Duo de branlettes

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-08-14

Auteur: Sylvain
Titre: Duo de branlettes
Rubrique: Rencontres

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 4491 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Depuis son départ de Béziers, le train corail avalait les kilomètres avec la même régularité. La campagne défilait inlassablement devant mes yeux et le jeune type assis à mes côtés qui venait de monter sortit un magazine. La vingtaine, les cheveux blonds comme les blés et les yeux d’un bleu translucide, il me sembla un peu fluet. Poli, il m’avait demandé la permission de s’asseoir.

J’ai jeté un coup d’oeil sur ce qu’il lisait : c’était un journal homo illustré. Sur l’une des photos, on y voyait un type à genoux, les mains agrippées aux cuisses musclées d’un superbe athlète se faisant avaler le sexe. Il s’est pas mal arrêté sur cette image. Le gars debout devait faire de la musculation car tous ses muscles saillaient d’une manière impressionnante ; peut-être mon jeune voisin fantasmait-il sur les baraqués ?

J’ai d’abord été surpris de le voir mâter de cette manière son canard car en général les gens sont plus discrets pour lire ce genre de publications et cette désinvolture m’a un peu excité. Je l’ai examiné plus attentivement. Visiblement il était imberbe, quelques poils presque blonds s’éparpillaient sur ses bras, il avait de longues mains fines, les traits de son visage étaient réguliers mais il me parut fade. Quand je lui ai demandé «s’il aimait ce genre de magazines», la façon dont il acquiesça et les intonations de sa voix me firent changer d’avis quant à sa fadeur. La suavité de son accent et la douceur de son regard me firent bander.

Une pensée me vint à l’esprit ; je me vis à la place de l’athlète et cette idée m’excita doublement. Ma queue étouffée et écrasée dans mon slip me fit mal.

— C’est très excitant, lui ai-je dit.

— Vous trouvez? me répondit-il, me lançant un regard plein de malice. Moi, je préfère cette photo.

Il tourna la page. L’athlète était maintenant à genoux. Le type qui le suçait à quatre pattes devant lui, deux avant-bras énormes maintenant fermement son postérieur, alors qu’une grosse bite était plantée dans son cul, glissée entre deux fesses bien rebondies.

— Qu’en pensez-vous ? me fit-il.

Je lui ai répondu que j’aimerais bien me trouver à la place du sportif...

— Et moi, ajouta-t-il en souriant, à la place du type devant.

— Ce serait un peu difficile de réaliser ce fantasme sur ces deux sièges... dommage... mais peut-être qu’on peut faire autrement, non ?

Je lui avait dit cela en ne sachant pas trop quoi faire. J’avais une sacrée envie de jouir et le fait d’être relativement isolés (personne n’occupait les deux autres sièges de l’autre côté) m’enhardit et j’ai glissé une main vers sa braguette. Lui a fait descendre les tablettes en plastique et a posé son bouquin ouvert dessus.

— Voilà, imaginons que c’est nous !

Ses doigts m’ont pressé le sexe et j’ai fait de même. Il a réussi à les glisser dans mon slip et, difficilement, s’est mis à me branler. On a très vite déchargé tous les deux et, quand on a joui, nos regards se sont accrochés.

Il est descendu à Montpellier en me laissant son livre en souvenir.

Sylvain, 36 ans