Triviale poursuite

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Numéro 30

Texte d'archive:


Archivé de: H pour H – Numéro 30
Date de parution originale: c. 1993

Date de publication/archivage: 2018-01-21

Auteur: Pascal
Titre: Triviale poursuite
Rubrique: Sidamour...

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Résumé / Intro :

Belle expérience, Pascal. Le virus ne lui fait pas peur. Il sait prendre ses précautions tout en restant super provoc. C’est pas con.


À trente-trois ans, je suis un homme qui se sent bien dans sa peau, ni actif ni passif, je fais partie de la caste des chasseurs de mecs, un allumeur redoutable. Je ne me suis jamais considéré comme un Apollon, mais il faut croire que ma gueule, ma bite, mon cul, mon corps savent exercer sur ma proie les stimulations nécessaires pour l’amener à se fondre dans ma chair. J’avais un nombre de partenaires considérable jusqu’au moment où ce conard de virus m’a obligé à réviser mon comportement. Cependant, s’il m’a rendu très prudent, il ne m’a pas rendu chaste. À chaque fois que je m’installe dans une région — car je voyage beaucoup —, ma première préoccupation est de renifler les endroits où ça baise. J’ai beaucoup fréquenté le bois de la Verrière (hum !), le bois de Sénart, le parc des Buttes-Chaumont, le bois de Boulogne (où j’ai fait mes premières partouzes) à Paris, puis le parc de la Tête d’Or (très bon la nuit), le stade de Gerland, le parc du Miribel à Lyon mais aussi le parc de Champfleury, les bords de la Durance à Avignon ou encore la rivière (Gardon) à Collias.

Il doit être vierge, j’attaque une sodomie progressive, une promenade vers le septième ciel...

J’ai tellement de plaisir à faire l’amour avec un bon mec que je suis capable de le soulever où que ce soit : métro, train, avion, dans la rue. J’ai même baisé avec un mec mignon à craquer près de l’arc de Triomphe, à Paris. Ce soir-là, je suis allé voir Marc, un bel étalon avec lequel j’ai fait les quatre cents coups, mais il était absent. Ma queue en berne, je m’installe sur un banc à côté de la place blanche pour réfléchir à la suite du programme. Il est près de minuit. À cette heure-là à Paris, il y a encore pas mal de promeneurs, et je les regarde passer sans vraiment les voir.

C’est alors que mes yeux s’égarent sur un jeune homme approchant. Il a un air de troufion en permission, un corps très bien proportionné, des cuisses musclées, un tee-shirt blanc très évocateur, une poitrine très masculine et une gueule très sensuelle, envahie par un regard qui excite mon imagination. Ses cheveux courts très foncés et son allure latine vont de pair avec un somptueux renflement placé entre ses cuisses et que la lumière artificielle avantage délicieusement. Lorsqu’il passe devant moi, mon sang ne fait qu’un tour. Je le veux et je l’aurai.

Je me lève et le suis. Au début, c’est très anodin, il ne m’a pas remarqué, sa démarche est plutôt lente et, quelquefois, il s’arrête devant une vitrine. À chaque fois, comme lui, je m’arrête sans le perdre des yeux et j’admire le rebondi de ses fesses. À un moment, il sent ma présence, il me jette plusieurs fois un regard interrogateur et presque inquiet. Mais je suis résolu à me le faire, et seule une rebuffade musclée pourrait m’en dissuader. Nous marchons longtemps, jouant à cette version très particulière de Trivial Pursuit, jusqu'à ce que nous nous retrouvions aux abords de l’arc de Triomphe, dans l’une des avenues qui partent de la place de l’Étoile. Dans cette avenue, les trottoirs sont très larges et sur un de ces trottoirs, il y a une cabane de chantier. Il disparaît derrière, sans réapparaître. Là, j’attends quelques secondes, puis je traverse l’avenue, je contourne la cabane et il est là raide, pétrifié, les yeux écarquillés.

Je m’approche lentement de lui, jusqu’à le toucher. Nous sommes les yeux dans les yeux et, à présent, corps contre corps. Je sens sa chaleur m’envahir tandis que lui, dans un déglutissement ultime, me lance avec une voix chaude et effrayée : “J’attends ma copine !” Ce n’est pas un problème pour moi, car déjà ma main a enveloppé un sexe qui, sous son jean, répond à mes attentes. Je le masse, le contourne, je descends sur sa cuisse dure, puis, des deux mains, je desserre la ceinture de cuir et lentement je défais un à un les boutons de fer, découvrant enfin la masse très tendue de son pieu encore prisonnier du slip. Je n’ai plus aucune notion de où je suis, aucune crainte d’être surpris, je me fous royalement de ce qui peut arriver. Je suis envoûté par ce beau gars qui s’abandonne entre mes bras. Mes mains parcourent tout son corps légèrement velu sur le torse, ses abdos acquiescent la bonté de mes caresses, formant des vagues de plaisir. Il penche sa tête en arrière afin de pouvoir à son aise souffler des gémissements de plaisir.

Je finis par le défroquer jusqu’aux chevilles et je bave sur son gland avant de le faire glisser dans ma bouche, d’avant en arrière, régulièrement. Quelquefois, je le quitte pour lécher ses bourses pleines et poilues à souhait. Je contourne sa cuisse pour me retrouver face à une paire de fesses dures et généreuses. Je place le mec penché vers l’avant, avant d’ouvrir le beau coquillage anal que j’investis de ma langue dure et très humide. L’anneau se contracte et se relâche, puis il finit par s’ouvrir davantage. Je me relève, dresse ma queue sur l’orifice et très lentement je pousse. Ses gémissements prennent un air de supplice, il doit être vierge, car la douleur contracte tout son corps et ma queue est serrée par son anneau. Il murmure : “Non, j’ai mal, arrête !” Mais ma queue s’enfonce, inexorable dépucelage. Quand ma queue est tout entière absorbée par son cul, j’attends quelques secondes, puis j’attaque une sodomie progressive, des allers et retours adaptés à nos plaisirs, une promenade vers le septième ciel. Ses gémissements d’abord très sonores deviennent très aériens, et bientôt les claquements de ma peau sur ses fesses rythment notre accouplement.

Lorsqu’il jouit, il serre les dents, laissant s’échapper un souffle sifflant, tandis que les giclées se répandent sur la cabane et sur le sol. Son anus contracté enserre si fortement ma queue qu’elle libère généreusement et par saccades tout le plaisir que j’ai à lui offrir jusqu’à l’épuisement complet des énergies. Après cela, nous nous embrassons longtemps, tandis que ma queue mollissante regagne son territoire et que le préservatif reste pendant entre ses jambes.

Il s’appelle Serge, il a dix-neuf ans et moi vingt ans. Aujourd’hui, j’espère qu’il garde au ventre le souvenir de cette chaude rencontre. Alors toi, lecteur, si tu as le gabarit de Serge ou si tu t’en approches, fais-toi connaître. Et toi, chasseur, fais-moi connaître ta correspondance privée, moi j’ai encore des tas de choses à te raconter. Je recherche également un photographe de talent pour de doux clichés.

Pascal, 33 ans. (84).