Un jour de vacances


Un jour de vacances
Texte paru le 2017-07-25 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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J’étais en vacances dans un pays étranger, je prenais le temps de vivre ce jour-là, un peu lassé des musées et autres monuments. La chaleur était étouffante, j’aurais pu rentrer à l’hôtel et plonger dans la piscine, je n’en avais même pas le courage. Je buvais une eau minérale à la terrasse d’un café, observant les autres clients, la plupart des touristes obèses en habits multicolores.

Un jeune homme attira mon attention, je me demandais : était-ce un touriste ou un indigène ? Il était vêtu d’un tee-shirt blanc et de jeans. Il pianotait sur son iPhone dernier modèle. Je penchais pour un touriste mais il interpella le garçon dans la langue locale pour payer son thé. Il se leva. Je ne sais pas ce qu’il me prit, je décidai de le suivre, discrètement.

Il marcha 200 mètres, puis entra dans un bâtiment aux murs crépis de blanc. J’étais déjà passé devant plusieurs fois : c’était un hammam. Il faisait bien chaud pour prendre un bain de vapeur, le désir fut le plus fort, j’allais pouvoir revoir des hommes nus. Il n’y avait évidemment pas de saunas gays dans ce pays. J’entrai à mon tour et je m’adressai au caissier. Il ne parlait ni le français, ni l’anglais et j’étais emprunté, je m’apprêtais à ressortir lorsque le jeune homme s’approcha de moi :

— Puis-je t’aider ? me demanda-t-il en français.

— Volontiers, répondis-je, c’est la première fois que je viens ici.

— C’est tout simple, tu donnes un billet de 20 au caissier, il va te prêter une clé pour le casier et une serviette.

— Merci, vous savez bien le français.

— J’ai travaillé dans un call center pour la France. Appelle-moi Pierre, c’était le nom que j’avais pour les clients. Et tutoie-moi.

— Bien sûr, je m’appelle Daniel. Mais je préférerais connaître ton vrai nom.

Il ne me répondit pas et me mena dans le vestiaire.

— On se déshabille entièrement ?

— Comme tu veux, tu peux garder ton slip si tu es pudique. C’est le jour des hommes, tu ne verras pas de femmes, et tu sais bien qu’il n’y a pas d’homosexuels dans ce pays. Je te conseille quand même de l’enlever si tu n’en a pas pris de rechange, après il sera mouillé.

Je me demandai pourquoi il m’avait fait cette remarque. Avait-il deviné que j’étais gay ? Avait-il compris que je l’avais suivi ? Lui laissa le sien, un slip blanc en coton. Je pus quand même contempler son magnifique corps. Moi, je mis la serviette autour de ma taille et j’ôtai mon boxer.

Nous nous rendîmes dans une première salle. Nous prîmes des coupelles en argent pour nous mouiller le corps. L’eau qui coula sur son slip blanc le rendit presque transparent et je pus deviner les contours de son sexe circoncis. J’eus un début d’érection. J’eus l’impression qu’il remarquait mon trouble, il me sourit et me demanda :

— Tu aimes l’ambiance ? Assez sensuel, non ?

Comme j’aurais aimé être en Europe dans un sauna pour l’emmener immédiatement dans une backroom !

Nous fîmes le tour des différentes salles, il y avait d’autres personnes, je me calmai. À la fin, nous nous retrouvâmes au vestiaire, nous étions seuls. Je me demandai si il allait enlever son slip mouillé. Il ne le fit pas, enfila son jeans par-dessus. J’étais un peu déçu de ne pas avoir vu sa bite. Quant à moi, j’exposai la mienne à sa curiosité, alors que je bandai à nouveau, il la regarda attentivement et me dit « pas mal ». Il tendit sa main, la toucha, puis se ravisa.

Nous sortîmes du hammam et je pensai que cette rencontre allait se terminer ainsi, lorsque « Pierre » me demanda :

— Tu viens boire un verre de thé chez moi ?

Je crus que je rêvais, il m’invitait chez lui ! Je bafouillais :

— Euh, avec plaisir, je te suis.

Je suivis Pierre. Pendant le trajet, il me fit des commentaires à la manière d’un guide touristique. Il était très fier de sa ville. Nous marchâmes pendant vingt minutes jusque chez lui. Il habitait au dernier étage d’un immeuble sans ascenseur. J’étais en nage lorsque nous arrivâmes en haut. Il faisait très chaud dans son petit appartement malgré les stores fermés, il n’avait pas de climatisation.

Il enleva son tee-shirt et me mena dans sa cuisine, puis cuisit de l’eau pour le thé. J’aurais préféré une boisson froide, mais je n’osai pas le lui dire. Il rajouta de la menthe. Il ne parlait pas beaucoup, je lui demandai :

— Tu m’as dit que tu travaillais dans un call center, tu as arrêté ?

— Il m’ont viré car j’ai dit mon vrai prénom à un client, Mouloud, la conversation était enregistrée. J’en avais marre de me faire passer pour un Parisien.

— Ah, et tu es au chômage maintenant ?

— Non, je suis indépendant.

— Que fais-tu ?

— Je vais te montrer. Finissons d’abord le thé.

Mouloud resta silencieux puis me conduisit dans sa chambre. Un lit, un ordinateur avec une caméra dirigée sur celui-ci. Un clavier sans fil. Un grand écran relié au PC.

— Voilà, me dit Mouloud, ma place de travail.

— Euh, dis-je, tu es programmeur informatique ?

— Ne dis pas de conneries pour me faire plaisir, je suis branleur, branleur professionnel. Je me branle devant ma webcam pour faire jouir mes clients.

Je compris alors, Mouloud était le « modèle » d’un de de ces sites web où l’on pouvait voir des hommes en train de se masturber. Il me fit signe de m’asseoir sur une chaise, se déshabilla rapidement, ne gardant que son slip blanc encore mouillé, se coucha sur le lit et pianota sur son clavier.

— Voilà, me dit-il, le monde entier peut me mater.

J’étais extrêmement gêné, c’était différent de voir ces hommes désincarnés chez soi - j’avoue que ça m’arrivait d’en regarder, zappant d’un à l’autre - et d’être en contact direct avec l’un d’entre eux. Je décidai de partir. Je dis à Mouloud :

— Je vais m’en aller et te laisser, euh, travailler.

— Non, reste, tu voulais me baiser, non ?

— Oui, je voulais, mais je ne savais pas que…

— Reste, je n’en ai que pour une demi-heure.

Pendant que nous discutions, Mouloud prenait des positions très suggestives, passant la main sur l’étoffe de son slip blanc, répondant brièvement aux sollicitations sur son clavier. Quelqu’un demanda une session privée, Mouloud acquiesça. Il enleva voluptueusement son sous-vêtement et je pus enfin voir sa belle bite. Elle était assez grosse, mais pas trop, très bien proportionnée, sans aucune courbure, il bandait déjà. Il prit un gode qu’il introduisit entre ses fesses. Il fit durer la session, se refusant à éjaculer avant que l’autre ne lui redonnât du crédit. C’était un vrai pro de la branle. Il prit un kleenex et se nettoya.

J’étais quand même excité malgré le côté sordide ce que j’avais vu. Mouloud me dit :

— À nous deux maintenant, est-ce que ça t’a plu ? Tu veux me baiser maintenant ?

— Je… Je ne sais pas. Tu veux que je te paies ?

— Tu sais, contrairement aux apparences je suis vierge. Dans ce pays l’homosexualité est mal vue. Je pensais que tu pourrais me dépuceler.

— Je risque quelque chose ?

— Si ils mettaient tous le pédés en prison, il n’y aurait plus de place. Ils font de temps en temps un exemple, en arrêtent quelques uns et leur font examiner le trou du cul par un médecin pour voir s’ils sont gays.

— Tu n’as pas répondu. Je dois te payer ?

— Je te laisse le choix, ou bien c’est gratuit et romantique, ou tu me paies.

— Combien ?

— 500 euros.

— Autant ?

— Je dois payer mon loyer et m’acheter les derniers gadgets à la mode, toi, tu travailles et ton salaire te permet de t’offrir tout cela et en plus des vacances dans un pays exotique.

— Avec les compagnies low cost ce n’est pas si cher.

— Oui, mais tu n’as pas besoin de visa pour venir ici, moi je ne peux pas aller en Europe.

J’hésitais. Je n’avais jamais payé pour avoir du sexe, je me contentais d’aller dans un sauna pour baiser. Je cherchai une excuse et je dis :

— Je n’ai pas autant d’argent sur moi.

— J’ai un compte PayPal, tu peux me virer le montant. On le fait aussi gratuitement, pas de souci.

Cette fois je n’avais plus le choix, je devais prendre une décision.