Sami, l'homme de sa vie

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Numéro 121

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 121
Date de parution originale: Décembre 2002

Date de publication/archivage: 2013-01-15

Auteur: Alex
Titre: Sami, l'homme de sa vie
Rubrique: Chauds, les mecs du sud!

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Je suis amoureux d’un Beur, et je sais très bien que ça va faire fantasmer beaucoup d’entre vous. D’abord, c’est inexact : Sami se dit d’origine algérienne et refuse ce terme ; ça le met en colère. De plus, ce n’est pas un B-boy de banlieue : il est avocat, son frère, médecin. Sami a trente ans, moi, dix ans de plus. On s’est connus en vacances dans la villa d’amis communs en Ardèche.

Moi, dès la première soirée, j’étais conquis, fébrile même. Mais jamais je n’aurais pu penser qu’il était gay. Si je vous le décris, peut-être comprendrez-vous mieux. Sami fait 1m78, il est mince, mais il a de magnifiques épaules larges, et ça, j’aime. Il a la poitrine poilue, avec du poil très noir, comme une bête. Lorsque je l’ai vu torse nu, ça m’a fait comme un choc : il a fallu que j’aille me branler dans la nature tellement ça m’avait fait de l’effet ! Dans l’ensemble, je reconnais que Sami est très bien foutu. Mais ce que je vénère par-dessus tout, c’est sa bouille. Il a le cheveu ras mais dru, une tignasse de Méditerranéen comme diraient les coiffeuses. Il porte des lunettes, mais derrière le verre, il y a des yeux noirs très vifs, inquisiteurs, mais voilés de tristesse. Il a un visage triangulaire, et quand il sourit, le monde entier sourit avec lui ; les coins remontent de chaque côté et laissent bien apparaître les dents, le tout encadré de belles fossettes viriles. Je ne m’en lasserais pas. Il respire l’intelligence et la finesse, et la répartie chez lui est plus qu’un exercice. Le reste de son corps ne m’a été révélé que plus tard. Oui, je suis tombé amoureux tout de suite en me disant que c’était sans espoir.

Ce type est très viril, c’est indéniable, mais il n’arrête pas d’avoir des "bobos" ou de commettre des maladresses. Et ça me touche... ! En quinze jours de vacances, il a renversé des choses un nombre incalculable de fois, plats, vin, etc. Il s’est chopé un début de lumbago, il s’est fait piquer par deux guêpes, il a des aphtes dans la bouche, il a des allergies en pagaille, et le plus grave, il a failli se noyer lors d’une baignade à Pont-d’Arc, même pas deux mètres d’eau (une crampe)... C’est moi qui l’ai sauvé, qui l’ai tiré sur la berge, et j’en étais pas peu fier, j’exultais.

Mais ce qui me remue le plus chez Sami, c’est sa voix. Il n’a pas une voix grave, mais ce n’est pas une voix efféminée non plus. C’est un peu comme si à la puberté, elle n’avait pas mué tout à fait. Elle est assez haute, mais rauque, avec un net accent canaille quand il le veut. Et sa nuque, parfaite... Et ses tétons, larges, noyés dans la toison, et ses beaux pieds... J’arrêterais pas, je vous l’ai dit. Je suis raide dingue !

Comme je ne me cache pas que je suis gay, j’en parle librement, et donc je n’ai rien caché à Sami, même pas que je suis séropositif. Je savais qu’il était célibataire, et d’après ses potes, il semblait être un solitaire de longue date, au point que, constamment, ses copains cherchaient à le maquer avec une meuf. En fait, j’ai été le premier vrai homme de sa vie, mais ça ne s’est passé que trois jours avant son départ. Il avait bu, comme nous tous, une soirée trop arrosée. Nous, ça allait encore. Lui, non. Il a vomi, il a été très malade. Et j’ai sauté sur l’occasion. C’est moi qui m’en suis occupé, alors que mes amis me regardaient de l’air de dire : "Faut pas rêver, Alex..." Je l’ai nettoyé, bordé, rassuré, lui disant que j’allais rester près de lui. Ce que j’ai fait. J’ai dormi près de lui, sur le lit, mais pas dedans, avec mon propre duvet.

Je me suis réveillé en sursaut. Il faisait soleil. J’étais en sueur. Sami était, non seulement réveillé, mais il me regardait, tel un sphinx, impénétrable, avec ses lunettes. Il m’a demandé :

— T’as passé la nuit ici ?

— T’as été vachement malade, il me semble...

— Ouais, c’est le Gigondas... un peu lourd, hein ? Pourquoi t’es resté là ?

— Si jamais t’étais encore mal.

Et puis il s’est tut et a continué à me dévisager. J’étais pas bien, l’impression qu’il lisait mes sentiments sur mon visage.

— Qu’est-ce qu’il y a, Alex ? Qu’est-ce que tu éprouves pour moi, exactement ?

C’était LA question à pas poser. J’ai osé lui répondre :

— Tu t’es bien aperçu que tu me plaisais, même s'il ne faut jamais placer d’espoir chez un hétéro. Je ne suis pas idiot.

Silence radio. Toujours ce regard scrutateur. Et puis, au bout de deux longues minutes :

— Tu vois, Alex, là, j’ai pas une haleine très fraîche, je pourrais même dire plus, mais tu me comprends. Et si je t’embrassais, là, maintenant... ? Tu ferais quoi ?

Il y a eu un coup de tonnerre, pour moi tout seul, naturellement. J’ai fini par répondre :

— Ça me plairait énormément, même si tu refoules du goulot !

Alors il a retiré ses lunettes, s’est penché vers moi et m’a roulé une pelle tout en profondeur, mais très tendre. J’ai senti ses lèvres dures contre les miennes, son début de barbe, sa langue s’accoler à la mienne. J’ai bandé tout de suite, très fort, parce que, lorsqu’on est au paradis, on bande tout le temps comme des ânes... Puis il s’est séparé de moi, a rechaussé ses verres et m’a dit :

— Il n’y a pas longtemps que j’ai accepté d’être ce que j’étais. Pour moi, ma famille, ce n’est pas facile. J’ai dû me battre. Et puis, autant te dire qu’en plus, j’ai un handicap.

— Je sais, tu casses tout et t’es bourré de petites misères psychosomatiques...

— Oui, mais pas seulement. J’ai une toute petite bite ! Voilà !

— Et alors, tu crois qu’un mec me plaît en fonction de la taille de son manche ? Tu ne comprends pas que pour moi, ça n’a aucune espèce d’importance ? Tu me plais beaucoup, Sami (pas osé encore lui dire "t'aime"), ta bite, petite ou grande, j'ai l'aime aussi (là, je l'ai dit). Sami, tu pourrais être eunuque...

— Ouais, ben faut pas exagérer...

Oui, Sami possède une petite queue, genre moins de quatorze centimètres, et il semblerait qu’en plus d’avoir dû assumer son homosexualité, il ait dû assumer ce "handicap", et qu’il soit resté ainsi replié sur lui-même. Eh bien, sa "petite queue" bien dure, frétillante, infatigable, je l’ai adorée. J’ai adoré la sentir tressauter de bonheur dans ma bouche. J’ai adoré lorsqu’elle m’a explosé le cul, et je dis bien "explosé". Sami est TRÈS viril, il lui en faut beaucoup. Peut-être qu’il compense. Ce matin-là, on s’est aimés comme des fous, et on a tout lait, sauf que je l’encule. Ça, il n’est pas encore prêt. Mais, quand on s’est retrouvés en 69, il n’a pas été le dernier à me pomper, à me bouffer les balloches, à s’en mettre jusque là. C’est même lui le premier qui m’a léché le trou de balle ! Sa langue dure, rêche, lorsqu’elle se vrille dans mon trou poilu, ma langue, lorsqu’elle lape à grands coups son trou encore plus poilu... Son odeur, sa sueur, ses oreilles que je mordille, ses pieds dont je suce chaque orteil... Après cette lettre, il va falloir que je me branle !

Il est chaud, mon petit Beur, il a toujours envie. Ça tombe bien, moi aussi. De lui !

Après ce premier contact, on s’est levés. Il faisait déjà très chaud, mais personne n’était encore réveillé dans la maison. On a été se promener sur la colline. Et puis, ça nous a repris. On s’est mangé la pomme, on s’est dévorés littéralement, presqu’une violence, un besoin animal. Nous nous sommes sucés, caressés, léchés, et il m’a encore enculé à mort, moi, arc-bouté à un arbre, la croupe tendue, Sami me claquant les fesses. Il apprenait vite, le bougre...

Deux heures plus tard, tout le monde savait qu’un nouveau couple venait de se former.

Je suis amoureux comme jamais je ne l’ai été. Sami a un caractère difficile, mais ça me touche, puisque tout me touche en lui. Il n’est pas encore prêt à vivre avec quelqu’un ; ça fait seulement un an qu’il a quitté sa mère pour vivre sa vie. Sami est entré dans mon cœur, et c’est pour toujours. Je n’aurai jamais le sida, et lui, il ne se noiera plus.

Alex, 41 ans