Naissance d'un soumis (16)


Naissance d'un soumis (16)
Texte paru le 2017-08-20 par Yosh Leclerc   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Naissance d'un soumis

Chapitre 6 : Soave sia il vento, tranquilla sia l’onda. Ed ogni elemento benigno risponda ai nostri desir [* Suave soit le vent, tranquille soit l'onde. Puissent tous les éléments favorablement répondre à nos désirs (Mozart, Cosi fan tutte, Trio, acte I, scène 6)]

Combien de temps ai-je dormi ? A vrai dire, je n’en sais rien. D’un coup, dans mon sommeil, une lumière juste au-dessus de moi s’est allumée et on me secouait. Je sursautais et j’ouvrais les yeux.

— Allez, réveille-toi, un soumis est toujours prêt pour un Maître. Suce-moi !

Juste au-dessus de ma tête, à travers les barreaux de la cage, j’apercevais la queue du Maître, belle, bien raide déjà et si bien proportionnée. Je n’avais pas vraiment à bouger. La cage étant placée sur une table, même allongé j’étais à la bonne hauteur pour assurer mon devoir. Il suffisait donc que je tourne un peu la tête pour pouvoir accueillir la queue du Maître dans ma bouche. Je commençais donc à sucer. Malgré le réveil brutal (ou peut-être à cause), je n’avais pas encore vraiment quitté les limbes.

— Tu pourrais mettre plus d’entrain, tu n’es pas content ; il fallait que je prenne rendez-vous ? Je ne dois pas te déranger dans ton sommeil ?

Je lâchais un instant la queue du Maître et je m’excusais.

— Pardon Maître.

Les paroles que le Maître venait de prononcer m’avaient réveillé tout à fait. Je bougeais dans la cage pour améliorer ma position et pouvoir ainsi sucer avec énergie et entrain et pour être plus efficace. Le Maître agrippa un barreau de la cage de sa main gauche et me tint la tête, toujours encagoulée, bien solidement appuyée sur deux barreaux. Il entreprit alors d’aller et venir dans ma bouche, poussant sa queue au plus profond de ce que je pouvais avaler, touchant ma glotte et manquant de me faire vomir. Pourtant je parvins à contrôler les choses et, agissant avec ma langue autant que le Maître me laissait le faire, je commençais à lui donner du plaisir ce qui le conduisit à relâcher un peu la pression sur l’arrière de ma tête et donc la profondeur de ses mouvements. La respiration du Maître commençait à devenir plus saccadée et plus profonde ; il commençait aussi à émettre de petits gémissements m’indiquant qu’il appréciait ce que je faisais et cela m’encouragea à continuer en m’appliquant encore plus. Mais son envie était trop forte. Dans un gémissement long, rauque et presque sonore, il jouit dans ma bouche abondamment. Plusieurs jets d’un sperme bien épais et salé m’envahirent par saccades ; le Maître, entre chaque éjaculation, faisant un nouveau va-et-vient et disant clairement et bien fort :

— Putain, ouah, ça fait du bien.

Lorsque plus rien ne sortit de la verge du Maître que je continuais d’exciter avec ma langue, il se retira et, aussi vite qu’il était arrivé, repartit en éteignant la lumière centrale de la pièce, me laissant, comme avant, avec les veilleuses et la petite lumière verte de la caméra. Je reprenais ma position pour tenter de me rendormir, mais je n’y parvins pas. J’avais fait jouir le Maître et manifestement il en avait été content, mais je n’avais pas montré, au moment de son arrivée du moins, l’enthousiasme qu’il était en droit d’attendre. Après tout, sa venue dans la nuit, pour que son esclave lui permette de satisfaire son désir, était normale et aurait même dû me réjouir ; j’aurais dû être opérationnel et dynamique aussitôt. Mieux, j’aurais dû anticiper cette venue, ne dormir que d’un œil, avoir entendu, avant même qu’il ouvre la porte, l’arrivée du Maître et être prêt, à l’instant même pour lui donner du plaisir. J’étais furieux contre moi et inquiet d’avoir raté ce test ; j’étais mortifié. J’étais convaincu de cette erreur était fatale et que j’avais perdu toute chance de devenir l’esclave permanent du Maître. Des larmes perlaient dans mes yeux, sous la cagoule. Je me retournais pour ne pas montrer mon désarroi. Et sans oser faire de bruit, je me mettais à sangloter. Dans ces conditions, je ne parvenais pas à me rendormir et restais comme cela un moment. Qu’allait-il se passer le lendemain ? Le Maître me ramènerait-il tout de suite à la gare ? Pourrais-je demander une seconde chance ? Le souvenir des questions relatives à mon abandon durant la soirée d’essai finissait de me convaincre que j’avais perdu la partie. Alors, perdu pour perdu, je décidais de jouer mon va-tout. Me retournant à nouveau, je me retrouvais dans l’axe de la caméra et, jouant la tranquillité, je faisais semblant de dormir à nouveau.

Est-ce ce qui produisit un effet ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que, quelques minutes plus tard, j’entendais des pas dans la maison, au-dessus de moi. Le Maître n’était pas couché. Puis plus distinctement, j’entendis que le Maître parlait. Pourtant, il était seul ; personne ne lui répondait. Non évidemment, le Maître téléphonait.

La conversation se prolongea quelque peu puis le silence revint. Un court moment plus tard, des bruits à nouveau, et à nouveau des voix. Cette fois, le Maître conversait avec quelqu’un. Les voix s’éloignèrent puis, distinctement, j’entendis descendre l’escalier. On venait. Le Maître venait et il n’était pas seul ; deux personnes au moins descendaient à la cave. Je ne dus pas attendre longtemps pour en avoir la confirmation, l’arrivée du Maître et de la personne qui l’accompagnait me surprit néanmoins. Ils apparurent non pas par la porte donnant dans la cave où j’avais séjourné, mais directement dans la salle de jeu qui était maintenant entièrement éclairée par la lumière crue des néons. À nouveau, j’étais ébloui, mais, voulant éviter que le Maître puisse penser que je n’étais pas heureux de le voir à nouveau, je me redressais aussitôt et me mettais à genoux, mains sur la tête, tête appuyée sur les barreaux de la cage et bouche ouverte.

— Ah ! C’est mieux. Au moins, on se sent attendu avec joie et soumission. Un ami est venu te voir et te tester. Tu lui obéis comme si c’était moi et tu lui apportes tout le plaisir qu’il est en droit d’attendre d’un bâtard comme toi. Je reviens dans un moment et on s’occupera de toi tous les deux.

— Oui, Maître.

C’était la première fois que le Maître me prêtait ainsi à quelqu’un. En fait, de mes souvenirs, je n’avais jamais été prêté. Monsieur Mathieu avait certes demandé à Pascal de venir me frapper parfois et Pascal frappait fort. Mais cela faisait partie du plan. Pascal me frappait pendant que Monsieur Mathieu m’obligeait à le sucer ou m’enculait. Mais je n’obéissais pas à Pascal ; j’obéissais à Monsieur Mathieu. Quant à Damien, il m’avait laissé, lors de notre séjour chez Philippe, entre les mains de Julien. Mais Julien était le dog de Philippe, pas un Maître, et me laisser en ses mains avait été fait essentiellement pour m’humilier. Oui, Julien m’avait aussi frappé et j’avais dû lui donner du plaisir, mais cela était différent ; là encore, cela faisait partie du plan et n’était pas un prêt à un Maître, surtout pour me tester. Car j’avais bien compris qu’il s’agissait, d’une part, de savoir si je serais obéissant et si j’accepterais de déférer aux ordres de cet « ami » et, d’autre part, d’avoir l’avis d’un « ami » sur mes qualités ou mes défauts comme soumis et/ou maso.

Le Maître me laissait donc seul avec son « ami ». Un peu plus grand que le Maître, cet « ami » était aussi plus vieux ou du moins le paraissait-il. Pendant que cet « ami » enlevait ses vêtements, il me donna les consignes.

— Je m’appelle Sylvain, mais pour toi bâtard, je suis Monsieur ou Monsieur Sylvain. Les consignes sont les mêmes qu’avec Maître Frédéric : obéissance totale et seul mon plaisir compte ; toi, tu n’as aucun intérêt en dehors de celui-là : me donner tout le plaisir que je suis en droit d’attendre. Pour moi, tu n’es qu’un objet, tu n’as rien d’humain. Une larve, une crevure, un déchet de la création seulement destiné à satisfaire les besoins de vrais Hommes. Sinon, tu ne sers à rien. Je dois te tester pour savoir si tu peux satisfaire un homme et uniquement pour cela. Si toi, cela te plait, c’est bien, mais si ce que tu subis ne te plait pas, tant pis. Je veux te dire simplement que je n’ai pour toi que du mépris et que je vais effectivement déterminer si tu peux servir Maître Frédéric. Si cela vaut la peine qu’il investisse dans ton apprentissage et qu’il dépense un peu d’argent pour t’avoir comme souffre-douleur et esclave domestique et sexuel. Maintenant, tu peux tout de suite abandonner et je te reconduis à la gare immédiatement. En fait, je pense que c’est ce que tu devrais décider, car, selon ce que je vois, tu n’as aucune chance de décrocher cette place enviée d’esclave de Maître Frédéric. Il a déjà un autre candidat qui doit arriver ce weekend. Tu n’as qu’un mot à dire et je te ramène. Sinon, je commence…

Je ne dis rien, laissant Monsieur Sylvain continuer son discours après un silence de quelques secondes.

— Le silence doit être considéré comme un « oui ». Très bien alors, commençons. Pour arrêter le trip et repartir chez toi, il te suffit de dire « arrêt » ; ce sera le seul mot que j’accepte d’entendre en dehors des réponses aux questions que je te pose. Compris ?

— Oui, Monsieur.

Monsieur Sylvain parlait avec sévérité. Il me rappelait beaucoup Damien. Tout à l’opposé de Monsieur Mathieu qui avait une voix douce, même si elle était ferme. Tout à l’opposé aussi du Maître que j’essayais de convaincre de me garder. Les paroles de Monsieur Sylvain m’avaient un peu effrayé, mais je me disais aussi que s’il était là pour me tester, il lui faillait paraître autoritaire. J’étais donc prêt à obéir et à tenter ma chance pour gagner ma place d’esclave d’un Maître qui me plaisait de plus en plus.

Monsieur Sylvain était presque nu ; il n’avait conservé que son slip blanc qui laissait voir une boursouflure particulièrement attrayante et déjà bien raidie, preuve selon moi que je ne lui étais pas totalement indifférent. Mais Sylvain n’enlevait pas son slip. Il remettait ses rangers au-dessus de ses chaussettes noires avec un liseré jaune indiquant sans doute son attrait pour les jeux de pisse. Pour le reste, je découvrais un corps manifestement bien entretenu, tout en muscles et bien hâlé. Il enfila alors un harnais de cuir qui moula encore mieux ses pectoraux et plaça sur son avant-bras droit un « biscepsband » également avec des liserés jaunes. Je n’avais plus aucun doute. Enfin, il sortit un bandana noir autour de son cou. Là encore, l’indication était claire : SM sans limites.

Sylvain ouvrit alors la cage.

— Sors de là.

Je ne dis rien dès lors qu’il s’agissait d’un ordre et non d’une question. Engourdi par mon séjour dans la cage, je peinais à me mettre à genoux et à reculer pour en sortir. Lorsque mes jambes et mon cul furent au-dehors, je me retournais, sortais le reste de mon corps et m’assoyais au bord de la table sur laquelle la cage était posée. Sylvain retira alors les entraves en latex que j’avais aux poignets et aux chevilles depuis le début du trip. Puis il enleva la cagoule en latex que je portais, elle aussi, depuis que le Maître m’avait pris en main en début de soirée. J’étais totalement nu ce qui, en définitive, était assez rare dès lors que, le plus souvent, je portais une cage. Monsieur Sylvain ne devait pas me laisser longtemps dans cette tenue d’Adam. Il prit mes couilles et plaça un cockstrap à pointes dit « arabe » séparant bien les couilles. Au petit anneau situé sous mon pénis à la base de mes couilles, Monsieur Sylvain accrocha une laisse en métal qu’il tenait par la dragonne en cuir.

— Suis-moi. Tu vas regarder la pièce avec attention, lentement. Nous allons nous rendre dans la partie de la salle de jeu invisible d’ici.

Tiré par les couilles, j’avançais derrière Monsieur Sylvain. Je n’avais vu que peu de choses de la salle de jeu. Sauf dans la dernière phase du plan d’aujourd’hui, sur le fauteuil de bondage et dans la cage, j’ai toujours eu un bandeau sur les yeux. Dans la cage, j’étais soit bondé, tête tournée vers le haut, soit dans la pénombre et de toute façon, la cage était sur une table (ou du moins une planche horizontale posée à la hauteur d’une table sur laquelle j’avais été allongé pour recevoir le sexe et la semence du Maître au premier jour de mon séjour) et cette table était près de l’entrée venant de la cave qui m’avait servi de chambre au début. C’est du reste pour cela que l’arrivée du Maître et de Sylvain par l’autre porte m’avait surpris ; je n’avais pas pu voir qu’il existait une seconde porte pour accéder à la salle de jeu dont je pensais que le seul accès était celui que j’avais moi-même toujours emprunté, passant par la cave où j’avais séjourné.

Quant au fauteuil de bondage, il était lui aussi dans la même partie de la pièce, à côté de la planche oblique sur laquelle j’avais été attaché déjà plusieurs fois pour être frappé et de la croix de Saint-André que j’avais testée juste avant. De plus, lorsque j’étais sur le fauteuil, sans le bandeau, j’avais les yeux rivés sur la fourche qui provoquait les décharges électriques qui me faisaient si mal ; je n’avais pas eu le temps de jeter, ne fût-ce qu’un regard circulaire sur le reste de la salle de jeu.

Je n’avais donc vu que quelques mètres carrés de cette salle que je découvrais peu à peu. Je regardais tout autour de moi au fur et à mesure que j’étais entrainé par Monsieur Sylvain vers le fond de la pièce. Ce n’était pas le premier « donjon » que je voyais ! J’avais vu des vidéos tournées dans des lieux comme cela, manifestement aménagés pour réaliser un film de fiction. J’avais vu aussi la cave de Philippe à Charleroi. J’avais aussi connu le donjon sommaire installé chez Pascal, dans son grenier. La « salle de jeu » que je découvrais maintenant était cependant plus vaste et plus impressionnante que tout ce que j’avais vu ou connu.

Les murs et le plafond, tout en briques, étaient peints en gris très foncé ; le sol était en béton ciré noir. La lumière crue des néons rendait l’endroit encore plus froid alors même que des radiateurs électriques permettaient d’y rester nu sans risquer de rhume. Deux soupiraux équipés d’aérateurs électriques évitaient le développement de l’humidité. Mais évidemment, si je remarquais ces éléments, c’est surtout le reste de mes découvertes qui m’impressionnait. Heureusement, avec Monsieur Matthieu, je m’étais bien aguerri et j’avais bien « révisé » ; je m’étais interdit de faire comme chez Philippe. Alors, si j’écarquillais les yeux comme des boules de loto, j’essayais d’avoir l’air moins ahuri qu’à Charleroi même si, là-bas, ce sont plus les yeux dans la cage de bois que les autres instruments visibles qui m’ont marqué. Sans réaction apparente donc (mais est-ce aussi certain que cela), je découvrais une vaste pièce avec un équipement considérable.

J’eus le temps de tout scruter, car bien que je ne sois pas entravé, Monsieur Sylvain me faisait marcher lentement. Manifestement, il me laissait le temps de tout observer, de tout enregistrer. Il souhaitait sans doute que mon cerveau marche à plein régime, imaginant tout ce qu’il était possible de faire dans cette salle de jeux compte tenu de tout ce qui s’y trouvait. Et de fait, il y avait à découvrir. Rien que devant moi, je voyais, outre les instruments que j’avais déjà testés, plusieurs carcans, des piloris en bois et acier, une table d’étirement, une table à crochets, deux croix de Saint-André et une croix « normale », des cages en métal de tailles différentes, divers palans et autres système de poulies, des piquets verticaux fixés au sol et au plafond, des bancs de toutes formes et des sièges divers avec ou sans assise, deux espaliers, une roue verticale et bien d’autres choses encore.

Lorsqu’ils étaient au centre de la pièce, ces instruments étaient séparés les uns des autres soit par des étagères sur lesquels étaient exposés différents fers ou entraves métalliques soit par des armoires métalliques fermées. Sur les murs, entre les instruments qui y étaient fixés, des chaînes sur lesquelles étaient accrochés les objets en cuirs et latex et les instruments destinés à frapper étaient tendues à côté d’autres étagères sur lesquelles étaient disposés les godes, plugs et autres objets d’usage courant. Tout était manifestement bien rangé, dans un ordre parfait ; je le remarquais surtout avec les godes et plugs classés par taille du tout petit qui devait être pour les débutants jusqu’aux plus gros dont je peinais à croire qu’ils pourraient un jour entrer dans mon cul. Tout était aussi très propre ; il ne semblait y avoir de poussière nulle part. En fait, il y avait là tout ce qu’un soumis pouvait craindre. Pardon, tout ce qu’un soumis pouvait espérer.

Toujours entrainé par la laisse que tenait Monsieur Sylvain, j’atteignis le bout de la salle. Sur le long mur du fond, quatre tasseaux de bois étaient fixés horizontalement ; Monsieur Sylvain, manifestement amateur de cet instrument dont il était le concepteur, entreprit une explication.

Le premier tasseau permettait d’accrocher les poignets en l’air selon l’écartement souhaité. Pour ce faire, il était équipé de plusieurs vis à métaux placées de telle manière qu’il était possible d’y fixer, avec des écrous, la partie fixe de colliers-embrasses pour descente d’eau. Le second était à hauteur de cou, équipé d’un piton central auquel pendait un collier en acier et de chaque côté, également des vis à métaux pour colliers-embrasses de descente d’eau. Cela permettait d’y fixer les poignets lorsqu’on voulait qu’ils soient à la même hauteur que le cou, mais aussi de les écarter plus ou moins pour rendre la position plus inconfortable. Le troisième, à la hauteur du bassin avait aussi des pitons, mais sur les côtés seulement, pas au centre ; deux pitons étaient équipés de menottes en acier. Au milieu, une large ceinture en cuir était clouée sur le tasseau. Enfin, le quatrième était équipé du même système pour embrasses, mais cette fois ces embrasses plus larges permettaient d’attacher les chevilles. Plusieurs positions étaient possibles selon la taille des jambes du soumis et, là encore, l’écartement souhaité. Le soumis pouvait donc être attaché sur ces tasseaux, face contre le mur, laissant ainsi son dos libre aux coups qu’on souhaitait lui porter. On pouvait aussi l’attacher dos au mur, pour le frapper aussi, mais surtout pour le travailler, sur tout le corps, ses seins, ses couilles, son sexe. Une fois attaché, le soumis n’avait plus qu’à subir ; il était totalement à la merci de son dominateur.

Monsieur Sylvain était manifestement très fier de cette installation. Il m’en avait fait la description dans le détail alors que je restais nu, immobile et silencieux simplement tenu en laisse par le sexe. Je crus un moment qu’il allait m’attacher à ces tasseaux. Il n’en fit rien. Tirant sur la laisse, il me fit pivoter sur la droite et nous reprîmes la visite de la salle de jeu toujours aussi lentement.

La pièce se prolongeait sur la droite. En fait, la salle de jeu était en « U », chaque branche de la lettre étant séparée de l’autre par le renfoncement donnant sur le couloir central par lequel j’étais arrivé quelques jours plus tôt, couloir qui desservait donc aussi bien la cave qui m’avait servi de dortoir, que directement la salle de jeu elle-même. C’est par cette porte que le Maître et Monsieur Sylvain étaient entrés quelques minutes auparavant, manquant de me surprendre.

Je découvrais donc une nouvelle partie de la salle de jeu dans laquelle, sur la gauche, un coin douche carrelé de faïences noires était aménagé. Sur la droite, séparés de la douche par une cloison de briques de verre, étaient installés un sling et d’autres éléments permettant des suspensions. Au fond de cette seconde partie, une porte, ouverte, donnait sur une salle dans laquelle je pouvais voir un banc de musculation et d’autres instruments de fitness. J’entendis le bruit caractéristique d’un « rameur » dans cette salle de sport et je soupçonnais que le Maître n’était pas loin, voulant ainsi savoir si j’obéissais à Monsieur Sylvain. Il fallait donc que je sois au top.

Monsieur Sylvain me tira vers la douche et retira la laisse du cockstrap.

— A genoux, mains sur la tête.

J’obéissais aussitôt. Je me doutais bien que j’allais me faire arroser ; les liserés des chaussettes et du « biscepsband » me l’avaient laissé présager. Je ne fus pas déçu par la douche de pisse que je pris. Ne sachant exactement ce que je devais faire pendant l’arrosage, dès que le jet approchait de ma bouche, je l’ouvrais et je laissais Monsieur Sylvain envoyer son jet dans ma gorge en tentant de boire le maximum de ce qui y entrait. Il arrêta de pisser d’un coup alors que, manifestement, sa vessie n’était pas vide. Il prit une capote posée sur l’une des étagères qui étaient dans la douche et la déroula. Il la fixa à l’extrémité de sa verge et pissa à l’intérieur sans toutefois remplir complètement le condom. Dès qu’il eut terminé, il finit de vider sa vessie en m’arrosant de nouveau.

— Debout.

Tout dégoulinant de pisse, je me relevais sans retirer les mains de tête puisque je n’en avais pas reçu l’ordre. Monsieur Sylvain replaça la laisse et me tira vers le fond de la salle de jeu. En fait, il voulait utiliser l’installation de tasseaux qu’il m’avait décrite, mais seulement après m’avoir arrosé. Il entreprit donc de m’y attacher, dos au mur. Il attacha mes poignets par des embrasses au tasseau central et fixa solidement mon corps avec la sangle en cuir ; puis il me passa le collier métallique attaché au tasseau du dessus et, écartant mes jambes au maximum, il les fixa au tasseau inférieur par les embrasses de gouttière. Seul le tasseau le plus haut n’était pas utilisé.

Sylvain approcha alors son visage du mien et m’embrassa sur la bouche ; nos langues se touchèrent, se croisèrent, et je commençais à bander.

Il alla fermer la porte donnant dans la salle de gym, repassa dans la douche et revint vers moi.

— Tu as peur ?

— Non, Monsieur. (En fait, je fanfaronnais un peu, mais l’expérience m’avait enseigné qu’il n’était pas bon de dire qu’on avait peur.)

— C’est bien ; nous allons le vérifier. Ouvre la bouche.

Il entra dans ma bouche la capote pleine de pisse qu’il avait préparée.

— Ferme doucement la bouche, sinon…

Avec précaution je fermai la bouche et, lorsque ce fut fait, Sylvain me plaça un collant toilé épais sur les lèvres et, tirant sur ma nuque, lui fit faire plusieurs tours de ma tête.

— Maintenant, à toi de décider… Je continue ? Tu sais que tu vas avoir mal ! Si tu serres les dents trop fort tu vas crever la capote et t’étouffer avec la pisse… Et, départ pour la gare. Alors voilà ce qu’on va faire, comme tu peux bouger la tête, réponds-moi en faisant « oui » ou « non » une fois. Si tu veux arrêter le trip et repartir, fait « non » trois fois. Compris ?

Je fis signe que oui.

— Parfait.

C’est à ce moment que le Maître entra. Il approcha un banc et s’installa devant moi et précisa :

— Ton test principal commence maintenant.

Je fis signe que oui. Et je fermais les yeux.

— Non, tu regardes bien ; tu regardes Monsieur Sylvain ou moi, mais tu regardes.

J’ouvrais les yeux et je regardais le Maître d’abord, Monsieur Sylvain ensuite. Celui-ci avait pris en main un martinet à longues lanières souples et il commença à le faire tourner dans l’air de plus en plus vite avant de la faire s’abattre sur mon corps avec force, d’un coup sec et violent. Je serrais les poings et mon regard repartait aussitôt vers le Maître, il remarquait certainement la douleur, mais le Maître ne parut pas s’en émouvoir. C’était le premier coup et déjà le martinet reprenait ses tournoiements dans l’air avant de s’abattre à nouveau, plus fort, ailleurs, je veux dire partout sur ma poitrine et même sur mon sexe et mes couilles, touchées par certaines lanières. Et le coup suivant arrivait et le suivant encore ; je commençais à me tortiller à tenter de remuer chaque partie de mon corps en faisant attention de ne pas faire non de la tête et à ne pas serrer les dents trop fort. Je bougeais autant qu’il était possible de le faire mes poignets dans les embrasses et je parvenais même à recroqueviller mes orteils pour tenter de mieux supporter la douleur. Et je pensais… « Calme-toi, respire ». Alors, par un effort de volonté comme je pensais ne jamais pouvoir en être capable, je réussis à me détendre, à moins bouger et même à ne plus bouger, à bien inspirer pendant que le martinet tournait devant mes yeux et à bloquer ma respiration lorsqu’il s’abattait sur moi pour la reprendre ensuite. Et je fixais le Maître du regard. Quel regard ? Je ne sais pas ; je ne sais plus. J’essayais qu’il ne soit pas implorant, mais qu’il ne soit pas non plus arrogant. Je voulais montrer que je pouvais tenir et que, si les coups que je recevais pouvaient lui donner du plaisir, j’étais prêt à les supporter suffisamment longtemps. Ma mâchoire se détendait aussi du fait de la volonté que je mettais à paraître bien (enfin si j’ose dire) à ma place. Le Maître me regardait aussi. Il était inquiet au début ; je l’avais remarqué. Il ne paraissait pas donner cher de ma réussite à ce test ; je le voyais. Et, lorsque je commençais à me détendre, je vis qu’il se détendait aussi.

Alors, le Maître fit ce que j’attendais et ce qui allait me garantir le succès du test : il mit sa main sur son entrejambe et commença à se toucher le sexe. Le Maître, qui était arrivé depuis la salle de gym que j’avais remarqué dans le fond tout à l'heure, était en short et débardeur ; il avait bien transpiré en faisant du rameur et le débardeur était bien mouillé, marquant parfaitement sa musculature. Quant au short, il devint rapidement une gêne. Le Maître le retira et le laissa tomber à ses chevilles, sur ses baskets. Son brief était déjà bien boursoufflé et au bout de quelques instants, son sexe apparu à mes yeux, raide et puissant comme je l’aimais déjà… Je le fixais d’un regard qui cette fois marquait l’envie et pendant que le Maître se branlait, je parvins presque à oublier le martinet qui continuait de me frapper le corps le sexe et les couilles, le devant des cuisses ou les bras selon l’humeur de Monsieur Sylvain qui semblait lui aussi prendre un plaisir intense dans cet office.

Et ce fut la jouissance. Oui, en se masturbant, le Maître finit par jouir au moment d’un coup violent qui me fit faire un « non » mais un seul… Encore quelques coups, moins forts, et le Maître, regardant Monsieur Sylvain, lui fit comprendre que c’était assez ; les coups s’arrêtèrent. Je laissais mon regard fixé sur le sexe du Maître et sur son sperme dont je trouvais dommage qu’il soit perdu. Sans doute le Maître pensait-il ma même chose ; il recueillit le plus possible de sa semence dans sa main et s’approchant de moi, vint l’étaler sur mon visage, doucement, presque tendrement… il pressa un peu sur mes joues, mais je les avais gonflées pour protéger la capote. Le Maître rentra son sexe encore bien raide dans son brief et se rassit. Monsieur Sylvain avait rangé le martinet et revenait vers moi. Il tenait dans sa main un petit pulvérisateur qu’il approcha de mon corps et il commença à m’asperger avec le liquide que celui-ci contenait. Je pense que ma réaction a surpris. J’avais encore les joues bien gonflées et je redisais dans ma tête mon mantra de maso « Calme-toi, respire » ; lorsque le vinaigre, touchant les marques rouges que le martinet avait faites sur toutes les surfaces qu’il avait frappées, je pus éviter de trop bouger en émettant pourtant, malgré la capote et le ruban toilé, un long et rauque gémissement. Monsieur Sylvain m’aspergeât bien, puis repartit ranger le pulvérisateur. Le Maître se levait alors et repartait vers la salle de gym. Monsieur Sylvain le suivit et je restais seul, attaché sur les tasseaux avec la capote dans la gueule ; elle n’avait pas craqué.

Monsieur Sylvain revint rapidement. Il me détacha, remit la laisse à l’anneau du cockstrap et m’entraina vers la droite.

— Mains sur la tête.

J’obéissais. Monsieur Sylvain déplaça un appareil pour le mettre au centre d’un espace libre.

— Installe-toi.

L’appareil ne laissait pas de doute sur la position à adopter. Cela ressemblait à un carcan en acier permettant d’immobiliser le soumis placé à quatre pattes par terre. Je me mettais donc en position : chevilles, poignets et cou bien installés dans les demi-cercles métalliques soudés aux différentes barres en acier qui formaient l’appareil. Chaque demi-cercle était prolongé d’un autre attaché avec une charnière. En les refermant, comme des entraves, le soumis était totalement prisonnier de l’engin, impossible de bouger. Monsieur Sylvain commença à refermer les éléments de l’appareil, plaçant à chacun un petit cadenas. Puis, lorsque ce fut fait, il me donna sur les fesses ainsi bien exposées des coups de paddle.

— Tes fesses doivent être jalouses du rouge de ton torse… Il faut que je les chauffe un peu avant de t’enculer. Moi aussi j’ai envie de jouir.

Sans doute était-il déjà lui-même bien chaud, car il arrêta bien vite de me frapper pour me graisser l’anus. Puis j’entendis le bruit caractéristique d’une capote que l’on prépare et que l’on met. Et Monsieur Sylvain m’encula. Comme j’aimais cela et bien que sa queue fût presque aussi grosse que celle du Maître, je n’émis que de tout petits sons étouffés toujours par la capote pleine de pisse que j’avais toujours dans la bouche fermée par le ruban adhésif. Sa jouissance fut rapide et profonde. Manifestement, il avait pris beaucoup de plaisir et je l’avoue, moi aussi. Lorsqu’il fut satisfait, il repartit vers la salle de gym en remettant son slip blanc et en referma la porte. Je restais coincé dans la trappe métallique. J’y restais un moment et je commençais à avoir des crampes.

Ce fut le Maître qui vint m’en délivrer. Sans un mot, il arracha l’adhésif toilé de ma bouche et tendant la main sous mon menton, y récupéra la capote pleine de pisse que j’expulsais. Puis, il retira les petits cadenas de la trappe et dit, doucement :

— File dans ta chambre, lave-toi et repose-toi. Je vais déjeuner au restaurant avec Sylvain. Tu reprends ton service pour le repas du soir ; je serais seul. D’ici là, tu ranges et tu nettoies la salle de jeu ; on va l’utiliser à nouveau. Il me semble que nous avons des punitions en retard.

— Oui, Maître : 15 coups de martinet, 20 de fouet et 20 de cravache, Maître, mais le Maître peut estimer que c’est insuffisant.

— Et il y aurait une raison ?

— Oui, Maître, le report de la punition du fait des cauchemars du bâtard.

— Bien. Une estimation ?

— Le Maître pense-t-il que 20 coups de paddle pourraient réparer cette faute du bâtard ?

— C’est un minimum.

— Alors 30, Maître.

— C’est mieux, je vais aviser.