Un amour de jockey

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Numéro 10

Texte d'archive:


Archivé de: Gay Confessions – Numéro 10
Date de parution originale: c.1993

Date de publication/archivage: 2017-12-18

Auteur: Pierre
Titre: Un amour de jockey
Rubrique:

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Je m'appelle Pierre, j'habite Pompadour pas très loin du club Med. Je me rends souvent du côté du champ de course pour admirer les jockeys dont je tombe amoureux systématiquement sans qu’ils le sachent. C’est vrai, j'ai un très fort penchant pour ces petits hommes qui mènent leur monture à la cravache. Seul dans un coin je m’abandonne aux fantasmes les plus fous, en ne les quittant pas des yeux.

Dernièrement j’étais chez moi, seul devant ma télé, et je regardais une arrivée du tiercé. Un des jockeys parlait avec un journaliste. En gros plan j’ai apprécié sa taille et son poids, j’étais fou d'excitation et me décidai de partir chercher du travail là où je pourrais contempler cette miniature à mon aise. N'ayant rien a perdre, avec mes quelques économies et mes connaissances en matière de race chevaline, je me présentai chez un grand éleveur pour faire un stage de perfectionnement aux écuries.

Je fus content du voyage. Le matin très tôt j'étais aux écuries avec les autres garçons, mais moi j'allais toujours m'égarer vers les élèves jockeys. Ces petits hommes me rendaient fou. J'avais envie de les prendre dans mes bras pour les mettre sur leur monture, de caresser leurs bottes, de leur mettre la main aux fesses. J'aurais fait n'importe quoi pourvu qu'ils se rendent compte de ma présence. Mais eux, c'était pour se faire une carrière qu'ils étaient là, donc moi comme les autres, j’étais un pion, parmi les garçons d'écurie.

Souvent le maître d'écurie me rabrouait devant tout le monde, alors dès que j'avais fait mon travail, j'allais me cacher pour observer celui que mes sens avaient choisi. Il était tout menu, tout jeune, la carrure d'un enfant de 15 ans, il marchait en tenant son cheval par la bride tout en lui parlant et lui flattant la joue, j'étais presque jaloux. Puis je l’observais quand il le brossait soigneusement. Ensuite il partait vers les douches, et je m'arrangeais toujours pour être sur son passage, jusqu'au jour où il me demanda si je voulais bien lui rendre un service. Je sautai sur l'occasion. Il avait oublié sa trousse de toilette dans la salle à manger. Je me précipitai pour aller la prendre, et en revenant je le trouvai nu, sous la douche.

Tout en lui tendant sa pochette, j'en profitai pour regarder ce petit corps musclé et vigoureux. Il me dit qu'il était obligé de ce tenir prêt, car il partait pour présenter les chevaux dans un concours à Pompadour. Mon sang ne fit qu'un tour, je lui dis aussitôt que j'étais de ce pays, et que puisque j'étais de repos pour trois jours, j'irais faire une visite à mes parents, et que je l'invitais chez moi s'il voulait bien. Il ne dit pas non, mais vu qu'il ne connaissait pas encore le programme, il verrait sur place. Pour moi, c'était déjà tout vu.

J'arrivai avant lui, et tout de suite je me renseignai pour savoir à quel moment je pourrais le voir. J'attendis l'arrivée du Van dans lequel il voyageait. Mon cœur cognait à grands coups dans ma poitrine. Quand enfin il arriva j'étais tout ému, il vint vers moi, avec son sac de voyage sur l'épaule, il ressemblait à un collégien en vacances. J’ai eu juste le temps de lui dire de venir manger chez moi et prendre une douche, Il me promit de me suivre, mais il devait avant tout s'occuper des chevaux.

Je l'attendis avec impatience. Quand il revint vers moi, il avait un beau sourire, et il était surtout content de passer une soirée avec quelqu'un qu'il connaissait. Après le dîner nous sommes allés dans ma chambre pour discuter un peu de la course du lendemain, mais surtout je voulais qu'il me parle de lui. Il s'appelle Didier, il a 20 ans, il est dans les chevaux depuis l'âge de 14 ans, et il espère se faire une bonne situation en gagnant quelques grands prix.

Je me suis assis à ses côtés pour lui montrer mon album photo ; je faisais tout pour me pencher vers lui. Je le humais, le frôlais, et il ne se repoussait pas. Puis nous nous sommes couchés chacun de notre côté, car dans ma chambre il y a des lits jumeaux. Je le regardais dormir, couché sur le côté comme un enfant fatigué, j'avais envie de le caresser, de le choyer, de le prendre dans mes bras.

Le matin très tôt, nous nous sommes levés tous les deux en même temps, je lui préparai un bol de céréales, et nous sommes partis aux écuries soigner les bêtes. J’étais fou de joie, j’étais fou amoureux de ce petit bonhomme. Ce fut une journée inoubliable. Tout y était, même le soleil. Dans mon esprit, il m’appartenait déjà.

Le soir, nous nous sommes retrouvés dans ma chambre. Il me raconta qu’il avait un copain qui s’était tué dans un accident de voiture, et que depuis il était seul, et malheureux. J’en profitai pour le prendre dans mes bras comme pour le consoler. Il avait une larme qui coulait sur sa joue, et j’ai attendu qu’elle arrive sur ses lèvres pour la lécher. Il ferma les yeux, et après un petit sanglot il se livra à moi. Je le déshabillai, puis le portai sur mon lit comme une chose fragile. Je voulais lui faire oublier son chagrin, qu’il sache que la vie continue pour ceux qui restent.

Nous nous sommes enlacés, emmêlant bras et jambes, puis nos lèvres se sont rencontrées pour un baiser foudroyant. D’une main je me déshabillai, et de l’autre je tenais sa tête. Nous nous sommes fais mille caresses avant de nous pourfendre mutuellement tard dans la nuit.

Depuis nous ne nous quittons plus, nous sommes retournés au haras et avons pris un appartement. Je veille sur lui, sur son travail, et aujourd'hui il a déjà remporté pas mal de courses célèbres. Nous sommes très heureux, et mutuellement nous nous complétons.

Pierre, 27 ans. Pompadour.