Un hétéro qui m'aime

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Numéro 85

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 85
Date de parution originale: Novembre 1997

Date de publication/archivage: 2012-06-08

Auteur: Patrick
Titre: Un hétéro qui m'aime
Rubrique: Les infos du minitel

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 4349 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Ça s'est passé il y a plus d’un an déjà. À cette époque, je venais de vivre, assez mal, la rupture d'avec mon mec. Je m’étais mis à ressortir dans les bars. Je consommais de la bite au kilomètre sans trop me poser de questions, et je jetais les mecs que je baisais à queue-que-veux-tu après les avoir essorés, comme des Kleenex usagés. Je jouais les cyniques, mais je n’étais pas très fier de moi.

Les nuits à draguer dans les parcs, les saunas ou les boîtes ne me suffisaient pas. J'étais devenu boulimique. Le bureau où je travaillais était devenu l'anti-chambre de mes obsessions. C'était trop simple: je disposais d’un Minitel, et c’était gratuit! Pourquoi se gêner? Le travail bâclé, je me précipitais sur le clavier pour composer tous ces 3015 dont on voit les pubs dans la presse gaie. Plus pour écrire des saloperies que pour rencontrer des mecs. Disons que ça me maintenait en forme jusqu’au soir!

Je prenais toujours des pseudos hard, histoire qu’il n’y ait pas méprise sur "l’animal". Un jour, un connecté, pseudo "BESOIND’1MEK" m’envoie un “SLT". Tout a commencé là. On a discuté, de cul. de bite et de couilles, bien sûr, mais aussi d’autres choses, un peu de sa vie, un peu de la mienne. J’ai appris qu’il vivait dans un gros bourg au sud de Lille, qu’il était agriculteur et qu’il était... marié avec quatre gosses. Ma curiosité a été titillée. On s’est retrouvés sur le même code le lendemain et le surlendemain. Puis il m’a appelé, mais il a dû raccrocher vite, car son frère, avec qui il travaille, arrivait. Il m’a rappelé dix minutes plus tard, et il m'a laissé entendre, sans avoir l’air d’y toucher, que sa femme et ses mioches partaient pour un petit voyage familial de deux jours et que... Message entendu!

Le vendredi soir, j’ai hésité avant de monter dans le TGV pour Lille. Il avait beau s’être décrit au téléphone, il n’aurait pas été le premier à s'avantager exagérément pour décrocher le ticket.

À Lille, je m'approche du bout du quai, sur le qui-vive. Je porte sur l'épaule un sac de sport rouge et vert, comme prévu. Je n’ai pas à attendre: “Patrick?" "Charles?" Il n’a pas menti, loin de là: ce mec est VRAIMENT beau. Il est plus grand que moi, au moins 1m86. Il est mince, et il fait plus jeune que son âge, trente-sept ans, même s’il a déjà quelques cheveux blancs sur les tempes. Il est en treillis et blouson, avec des grosses godasses. Il a l’air timide, on dirait un débutant. Il me fait monter dans un 4x4 et nous voilà partis chez lui. Dans la nuit, on se regarde de temps en temps. Il me sourit et on parla peu. Je pose ma main sur sa cuisse.

Arrivé chez lui, je m'aperçois vite que ce n'est pas un petit agriculteur: la maison est immense, une douzaine de pièces au moins, très confortable. Il m'offre un scotch et se sert une bière. C'est là que le Charles en question m'avoue qu’il n’a jamais fait l’amour avec un garçon. Il a dit “garçon”, et non pas "mec". C’est touchant. désuet, et de plus en plus excitant. J'ai vite compris que je devais prendre l'initiative. Je pose mon scotch, je m'approche de lui, je contemple son beau regard doré cerné de petites ridules joyeuses, ses lèvres viriles, ses fossettes, sa coupe de tifs qui n'a rien à voir avec les rasés du Marais, et je l'enlace. Son baiser est chaleureux, puissant mais tendre, on sent qu’il n'a jamais embrassé un homme. Il me serre dans ses bras et me renverse un peu la tête en arrière, comme si j'étais une... femme. "T’as pas l'habitude, hein?” je lui fais. “À toi de tout m'apprendre!" il me répond.

Et je lui ai tout appris de l'amour entre mecs cette nuit-là. J'ai déployé tous mes talents de baiseur et d’amant. Non pas pour l’éblouir, lui, l’apprenti, mais parce qu'il m'a fait flasher. J’ai aimé son côté naturel, sans affectation, son regard qui au fil des heures devenait de plus en plus amoureux, sa fraîcheur et... son physique avantageux. Beau corps, torse généreux, peu de poils, ventre plat, grosse bite et belles couilles un peu pendantes, cuisses épaisses, et un beau petit cul pommé... dont je me suis délecté!

Il m'a enculé avec douceur, calme et... professionnalisme, je je puis dire. Il m'a limé de derche comme un roi, sans cesser de sourire et de me regarder droit dans les yeux. Et puis il a voulu que je lui dépucelle son trou vierge. Là aussi, mon “professionnalisme" a fait des miracles: il a joui en se tordant en tous sens, j'ai vu sa sauce fuser dans toutes les directions. On était couverts de foutre! Quand je lui ai demandé si ça avait été bon, il a juste acquiescé et m'a dit: "Tu es beau, Patrick..."

Depuis un an, on ne s’est rencontrés que... trois fois. Non seulement il est marié avec quatre mômes, mais il est le plus gros propriétaire terrien du coin, et maire du gros bourg où il vit! Il m’appelle environ une fois la semaine, quand il peut être seul un instant. II m’aime, je le sais; je suis son premier mec. Moi, je ne sais pas, nos rencontres sont trop rares. Mais depuis, je ne "consomme" plus de mecs comme avant: je "fais l’amour".


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