Sans vêtements mais pas sans effets ! (01)


Sans vêtements mais pas sans effets ! (01)
Texte paru le 2021-05-15 par Clarent   
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Le Sapeur-pompier entre en action ! Son action est aimée et reconnue, (bien sûr parfois ils sont des cibles !) Être pompier c’est être nu et dépourvu devant les appels d'urgence en première ligne faisant face aux risques ! Admirable ! Morvan pense peut-être aussi qu’être pompier qui consiste à protéger et secourir, c’est d’être nu et dépourvu, le corps dépouillé au sens premier du terme, pour de multiples effets ! Alors, toujours prêt ? Dès l’alerte donnée ?

Ils ont dû se lever tôt tous ces prétendants à devenir sapeurs-pompiers volontaires. Ils franchissent, aussi impatients que tendus ce portique d’un ancien fort qui va devenir leur terrain de jeux ! Enfin un espace de vie et de formation qui va leur devenir familier dans un cocktail d’apprentissage et d’initiation, de sueur et de rage, de progression et de découragement, d’humiliation et de compliments. Et oui c’est journée d’incorporation des nouveaux !

J’étais en quelque sorte dans le même cas qu’eux. Moi aussi je venais passer ici quelques mois dans le cadre d’une monographie en psycho-sociologie sur les motivations des soldats du feu ! Mon travail consiste à des entretiens, qui permettent évaluations analyse de données et diagnostique. Il s’agit ici d’améliorer le fonctionnement institutionnel et aussi les performances personnelles. Je m’étais préparé à suivre pas à pas avec des yeux de voyeurs et un bloc-notes basique et un autre électronique, tous ces piafs (jargon maison = les jeunes sapeurs) qui déambulaient encore pour un court moment en tenues fantaisistes et bariolées de la cité ou du rural arrivant sac au dos !

J’avais en main depuis deux jours une liste des SPV (Sapeurs-Pompiers Volontaires) qui intégraient le fort ce matin. Plus qu’une liste d’ailleurs il s’agissait d’un mini dossier questions /réponses rempli par les futurs SP, avec état civil, niveau d'études, mensurations et quelques autres indiscrétions.

En parcourant la liste, un nom a retenu mon attention : Marchu. J’ai connu un Olivier Marchu — pas si courant comme patronyme — on avait quasiment le même âge, je me souviens de sa grande timidité, s’il avait pu passer, discret, entre le papier peint et le mur il l’aurait fait, et côté pudeur jamais il n’a pu envisager un jour, enlever le haut et le lendemain enlever le bas ! Je me souviens avoir croisé son frère qui me semble bien, se nommait Benoît. Voilà qui excitait ma curiosité. Le monde serait-il si petit ?

Mais c’était l’heure du rassemblement. Un instructeur s’essaya à faire mettre en rang par deux les nouveaux arrivants sans trop de fermeté ! L’idée était de faire une visite générale des lieux, puis de leur permettre de prendre possession des lieux notamment de leur chambre. Un pompier en uniforme bleu marine (aujourd’hui le bleu de travail est devenu orange, visibilité et sécurité oblige !) rentra dans chaque chambre et notifia l'ordre de se déshabiller et de ne garder uniquement que le sous-vêtement du bas. Chacun était aussi invité à vider son sac et ranger ses affaires dans le casier attribué à son lit, de faire le lit et enfin de se diriger dans la pièce en tête de l’étage. Emmener à l’autre bout du bâtiment ils rentrèrent par petits groupes dans un vestiaire, pour recevoir le paquetage des habits dédiées aux divers moments de la vie en caserne ! Chacun repartait dans sa chambre, avec ordre de se changer et de revêtir la tenue adéquate : pantalon, t-shirt, chaussures de sport. Un infirmier remis à chacun une fiche de suivi, où était inscrit notre nom prénom un numéro, et une grille destinée à être remplie au cours de l’incorporation qui se déroulera l’après-midi.

Dès 14h chacun à son tour, l’un après l’autre, muni de son dossier, rentrait dans une grande salle sans caractère qui ressemblait à un grand vestiaire. Toutes les recrues durent se déshabiller, et ne garder sur eux que le caleçon réglementaire vert kaki en coton. Plier leurs affaires les poser dans un casier, ainsi que montre, chainette, bracelets. Ceux qui portaient des lunettes devaient les garder sur le nez ! Puis ils durent défiler en passant sous la toise et sur la balance. Leur dossier commençait à se remplir ! Et mon slip également, je fantasmais devant ces mâles jeunes, qui évoluaient dans un large espace sans plus de repère, dans une émanation de sueur, de moiteurs, d’effervescence des corps quasiment nus... Les formes, les pleins et les déliés de tous ces corps réveillaient mes sens et ouvraient au rêve du nu intégral.

S’ensuit un passage devant d’autres infirmiers : spirométrie et mensurations ; tour de cou, tour de poitrine, tour de taille, tour de hanche, longueur de l'entrejambes, des bras et des pieds. Chacun au bout de cette salle franchissait la suivante pour un prélèvent urinaire. Récupérer un flacon de prélèvement, se rendre à un des box pour effectuer un lavement des mains au gel hydroalcoolique, se laver soigneusement les organes génitaux à l’aide d’une lingette désinfectante, éliminer le premier jet dans un des sabots toilettes et enfin remplir le flacon stérile à refermer soigneusement et à remettre à un l’infirmier en poste. Puis chacun poursuit son cheminement, stationna en file indienne dans un long couloir distribuant des boxes de consultation.

C’est là que je repérai celui qui me semblait possiblement être le frère de Benoît. Il était debout dans la file d’attente, lui aussi revêtu que du caleçon. Se dessinait en lui un visage de novice qui est conduit ainsi, pour la première fois. S’il n’avait laissé éclore une barbe hésitante de trois jours, était-ce pour affirmer un côté viril voire aguerri, que son torse sans poils contrariait et qui jurait tout de même avec les formes développées à son entrejambe tout de même atténuées par un drapé verdâtre du caleçon large. Son sexe se devinait épais et docile sous le coton imprimant des formes : manifestement il n’était pourtant pas en érection, comme certains autres, de la queue-leu-leu. Pourtant Morvan portait une lourde gêne. J’étais vraiment intrigué par sa timidité et pudeur presque maladive, qui donnait à son allure une certaine raideur. Cela aussi me faisait fort penser à Olivier, son frère. Alors je décidai de me rapprocher de lui pour en avoir le cœur net.

— J’ai l’impression de te connaître !

Tout en me dévisageant, surpris, il me dit :

— Ah bon... excusez-moi, je ne vois pas qui vous êtes.

— Connais-tu Olivier Machu ?

— Oui c’est mon frère.

— C’est ce que je pensais, on s’est connu à Orléans. Et j’ai dû te croiser une fois ou l’autre. À l’époque tu rêvais d’être pompier... Te voilà donc au bon endroit ! Bon, j’aurai l’occasion de te voir dans la journée. Je te laisse suivre la file, tu vas bientôt passer entre les mains du docteur pour voir si tout fonctionne bien pour toi. Je poursuivis mon chemin en lui laissant un petit sourire.

Effectivement on vint presque aussitôt signifier à Morvan de rejoindre la porte 8, ainsi qu’à un grand blond presque maigre. Ils s’avancèrent dossier greffé sur la main comme happé par le flot de tout ce qu’il vivait avec ce sentiment de ne plus rien contrôler ! On les fit franchir la porte 8. La salle qui n’était qu’un vestibule était vide, une porte au fond qu’ils pensaient être le cabinet du médecin était close et deux caleçons de coton gisaient sur l’unique meuble, un banc en bois, assez bas. Bien sûr, ils avaient les yeux fixés sur le banc, ou plus justement sur le caleçon posé là. Leur pilote leur dit de se mettre en tenue pour le passage au poste suivant. Comme les deux jeunes ne réagissaient pas il les bouscula :

— Vous voyez bien : terminus pour le calebar ! Alors à poil et attendez votre tour sur le banc.

Il se retira et ferma derrière eux la porte 8. Les deux garçons eux retirent ce sacré caleçon. À peine mis aussitôt posé, pensaient-ils ! Dans les faits l’attente ne fut pas longue, mais leur parut une éternité : cette sacrée perception du temps et de l’espace, toutes relatives ! Voilà nos deux futurs soldats du feu nus et inquiets ; piètre apparence, la lance pendante ! Ils ont posé sans rien dire leurs fesses sur le bois patiné du banc mais ils ne savent pas où poser le regard. Pas de regards qui puissent s’évader par la fenêtre, pas de décorations qui embellissent le temps ou l’espace, pas de tasses de café posée devant soi pour un peu de convivialité, le temps pèse de tout son poids. Il n’y rien ; que des murs qui ne parlent pas, pourtant s’ils le pouvaient que ne diraient-ils pas, devant tant de recrues dépouillées, passées par là : des glabres, des poilus, des lisses, des grands, des concis et d’autres circoncis.

Alors leurs yeux tournoient et finissent par biaiser, à hauteur des tétons du voisin, ou de son nombril et aussi irrésistiblement de ses parties génitales. Depuis tout temps l’injonction « tous à poil » initie le rite d’intégration. Les recrues doivent décramponner des habitudes et formalismes acquis empreints de pudeur, pour s’assimiler à un corps, ici la soldatesque du feu ! Cette nudité obligatoire a aussi pour fonction de souder le groupe : plus fort ensemble devant l’adversité, devant le danger, engageant des dégâts collatéraux d’humiliation. Obliger ces jeunes hommes à se déshabiller brise leur dignité, les affaiblit, pour les ramener à égalité, celle du rang animal, en les plaçant tous en même temps sous des regards qui s’avèrent inquisiteurs, assaillants, jaugeant et ainsi perpétuant un ordre social ancestral !

Morvan ici se sentait vulnérable, son voisin ne semblait pas dans une autre disposition. Tout juste s’ils avaient la force d’échanger leur nom Morvan et Alex. Oui vulnérable au regard de tous. Dans la nudité intégrale, la parole était devenue dérisoire. Les mots ne signifiaient plus rien : plus d’exploits à compter ou enjoliver. Le rire se dégrade en rictus penauds. Il s’agit de faire profil bas, sans vantardises, même si tel ou tel, et les deux, Morvan et son camarade d’infortune, ont de fiers attributs et pourraient magnifier une nudité innocente et pure ! Mais ici chacun est radicalement délivré de tout habit, pour être livré, donné, avec son corps sans fard, quelles que soient ses formes harmonieuses ou difformes, ou sa beauté, ou sa raideur ou sa laideur. Chacun est ainsi : impossible de dissimuler ses fesses pointues ou rebondies, de ne pas montrer ses testicules serrés hauts placés ou pendants au fond du sac ! Et comme un nez au milieu du visage s’affiche ou se fiche, un incontournable sexe sorti de force de l’anonymat, avec mollesse ou raideur, comme dit le poète, qu’il soit « laid, beau, dur, mou, qu’il ait un grand cou, qu’il soit gros touffu, ou le p’tit joufflu… » Morvan ne pensait pas à tout cela assis nu sur un banc partagé avec une autre recrue. Il se disait, lui le timide, qu’il allait sûrement être ausculté, tâté de partout, inspecté dans la bouche, dans l’anus. Il n’y avait aucun doute pour lui que pas un centimètre de son corps, de la pointe des cheveux, au bout du petit doigt de pieds, tout allait être scruté, mesuré, évalué, examiné.

Une porte s’ouvre. Alors soudainement, Morvan sortit de ses pensées obscures. Son pote releva la tête. Sortirent de l’arrière salle, deux recrues au visage rougi, pendant qu’une voix venue du fond, déclara un préoccupant « aux suivants ! » Les sortants étaient évidemment complètement nus, transpirant, la verge en demi expression. L’un d’eux eut à peine le temps de glisser en direction de Morvan : « ... la galère, j’ai dégusté ! » Ces mots lâchés claquèrent entre deux portes et firent pénétrer Morvan et Alex en terre inconnue mais redoutée !

Ils se trouvèrent en face d’un homme en chemise courte et ouverte au col, la trentaine bien tassée, bien élancé, avec une fine barbe de trois jours qui semblait peu poilu. Devant cet homme au galon tissé trait côtelé or avec raie médiane rouge, Morvan reconnut tout de suite un Adjudant.

— Je me nomme Antonin Loril, je suis ici pour vous préparer à la suite de l’intégration, notamment à la rencontre avec un médecin, aux tests sportifs et corporels au gymnase et à la piscine, et éventuellement telle ou telle rencontre avec du personnel qualifié dont vous pourriez avoir besoin. Pour l’instant, pas de fausse pudeur enlevez vos mains de devant votre sexe et marchez bras le long du corps tête haute ! lança-t-il.

Il les fit aller venir devant lui ; il réclama le garde-à-vous puis le repos. Puis il demanda à ces deux, sans grades, qui n’avaient d’épinglé sur leur poitrine que leurs tétons nus qui ne quitteront en définitif jamais un état embryonnaire, de se présenter.

— Morvan Marchu, candidat SPV, 18 ans originaire d’Orléans où j’étais pompier volontaire depuis mes 15 ans.

— Et toi ? dit-il en direction de Alex,

— Alex Altrabon, 20 ans originaire du Sud de la France où j’étais aussi pompier volontaire depuis mes 15 ans.

Morvan trouvait joli son accent du pays d’Oc, cela rajoutait une élégance à son corps fin et délicat mais un peu palot.

— OK Messieurs. Mains sur la nuque ; écartez les jambes et ne bougez plus.

Il les regarda de la tête aux pieds et en fit le tour ! Puis s’adressa à Morvan de loin le plus crispé :

— Ok, détendez-vous jeune homme ! Vous êtes gêné d'être à poil ? Pudique à ce point ?

— Pas très l’habitude monsieur.

— Ici il va falloir vous y faire ! Les douches sont collectives on se change souvent etc ; et entre sapeurs, on n’a rien à se cacher !

— Oui monsieur !

Je frappais à la porte intérieure de l’adjudant qui avait les yeux fixés sur les deux recrues nues, spontanément il me mit dans le bain.

— Je vous présente Alex Altrabon et Morvan Marchu, j’en ai déjà passé deux avant eux. Ras.

Je ne m’attendais pas à du tel direct ! Mon organe prit de la hauteur, mon cœur accéléra, mon visage s’était bien pigmenté et mes yeux étaient rivés sur le pubis encore peu fourni de Morvan, le comparant à celui de son voisin ! Devant la morphologie de Morvan je me demandais si sa barbe était plus revêche que ses poils du pubis. Ces poils ont-ils pu s’agripper à d’autres poils pubiens ou d’autres poils de barbe ou cheveux, de filles ou de garçons ? Un univers ! Ces deux-là étaient dans le passage de la nudité naturelle ou plus justement obligée pour une raison d’hygiénique et de santé, à une nudité rituelle en traversant ce lieu de l’incorporation, délicat et impitoyable, où tous les ‘pékins’ laissent leurs tenues préférées, pour endosser les couleurs d’une tribu en passant par la case « tous à poil ! »

— Avec M. Morvan Marchu qui supporte mal ce passage je pense que je vais avoir besoin de vous ! me dit l’adjudant.

Je lui signifiais que cela ne m’étonnait pas.

— Pourquoi vous dites ça ?

— À vrai dire je connais quelque peu ce jeune homme.

— Parfait alors je compte sur vous pour l’aguerrir.

Il lui examina les oreilles, la bouche : dentition, molaires, gencives, langue, gorge. Il lui palpa les aisselles, les ganglions, examina son cou, puis ses tétons. Le sentant très tendu il le lâcha un moment et se tourna vers Alex.

— Approche !

Son entre-deux avait pris de l’ampleur. Mais il n’était ni embarrassé ni ennuyé. Les gestes de l’adjudant lui semblaient naturel. Gestes qu’il reproduisit à l’identique sur ce corps exposé devant lui. Ses mains descendirent sur ses organes génitaux en émoi, accostèrent les testicules qu’il vérifia virilement mais sans débordement. Il saisit la hampe de la verge qui se dressait de plus en plus, il la décalotta plusieurs fois.

— Tournez-vous ! Penchez-vous à l’avant.

Il lui écarta les fesses examina le rectum. Passa son doigt dans la raie pour tester son humidité.

— Tout à l’heure vous allez être examiné par le médecin il vous faudra prendre une douche. Asseyez-vous ici un instant pendant que je m’occupe de Morvan.

Il ordonna à Morvan d’approcher à nouveau, maintenant son sexe avait réagi.

— Je vois que vous bandez ! C’est bon signe ! Voyons cela de plus près.

Il saisit son sexe, repoussa plus à fond le prépuce pour dégager le gland. Morvan eut un petit mouvement de recul. Il appuya sur la ponte du méat pour entrouvrir le canal.

— J’ai dit immobile, soyez viril jeune homme. On ne vous a jamais touché ?

— Si bien sûr, monsieur, mais je suis très sensible.

Une nouvelle fois il repoussa encore plus le prépuce tendant au maximum le frein.

— Parfait comme ça. Vous voyez. De plus c’est net et impeccable : jeune homme vous vous masturbez ?

— Ben.. Euh… oui, répondit-il

Il demanda alors au garçon de s'allonger sur la table d'examen, sur le dos.

— On va voir tout ça de plus près !

Il lui fit remonter les talons sous les fesses et écarter les cuisses qu’il palpa, une méthode qui fait l’économie des étaux et étriers d’un repose-jambes. Cuisses très ouvertes Alex à une vue imprenable. Moi aussi par la même occasion. Morvan a le rouge au front, le sexe tendu le gland brillant, il se sent torturé. En tout cas, pour l’adjudant, la vue et l’accès sur l’orifice anal sont dégagés, ses boules asymétriques pendent.

— Alors vous vous masturbez souvent, dit-il en palpant ses lourds testicules ?

Aucune réponse audible ne parvint aux oreilles d’Alex ou de l’adjudant.

— Alors vous vous masturbez ou pas ? insista-t-il.

— Ça m'arrive balbutia Morvan.

— Levez-vous, laissez votre place à votre camarade. Et je vous laisse entre les mains expertes de notre ami psychosociologue.

M’adressant alors à Morvan, je l’enjoints à me suivre ; nous sortons par où il était rentré. Deux recrues attendaient dans la tenue de rigueur, les yeux pleins d’interrogations qui semblaient s’évaporer à l’apparition dépouillée de Morvan et Alex. Morvan reprit son caleçon, il voulut le remettre. Je l’en dissuadais.

— Reste nu, s’il te plaît, tu as entendu, tu dois t’aguerrir ! Suis-moi !

Ce qu’il fit, caleçon à la main, surpris, contrarié même, il ne dit mot ! Nous sortions et évoluions dans le couloir croisant personnels en uniformes, recrues habillées ou en caleçon ou même à poil. Le chemin ne fut pas très long pour le recevoir dans ce qui me servait de bureau. Je lui demandais de s’asseoir.

— Alors comment se passe cette épreuve Morvan ?

— C’est pas facile, mais je crois que je tiens bon !

— Tu as toujours été pudique ? Très gêné de te montrer nu ?

Se tortillant sur sa chaise, Morvan ose quelques paroles :

— Oui je crois. Quand j’étais petit, j’étais enveloppé, comme on dit poliment. Mais les copains, ou ceux que j’espérais avoir comme copain, ne tarissaient pas de surnoms à mon égard. « Gros cochon » ; « Patapouf » ; « Bibendum ». Les insultes tombaient drues et cinglantes chaque fois, je devais affronter les regards inquisiteurs ou vicieux et désapprobateurs, subir les “conseils” pour maigrir... « Cours ! Bouge-toi ! Fais fondre ta graisse ! » Alors j’ai détesté mon corps.

— C’est pour cela que tu crains le regard des autres ?

— Oui.

— Mais maintenant tu n’es pas enveloppé, je te vois là devant, nu, râblé, costaud, tu inspires plus la force et le respect que la dérision ? Pour être honnête tu ne me laisses pas indifférent !

Morvan ne répondit rien, à peine esquissa-t-il un sourire un peu pincé et ses yeux s’enfuirent on ne sait où !

— Si l'homme est le seul animal qui rougisse ; toi tu n’as pas à rougir de ton chibre, et je vois qu’il acquiesce et relève la tête. Tu ne vas pas me dire que tu n’as eu que des expériences négatives avec ton corps ?

— Non, mon frère m’a apporté son regard et ses mains douces. Il aimait me voir nu me toucher palper et jouer avec moi. Et puis quand j’ai fait un peu de natation on devait souvent être nu au vestiaire, à la douche et parfois même dans le bassin.

— Et c’était un supplice pour toi ?

— Oui et je m’en voulais car j’adorais être à poil dans l’eau, mais tout seul !!!

— Veux tu progresser ? Être plus libre avec ton corps ? Plus à l’aise avec les autres ?

— J’en rêve mais...

— Stop ! Si tu es ok je peux t’aider et faire quelque chose pour toi. Je te laisse poursuivre la chaîne. Remets ton caleçon, on se retrouve bientôt, je te ferai un programme.


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Peut-être que parmi vous lecteurs certains vont réagir et tracer quelques lignes de scénario pour honorer ce : « On se retrouve bientôt je te ferai un programme. » Je rêve d’un bout d’écriture participative. en tout cas à suivre !