Un adolescent désorienté


Un adolescent désorienté
Texte paru le 2004-10-06 par Urbain   Drapeau-fr.svg
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 Ma mère m’a demandé autour de mes douze ans «Pourquoi Jimmy joues-tu ainsi à la poupée?» Je ne sus pas quoi dire je faisais ça tout le temps De chiper à ma sœur ses fringues, ses souliers 

Alors quand j’étais seul, que j’enfilais ses jupes Je dandinais du cul marchant vers le miroir J’étais très étonné que la famille soit dupe De mon envie d’aller traîner sur le trottoir 

Deux-trois années plus tard, j’avais pour clientèle Des garçons du collège pour lesquels je taillais Des pipes dans les toilettes en doigtant les rondelles Je crachais leur jouissance en prenant les billets 

J’allais en maraudeur dans la carré des grands Quêtant tel un mendiant un regard vicieux D’un mec dans les chiottes auquel l’œil brillant Avoue sa folle envie de mon corps gracieux 

Ces passes n’ont jamais donné moindre tendresse J’avais obligation sitôt après le jet De quémander mon dû, en m’essuyant les fesses, Au lycéen honteux qui jetait sa monnaie 

Dans mon quartier huppé traînent quelques tapins Élise, Vanessa et un nommé Paulo Son cul dépasse un max de sa mini satin On jurerait une meuf avec ses gros lolos 

Moi, quand ça dort chez nous, que maman a éteint J’entreprends l’habillage, le string et ses dentelles Bas de soie à troutrou, jupette, fond de teint Un peu de rouge aux lèvres et là je me sens belle 

Écartant le rideau je guigne comme un dingue Les clients qui s’arrêtent, hésitent, font leur choix Et Paulo qui revient en ajustant ses fringues Et Vanessa qui pompe, presque nue, dans le bois 

Ces gens très attirants je me sais proche d’eux Dans un peu je serai moi aussi leur confrère J’ai envie de ces nuits qui me rendront heureux D’être rempli de foutre et jouir de ce clystère 

Un soir, j’ai descendu, l’escalier de secours Me mêlant à ce cirque, levé le micheton Et sous les quolibets des putes de basse cour J’ai grimpé la bagnole d’un homme très mignon 

Y m’as dit «Tu viens d’où, t’es nouvelle dans la rue», J’ai répondu que «Oui, c’était la première fois» Là ma voix m’a trahie j’étais loin de ma mue «Mais t’es un mec mon pote, j’aim’ pas trop ça chez moi.» 

«Je vous en prie je reste, même gratos s’il vous plaît» Mon cul c’est une chatte, et mille fois plus doux Qu’une vulgaire foufoune trop molle et fatiguée Aimez-moi, Cassiopée brillera aux nuits d’août 

«T’es pas trop mon affaire p’tit mignon mais t’es beau Et j’aime bien les seins et le cul rond des filles Mais t’es vraiment sexy...! Allez, je t’offre un pot Tu verras comm’ l’alcool et le cul émoustillent 

On est allé chez lui et il m’a chuchoté «Tu parles pas trop fort pour ne pas qu’il s’éveille» «Qui est là à dormir ?» j’ai alors demandé «C’est mon gosse je l’adore cette petite merveille» 

«Ma femme s’est tiré, paraît que j’l’aimais pas »Ou pas bien, ou pas trop, j’sais plus vraiment pourquoi, »Alors je vais aux putes et ce soir te voilà »Mais que peut-on bien faire d'un p'tit mouflet comme toi» 

«Un mouflet...! J’ai seize ans et vous me trouvez beau, »Laissez-moi vous toucher et vous lécher partout »Dénudez votre corps que je vois votre peau »Et moi, comme un vrai chef, vous verrez j’ose tout. 

»Mon corps va vous ravir, osons jouer aux quilles »Sans sommeil vous vivrez des rêves enivrants »Mes fesses de garçons valent celles des filles »Et si vous me baisez vous jouirez en hurlant.» 

«Petit quitte ces fringues, montre-toi en garçon »Et si t’aimes mon sexe, je veux toucher le tien »Je le veux flamboyant, je le veux en action »Je veux le faire pleurer à l’égal du mien.» 

Ainsi furent les choses et les hommes s’aimèrent En folie, en passion, en animalité Et le corps de celui qui subissait le fer Du bras de son tireur ne ressortit blessé 

Jimmy dans ce duo révéla l’étalon À l’égal de l’autre il chevaucha ce frère Et fit rugir sa chair à grand coups d’aiguillon Qu’il avait tant honni et refusait naguère 

Il découvrit ce jour que le rôle d’empaleur Gagne en intensité quand le recto-verso Qui fait changer de poste au fort de la chaleur Tourne subtilement le désir du macho 

De ce grand soir d'échange il tient en souvenir Que lutte de deux hommes est moment prodigieux Qu’éperonner son double décuple son désir Que rien n’est aussi doux que faire l’amoureux 

— -Urbain – Mars 2004 



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