs sans capote et non Damien ne me prêterait pas. Ces précisions me rassuraient un peu. D’un coup, sans rien dire, Damien descendit du tabouret et tira sur ma laisse. Je commençais à me relever.

— Décidément tu ne comprends rien. Tu restes à quatre pattes. Tu marches à côté de moi ; tu es mon dog.

Je me remis par terre.

— Et quand je te dispute, tu demandes pardon !

— Pardon, Maître.

— Faut vraiment tout te dire à toi.

— C’est la première fois, Maître que je fais cela.

— Et alors ? T’as pas compris tout de suite quelle était ta place, il faut tout t’expliquer. Les punitions vont t’aider à comprendre. Crevure. Et regarde vers le bas ; ton regard ne doit jamais croiser le mien ou celui d’un maître en général.

— Pardon, Maître.

Je baissai la tête et je suivis Damien en marchant à quatre pattes près de lui. Nous sommes arrêtés devant un autre tabouret ; un mec interrogeait Damien sur la possibilité de m’enculer. Comme nous étions arrêtés et que je devais faire preuve d’initiative, je me mettais à lécher à nouveau les skets de Damien. Ce devait être ce qu’il fallait faire car je n’eus aucune remarque. Lors d’un autre arrêt, je refis de même et là j’eus une remarque.

— Tu peux aussi faire les semelles.

Damien mettait alors un de ses pieds sur la pointe et me présentait la semelle de son sket que je commençais à lécher. Au bout de quelques instants, nous avons repris la marche jusqu’à la croix de Saint-André.

— Debout ! À poils !

Je retirais mon maillot et mon short ; dessous j’avais mis un boxer noir.

— C’est quoi ça, dog ? Quand tu viens ici tu ne mets pas de sous-vêtements. Pas de chaussettes non plus. À poil complet ; garde juste tes skets.

Je m’exécutais aussi vite que possible car je devinais qu’il ne fallait pas traîner. Lorsque je fus nu, Damien retira du sac des menottes et des entraves en cuir. Il me demanda de tendre les bras et fixa les menottes à mes poignets. Puis il se pencha pour me mettre des entraves aux chevilles. Ceci fait, il me fit tourner sur moi-même, me poussa vers la croix et m’y attacha par les poignets et les chevilles, dos et cul bien exposé et dit :

— Moi je vais te mettre dix coups de ceinturon pour ne pas avoir été assez obéissant. Encore que tu apprendras que je n’ai pas besoin de prétexte pour te cogner ; si j’en ai envie, je te cogne et tu dis merci, c’est tout. Ensuite, le mec qui l’a demandé tout à l’heure t’en mettra dix autres. J’espère que cela va attirer des candidats pour continuer. Tu les comptes bien fort et tu remercies après chaque série.

Je fis exactement ce qu’il avait dit. Je fronçais un peu les sourcils à chaque coup bien appliqué sur mes fesses et c’est seulement au dernier coup donné par le mec qui s’était proposé que j’ai émis un son indiquant que j’avais eu mal. Mais en fait, pendant que Damien me frappait, je me suis retrouvé quelques années en arrière. Alors j’ai réagi comme je le faisais lorsque mon père me frappait : j’ai pensé à autre chose qu’aux coups ; je ne les ai donc pas véritablement sentis et je n’ai donc ni gémi ni crié. Juste le dernier coup mais presque comme une offrande donnée à celui qui me frappait, ce mec qui s’était proposé pour me dresser comme dog et dont j’ai eu peur qu’il soit un peu déçu. Si j’ai pu gérer les coups, c’est qu’en même temps, je les retrouvais presque avec plaisir, voire nostalgie. Toujours attaché à la croix et comme personne ne s’était porté candidat pour continuer à me frapper, je ne savais pas bien qu’elle attitude avoir. Alors, sans doute par envie mais aussi par bravade, j’ai dit :

— Encore, s’il vous plait, Maître.

Je n’eus pas de réponse mais je reçus une nouvelle volée de ceinturon mais de 20 coups cette fois. Et après une pause courte, 5 de plus.

— Satisfait, dog ?

— Merci, Maître.

Damien me détacha ; je me retournais et m’aperçus que si personne n’avait proposé d’ajouter des coups, la scène avait attiré du monde, étonné de voir que je bandais fortement. Un regard méchant de Damien me fit comprendre que je devais sans doute faire quelque chose et je repris aussitôt ma position à quatre pattes aussitôt et le léchage de ses skets ; au moins cela permettait de masquer un peu mon sexe dur et raide.

— Bien ! J’aime qu’un mec bande sous les coups. Maintenant, je vais t’enculer en public pour qu’on sache que tu m’appartiens.

Il m’emmena, toujours à quatre pattes, vers l’un des slings et m’y installa. J’avais déjà vu des slings en photo et en vrai, juste pendant la visite à notre arrivé tout à l’heure. Mais jamais je n’y avais été attaché. Lorsque je fus allongé sur le sling, Damien attacha mes poignets à l’aide de mousqueton, aux chaînes derrières ma tête. Il prit alors mes chevilles et les plaça dans les sangles qui pendaient aux deux autres chaînes ; j’offrais mon cul et mon sexe toujours aussi droit au regard de 5 mecs qui s’étaient groupés autour de moi et commençaient à me peloter et à me branler. Damien leur précisa qu’ils pouvaient être sucés mais avec capote ; les ardeurs étaient refroidies. Damien retira son short ; il bandait fortement lui aussi. Je le suçai un peu, trop peu à mon goût, puis il se plaça devant moi et commença à me frapper un peu les fesses avec sa queue. Pendant ce temps les queues sans capotes se pressaient vers ma bouche que je n’ouvrais pas. Rapidement, Damien me lubrifia le cul. Il entra un doigt puis deux et, aussitôt après, sans avoir joué plus longtemps, emballa sa queue et m’encula sans ménagement. Il était tellement excité que sa jouissance fut presque instantanée. Sa queue était bien proportionnée et donc elle me donna du plaisir néanmoins ; quelques instants après lui, je jouissais aussi sous la branlette habile d’un des spectateurs déçu pourtant de ne pas avoir été sucé. Damien paraissait encore une fois en colère et fit :

— Tu as aimé, hein, sale dog.

— Oui, Maître ; merci, Maître.

— Mais tu as jouis et je ne voulais pas.

— Ce n’est…

— Et en plus tu répliques.

— Pardon, Maître.

— Trop tard.

Il me détacha du sling et je me remis aussitôt à quatre pattes. Il coinça ma tête entre ses mollets et me frappa avec une cravache, dix coups sur chaque fesse. Là j’ai commencé à avoir un peu mal même si je mis un point d’honneur à n’en rien laisser paraître. Lorsque ce fut terminé, nous sommes redescendus, moi toujours en laisse à quatre pattes à côté de Damien. Je savais moi que je bandais encore malgré les coups de cravache, ou peut-être à cause des coups de cravache. Damien prit une nouvelle bière au bar, discutant encore avec un mec pendant que je me mettais à lécher ses skets à nouveau mais aussi les rangers de son interlocuteur. Après une demi-heure passée ainsi, Damien tira sur ma laisse et nous repartîmes au vestiaire, moi toujours en laisse à quatre pattes, Damien tenant son sac et mes vêtements dans la main. Il était 23 heures lorsque nous quittions le Sling. Sur le trottoir, Damien dit simplement.

— Vendredi prochain, même heure, ici. J’espère que cette fois je pourrai être fier de toi.

Il partit à pied vers le centre-ville. Je récupérai mon vélo et je rentrai à l’appartement, en pédalant en danseuse. Il n’y avait personne. Je courrais à la salle de bain voir mes fesses ; peu de traces mais surtout de belles rougeurs. Je partais aussitôt me coucher en gardant mon short. Il fallait éviter que mes colocs me demandent ce qui m’était arrivé. Dans mon lit, je me cachais sous la couette pour tenter de m’endormir. Je n’y arrivais pas. Il fallait se rendre à l’évidence, j’avais joui ; j’avais donc bien aimé cette soirée. Certes j’avais joui parce qu’un mec m’avait branlé mais aussi parce que Damien m’avait enculé. Et j’avais bandé parce qu’il m’avait frappé. Je ne l’avais plus été depuis la mort de ma mère et la disparition de mon père. Et j’avoue avoir connu presque un manque. Alors j’avais aussi aimé être frappé ; j’avais même demandé des coups supplémentaires. Mon plaisir sur le sling avait été décuplé par les coups donnés avant et le sentiment de soumission qu’ils m’avaient donné. J’avais aimé être frappé ; j’avais aimé la baise sous la contrainte. J’avais moins aimé être humilié par Damien, marcher à quatre pattes, être en laisse, lécher les skets, boire dans une gamelle. Je m’étais senti un peu mal à l’aise, même une fois la surprise passée. Et pourtant, je n’avais pas refusé. Je n’avais rien dit. J’aurais pu partir. En fait, je ne savais pas si j’avais aimé ou pas lorsque Damien me traitait comme un dog ; les deux peut-être ? Les deux sans doute. Je ne savais pas mais j’avais trop envie de sexe et donc, comme je me doutais bien que cela se terminerait par une bonne séance avec des queues dans la bouche et dans le cul, j’avais laissé faire. Je ne savais pas non plus si j’avais envie que cela recommence. Oui, surtout pour la fin, l’enculage en public et toutes ses queues qui voulaient de moi. Mais pour le reste ? Mais si le reste était nécessaire pour la fin, alors…

Je parvenais à m’endormir enfin, mais j’étais troublé. Au matin, je me suis levé tôt et vite lavé de peur qu’un de mes colocs ne vienne dans la salle de bain pendant que j’étais nu et voit les marques sur mes fesses qui étaient cette fois bien bleues. Ensuite, j’ai passé le samedi à faire semblant de travailler mais je n’y arrivais pas ; je repensais à la veille et j’essayais d’imaginer ce que pourrait être la soirée du vendredi à venir, tiraillé entre l’envie d’y être déjà et la peur de ne pas apprécier tout ce qui s’y ferait.

Inutile de dire que je n’ai rien fait du week-end et de la semaine. J’avais un exposé à préparer ; je ne suis pas allé au TD, prétextant une rage de dents subite ; j’avais une disserte à rendre ; j’ai rendu un vague plan totalement nul. Je ne pensais plus qu’à une chose : vendredi. C’était au point que, le dimanche, j’oubliai d’aller à la répétition de l’orchestre des étudiants alors que j’avais promis de venir pour tenir la partie de clavecin dans le 5e concerto brandebourgeois de Bach. C’est en rencontrant, le mardi, l’un des musiciens courroucé que je me rappelai avoir fait cette promesse.

Et le vendredi arriva. À 19 heures 55, j’attachai mon vélo au feu tricolore voisin du Sling et j’attendais Damien. J’étais en tenue de sport, sans sous-vêtement et sans chaussettes dans mes TN. Damien apparu, tournant l’angle de la rue voisine, son sac à la main. Il ne dit rien et je le suivis dans le cruising. Au vestiaire, il me tendit le collier, les menottes, les entraves et les genouillères. Je fixai moi-même tous ces éléments avant de m’installer à ses pieds à quatre pattes et de commencer à lui lécher ses skets. Aussitôt, il attacha la laisse au collier et m’entraina vers le bar où il demanda une gamelle d’eau. Je lapai une grande partie de la gamelle en alternant avec le léchage de skets. Plusieurs mecs vinrent pour tenter de négocier une fellation de ma part ou d’avoir la possibilité de m’enculer. Damien était strict sur l’usage du préservatif et l’exigeait dans les deux cas. Deux mecs acceptèrent de mettre une capote pour que je les suce ; ils montèrent sur la mezzanine et s’installèrent pour regarder une vidéo pendant que je faisais mon office, toujours en laisse et toujours à quatre pattes. L’un et l’autre jouissaient dans leur capote. Je ne trouvais pas cela agréable, ni de sucer une capote, ni de ne pas sentir leur jus me remplir la bouche mais seulement la capote se charger. Enfin, comme la semaine précédente, Damien m’attacha à la croix, dos contre le bois cette fois. Il sortit de son sac un slip blanc dont je sentis, lorsqu’il me l’enfonça dans la bouche, qu’il avait été porté un moment. Il empêcha le slip de sortir en entourant ma tête d’adhésif au niveau de ma bouche. Cela fait, il me frappa avec un martinet sur le torse et les parties intimes. Malgré mes efforts pour penser à autre chose, j’avais mal rapidement et je commençais à grimacer puis à geindre. Les gémissements étaient heureusement étouffés par le slip. Après 25 coups, il me détacha et je tombai à genoux en tenant mon sexe et mes couilles dans mes mains. J’avais vraiment mal et cette fois, je ne bandais pas. Me remettant la laisse, Damien m’entraina vers un banc recouvert de cuir dans ce qui était appelé « la salle royale ». Là, le torse penché sur le banc et toujours bâillonné, il me travaillait le cul devant plusieurs mecs qui regardaient envieux sans que je sache s’ils auraient aimés être à ma place ou à celle de Damien. Cette fois, il me travailla un long moment avec ses doigts puis avec un gode qui était à peu près de la taille de sa queue. Cela ne me surprenait pas vraiment ; ce gode ressemblait aux jouets qu’Antoine avait utilisés pour stimuler ma prostate, mais en un peu plus gros. Puis Damien m’encula après avoir mis sa capote et jouissait en moi avant de me retourner en me disant.

— Il faut que tu commences à accepter des choses plus hard et plus humiliantes. Je vais faire de toi un vrai bâtard maso et soumis. Commence par apprendre à boire ta pisse pour pouvoir bientôt boire le mienne. Disons dans un mois.

Il me ramena au bar en laisse, bu à nouveau une bière avant de m’emmener au vestiaire et enfin de m’enlever le bâillon. Une fois habillés, nous sortions.

— A vendredi prochain, même heure, devant le Sling.

Avant que je réponde, Damien avait disparu. Je rentrais en vélo sans pouvoir m’asseoir sur la selle car j’avais mal aux couilles et à la queue, cette fois. Je ne savais pas si j’aurais pu jouir ou non ; toujours est-il que je n’ai pas eu l’occasion de répondre à cette question. « Accepter des choses plus hard et plus humiliantes ». Damien voulait plus et moi, je moi voulais savoir. Savoir jusqu’où j’étais prêt à aller pour satisfaire mes désirs, mes désirs de sexe. Je sentais, encore plus que la semaine précédente que, pour assouvir ce besoin, j’acceptais d’être traité comme cela et réduit à l’état de… Le mot ne me venait pas. De dog ? Oui mais pas exactement. De soumis ? Aussi mais c’était trop faible. De… De larve. Voilà, c’est cela ! Une larve. Je me couchai rapidement ; comme la semaine précédente, je gardai un short car mon sexe était un peu rouge mais je laissai aussi mon maillot car mon torse était rouge également, mais bien rouge et marqué. J’eus encore du mal à m’endormir en repensant aux paroles de Damien : « Commence par apprendre à boire ta pisse pour pouvoir bientôt boire le mienne. Disons dans un mois ». Est-ce que j’allais faire ça ? Est-ce que je voulais cela ? Est-ce que j’allais savoir faire ça ? Est-ce que… ?

Sans vraiment l’admettre, je savais que oui. Et je décidais, dans ma tête, de commencer dès le lendemain, mais pas le matin car j’avais lu que la première miction de la journée était la plus difficile à avaler car la plus forte en odeur et en goût.

Dès le samedi après-midi, profitant d’un moment où j’étais seul, je pris un verre et m’enfermai aux toilettes. Je pissai un peu dedans et, après avoir ajouté de l’eau pour atténuer le goût, je parvenais à boire le verre. Je recommençai avec plus de pisse et moins d’eau ; je fis cela pendant une bonne heure jusqu’à l’écœurement. Je recommençais ainsi chaque jour de la semaine ; je voulais être prêt avant le délai fixé par Damien. Je voulais faire plaisir à Damien, je voulais être à Damien, être son dog, sa chose, son slave, sa larve ; j’aimais ce qui me semblait être un jeu.

Mais ce jeu me minait ; je ne pouvais plus penser à rien d’autre qu’à chercher ce que je pouvais faire pour satisfaire à Damien. Pour tenter de le deviner, Je commençais à me connecter sur des sites gays, et je trouvais des sites gays SM. Regarder les vidéos me faisait bander, surtout les scènes de domination, de bondage et de punition, si possible hards. Je n’avais plus de doute : j’étais aussi maso.

Le vendredi, j’étais devant le Sling un peu avant 20 heures. Damien passa en voiture ; il était en treillis et rangers.

— Monte.

Je m’installai à l’avant. Damien démarra aussitôt et prit l’autoroute en direction de la Belgique. 45 minutes plus tard nous étions à Courtrai. Il stationna la voiture non loin d’un canal et, de là, nous sommes parti à pied sur quelque mètres jusqu’au « Crisco ».

— C’est quoi le « Crisco » ?

— C’est un cruising comme le Sling. C’est le nom d’une graisse alimentaire dont les gays SM américains se servent pour faciliter le travail du cul.

Damien était connu au Crisco comme il l’était au Sling. Le barman le salua. Au vestiaire, Damien comme la fois précédente me tendit le collier et les genouillères qu’il avait apportés avec lui.

— À poil. Tu gardes juste tes skets.

Je me déshabillai et une fois nu, je mis le collier et les genouillères avant, à quatre pattes, de commencer à lécher les rangers de Damien en attendant qu’il me mette ma laisse. La laisse mise, Damien resta en treillis et rangers. Il me fit visiter les lieux, emportant son sac avec lui. En fait, l’ambiance du Crisco ressemblait beaucoup à celle du Sling même si la clientèle y était un peu plus jeune, et plutôt vêtue en militaire, sans doute le thème des vendredis là-bas. Comme au Sling, il y avait un bar, différentes salles sombres avec des cabines et, le clou du lieu, un pilori. Lorsque je vis l’instrument, j’ai ressenti une certaine envie mais teintée de peur. Sans doute cela s’est-il vu.

— Avec moi, tu ne crains rien. Je surveille tout. Si tu m’obéis, tout ira bien. Je veux simplement te former à obéir, à obéir à tous mes ordres sans les discuter, pour que tu deviennes un vrai dog ne pensant plus qu’à mon plaisir à moi et non au tien. Pour arriver à cela tu dois avoir confiance en moi, une confiance absolue. Je te promets que je veille sur toi. Personne ne te touchera sans mon autorisation et comme je l’ai déjà dit, rien sans capote, même pas de fellation. Dans ce genre d’endroit, ça craint.

Nous retournions au bar. Damien commanda une bière. Je me gardais bien de rien dire, restant à ses pieds, léchant ses rangers à nouveau. Il sortit de son sac un bâillon en forme de mors de cheval, le canon étant en latex.

— Fait le beau. Ouvre la gueule.

Je me mis à genoux, levant les mains et j’ouvris la bouche. Damien me fixa le bâillon. Je me remis à quatre pattes

— Tu vas avoir un peu mal. Je vais y aller doucement ; détends toi et respire en ouvrant ton cul au maximum et serre les dents, le mors, c’est fait pour cela. Retourne toi, regarde droit devant et ne pense à rien.

Je présentai mon cul à Damien. Il fouilla dans le sac à nouveau. Un instant plus tard, il m’enduisait le cul avec du gel. Doucement il introduisit son doigt, puis deux. J’avais l’habitude ; je n’étais pas surpris et je n’avais pas mal. Puis je sentis un objet plus froid et plus rond. Je pensais qu’il voulait m’introduire un nouveau gode dans le cul avant de m’enculer en public, comme la dernière fois. Mais l’objet que Damien voulait entrer était encore plus gros que le précédent. Pire, il s’élargissait rapidement et dès que Damien entreprit de l’introduire un peu dans mon anus, j’ai poussé un petit gémissement.

— Eh, t’es trop douillet ; c’est le plus petit modèle qui existe donc il doit rentrer ; ça fait même pas mal, un peu tant qu’il n’est pas en place mais ensuite tu verras c’est très agréable. Détends-toi ; mords le bâillon.

Il commença à tourner l’objet en le faisant entrer plus avant, lentement, C’était vraiment gros. J’ouvris mon cul le plus possible et d’un coup, Damien força le passage. Je poussai un cri, heureusement étouffé par le bâillon dans le canon duquel mes dents s’étaient incrustées. L’objet était rentré et semblait coincé dans mon cul, comme si j’avais une boule à l’intérieur qui ne pouvait ni avancer ni reculer. Damien venait de me mettre un plug.

— Voilà. Maintenant tu es vraiment un dog. Regarde dans la glace.

Il me faisait bouger un peu pour que je me voie dans un miroir à quelques pas du bar. Et là je vis que de mon cul sortait une petite queue noire qui bougeait comme celle d’un chien.

— En promenade.

À quatre pattes, Damien m’a emmené dans tout l’établissement, même à l’étage. Les mecs me regardaient et parlaient de moi comme d’un animal, demandant mon nom, ce à quoi Damien répondait en disant « Yosh&nbsp». Certains me caressaient la tête, constatant amusés que, avec le bâillon, je ne pouvais pas mordre. Parfois nous nous arrêtions plus longtemps près d’un mec et Damien m’ordonnait de sentir son sexe, de renifler sa queue en faisant le beau. Je me mettais à genoux et je levais les bras en tenant mes poings presque fermés. Damien voulu même que je pousse des petits cris pour indiquer mon envie de renifler un sexe. Pendant ce temps, Damien indiquait que je sucerais les mecs qui le souhaitaient un peu plus tard dès lors qu’ils mettraient une capote. Lorsqu’un mec acceptait, je devais aboyer en remuant la queue qui était dans mon cul. Je me suis senti plus humilié encore que la première fois que j’avais été promené en laisse. Cette queue de chien dans mon cul me faisait juste un peu mal physiquement mais très mal moralement. Je me sentais vraiment rabaissé au niveau de l’animal et je ne savais pas si j’avais envie de l’être, même dans la perspective d’une belle partie de bites ensuite. Je marchais à côté de Damien qui semblait fier de moi et j’en étais content, mais était-ce suffisant pour que j’aime cela moi-même ?

La promenade a duré un moment. De retour au bar, Damien m’a enlevé le bâillon et fait léché les skets ou les rangers de tous les mecs qui y consommaient, puis il me fit boire de l’eau dans une gamelle comme au Sling, la semaine précédente. Au bout d’un moment, Damien enleva le plug, sans me remettre le bâillon. Là j’ai poussé un cri au moment de l’expulsion ; j’avais le cul en feu, du moins s’était la sensation que j’avais. À quatre pattes toujours, Damien me ramena à l’étage vers le pilori. Il enleva le collier et m’installa. C’était la deuxième fois que j’étais ainsi exposé mais cette fois c’était dos courbé, tête et poignets coincés et cul à disposition. Les mecs sélectionnés durant ma promenade en laisse se présentèrent. Ils enfilèrent une capote et me présentèrent leur bite. J’ouvris la bouche et je commençai à sucer les queues. Il y en avait quatre qui alternaient dans ma bouche. Je dois à la vérité de dire que sucer des queues dans un pilori est un moment vraiment formidable, même si les queues ont des capotes. Le gros avantage est que la tête est coincée et ne peut donc pas bouger. Les queues rentrent dans la bouche aussi profondément que le souhaite le sucé sans que le suceur puisse reculer la tête ; il ne peut que prendre la queue sur la longueur de celle-ci si le sucé enfonce tout. Certes, lorsque la queue entre à fond et touche la glotte, cela peut provoquer des haut-le-cœur, mais ne pouvant pas reculer, le soumis ne peut que supporter ce désagrément qui peut le conduire à vomir dans certains cas. C’est au sucé de savoir ce qu’il souhaite, le soumis est totalement passif dans ce cas. Il doit simplement faire en sorte que le sucé trouve en plaisir et doit donc, puisque sa tête est immobile, utiliser sa seule langue pour donner le maximum d’excitation à la queue qu’il a dans la gueule. J’ai donc bien aimé ce moment de suce ; déjà j’aime sucer une queue, mais si en plus je ne peux rien faire d’autre que la prendre comme le mec le souhaite c’est encore mieux. Les mecs du Crisco aimaient justement m’enfoncer leur queue profondément et la laisser ainsi jusqu’à ce que j’émette un renvoi. Je pouvais supporter cela parce que Colas m’avait bien appris à supporter et même à apprécier ce trip, en me tenant la tête lorsqu’il était dans ma bouche pour que, justement, je ne recule pas. Le début du trip sur le pilori fut donc un bon moment. Damien laissait faire les sucés et attendait à côté de moi. Pourtant, au bout d’un moment, trop court à mon goût, Damien se plaça derrière moi et commença à me frapper sur les fesses avec ses mains, de plus en plus fort. Puis il sortit du sac qu’il avait repris au bar, un paddle et commença à me chauffer le cul avec. Les premiers coups furent presque des tapes agréables, les suivants furent d’abord plus appuyés enfin vraiment plus forts me faisant grogner, les derniers me firent pousser des « yaaah », me conduisant parfois à lâcher la queue que je suçais.

Je supportais les coups du mieux que je pouvais me concentrant sur les queues à sucer. Un des mecs commença à trouver le jeu un peu hard à son goût et partit en disant :

— Si c’est que pour le cogner, ça ne m’intéresse pas.

Damien commença à ajouter les insultes. Au début s’était assez soft : dog, chien, bâtard accompagnaient les coups. Puis ce fut plus trash, vraiment plus trash. Manifestement il y trouvait du plaisir ; je m’en foutais un peu et ce d’autant plus qu’un mec se mit à me branler, ce qui décuplait mon plaisir d’avoir des queues à sucer. Les mecs qui se succédaient dans ma bouche commençaient à gémir de plaisir. Un premier jouit alors que sa queue était dans ma bouche ; un deuxième jouit en se branlant, avant de pouvoir ré-enfourner son sexe et en fut très déçu. Pendant que les deux derniers alternaient à leur tour, Damien arrêta de me frapper, baissa son pantalon de treillis et me travailla le cul avant d’y introduire son sexe. Il alla encore trop vite à mon goût. Il entreprit de me limer, modifiant le rythme et la profondeur de ses va-et-vient, augmentant son plaisir plus que le mien. Un jeune passant par-là, prit le relais de la branlette mais Damien avait déjà jouit. Il me détacha rapidement. Nous redescendîmes au bar. Damien but une nouvelle bière ; je restais à quatre pattes par terre, dépité de n’avoir pas pu jouir encore une fois mais mettant cela sur le compte de l’excitation trop vive de Damien. Le mec qui m’avait branlé à la fin s’approcha et demanda à Damien si je pouvais le sucer. Il avait une capote à la main et la réponse fut donc positive. Pendant que Damien buvait sa bière, je suçais donc ce mec ; il était resté debout, je me mis à genoux et je suçai du mieux que je pouvais. D’un seul coup le mec m’attrapa la queue et me fit une branlette magistrale. Il jouissait dans ma bouche à l’instant même où mon sperme se répandait sur le sol. J’étais content, je me sentais mieux. Damien avait l’air de s’en foutre totalement. Le mec m’embrassa sur la bouche et dit.

— Ne lèche pas, c’est trop sale par terre.

— Oui, Monsieur.

— Si j’ai envie qu’il lèche, il lèchera, mec, c’est mon dog, pas le tien. Il fait ce que je lui dis, c’est tout.

Mais Damien ne dit rien et je ne léchais pas le sol. Une demi-heure plus tard nous roulions vers Lille dans sa voiture

— Je commence à boire ma pisse, Maître.

—Il te reste trois semaines pour t’habituer et boire la mienne.

— Oui Maître.

Il n’y eut plus un mot avant que Damien me dépose devant le Sling.

— Soit ici le 12 janvier à 20 heures, après les vacances de Noël.

Et avant même que j’ai le temps de répondre, sa voiture était partie. Je dormis peu. Je commençais à me demander ce que Damien cherchait, quel était son réel plaisir. Frapper, insulter, humilier ? En tous les cas, ce n’était pas ce que je préférais. Mais bon, j’avais joui et j’avais aimé sucer des queues en étant coincé dans le pilori. J’avais besoin de ces séances un peu hard pour satisfaire mes envies de sexe et de soumission. Mais je restais à me demander quelle serait la suite. Je voulais essayer de satisfaire Damien puisqu’il s’occupait de moi, mais je ne savais pas vraiment comment y parvenir. Et j’en étais toujours à me demander si j’aimais être traité comme il me traitait. À force d’y penser, je fini par avoir une idée sur les raisons de mes réticences. Ce n’est pas que je n’aimais pas être traité comme cela ; je ne m’aimais pas moi parce que j’acceptais d’être traité comme cela. En fait, je commençais à avoir un peu honte de moi-même. Est-ce que, pour avoir un moment de plaisir, il fallait que j’accepte de ne plus m’aimer, que j’accepte d’être honteux de moi ? J’avais toutes les vacances pour y réfléchir. Mais aussi pour apprendre à boire ma pisse sans problème puisque la prochaine fois, je devrais boire celle de Damien.

Charles et Arthur sont rentrés chez eux pour les fêtes de fin d’année. Je restais seul à Lille. Oncle Pierre avait promis de venir passer le réveillon de Noël avec moi. J’espérais profiter des vacances pour travailler un peu mes cours et mes TD, que j’avais très largement délaissés depuis plus d’un mois. Or il y avait les « partiels » début janvier. J’espérais aussi faire un peu de piano et rattraper ma bévue vis-à-vis de l’orchestre des étudiants. J’espérais, mais il n’en fut rien. Au début, j’ai un peu travaillé mais dans le même temps j’essayais d’apprendre à boire ma pisse. J’en buvais de plus en plus et de plus en plus concentrée. Évidemment cela me rappelait Damien et les trips faits avec lui. J’y pensais donc, ce qui m’empêchait de me concentrer sur mes révisions. Je manquais aussi de sexe. J’espérais me sevrer en allant au sauna… Je suis allé au Sling. Et là j’ai pensé à Damien. Cela devenait obsédant. Pourtant le Sling, en semaine, l’après-midi, c’est le désert, surtout pendant les vacances universitaires. Alors je suis retourné aux « Bains ». Là, c’était un peu moins triste, mais malgré tout, rien de bien enthousiasmant. Et oncle Pierre m’a fait le cadeau qu’il ne fallait pas faire : un mini-ordinateur et un abonnement internet à partager avec mes colocs. Il voulait d’une part les remercier de m’héberger mais il pensait aussi faciliter mes études. Ce fut le désastre. Je passais mon temps sur les sites BDSM gay. Je n’ai donc plus révisé un instant. Les partiels, la semaine de la rentrée, furent un désastre. Non seulement je ne savais rien mais je ne pensais même pas aux sujets à traiter mais à la prochaine soirée de vendredi.

Et le vendredi vint et je fus au rendez-vous. Comme la fois précédente, Damien m’emmena au Crisco. Comme la fois précédente, en laisse et plug/queue au cul, je fus promené, je léchais les rangers, je reniflais les bites et je suçais celles qui portaient une capote. Puis ce fut l’épreuve que je redoutais. De retour au bar, Damien commanda une bière. Il sortit du sac une gamelle et nous partîmes tous les deux vers le coin « uro » du cruising. Là, il remplit la gamelle et la posa par terre. Difficilement, je réussis à laper un peu de pisse. Elle était très forte bien que Damien ait bu beaucoup de bière ce qui l’avait un peu « allégée ».

— Tu bois tout.

Je fis un effort considérable mais je ne parvenais pas à boire beaucoup. Damien sortit un martinet du sac et m’en frappa les fesses de manière assez violente. Alors je bu, je bu toute la gamelle. Lorsque j’eus fini, j’étais à la fois fier de moi et totalement dégouté, écœuré de moi-même. Et ce qui fut pire c’est sans doute la réaction de Damien. Alors que je pensais avoir réalisé un véritable exploit, j’eus droit simplement à :

— Bon, j’ai compris, sans coup, on ne tire rien de toi. D’accord, je vais cogner mais tu obéiras.

Après ce moment, Damien m’emmena au pilori, m’y installa. Cette fois, il me banda les yeux. Et, comme la fois précédente, m’encula rapidement après m’avoir frappé avec le martinet, pendant que je suçais quelques queues. Heureusement, l’un des participants m’a branlé et j’ai joui. Un passage au bar où il but une bière pendant que je léchais ses rangers et nous rentrions à Lille sans qu’un mot fût prononcé.

— Demain, devant le Sling à 14 heures. On va passer le weekend à Charleroi.

Et Damien était déjà parti, sans un mot de plus me laissant là, devant le Sling, à côté de mon vélo. Je rentrai à l’appartement en pouvant m’asseoir malgré les coups de martinet encaissés au Crisco. Je me couchai discrètement, mes colocataires étaient déjà endormis. Au réveil, après ma toilette, je pris mon petit déjeuner avec mes colocataires. Je leur expliquai que je ne serais pas là cette nuit et que je reviendrais que le lendemain soir. J’eus une petite réflexion d’Arthur.

— Tu bosses plus tes cours ?

— Si, à la bibliothèque, pendant la semaine.

— Ah.

C’était évidemment faux. Du reste, le « Ah » d’Arthur était autant interrogatif qu’exclamatif. Bref, il n’y avait pas cru. J’allais bien à la fac, j’allais bien dans les amphis, mais je n’écoutais presque rien. Quant aux travaux dirigés, je commençais à ne même plus avoir le sujet du jour : l’essentiel était d’y être présent pour ne pas être interdit d’examen. Alors, aller en bibliothèque était évidemment exclu. Je savais pourtant qu’il ne suffisait pas de travailler quelques jours avant les partiels, à la fin de chaque semestre, pour attraper le temps perdu ; les épreuves passées en début de semaine me l’avaient démontré. Mais j’étais obnubilé par le sexe et le SM. Tout le temps que je pouvais, je le passais à consulter les sites hard du net. Je ne le faisais pas à la fac mais dans les bars ou les boutiques qui vendaient du temps de connexion ou à l’appart. Lorsque mes colocs n’étaient pas là. Bref, je ne pensais plus qu’à cela ; tout tournait autour de Damien et des plans avec lui, tous les jours à toutes les heures.

Le midi, je mangeais rapidement au RU et j’assurais mon travail à la chaîne du self. Pour ne pas être en retard au rendez-vous je devais arrêter plus tôt que ce que mon emploi du temps prévoyait. J’avais demandé à un collègue d’assurer la fin du service, prétextant un TD de rattrapage du fait de l’absence d’un enseignant. Comme ce collègue était en fac des lettres, il ne pourrait pas savoir que c’était faux. Par chance, je ne travaillais pas le dimanche et je n’avais donc pas eu à me faire remplacer. Je quittais le RU à 13 heures 30 et j’étais au rendez-vous juste un peu avant 14 heures. Damien passa avec sa voiture, dans la même tenue que la veille. Je montai comme la veille, à côté de lui. Nous partions à nouveau sur l’autoroute, en direction de la Belgique, mais cette fois vers Tournai.

— Il y a un cruising à Charleroi ?

— Nous allons chez un ami.

Une heure trente plus tard, nous arrivions à Charleroi. Damien stationnait la voiture dans une rue, devant une maison de coron. Nous descendîmes ; Damien ouvrit le coffre de la voiture, sortit un premier sac de sport qu’il me tendit et prit les deux autres. Nous nous avançâmes vers la maison et il sonna. Un instant plus tard la porte s’ouvrir. Un homme d’une quarantaine d’année nous accueillit.

— Bonjour Damien.

— Bonjour Philippe.

— La maison est à toi. Installe-toi comme tu veux. Je travaille encore un peu au bureau ; quelques urgences à régler. Julien est en bas ; tu peux y mettre ta chose. Merci de lui faire ce cadeau.

Il serra la main de Damien et disparut dans la pièce située à droite de l’entrée. Tout s’était passé comme si je n’avais pas été là, même si je supposais que « ta chose », c’était moi. Damien entra et je le suivis. Il posa les sacs de sport dans le hall, se retourna et ferma la porte d’entrée.

— Déshabille toi, ne garde que tes skets, range tes affaires sur le coffre qui est ici et attend moi, nez sur la porte, yeux fermés et mains sur la tête.

Il prit l’un des sacs et monta. Lorsque j’entendis qu’il redescendait, je me plaçai comme il me l’avait ordonné et je fermai les yeux. Il s’approcha de moi et me mit un collier large au cou, collier qui disposait d’un boitier. A mes poignets, il fixa des menottes en cuir et des entraves, en cuir, également à mes chevilles. Il ne relia aucun de ces éléments.

— Retourne-toi. Prends les deux sacs et suis-moi.

Nous avançâmes dans le couloir jusqu’à une porte située sous l’escalier. Damien appuya sur un commutateur puis ouvrit la porte. Elle donnait sur un escalier. Nous descendîmes. En bas, une cave éclairée par plusieurs néons, murs peints en noirs et carrelage noir au sol. Sur ma gauche, une cellule barreaudée avec dedans une couchette et un bloc sanitaire. Entièrement peinte en noir, elle était éclairée par deux spots extérieurs. On accédait dans la cellule par une porte coulissante barreaudée dont le milieu était laissé libre sous la forme d’un orifice rectangulaire de 50 cm sur 15 environ. Au centre de la pièce, deux étais en bois assuraient la solidité du bâtiment. Entre les étais, une planche en bois, environ de la taille d’une porte, était posée sur deux tréteaux, sous un système complexe de poulies et de chaînes. Les étais étaient également utilisés comme éléments de contrainte. Sur le premier, étaient fixés deux longerons de bois, celui du haut étant plus long que celui placé près du sol ; chaque longeron était doté de pitons à œillet en son extrémité et percé de trous sur une partie de sa longueur. Au milieu de l’étai, se trouvait une pièce de bois de 20 centimètres environ. Cette pièce de bois pouvait être placée à la hauteur souhaitée par un système d’encoches découpées dans l’étai et, une fois positionnée était fixée par un tirefond traversant tout l’étai. Sur l’autre étai, à différentes hauteurs selon le côté considéré, étaient également fixés des pitons à œillet mais aussi des crochets et des gonds. Sur le mur en face de moi une croix de Saint-André et, de chaque côté, pendant à des crochets fixés sur des planches noires et bien exposés à la vue, des colliers, entraves, menottes, harnais, cagoules et d’autres objets en cuir, des chaînes, des pinces de toutes sorte, des poids et surtout, des fouets, martinets, tapettes, paddles, cravaches. Enfin, dans l’angle tout à droite, sous une des planches d’exposition et à côté d’une armoire en bois dont les portes étaient fermées, une cage à claire-voie avec à l’intérieur deux yeux qui regardaient par les ouvertures séparant les planches. J’étais bouche bée.