Souvenirs d’internat (4)


Souvenirs d’internat (4)
Texte paru le 2017-11-19 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Souvenirs d’internat


'''La découverte de l’internat'''


Nous sortons du bureau du directeur, Ethan me dit :

— Je suis fatigué, allons d’abord boire quelque chose.

Nous descendons au rez-de-chaussée. Une partie du réfectoire est accessible en tout temps, il y a une machine à café ainsi que des boissons fraîches. Je me fais un Nespresso, mon camarade prend un thé, nous nous asseyons à une table.

— Quelle entrée en matière, dis-je.

— Tu as été surpris ?

— Pas vraiment, en fait, je m’attendais à quelque chose de ce genre. C’est quoi ces punitions avec les professeurs ?

— Je ne sais pas, je n’en ai jamais eu. Ils me protègent.

— À cause de ta maladie ?

— Non, déjà avant, à cause de mon père. Je ne dois pas dire qui il est, c’est un secret.

— Et à moi, tu peux me le dire ?

— Non, peut-être plus tard, lorsque nous nous connaîtrons mieux. Pour le moment la version officielle est que je suis le fils d’un marchand de fruits et légumes du sud-ouest.

— Est-ce légal tout ce qui se passe ici ?

— Bien sûr, ils font attention, et, avec l’écolage exorbitant de cet internat, ils peuvent se payer des avocats qui vérifient tout.

— Mais le directeur m’a forcé à me déshabiller.

— Forcé ? Tu as enlevé toi-même tes habits, volontairement. L’aurais-tu fait si c’était le contrôleur du TGV qui te l’avait demandé ? Sûrement pas, tu aurais refusé et tu l’aurais signalé à la direction de la SNCF.

— C’est exact, mais si un élève est mineur ? Cela pourrait être de la pédophilie.

— Ils ne touchent pas les élèves mineurs, ils se contentent de les conditionner psychologiquement pour qu’ils soient prêts au jour J de leur majorité.

— Et si un élève refuse d’entrer dans leur jeu ?

— Je ne sais pas, je pense qu’ils le laissent tranquille. Et personne ne dit jamais ce qui se passe lors des punitions. C’est plutôt une fierté d’y avoir passé.

— Et entre les élèves, il ne se passe jamais rien ?

— C’est interdit… en théorie, ils savent bien que les élèves ne vont pas respecter les règles, ce qui leur permet de les punir. Il y bien sûr un bizutage pour les nouveaux, je pense que ce sera déjà cette nuit pour toi.

— Un bizutage ? Il se déroule comment ?

— Je te laisse la surprise.

— Tu l’as eu ?

— Oui, la première année.

— Et comment contrôlent-ils si tu te branles ?

— Ils inventent n’importe quel motif bidon, tu verras bien.

— Mon père est passé dans cette école, il sait ce qu’il s’y passe. Pourquoi m’a-t-il quand même envoyé ici ?

— Les professeurs sont des pervers, mais très bons, le taux de réussite au bac est très élevé. Et ton père a pensé que tu allais aimer.

— Aimer ça ? Me faire humilier ?

Je réfléchis à cette idée qui me paraît plausible. Et puis, je ne suis pas obligé de désobéir, comme les automobilistes ne sont pas obligés de rouler trop vite s’ils ne veulent pas de contredanse. Le bizutage, par contre, je ne vais pas y couper, sinon je ne serais jamais intégré à la communauté des élèves.

— Euh, dis-je, je peux te poser une question personnelle ?

— Bien sûr, si c’est trop personnel je ne te répondrai pas.

— Tu as eu une maladie aux testicules ?

— Oui, un cancer.

— C’est quoi cette congélation de sperme ?

— La chimio peut rendre stérile, il faut prendre ses précautions. J’ai pu encore faire deux prélèvements avant l’opération.

— Et ils t’ont enlevé un ?

— Oui, et remplacé par une prothèse. Tu veux voir ?

— C’est juste de la curiosité. Je croyais que les élèves ne devaient pas se voir nus.

— On va aux toilettes, suis-moi.

Nous sommes seuls, on ne va pas dans une cabine, on reste devant les urinoirs. Ethan ouvre sa braguette, baisse son boxer et dégage ses couilles. Je ne vois rien de spécial.

— Tâte, tu sentiras la différence.

Je remarque en effet que la consistance n’est pas la même à gauche et à droite.

— N’oublie pas de tâter les tiens régulièrement, me dit-il, avant de pisser.

Je le regarde faire, cela n’a pas l’air de le déranger. Les urinoirs n’ont pas de séparations, bizarre dans une école où c’est interdit de se voir à poil. Je pisse à mon tour, il regarde aussi. Je commence à bander. Nous sortons des toilettes sans faire de commentaires. Ethan me fait visiter les lieux. Le troisième étage est désaffecté, une porte en barre l’accès dans les escaliers. La serrure a un digicode.

— 1234, me dit Ethan. Tu t’en souviendras ? Pas trop compliqué ? Il ne vaut mieux pas y aller pendant la journée.

Je me demande pourquoi le code est si simple. Une invitation à s’y rendre, et à être puni ?

— À propos de code, tu me donneras l’adresse MAC de ton PC, je te débloquerai l’accès. Tu pourras voir tous les sites que tu voudras et rien ne sera enregistré.

— C’est quoi cette adresse ?

— Chaque appareil relié à un réseau a une adresse MAC unique, rien à voir avec macOS.

— Comment pourras-tu libérer mon adresse ?

— Je ne vais pas me donner mes secrets. Si tu as besoin d’un spécialiste en sécurité pour ta banque, pense à moi lorsque j’aurai fini mes études d’informaticien.

— Comment sais-tu que mon père est banquier ?

— C’est mis dans ton dossier. Je compte sur ta discrétion.

Ethan a ainsi accès à tous les serveurs de l’école. Je me demande pourquoi il me fait confiance, je pourrais le dénoncer. Je ne le ferai de toute façon pas, si je suis ami avec lui il me fera des confidences. Et son père le protège. Je remarque soudain qu’il ressemble à un homme politique très haut placé. Ce ne serait pas le premier enfant illégitime.

Nous descendons à l’économat, il est à la cave. Il est fermé, il y a un téléphone à côté de la porte. Ethan le décroche et parle brièvement.

— Pierre va venir, me dit-il.

— Pierre ?

— Le chauffeur, il est l’homme à tout faire. C’est le seul un tant soit peu sympa dans cet asile de dingues.

Pierre arrive, il ouvre la porte, allume les néons. Nous entrons. Il y a une quantité d’habits sur des cintres, ainsi que posés sur des étagères.

— Tu as grandi depuis l’année dernière, Ethan, lui dit-il, je vais devoir refaire les mesures, si ça ne te dérange pas.

— Pas du tout.

Ethan commence à se déshabiller, il enlève tous ses habits, il est nu comme un ver. Je l’imite. Pierre nous mesure absolument partout, il hésite cependant pour le diamètre des couilles de mon camarade, il renonce. Il nous apporte des habits : des slips kangourou blancs avec ouverture (je n’en ai jamais porté), des chaussettes noires, des chemises blanches, des pantalons bleus, une veste assortie avec le sigle de l’école sur la poche de poitrine et deux cravates, encore deux pyjamas en soie, une robe de chambre en flanelle, des serviettes et des gants de toilette. Nous nous habillons, Ethan ferme ma chemise jusqu’au dernier bouton, il m’aide à nouer la cravate. Pierre vérifie que les habits soient à la bonne taille, je me regarde dans une glace, j’ai l’air ridicule avec cet uniforme. Ethan sourit.

— Bienvenue au club, me dit-il.

— Oui, on dirait un habit pour aller dans un club anglais.

Nous montons dans la chambre, il n’y a personne, les élèves sont encore en cours. Elle a dix lits, cinq de chaque côté. Il y une armoire à côté de chaque lit. Tout est impeccablement rangé, aucun objet ne traîne. Ethan repère mon nom sur une armoire, c’est la première en entrant sur la droite. Il est à côté de moi, le lit suivant. Nos valises sont posées dessus. Mon camarade m’indique ce qu’il faut mettre dans l’armoire et comment le ranger, les affaires de toilette sont les seuls objets personnels admis, le reste doit rester dans la valise. Je cache mon deuxième smartphone dans ma trousse.

Nos camarades arrivent une demi-heure plus tard. Ils ne s’intéressent pas beaucoup à moi, ils saluent chaleureusement Ethan, lui demandent de ses nouvelles, s’assurent qu’il est guéri. Un homme entre dans la chambre, tous se taisent.

— Ah, voici les nouveaux, enfin monsieur Ethan n’est pas tout à fait nouveau, fait-il en lui touchant la main. Vous allez mieux ?

— Oui, monsieur.

Il se tourne ensuite vers moi :

— Monsieur Romain, je suppose ?

— Oui, monsieur.

— Je suis le chef de l’étage, responsable de votre bien-être.

Il me serre la main.

— Je vous souhaite un bon séjour, monsieur Romain. Si vous suivez mes instructions, il n’y aura pas de problème. Je vois que vous avez déjà rangé vos affaires, je vais vérifier.

Il ouvre l’armoire, fouille dans ma trousse et découvre le téléphone et les préservatifs. Les autres élèves rient.

— Silence, vous n’êtes pas encore au courant de toutes les règles, monsieur Romain, je ne vais pas vous punir. Il est évidemment interdit d’avoir ce genre d’appareil. Et des préservatifs… Les putes du village vous en donneront le samedi soir, je ne vois pas quel usage vous en feriez ici.

Il ouvre ma valise et jette le téléphone dedans, il met les préservatifs dans sa poche.

— Je dois malheureusement vérifier si vous n’avez rien caché d’autre, continue-t-il. Déshabillez-vous.

Ce n’est que la troisième fois de la journée et certainement pas la dernière. Je laisse mon slip.

— Enlevez-moi ça aussi, dit le chef d’étage.

— Je croyais que c’était interdit de se monter nu devant ses camarades, monsieur.

— Vous n’avez qu’à mettre la main devant votre sexe si vous êtes trop pudique. Les ordres du personnel ont évidemment la priorité sur le règlement.

J’obéis. Je ne mets pas mes mains, afin que tous voient ma bite. Je n’en ai rien à cirer. Ils ne privent pas de me mater, le chef également qui inspecte ensuite tous mes habits, me dit de les remettre, il prend nos valises, puis il sort, sans fouiller l’armoire d’Ethan. Celui-ci me rend mon téléphone en souriant :

— J’aimais bien faire de la prestidigitation lorsque j’étais enfant, il n’a rien vu.

C’est l’heure du dîner, il est léger et les portions ne sont pas grosses, par contre c’est excellent. Un étudiant passe vers moi et me remet discrètement un papier, je lis :

« Rendez-vous ce soir à 22 heures 30 au troisième étage ».