Pas facile la vie d'ado (01)


Pas facile la vie d'ado (01)
Texte paru le 2013-12-02 par Nephylime   Drapeau-fr.svg
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Il est 22h30, il est plus que temps d’aller se coucher. Je sauvegarde ma partie de WOW (World of Warcraft pour les incultes) et éteints mon ordi. Je me glisse sous la couette et tenue de nuit (boxer et tee-shirt). Et enfin comme chaque soir je commence à me tripoter bien au chaud sous mon abri de fortune. Je commence à me caresser le bas-ventre puis glisse mes doigts là où aurait dû se trouver mon abondante toison pubienne, je me caresse les bourses et de mon autre main saisit mon membre, enfin si on peut appeler cela un membre. En effet Dame nature ne m’a pas trop gâté côté physique et plus particulièrement à cet endroit-ci. Pour bien m’être intéressé à la chose sur internet, je suis limite micro pénis, la loose quoi. Mais de manière générale, il n’y pas que Dame nature qui a raté mon berceau. Le jour de ma naissance, elle devait être partie en voyage organisé avec toutes ses copines à savoir Dame fortune, Dame sportive, Dame copain-copine et toute la clique ; il n’y a à priori que Dame Q.I. (ben oui quand même) qui a raté le bus ce jour-là.

Ainsi vous l’avez compris, ma vie ce n’est pas la grande classe. Mais avant d’aller plus loin, je crois qu’une petite présentation un peu plus fouillée s’impose. Donc voilà moi c’est Baptiste, j’ai 15 ans et quelques mois, lycéen. Mon père est chef d’équipe dans boîte d’agro-alimentaire, ma mère est ouvrière en usine et j’ai une sœur de quatre ans plus jeune avec qui je n’ai rien à dire ni à partager. Côté vie sociale, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas l’éclate : j’ai quelques copains au lycée mais pas véritablement d’ami. Physiquement rien de génial sans être repoussant, mon physique est des plus banal, enfin banal si l’on considère qu’être roux et avoir la peau toute blanche c’est banal. Je mesure 1m65, suis plutôt maigre et peu musclé. Je ne pratique aucun sport surtout parce que je suis trop pudique pour tenter les douches collectives et de façon générale, la vie en société n’est pas trop mon truc.

Enfin, cerise sur le gâteau, j’ai constaté à la puberté que le physique des mecs m’intéresse bien plus que celui des filles. Bien entendu, côté amour R.A.S.[1] mis à part une pratique masturbatoire quotidienne et intensive jusqu’à ma rentrée en seconde où tout s’est compliqué et accéléré d’un coup. Voilà pour moi, mais si vous le permettez je vais finir ce que j’ai commencé quelques lignes plus tôt.

Une fois ma petite affaire terminée, je saisis un parquet de mouchoirs sur ma table de nuit, fais un rapide nettoyage puis je vais rejoindre Morphée. Pour ceux qui ne se seraient pas encore suicidés après l’exposé de ma trépidante vie et qui seraient encore là demain, je vous raconterai comment ma vie à pris un tournant surprenant il y a quelques mois...

Donc petit retour en arrière, début septembre jour de la rentrée scolaire…

Cela fait deux mois que ce putain de réveil n’a pas sonné et ça ne m’a pas manqué du tout. Après m’être plus que difficilement extirpé de mon lit, direction une bonne douche chaude. Une fois sous l’eau, je décide que finalement quelques petits attouchements ne devraient pas trop me mettre en retard. Après avoir répandu ma semence sur le carrelage mural de la douche, je finis de me laver puis sors pour me sécher. Une fois fait, je me contemple en pied dans la glace. Et ce que je vois n’est pas folichon, une peau blanche de rouquin qui me donne un air maladif, une chevelure orangée, un corps maigre et sans muscles et enfin une absence totale de pilosité, mis à part sous les bras et une toison pubienne, et finalement mon sexe font un ensemble peu désirable. La seule chose dont je suis fier, c’est ma toison pubienne très fournie de la même couleur que mes cheveux. Elle ressort énormément sur ma peau laiteuse. Elle permet également de contre-balancer avec la petitesse de mon pénis qui au repos ne mesure pas plus de 3cm et en érection de 9cm. Heureusement, je peux garder ce dernier à l’abri des regards moqueurs car je ne pratique aucun sport et les douches ne sont pas obligatoires dans mon lycée. Je m’habille et je descends dans la cuisine rejoindre ma sœur pour le petit déjeuner. Comme nous n’avons rien à nous raconter, la collation est vite terminée et je file prendre le bus qui m’emmène au lycée.

Une fois arrivé, je constate comme tous les jours de rentrée une effervescence particulière autour des panneaux indiquant la composition des classes. En ce qui me concerne, je suis peu intéressé par les élèves qui sont dans ma classe. Je m’approche malgré tout de la liste pour savoir dans quelle salle je dois me rendre et j’en profite malgré tout pour regarder les noms qui la composent. Mon établissement fait à la fois collège et lycée, donc tout le monde se connait et en effet, les noms qui défilent sous mes yeux ne me sont pas inconnus jusqu’à ce qu’un en particulier me glace le sang. Morgan Tarvernier, le bogosse de l’école ! Vous savez le genre de gars qui a toujours sa petite cour autour de lui, qui sort avec les plus belles meufs, qu’est super doué en sport et qui accessoirement me pourrit la vie chaque fois qu’il me croise. Le plus souvent, j’ai le droit au surnom de poil de carotte (putain c’est trop original !) ou quand je passe à côté de lui, il dit à ses potes «Vous trouvez pas que ca pue ?» (rapport à la supposée odeur des roux) et plein d’autres gentillesses du même style. Donc voilà, un souci de plus à gérer cette année. Quand je vous dis que je ne suis pas verni. La cloche sonne, je rentre donc en salle de classe pour ma première journée de seconde.

La première semaine ne se passe pas trop mal finalement, j’ai droit à quelques remarques de mauvais goût de la part de Morgan mais rien de bien méchant, la classe en elle-même est acceptable et je n’ai pas de trop mauvais profs. Les jours défilent donc au rythme de mes cours, des devoirs des parties de WOW et des séances masturbation. Cependant ma routine va être quelques peu contrariée le weekend suivant.

Au cours de la matinée, ma mère reçoit un coup de téléphone lorsque je suis dans la cuisine. Au cours de la conversation, je sens un peu d’excitation dans la voix de ma mère et je prête donc attention à l’échange mais je n’en capte que les derniers mots.

— Il n’y a pas de problème Sylvie, reste pour la nuit avec ton fils, ce n’est pas un problème.

Ma mère raccroche, je lui demande aussitôt qui c’était.

— C’est ma collègue de travail Sylvie, elle vient dîner ce soir et comme elle se sent pas trop de conduire la nuit, elle va passer la nuit à la maison. Son fils à ton âge, vous devriez bien vous entendre.

Et moi, en bon ado égoïste, je lui réponds :

— Et il va coucher où son fils ?

— Tu vas partager ta chambre, il n’y en a que pour une nuit.

— Tu aurais pu me demander mon avis quand même.

— Écoute Baptiste, je n’ai pas l’intention de parlementer sur le sujet avec toi, c’est comme cela, c’est tout !

Et elle quitta la pièce sans autre commentaire. Je reste là tout penaud et extrêmement contrarié de devoir partager ma chambre et mon intimité avec quelqu’un que je ne connais pas.

Vers 18h00, quelqu’un sonne à la porte. Je descends d’un pas précipité, lorsque j’arrive dans le hall, ma mère est déjà en train d’ouvrir la porte. J’aperçois la collègue de mère, une femme, la quarantaine, d’allure banale. Ma mère la prend dans ses bras pour la réconforter. Puis elles s’écartent de la porte d’entrée, laissant apparaître le fils que je vais devoir supporter toute la soirée. Foudroyé sur place, imaginant un instant être en plein cauchemar, j’ai sous les yeux la vision de Morgan Tarvernier me fixant avec un regard haineux.

Ma mère propose à tout le monde d’aller dans le salon pour boire un coup. Ainsi, une fois la collation terminée, ma mère nous expédie Morgan et moi dans ma chambre en attendant le dîner. Et là, en montant à l’étage, je ne suis pas fier de me retrouver dans quelques secondes seul avec Monsieur Bogosse. Comme il entre après moi dans la pièce, il ferme la porte derrière lui. Je vais pour ouvrir la bouche lorsqu’il est plus rapide que moi et prend très vite le commandement des opérations :

— Écoute poil de carotte, si tu racontes à qui que ce soit que je suis venu chez toi, je te promets que ta vie au lycée va devenir un véritable enfer.

Je veux lui répondre que je ne sais pas pourquoi il est là et que je suis aussi contrarié que lui et que ma vie n’est pas terrible mais que je l’aime bien comme cela, mais au lieu de tout cela, je balance un espèce de « oui » tout timide en baissant la tête.

— Bon très bien, je vois que t’as un ordi, dit-il en s’asseyant déjà à mon bureau avant que je l’y invite. Cool je vais faire de l’ordi, pendant ce temps t’as qu’à t’occuper dans ton coin.

Bien entendu je ne réponds même pas, trop content qu’il ne porte plus son attention sur moi. Ainsi, pendant qu’il passe son temps sur MON ordinateur, je reste sur mon lit à faire mes devoirs. Finalement mon père toque à la porte puis entre, il a monté un matelas qu’il dépose à côté de mon lit. Un peu plus tard, ma mère apporte des draps et fait le futur lit de Morgan. Vers 19h30, nous descendons manger. Après le souper nous regardons un peu la télévision jusqu’à ce que ma mère nous demande de remonter pour nous laver et nous coucher. Je file le premier à la douche. Une fois lavé, j’enfile un bas de pyjama par-dessus mon boxer, je mets mon tee-shirt et retourne dans ma chambre. Morgan se dirige à son tour vers la salle de bain. Vingt minutes plus tard, il en ressort simplement vêtu d’un boxer noir et d’un tee-shirt gris. Lorsqu’il pénètre de nouveau dans la pièce, je prends le temps de le détailler. Il mesure un bon 1m80, c’est vrai qu’il est plutôt beau gosse avec ses cheveux bruns mi longs, ses yeux bleus et ses traits fins. Son corps est plutôt ferme et musclé. Ses jambes athlétiques sont recouvertes de poils plutôt nombreux. Je me prends à penser «Qu’est-ce que j’aimerais être comme lui !» cependant un «Qu’est-ce que tu regardes, poil de carotte ?» me tire de mes rêveries.

— Rien du tout, dis-je tout timidement.

Il ferme le verrou derrière lui et s’accroupit sur le matelas.

— Bon j’ai pas sommeil, t’as quoi comme jeu.

— Chépa, tu veux jouer à quoi ?

— T’as des cartes ?

— Ouais je crois.

J’ouvre ma table de nuit pour prendre un jeu de 52 cartes, je lui donne.

— Tu sais jouer au poker ?

— Oui, un peu, dis-je hésitant.

— Super ! et là il grimpe sur mon lit et s’assoit en tailleur en face de moi.

Je me penche de nouveau vers le tiroir de ma table de nuit pour prendre des jetons lorsque je l’entends dire :

— Laisse tomber les jetons, j’ai bien plus marrant.

Je me redresse et je le regarde droit dans les yeux, plein de confusion.

— Tu veux jouer avec quoi alors ?

— Devine ? me répond-il avec un regard plein de malice.

— Non je vois pas...

Même si je crains fortement de savoir.

— T’es vraiment un gros lourd ! On va jouer avec nos vêtements.

— Non ça va pas ? Moi je ne joue pas à ton jeu, c’est débile !

Je me retourne et me cache sous la couette. Je suis atterré par ce que je viens d’entendre, Morgan Tavernier qui veux jouer avec moi au strip poker. Cependant, la possibilité de voir Morgan à poil m’émoustille et l’intérieur de mon caleçon prend petit à petit vie. Au dessus du lit, je l’entends ronchonner :

— De toute façon, j’en étais sûr, t’es qu’une gonzesse. Comment je vais te pourrir lundi au lycée !

Je ne prends pas la menace très au sérieux, en revanche je me dis que peut-être pour une fois je vais avoir un peu de chance. Alors je sors la tête de sous le drap.

— Bon ok, c’est quoi la règle ?

Un regard de satisfaction illumine son visage, à priori Monsieur Morgan n’a pas l’habitude d’être contrarié.

— Alors on mise des vêtements, celui qui perd tout se retrouve à poil et a un gage, Comme on n’a pas assez de fringues sur nous pour jouer, chacun se rhabille avec baskets, chaussettes, boxer, jean, tee-shirt, pull.

Et nous voilà en train de nous rhabiller. Une fois fait, on se retrouve de nouveau en tailleur sur mon lit, il distribue les cartes de la première manche. Putain, j’ai une paire d’as (carreau pique). Je parle le premier :

— Je mise une basket.

— Ok je suis.

Il retourne trois cartes : As de cœur, 7 de cœur et roi de trèfle. J’y crois pas, enfin la chance me sourit.

— Je mise mon autre basket et mes deux chaussettes.

Je les enlève et les pose au milieu du lit. Je pense tout de suite avoir mal joué mais il me suit. Il pose à son tour les vêtements. La quatrième carte est un 7 de pique. Je check, lui fait de même. La cinquième carte, oh putain, l’as de trèfle. J’essaye de rester impassible mais ça boue dans ma tête et dans mon caleçon. Je veux jouer deux habits mais ça m’oblige à dévoiler un peu de chair. Merde, j’hésite, pourtant un carré d’as. Finalement je choisis le moins pire.

— Je mise mon tee-shirt et mon pull.

J’enlève les accessoires. Morgan n’en manque pas une miette.

— Merde c’est pas possible d’être aussi blanc !

Je suis mal à l’aise, je ramène mes bras contre ma poitrine afin de créer une vaine protection. Morgan réfléchit à son tour, puis enfin lâche :

— Bon je suis.

Il enlève son pull et son tee-shirt. Je peux admirer sa peau encore bronzée de l’été, sa poitrine bien dessinée déjà un peu velue et sa tablette de chocolat et une légère ligne de poils qui descend dans son caleçon.

— Regarde ce que c’est, un vrai mec !

Et il plie les bras pour gonfler se muscle. Je crois que je rougis, popol dans mon boxer fait des bonds.

— Bon allez, t’as quoi ?

Il baisse ses cartes, ll a un full de 7 par les as. Je vois à son sourire qu’il pense avoir gagné et je le regarde se décomposer quand je baisse mes cartes.

— Putain, j’y crois pas ! T’as trop de la chance sale tafiole.

Je ne réponds pas à son insulte et je ramasse le tas de vêtement. Je remets ce qui est à moi. Je me sens plus à l’aise mais je deviens fébrile lorsque je réalise que Morgan le bogoss de la classe n’est plus qu’à deux vêtements d’être à poil devant moi. Je commence déjà à réfléchir au gage que je vais lui imposer. Cependant je cogite trop et je perds vite les manches suivantes, la seule satisfaction étant qu’il a dû miser son jean et j’ai pu voir que la partie l’excitait lui aussi. Ainsi très vite, il récupère tout ce qu’il a perdu puis c’est à mon tour de me retrouver en difficulté. Nous jouons depuis plus d’une heure et il ne me reste que mon tee-shirt, mon jean et mon boxer. J’ai bien tenté d’arrêter de jouer mais j’ai vite renoncé devant le regard assassin de mon adversaire. La tension est montée d’un cran dans la chambre, Morgan ne fait plus de remarque, il est concentré sur ses cartes. C’est lui qui distribue.

J’ai 9 et 8 de cœur.

Je mise mon tee-shirt. Il suit.

Il retourne 7 de trèfle, Dame de cœur et valet de cœur. Putain je transpire, mon cœur bas à 10 000 et je bande à fond alors que je suis dans une position de merde. Si je pouvais avoir le 10 de cœur. Tant pis je mise mon jean. Je l’enlève et je le jette sur le tas d’habits. Je ne sais pas s’il a remarqué ma gaule, en tout cas il ne dit rien. Il suit.

Il retourne une autre carte. Le dix de cœur. Wahou une suite royale je suis sauvé. J’essaie de garder mon sang froid. Puis soudain je réalise que je n’ai plus que mon boxer à miser et que si je veux continuer, il va falloir l’enlever et me retrouver à poil devant Morgan. Je ne me souviens même plus la dernière fois que cela m’est arrivé d’être nu devant quelqu’un. En plus, j’ai la gaule c’est trop la honte. Si je ne tente pas là, je vais sans doute perdre au prochain tour. Je peux toujours dire que j’arrête de jouer. Morgan va être furieux mais en même temps je m’en fous ou pas, en fait j’ai pas envie qu’il me voit comme une gonzesse. Mon cœur bas encore plus vite (et oui c’est possible). Putain, je crois que je fais la plus grosse connerie de ma vie. D’une voix étranglée j’annonce :

— Je mise mon boxer et je fais tapis.

Morgan ne bronche pas il me regarde juste avec avidité. Je commence à jouer le contorsionniste. Je glisse ma main libre dans mon boxer pour cacher ce que je peux. Et vu le truc minuscule, même bandé, je peux tout mettre dans ma paume. Avec la main qui tient les cartes, je descends difficilement mon ultime protection que je jette avec le reste. Je suis trop flippé, je suis à poil devant Morgan, ma trique est plus dur que jamais, mes poils dépassent de ma main et Morgan ne peut s’empêcher de faire une réflexion :

— Putain, même là ils sont orange.

Je ne sais pas quoi dire, je rougis bêtement. Puis il enchaîne :

— Je suis.

Il retourne la cinquième carte, un 2 de pique. J’ai trop hâte de me rhabiller. J’abaisse mes cartes et une fois ma main libre, je m’en sers comme seconde protection sur mon entrejambe. Morgan me regarde avec un air supérieur, il m’adresse un sourire carnassier puis en abaissant ses cartes il me lâche :

— Finalement les tafioles n’ont pas tant de chance que cela.

Je reste comme hypnotisé devant ses cartes. As et Roi de cœur. Merde j’ai perdu.

— Bon alors ton gage ! Je veux que tu de mettes sur les genoux, les cuisses écartées, que tu mettes les mains derrière la tête et que tu gardes les yeux fermés jusqu’à ce que je te dise de les ouvrir.

Je sais qu’il ne sert à rien de protester, j’ai joué, j’ai perdu, merde c’est trop la honte. Je me redresse sur mes genoux et puis dans un effort surhumain, je place mes mains derrière ma tête, dévoilant mon intimité. Je ferme les yeux.

— Putain, merde, je savais pas que c’était possible d’en avoir une si petite. En plus tu bandes mon salaud, j’étais sur que t’étais PD.

Rouge de honte, j’avais envie de pleurer et paradoxalement, j’ai jamais été aussi excité de ma vie. Puis Morgan ne dit plus rien, je sens qu’il s’est levé du lit, qu’il cherche quelque chose puis il revient sur le lit. Une éternité semble s’écouler, j’ai tellement envie de retrouver mes habits. Puis enfin.

— Vas-y, ouvre les yeux.

Et Morgan est devant moi, bras tendu, dans sa main son téléphone fixé sur ma nudité. Mon cerveau bug quelques secondes, je ne comprends pas la scène que j’ai sous les yeux. Puis tout se remet en marche dans ma tête, et là j’ai un réflexe idiot, je me jette toujours à poil sur le téléphone de Morgan. Ce dernier est plus rapide que moi, il m’esquive et me pousse hors du lit et je me retrouve comme un con, tout nu, les quatre fers en l’air, en bas du lit. Réalisant enfin que je suis nu, je chope mon boxer, l’enfile et me tourne vers Morgan.

— Morgan, allez, c’est pas drôle. T’as fais quoi avec ton portable ?

Il me regarde en ricanant.

— Bah t’inquiète, juste un petit souvenir de la partie.

Et sans autre forme de procès, il descend du lit me tourne le dos et va se coucher sur son matelas comme si je n’étais plus dans la pièce.

— Non c’est nul, allez, file moi ton tel que j’efface.

— Si tu touches mon portable, je t’éclate la tête et puis ferme-la, j’ai sommeil.

Il se redresse et éteint la lumière et moi je reste comme un con aussi dans le noir, seulement vêtu d’un boxer. Les larmes me montent aux yeux. Moi qui suis plutôt intelligent en général, comment j’ai pu me mettre dans cette situation. Je me mets sous ma couette. Mais bien entendu, je n’arrive pas à dormir, je cogite, qu’est-ce qu’il va faire de la photo ou de la vidéo qu’il a prise. Si ça se trouve, elle circule déjà parmi les élèves du lycée. Putain, c’est trop la honte, j’enfouie un peu plus profondément ma tête dans le drap et je pleure en silence jusqu’à ce que je finisse par m’endormir.

Le lendemain, je suis réveillé sans ménagement par Morgan qui me jette quasiment en bas du lit.

— Allez, lève toi, on va déjeuner.

Comme je me suis endormi en boxer, j’enfile un tee-shirt et un bas de pyjama et je le suis comme un zombie jusqu’à la cuisine. Je pénètre dans la pièce juste derrière Morgan, la mère de mon camarade de classe, mes parents et ma sœur sont déjà en train de petit déjeuner. Nous arrivons en pleine conversation entre les deux femmes.

— Non je t’assure, il avait l’air sincère, dit la mère de Morgan.

— C’est toi qui vois, si tu penses que tu ne te trompes pas. En tout cas n’hésites pas à appeler en cas de problème, lui dit ma mère.

— Ne t’inquiète pas, tout ira bien. Mais merci pour votre hospitalité.

Puis elle ce tourne vers son fils :

— Morgan, après le petit déjeuner, prépare tes affaires, on rentre à la maison.

Morgan hausse les épaules sans rien dire puis il se tourne vers moi en m’envoyant un regard plein de haine, comme s’il m’en voulait une nouvelle fois d’avoir d’assisté à la conversation. Une fois la collation terminée, nous retournons dans ma chambre. Morgan est en train de regrouper ses affaires, moi je suis assis benoîtement sur mon lit à le regarder faire. Au bout d’un moment, il se retourne vers moi.

— Tiens, au fait, file moi ton numéro de téléphone, je vais te mettre dans mon répertoire avec mes amis.

Mon cœur ne fait qu’un bond, je commence à m’imaginer plein de trucs, en fait la partie de cartes n’était qu’un test, il voulait voir si je méritais d’être son ami. J’ai presque envie de lui sauter au cou (où plus si affinité lol). Il enregistre mes coordonnées dans son mobile, il en profite pour me demander mon mail. Je suis aux anges. Cependant nous n’avons pas le temps d’échanger d’autre chose que déjà sa mère l’appelle pour partir. Il ramasse son sac. Je lui lance un « salut » plein d’espoir et lui tends la main. Il regarde cette dernière avec exaspération, me tourne les dos et s’en va. Je reste de longues minutes à fixer l’encadrement de la porte comme un gros benêt, les bras ballants.

Plus tard, dans l’après-midi, je suis allongé sur mon lit, je rêvasse et je repense à ma soirée d’hier. Je crois que je rougis quand je repense que je me suis mis à poil devant Morgan. En même temps, j’ai marqué des points, il m’a demandé mon numéro. J’imagine déjà que je deviens un de ses amis car j’ai beau me mentir à moi-même en me disant que je suis très bien tout seul, quand je vois les autres au lycée, je suis envieux de leurs petits groupes d’amis qui partagent plein de choses. En plus, je dois bien me l’avouer, Morgan est trop mignon et il est méga bien foutu. Je me remémore sa poitrine masculine bien dessinée. Tiens ça réagit dans mon boxer. Comme il n’y a pas de mal à se faire du bien, je dirige mes doigts sous les ceintures de mon jeans, je bande. Je commence à me caresser, je déboutonne mon pantalon et je le baisse en même temps que mon boxer. Je saisis mes 9cm fièrement dressés, je me décalotte avec mon pouce, je titille le dessus de mon gland. Mon autre main vient caresser ma toison puis je la descends sur mes bourses complètement imberbes. Je commence mon va-et-vient, je pense à Morgan quasiment nu devant moi, j’imagine que j’embrasse sa poitrine, qui je lui mordille ses tétons, je rêve qu’il m’embrasse fougueusement. Le plaisir monte en moi, je me trémousse et je remonte mon tee-shirt. J’accélère le mouvement, oh putain que c’est bon, oh Morgan, je sens un frisson m’envahir et d’un coup je lâche cinq giclées blanches sur mon ventre et ma poitrine. Mon cœur bat vite, je crois que je n’ai jamais eu autant de plaisir, je mets quelques temps pour recouvrer mes esprits.

Je saisis un kleenex pour me nettoyer, mais je n’ai pas le temps de finir que mon portable me signale un texto. J’enlève le sperme restant à la hâte et attrape mon mobile. C’est un numéro que je ne connais pas, j’ouvre le message, Mon cœur bondit c’est Morgan.

Salut Baptiste (oh putain il m’a appelé par mon prénom !), je voulais te remercier pour hier, la soirée était sympa, même si tu dois encore progresser pour le bluff. Je t’ai envoyé un mail. Bisous Morgan.

La vache il me dit bisou, waouh il m’apprécie finalement, même s’il est un peu rustre finalement c’est quelqu’un de bien. Je me précipite sur mon bureau et je démarre l’ordi. Je suis fébrile (une vrai midinette). Enfin je me connecte à ma messagerie. Voilà le message de mon Morgan est là, je l’ouvre. Je commence à lire et sous le choc je m’assois.

Salut la tafiole, j’espère que t’imaginais pas qu’on allait devenir amis. En tout cas tu m’as bien fait rire avec ta petite queue, c’était trop marrant mdr. Je te rappelle que t’as intérêt à fermer ta gueule, on ne s’est pas vu ce weekend et demain, t’as intérêt à raser les murs sinon regarde en pièce jointe.

Je vois la pièce jointe, c’est un fichier vidéo. Je clique dessus, c’est un vidéo de 15 secondes, on me voit à poil à genoux sur mon lit les mains derrière la tête et je bande comme un âne (enfin façon de parler). Je ferme la vidéo, je me lève puis me jette sur mon lit, j’enfonce ma tête dans mon oreiller et je chiale comme une gonzesse jusqu’au repas du soir. Après le repas, je me traîne jusqu’à la douche, je prépare mon cartable et mes vêtements pour le lendemain, Puis je me couche. Je repense au message de Morgan, j’ai un pincement au cœur, j’y ai tellement cru, je me suis bien fait avoir, un type comme moi ne peut pas intéresser quelqu’un comme Morgan, c’est stupide. Pourtant j’aurais tellement aimé… Et voilà je me remets à pleurer comme une gonzesse, je ne sais pas à quoi ressemble une peine de cœur mais ce soir, je dois m’en approcher. Je sens petit à petit la fatigue me gagner et finalement je m’endors.

Mon putain de réveil sonne et m’annonce une nouvelle semaine pourrie. Je me sens vachement déprimé ce matin mais bon, pas le choix je me lève. Comme d’hab, petit dèj puis bus puis lycée. J’ai décidé d’adopter la technique demandé par Morgan : raser les murs. J’aperçois pour la première fois mon tourmenteur quand je rentre dans la classe. Il ne me jette même par un regard, d’ailleurs il va m’ignorer copieusement toute la journée. Il va en être de même toute la semaine. Lorsque le weekend arrive, je me dis que finalement la mauvaise passe est terminée. Il a voulu jouer avec le pauvre mec de la classe. Il m’a bien humilié, ça la fait rire cinq minutes, point. Du coup dans ma tête tout rentre dans l’ordre durant ces deux jours de repos, la tension se relâche en moi, je me sens un peu mieux. La routine recommence donc dès le lundi et ce jusqu’au jeudi soir. Je sors de la douche et retourne dans ma chambre lorsque je constate que mon portable qui est sur mon lit clignote et m’indique que j’ai un message. L’anxiété me gagne bien malgré moi et je prends l’appareil en tremblotant un peu. C’est Morgan :

Demain, prends ton sac de gym est vient avec aux chiottes qui sont près du gymnase à la récré de 10h

Incrédule je lui réponds stupidement :

Mais on a pas gym demain
Sans blague, t’as intérêt à venir, n’oublie pas la vidéo

Je m’assois sur mon lit, il semble que je me sois réjoui un peu trop vite.

Après une nuit plutôt courte passée à me retourner dans tous les sens, c’est les yeux un peu cernés que je me rends au lycéen. Morgan ne me calcule pas durant les deux premières heures de cours. À la sonnerie, je me rends aux toilettes comme indiqué. J’arrive devant un bâtiment rectangulaire, l’entrée se faisant par le milieu du bâtiment, à gauche les toilettes des filles, à droite celles de garçons. Ces dernières sont peu fréquentées contrairement à celles qui se trouvent dans la cour principale, elles sont plus excentrées et ne sont utilisées généralement que par ceux qui sortent de gym. Le vendredi matin, nous restons tout le matin dans la même classe, ainsi j’ai pu laisser mon cartable en cours, je n’ai avec moi que mon sac de gym vide. Je pousse cette dernière la porte pour entrer. Sur ma droite deux grands lavabos, sur ma gauche une rangée de pissotières. Dans la continuité des lavabos, 10 cabines de chiottes qui ferment à clé. À priori je suis seul, je m’avance vers le centre. Derrière moi la porte battante grince et j’entends :

— Putain, t’avais intérêt à venir.

Je me retourne, déjà anxieux de ce que va me dire Morgan. Il ne dit rien, il s’approche de tous les WC et pousse les portes pour voir s’il y a quelqu’un. Les dix sont vides. Il s’est arrêté devant celle du fond. Il se retourne vers moi.

— Allez la tafiole, viens, on n’a pas toute la nuit.

J’arrive à son niveau, il me pousse dans les toilettes, il entre derrière moi et ferme le loquet.

— File-moi ton sac.

Je m’exécute docilement. Il l’ouvre et le tend devant moi.

— Enlève tes fringues et mets les dans le sac. Garde seulement tes baskets et ton portable.

Je le regarde, abasourdi.

— Tu déconnes là, je ne peux pas faire ça, pas ici.

Il me lance un regard menaçant.

— C’est comme tu veux, après moi ce que j’en dis, si tu préfères que la vidéo de notre partie de poker circule dans tout le bahut, pas de problème.

Déjà il s’est retourné pour ouvrir la porte.

— Non attends !

J’ai presque hurlé.

— Ok, je vais le faire...

Ma voix tremble, les larmes me montent aux yeux. Je lutte je ne veux pas pleurer devant lui. J’enlève ma veste, je lui tends, il la fout dans le sac, mon pull et mon tee-shirt suivent. Il me regarde d’un air satisfait, dominateur, je vois bien que ça lui plaît d’avoir le contrôle sur moi. D’ailleurs la bosse de son jean le prouve. En parlant de bosse, alors que je suis mort de trouille, je bande à fond, je ne sais pas si c’est de me trouver quasi collé à Morgan mais le résultat est là. Je m’assois sur la cuvette, j’enlève mes chaussures, puis mes chaussettes que je mets dans le sac. Je me redresse, je déboutonne mon jeans que je fais glisser le long de mes jambes imberbes. Je le mets avec le reste de mes effets personnel. J’ai un temps d’hésitation puis je saisis l’élastique de mon boxer et l’enlève. D’une main je me protège, de l’autre je jette mon slip.

— Enlève ta main.

J’obéis et je reste tout nu et bandé devant lui.

— Elle est toujours aussi petite. Et toi t’es toujours aussi pédé, regarde toi mon salaud, tu bandes comme un porc.

Je ne sais pas quoi dire, je baisse la tête. Il se retourne et très rapidement ouvre le loquet et sort du WC et referme la porte au nez. Je hurle.

— Non s’il te plaît.

De l’autre coté de la porte je l’entends ricaner.

— Allez, à tout à l’heure.

J’entends ses pas et le grincement de la porte battante. Je suis seul, je ferme le verrou et m’assois sur la cuvette. Un moment de désespoir m’envahit. Je me mets à pleurer. Je suis complètement à poil dans les chiottes du lycée avec seulement mes baskets et mon téléphone. Seule satisfaction, je ne bande plus (ouais super !). J’envoie un texto à mon tortionnaire.

stp reviens

Pas de réponse. Juste le silence dans la grande pièce. Mon angoisse monte, je garde le regard fixé sur mon téléphone, la fin de la récréation approche. Putain qu’est-ce que je vais faire, c’est trop la honte. Puis soudain la porte battante grince, quelqu’un entre et marche jusqu'à ma cabine. Il toque.

— Ouvre tafiole c’est moi.

Je me précipite sur le loquet. Morgan entre l’air satisfait.

— Mains derrière la tête, vite.

Je m’exécute. D’un geste rapide il sort son téléphone puis prend une photo. Ensuite il me balance mon sac que je rattrape. Je me rhabille en quatrième vitesse et pars à toutes jambes en cours. Le reste des cours se passe sans incident, Morgan ne me calcule plus. La sonnerie qui marque la fin des cours est comme une délivrance pour moi, je me précipite au bus.

Plus tard ce soir, là je suis dans mon lit, j’essaie de faire le point et surtout de redevenir rationnel, j’ai été happé par les événements de ce début de rentrée scolaire. Après avoir fait le tour de tout ce qui s’est passé, j'en arrive aux conclusions suivantes:

  1. – Morgan veut jouer avec moi, il est donc peu probable pour le moment du moins qu’il fasse circuler sa vidéo tant que j’obéis.
  2. – Morgan est un sadique, il veut m’en faire baver je ne sais pas pourquoi.
  3. – Je crois que malgré tout cela et bien que je ne me l’explique pas, je suis attiré par lui.
  4. – Conséquence du point 3, je crois bien que je suis homo.
  5. – Il faut que je trouve un moyen pour que Morgan me rende la vidéo et pour cela je n’ai même un début de solution.

Le reste du weekend se poursuit entre parties de WOW et devoirs.

Le début de la semaine se déroule sans problème, lui non plus et ce jusqu’au jeudi soir où je reçois un nouveau texto de Morgan qui me demande de venir aux WC avec mon sac de gym à la récré de 10h. Comme la dernière fois, je me rends aux chiottes et il se passe exactement la même chose, je dois me foutre à poil et mettre mes habits dans le sac de gym, puis il part pour ne revenir qu’à la fin de la récré. Le rituel va se continuer ainsi jusqu’aux vacances de la Toussaint. À une variante près, au fur et à mesure que les semaines passent, il change de toilettes pour que finalement le vendredi avant les vacances nous nous retrouvions dans le WC le plus proche de l’entrée. À chaque fois, je bande à fond, plus nous avançons dans le jeu pervers de Morgan et plus je suis partagé entre la peur de me faire surprendre à poil et l’excitation de partager un moment avec mon camarade de classe.

Les vacances sont arrivées, le dimanche soir je reçois un texto de Morgan qui me dit de venir chez lui le lendemain à 14h00. Je n’essaie même pas de discuter. Il m’a envoyé son adresse dans le texto. Donc le lundi en début d’après-midi, je sonne à la porte de la maison de Morgan. C’est lui qui m’ouvre.

— Referme la porte et suis moi.

Je m’exécute, et je le suis dans une pièce plutôt classe qui doit être le salon. Il s’assoit dans un fauteuil en cuir, il reste impassible, devant lui il y a une table basse et sur celle-ci, une serviette qui dissimule à priori plusieurs objets.

— Approche toi devant la table.

Je m’exécute encore.

— Enlève la serviette.

Je soulève le tissu, je regarde les objets qu’elle cache. Et là je comprends tout de suite ce qu’il veut. Je crois que mes jambes vont me lâcher, je parviens à peine à dire :

— Non non non, s’il te plaît pas ça, je ne peux pas.

— Oh si tu peux, n’oublie pas la vidéo.

À suivre...
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