Clandestin sur le "Titanic" (1) 10 et 11 avril 1912


Clandestin sur le "Titanic" (1) 10 et 11 avril 1912
Texte paru le 2012-04-10 par Suceurfou   Drapeau-fr.svg
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur



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Je me baignais dans l'Océan (encore frais, mais tellement revigorant) de début avril, faisant comme à mon habitude l'amour avec les vagues, lorsque je reçus en pleine tronche une bouteille en verre. Après avoir vérifié que mon charmant sourire ne souffrait pas de la perte d'une dent, je me rendis compte que l'inattendu projectile contenait un message. J'ai pensé au début à un canular, mais une lecture attentive du document finit par me convaincre. Il est de mon devoir de communiquer ici ce témoignage, et de recycler la bouteille dans le conteneur prévu à cet effet. Par quel miracle cette bouteille lancée à la mer en avril 1912 par un passager du Titanic arriva-t-elle sur une plage landaise un siècle plus tard ? Je compte sur les nombreux lecteurs de "Gai-Éros" spécialistes des courants marins pour éclairer ma lanterne. (Suceur).

Cherbourg, le 10 avril 1912

Ça y est, ma nouvelle vie commence ! Adieu le Vieux Monde, à nous deux le Nouveau ! Hippolyte Mesnard arrive ! Oubliées les injustices, finis les mauvais traitements ! Je pars pour les États-Unis d'Amérique. Je ne parle pas encore très bien anglais, mais je le comprends couramment et je suis sûr de réussir. Je suis jeune (20 ans), fort, le travail ne me fait pas peur et si je ne suis pas cultivé, je sais bien que je ne suis pas bête non plus. La France est sclérosée, je n'y ai aucune chance. Fils naturel d'une domestique de Cherboug, je me suis assez fait traîter de bâtard. Bien sûr, j'ai répondu avec les poings, mais j'étais seul et eux si nombreux... Je n'ai jamais eu de véritable ami, même parmi ceux de ma "classe". Là où je vais, je recouvrerai ma dignité. Ma pauvre mère vient de mourir, mon "père" l'a chassée quand elle est tombée enceinte de ses oeuvres, comme si elle était la seule responsable. Il ne s'est jamais occupé de moi. Plus rien ne me retient. Là-bas tout ira mieux, forcément, sinon la vie serait trop injuste et n'aurait pas de sens. De toute façon, cela ne sera pas pire. Impossible. "Liberté, Égalité, Fraternité" ! Foutaises !! Liberté de mourir de faim dans la rue ! Égalité ! De la naissance à la mort, les riches et les pauvres vivent dans deux mondes parallèles qui ne croisent jamais. Les domestiques dans leurs chambres de bonne sont aussi éloignés de leur "maîtres" qui vivent à l'étage noble que s'ils habitaient en Cochinchine. Santé, justice... tout est différent. Les barrières sont trop hautes pour être sautées. Fraternité ? Personne ne m'a jamais tendu la main, beaucoup m'ont tendu le poing... Quand tu portes des vêtements rapiécés et que tu n'es pas très propre, tu ne reçois pas beaucoup de sourires des bourgeois lorsque tu oses te promener sur les boulevards. Les femmes par instinct serrent leur sac contre elles... Cela fait mal. Moi qui suis si honnête. Est-ce que ces rupins pensent que nous aimons les haillons et la saleté ? Nous prennent-ils pour des porcs ? J'ai toujours mis un point d'honneur à être aussi propre que je le pouvais. Mais ce n'est pas toujours facile, avec une garde-robe limitée au minimum et sans tub...

Honnête je l'ai toujours été, pourtant... On m'a bien proposé des mauvais coups rentables et rapides, j'ai toujours refusé de suivre les apaches. Je respecte trop ma mère pour sortir du droit chemin. Ma naissance a gâché sa vie, "fille-mère", comme ils disent, elle a reçu sa part de mépris et sa vie trop courte n'a été qu'une suite de sacrifices. La pauvre n'a plus froid, n'a plus faim. Honnête, je l'ai été quand mon dernier patron m'a promis un beau billet de cinq francs en me caressant les fesses... Mon cul n'a pas de prix ! Je lui ai cassé la figure. Pour se venger, il m'a accusé de vol... Le salaud ! C'est dans son hotel que j'ai appris ce que je sais d'anglais. Le Vieux Monde est trop vieux, il ne laisse pas sa place aux pauvres qui veulent sortir du ruisseau, il pourrit lentement...

Mais c'est fini, tout ça ! J'ai réussi à monter à bord du plus beau paquebot du monde, le Titanic. Pensez donc ! Je me suis fait engager pour charger des marchandises et me suis dissimulé. Le bâteau est si grand, une vraie ville ! Même si je n'ai pas payé mon billet, je suis fier d'être passager sur cette merveille de la technologie, le premier navire insubmersible. Il est la preuve flottante que grâce à la science, nous allons vers une société idéale. Bientôt plus de famine, plus de maladies, plus de guerres ! En attendant, je vais sortir mes provisions, manger et dormir dans le canot de sauvetage dans lequel je me suis réfugié.

Titanic, Le 11 avril

Cela arriva plus vite que prévu. J'avais été démasqué. Je me doutais que je ne pourrais pas me cacher durant toute la traversée, mais je ne pensais pas si tôt. Je m'étais bien dissimulé lors de l'escale de Queenstown[1]. Pas question de me faire repérer avant d'être en haute mer. Je n'avais pas peur, ils n'allaient pas me jeter par dessus bord aux requins ! Sans doute me proposeraient-ils de travailler pour payer mon voyage. Des matelots me conduisirent à la timonerie où m'attendait le commandant, un certain Edward Smith[2].

Smith est un homme d'un soixante d'années, très élégant dans son bel uniforme blanc. Il se dégage de lui une impression de calme et de bonté. Je me targais alors d'être un fin psychologue et un physionomiste averti. Avec sa barbe et ses cheveux blancs, il me fit penser à un grand-père inoffesnsif et bienveillant, et je me sentis immédiatement en sécurité. Il était accompagné du commandant en second, William Murdoch[3], du premier officier, Charles Lightoller[4] et du second officier, Henry Wilde[5]. Tous trois semblaient avoir dans les 35-40 ans.

— Alors, petit Français, on vole la White Star Line ?

— Je suis prêt à travailler pour rembourser le voyage, Commandant.

— Il est jeune et vigoureux, Commandant. Il manque à l'appel depuis Queenstown trois hommes à la salle des machines.

— Sans oublier, Commandant, l'incendie qui fait rage dans la salle des chaufferies n°5 depuis neuf jours déjà...

— Bien sûr qu'il va travailler dans l'enfer des chaufferies, à plus de 60 degrés. Mais avant nous allons le traiter comme les mousses d'autrefois... Ah, l'enculage des mousses ! Nous allons lui apprendre la vie... Mon cher James Arthur Paintin[6], mon bien aimé steward personnel, ma douce salope, est bien trop ouvert pour traire comme il se doit le bon lait de ma queue. Quel est l'intérêt, Messieurs, de baiser un jeune homme si son cul ressemble à la chatte distendue de ma vieille femme, la gentille Sarah ?

— Aucun, Commandant !

— Heureux de vous l'entendre dire. Préparez-moi cette petite pute...

J'essayai bien de fuir, de me défendre, croyez-moi. Mais malgré ma force et mon énergie du désespoir, ils étaient trop nombreux. Je n'ai pas à avoir honte. Les trois officiers me déshabillèrent sauvagement et me forcèrent à m'agenouiller devant le commandant. Cet homme vénérable qui inspire le respect et la confiance n'était qu'un vieux satyre lubrique. Il me présenta sa grosse bite pour que je le suçasse... Quelle horreur ! Pouvez-vous imaginer la vision d'un gland turgescent et violet devant les yeux, en gros plan ? Non, sûrement pas... Le sexagenaire était vigoureux et m'enfonça de force sa matraque. Moi qui pensais qu'après un certain âge les hommes perdaient leur vigueur sexuelle, je me trompais bien. Hélas ! En fait, il me baisait plus la gueule que je le suçais. Il me défonçait violemment la gueule avec sa bite.

— Elle est bonne, hein grosse salope ? Tu l'aimes, petite grenouille vicieuse ? Tu vas boire le meilleur des breuvages, le jus d'un officier anglais ! Vive George V, vive l'Empire. Avale !

— God save the King ! Lancèrent les officiers pendant que j'avalais le liquide chaud et amer de leur supérieur...

Je crus que j'allais vomir. Je pensais que mon calvaire était terminé, après avoir été ainsi publiquement humillié et abusé, que pouvaient attendre encore de moi ces misérables ? Comme j'étais naïf alors... Hélas, de mon innocence, il ne reste rien... Ils m'expliquèrent qu'ils allaient tous me baiser et la gueule et le cul ! Et suivant l'ordre hiérarchique ! Comme c'est britannique ! Perfide Albion ! Organiser un viol en respectant les conventions sociales... Ainsi fut fait.

Murdoch glissa sa grosse queue dans ma petite bouche. Wilde, à la demande de Smith, me doigta. Un doigt, puis deux. Quelle brûlure, quel outrage. J'ai compris que j'allais perdre la seule richesse du pauvre, la virginité de son cul ! Ce que j'avais voulu fuir en France allait se produire sur ce maudit paquebot.

Smith présenta son gland monstrueux à l'entrée de mon trou mignon et vierge. Il profana ce sanctuaire destiné à rester toujours inviolé... Je pensai à Jeanne d'Arc. Je crus mourir quand les couilles du commandant touchèrent les miennes. Je me sentis coupé en deux, je n'avais jamais auparavant autant souffert et n'imaginai pas que l'on pût survivre à un tel déchirement. Je n'avais pas tellement mal à l'anus, comme je le craignais, mais une souffrance inimaginable irradiait dans tout mon ventre. Mourir enculé, quelle mort affreuse ! Le supplice du pal... Heureusement l'atroce brûlure laissa place à une douleur plus supportable.

J'espérais que Smith m'épargnerait une dernière honte en ne jouissant pas dans mon cul, ce qui représente pour moi l'asservilissement ultime. Il le fit, le misérable. Il remplit mon petit cul de son jus brûlant. Je sentis les différents jets et je les imaginais sortant de sa pine et me repeignant les parois anales... J'étais marqué par son foutre comme les esclaves autrefois au fer rouge, rien ne pourrait effacer cet outrage. Murdoch jouit dans ma bouche à son tour.

À tour de rôle, les officiers me remplirent la bouche puis l'anus. Quatre doses dans chaque orifice, rien ne me fut épargné... La douleur, dois-je le dire, non seulement s'estompa, mais fut lentement remplacé par un plaisir honteux. Je bandais. Ils en profitèrent, les traîtres, et me branlèrent jusqu'à la jouissance. Je rebandais aussitôt. Je jouis une deuxième fois sans même être touché... C'était si bon, mais je me sentais si méprisable devant leurs rires obscènes. Je suis un vrai homme, pas une putain. Et pourtant...

L'orgie finit enfin faute de jus et je fus mis aux arrêts, le cul dégoulinant et la bouche pleine d'amertume. Seul, je pleurai comme je ne l'avais plus fait depuis que ma mère était partie pour un monde meilleur. Maman ! Que me réserve demain ? Et les autres jours ? Mon Dieu...

Oh, je vous maudis tous, autant que vous êtes ! Abuseurs d'un pauvre innocent, votre crime ne restera pas impuni logtemps ! Et je te maudis aussi Titanic, satané raffiot !

Hippolyte Mesnard.


Notes de Suceur
  1. Queenstown se nomme Cobh depuis 1922.
  2. Edward Smith (1850-1912)
  3. William Murdoch (1873-1912)
  4. Charles Ligtholler (1874-1952)
  5. Henry Wilde (1872-1912)
  6. James Arthur Paintin (1882-1912)


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