L’infirmier du camp religieux (09)

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L’infirmier du camp religieux (09)
Texte paru le 2018-09-04 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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Si le coupable mérite d'être battu, le juge le fera étendre par terre et frapper en sa présence d'un nombre de coups proportionné à la gravité de sa faute. Il ne lui fera pas donner plus de quarante coups. (Deutéronome 25:2-3)


'''Traitement du phimosis de Corentin (2)'''


Le lundi, au déjeuner, le père Paul essaye de me tirer les vers du nez :

— J’ai appris que Corentin vient chez vous après le déjeuner pour suivre un traitement médical.

— Les nouvelles circulent vite dans ce camp. C’est exact.

— Et quel genre de traitement doit-il suivre, est-il malade ?

— Je ne peux pas vous le dire, secret médical.

— Oui, mais nous sommes entre nous.

— Je veux bien vous donner des détails si vous me dites ce qui se passe le matin dans la salle du Jugement. Un accord gagnant-gagnant.

— Messieurs, s’il vous plaît, nous coupe le père Laurent. Chacun ses attributions. Nous interrogerons nous-mêmes Corentin à ce sujet.

Après le café, Corentin est couché à l’infirmerie et je lui manipule le prépuce. Il me dit :

— Ne me faites pas juter aujourd’hui.

— Pourquoi ? Tu ne dois pas avoir beaucoup d’autres occasions de le faire dans ce camp.

— Il y a… euh, d’autres activités prévues ce soir.

— Les prêtres aimeraient bien savoir ce que je fais en ce moment avec toi.

— Le leur avez-vous dit ?

— Non, ils vont te le demander lorsque tu seras en tête-à-tête un matin avec eux.

— Que se passe-t-il le matin avec les prêtres ? Le savez-vous ?

— Oui.

— Vous me le dites ?

— Si tu me dis quelles sont les activités prévues ce soir. Un accord gagnant-gagnant.

— Vous me mettez dans l’embarras, je ne dois pas le dire. Et vous pourriez venir nous déranger.

— Les prêtres m’ont donné un détecteur infrarouge pour vous surveiller la nuit, je trouverai bien où vous vous cachez.

Je bluffe, ce n’est pas vrai. Corentin hésite. J’ajoute :

— Si tu me racontes, je te promets de ne pas vous déranger. Encore un accord gagnant-gagnant.

— Et le moinillon ?

— J’essayerai de le contenir, il vous laissera tranquilles.

— D’accord, commencez.

— Le matin les prêtres font exactement ce que je fais en ce moment. Ils branlent les participants à ce camp.

— Vous plaisantez ?

— Non, c’est la vérité.

— Et ils se laissent faire ?

— Ce sera à toi de décider si tu te laisses faire ou pas. Je doute fort que tous l’acceptent. Ils doivent savoir quelles sont les fortes têtes et ne pas le leur proposer.

— C’est légal ?

— Au nom de Dieu, oui. La loi divine prime sur la loi des hommes. À toi, qu’est-ce qu’il y a de prévu ce soir ?

— Il semble qu’il y ait une tradition dans ce camp, quelques anciens accueillent chaque nouveau séparément pour… Je ne sais pas exactement, ce doit avoir un rapport avec le sexe.

— Un bizutage. En plus des prêtres, vous vous bizutez entre vous. Ça m’est bien égal, note. Chacun est libre d’utiliser ses couilles comme il le désire. Merci pour l’info. Tu me raconteras demain. La séance est finie pour aujourd’hui.

Corentin se rhabille et quitte l’infirmerie.

Le soir, une fois nos agneaux couchés, je bois une bière avec Clément.

— Tu as lu mon mail ? me demande-t-il.

— Oui.

— Que dois-je faire avec Kévin ?

— Rien, tu ne vas pas baisser ta culotte devant ce petit morveux, un peu de dignité, que diable !

— Et s’il me dénonce ?

— Tu baisseras ta culotte devant le père Paul. Tu m’as dit que c’était prévu au programme du séminaire.

— Je n’en sais rien, ce n’est qu’une supposition. Pourrais-je te confier un objet ?

Clément me tend une boîte en carton.

— Déjà Noël ? fais-je. Je peux l’ouvrir ?

— Oui.

Le paquet contient une ceinture en métal hérissée de pointes.

— Qu’est-ce que c’est ? demandé-je. Un cilice ?

— Oui, le père Laurent me l’a donné pour me faire des mortifications.

— Je t’interdis de faire ça !

— Je ne n’en ai pas l’intention. C’est pour cela que je te le confie. Sinon je pourrais quand même l’utiliser dans un moment de doute.

— Ma porte est ouverte quand tu le désires, jour et nuit. Je suis prêt à parler de tout avec toi. Je ne tolérerai pas que tu abîmes volontairement ton corps.

— Pourquoi t’inquiètes-tu de mon corps ?

— Déformation professionnelle, je soigne les corps.

Clément me sourit, j’ai l’impression qu’il n’est pas dupe de mon mensonge. Mon intérêt pour son corps n’a rien de médical. Je range le cilice dans le carton.

— Devrions-nous faire une ronde pour voir s’ils sont sages ?

— Non, ils ne sont pas sages, mais j’ai promis à Corentin de ne pas les déranger, s’il me raconte tout.

— C’est bien, ainsi je pourrai le dire à mes supérieurs.

— Évidemment, ils doivent pourtant savoir ce qui se passe.

— Pourquoi l’acceptent-ils ?

— J’aimerais bien le savoir. Est-ce seulement pour assouvir leurs besoins sexuels castrés par le célibat forcé ou y a-t-il un ordre secret du fondateur de la fraternité concernant la soumission par l’humiliation ?

— Je ne suis pas au courant.

— Tu es encore loin d’avoir atteint le Saint des Saints. Mais ils pensent peut-être que tu pourrais avoir des prédispositions pour y arriver. Ce camp est aussi une mise à l’épreuve pour toi. Ils testent ton comportement. Tu connais le mot de passe du réseau ?

Vierge_Marie, avec underscore et majuscules au début. Tu es un hacker ?

— Non, je verrai bien si je trouve des fichiers non protégés.

— Je compte sur toi pour me tenir au courant.

— Bien sûr, mais tu laisses tes brebis bizuter en paix. Un accord gagnant-gagnant, mon Bon Pasteur.

Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. (Jean 10:11) Tiens, un Jean, comme toi.

— Jean, l’amant de Jésus. Tu le savais ?

Nous finissons nos bières et allons nous coucher. Je suis satisfait de ma journée.

Le lendemain matin, le mardi, dès que les adolescents sont occupés à je ne sais quelles activités (je m’en soucie peu), je me connecte au réseau des prêtres. J’ai quelques connaissances en informatique et je trouve rapidement l’adresse de leur serveur qui n’est même pas protégé par un mot de passe. Je finis par trouver le répertoire du camp et je tombe sur le fichier qu’ils ont envoyé aux parents lors de l’inscription de leurs angelots. Je vous le livre sans tarder.


'''Lettre et questionnaire confidentiels aux parents des participants au camp'''


Madame, Monsieur,

Nous vous remercions d’avoir inscrit votre fils à notre camp d’été. Nous désirons vous informer au sujet des buts de ce camp, définis par Mgr X, le fondateur de notre fraternité.

À part les valeurs habituelles telles que la vie en commun, l’entraide, le sport, la prière, le camp permettra à votre fils de faire le point sur sa vie sexuelle.

Comme vous le savez, l’homme doit rester chaste. Les modifications hormonales de la puberté nuisent à ce noble but et incitent les adolescents à pécher et à pratiquer des abominations comme l’onanisme ou même la sodomie. Nous devons donc les remettre dans le droit chemin. Notre philosophie est de laisser de temps en temps une soupape de sécurité, afin de relâcher la tension, tout en y associant une connotation négative, afin qu’ils n’y trouvent aucun plaisir malsain.

Nous les convoquerons donc et les mettrons dans une situation gênante, même humiliante, tous en leur permettant de se décharger de ce trop-plein d’hormones. Nous inciterons également leurs camarades plus âgés, qui ont déjà passé au camp les années précédentes, à les mettre dans cette même situation humiliante. Ils seront ensuite plus enclins à rechercher le réconfort d’une femme, avec laquelle ils pourront s’unir dans les liens sacrés du mariage et consacrer leur énergie à procréer plutôt qu’à gaspiller le nectar de vie.

Afin de pouvoir mieux répondre aux besoins de votre enfant, nous vous prions de répondre à ces quelques questions dont les réponses seront conservées en vous garantissant la confidentialité. Vous n’êtes pas obligés de répondre à toutes les questions, il serait cependant souhaitable de le faire.

— Votre fils pratique-t-il le péché d’Onan ? Si oui, depuis quel âge ? À quelle fréquence ?

— Votre fils pratique-t-il la sodomie avec un autre homme ? Si oui, depuis quel âge ? À quelle fréquence ?

— Votre fils pratique-t-il la fornication ? Si oui, depuis quel âge ? À quelle fréquence ?

— Diriez-vous que le sexe de votre fils est plutôt petit, moyen ou gros lorsqu’il est érigé ? Porte-t-il le signe de l’alliance avec Dieu tel qu’enseigné par Abraham ?

— Autres remarques.

Si votre fils est mineur, vous nous donnez votre permission, par la signature de cette lettre, de prendre toute mesure destinée à atteindre les buts fixés par Mgr X, au nom de notre Seigneur.

Croyez bien que nous vous savons gré de collaborer avec nous dans cette noble tâche éducative.

La confidentialité de la conservation des documents me permet de prendre connaissance de tous ceux envoyés par les parents pour le camp. Il serait trop fastidieux de vous les transcrire tous, je vous donne un seul exemple :

— Votre fils pratique-t-il le péché d’Onan ? Si oui, depuis quel âge ? À quelle fréquence ?

Nous avons toujours observé les pratiques de notre fils et lui avons maintes fois répété les dangers qu’il encourait, sans résultat. Nous avons commencé à trouver des mouchoirs souillés alors qu’il avait 14 ans. Malheureusement, il les fait disparaître dans les toilettes à présent.

Après avoir consulté ces fichiers, je commence à avoir des doutes sur le bien-fondé de ma présence dans ce camp. J’envisage même l’hypothèse de le quitter sur-le-champ. Je décide finalement de rester pour deux raisons : d’une part les adolescents ont besoin de ma présence à l’infirmerie, d’autre part je désire approfondir ma relation avec le séminariste Clément. Je lui envoie le lien sur les fichiers, il aurait pu le trouver lui-même.

Je pourrais aussi envoyer une copie à un journaliste, à quoi bon ? Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, si ce droit implique des humiliations sexuelles, ce n’est pas mon problème.


'''Entretien avec les prêtres'''


Vers 10 heures, je croise le père Laurent qui me demande de passer dans son bureau. Cela ne me dit rien de bon, auraient-ils déjà remarqué mon intrusion dans leur réseau ? Nous nous asseyons autour d’une petite table, le père Paul est aussi là, par contre pas Clément qui est avec les ados pour les entraîner au foot. Le père Laurent commence :

— Nous aimerions juste savoir si vous êtes satisfait de votre travail.

— Oui, réponds-je, c’est intéressant.

— Il me semble que vous êtes très zélé, parfois trop même.

— Pourquoi ?

— Certains examens que vous pratiquez devraient être faits par un médecin. J’espère que vous n’outrepassez pas vos compétences.

Menaces à peine voilées, je comprends où il veut en venir. Je me justifie :

— Tout ce je fais est pour le bien des jeunes.

— Ce n’est pas à vous de juger.

— Vous voulez me dénoncer ? Me licencier ?

— Mais non, dit le père Laurent en souriant, pas du tout. Un peu d’autorité de votre part convient bien à nos ados rebelles, nous resterons donc discrets sur vos activités, mais, en contrepartie, nous comptons aussi sur votre discrétion sur tout ce qui se passe dans ce camp, vous m’avez compris ?

— Tout-à-fait. Vous avez bien fait de m’en parler, comme cela il n’y aura pas de malentendu entre nous.

— Bien, ceci étant réglé, auriez-vous des questions ou des remarques ?

— Oui, j’aurais une proposition : je trouve cette obligation de toujours porter un sous-vêtement contraire à l’hygiène. Aérer les organes génitaux serait mieux. Il serait plus simple de voir les jeunes entièrement nus chaque matin, alignés au pied de leur lit, et de contrôler leur propreté corporelle qui n’est pas toujours parfaite. Vous pourriez également faire une inspection. Ils pourraient se rendre nus aux douches. Qu’en pensez-vous ?

Les deux prêtres réfléchissent quelques instants. Le père Paul réagit :

— Ce serait une bonne idée, me semble-t-il.

— Non, rétorque le père Laurent. Les jeunes sont parfois… en pleine forme le matin, et cela pourrait donner des mauvaises idées aux autres. Restons-en aux habitudes, que vous avez déjà transgressées puisque vous ne faites pas les examens médicaux derrière le paravent. Pas d’autres remarques ?

— Non, tout le reste me convient parfaitement.

— Je dois maintenant aborder quelque chose d’assez délicat avec vous.

— Je vous en prie.

— Vous avez remarqué que nous sommes très stricts sur la morale sexuelle, il existe cependant une tradition de ce camp, instaurée par le fondateur de la fraternité, Mgr X, qui contrevient à cette morale, un peu comme le carnaval avant le carême qui permet de se défouler pour retrouver ensuite le sérieux et le jeûne.

— De quoi s’agit-il ?

— D’une cérémonie d’initiation, on pourrait même parler de passage à l’âge adulte. Nous ne la cautionnons pas, nous ne pouvons donc pas y assister. Nous devons cependant obéir aux ordres de notre chef. Elle n’a aucun caractère religieux. Nous aimerions cependant qu’un adulte soit présent.

— Pour que je puisse être rendu responsable si ça tourne mal ?

— Il ne s’est jamais rien passé d’anormal, dit le père Paul. Jusqu’à présent, c’était l’ancien infirmier qui y assistait.

— Devrais-je organiser ou diriger cette cérémonie ?

— Non, continue, le père Laurent, ce sont les anciens qui auront les instructions nécessaires, en particulier Baptiste en qui nous avons toute confiance. Et ce sont les nouveaux qui seront initiés.

— Et quand aura lieu cette cérémonie ?

— La première aura lieu ce soir.

— Puis-je réfléchir et vous donner ma réponse au déjeuner ?

— Pas de souci. Encore une précision : vous aurez un habit spécial et vous serez masqué, donc personne ne vous reconnaîtra.

La séance est terminée. Je sors du bâtiment et je me mets à la recherche de Clément. Il est assis au bord du terrain de sport alors que les jeunes jouent au foot. Il a l’air assez ridicule en soutane pour entraîner. Je m’assieds sur le banc à ses côtés.

— Tu as lu la lettre que je t’ai envoyée ? lui demandé-je.

— Oui, en vitesse, sur mon portable.

— Il y aura un bizutage ce soir, tu es au courant ?

— Ils m’ont dit de ne pas faire de contrôles ce soir après le coucher, je ne sais rien de plus.

— Ils m’ont demandé d’y assister, je me méfie un peu. Tu serais d’accord d’y assister aussi ? Nous serions deux en cas de problèmes.

— Ils le sauront et je risque d’avoir des ennuis.

— C’est un risque à prendre. Prends-le pour moi.

— Pour toi ?

— Oui, pour moi.

Clément a l’air troublé. Aurais-je vu juste et touché un point sensible ? Il accepte et je peux confirmer ma participation. Après le déjeuner, le père Paul me mène à la cave. Il y a une porte cachée derrière une armoire. Il me confie la clef, tout en m’interdisant d’y entrer avant 22 heures. Il me dit que cela déclencherait une alarme si je pénétrais avant. Il me donne encore quelques explications, sans me dévoiler tous les détails.

Je reçois ensuite Corentin pour une nouvelle application de crème sur son prépuce.

— Ça va mieux depuis que je te soigne ? lui demandé-je, tout en essayant de le décalotter.

— Il me semble.

— As-tu eu des activités hier qui t’ont permis d’utiliser ton engin ?

— Non, j’avais mal compris, ce n’était pas hier soir, c’est ce soir, vous ne nous dérangerez pas ?

— C’est promis. De quoi s’agit-il ?

Je ne lui dis évidemment pas que je vais y assister.

— Je ne sais pas exactement, me répond-il. Je dois sortir de la chambre à 22h30 et attendre dans le couloir, vêtu seulement d’un slip blanc qu’ils m’ont donné.

Je manipule très doucement le pénis de Corentin, je ne désire pas l’exciter, il doit garder son énergie pour la soirée qui promet d’être passionnante. Je me pose cependant une question : pourquoi mettre en scène tout ceci alors que les prêtres n’ont pas l’envie ou le droit d’y participer ? Je pense à nouveau à des caméras cachées, il faudra que je cherche sur le serveur s’il y a des vidéos des années précédentes, ou sont-elles déjà disponibles sur Internet ? Cela me paraît cependant impossible, la découverte de la provenance de ces images provoquerait un scandale sans précédent. Il vaut mieux ne pas avoir de preuves matérielles de ce qui s’est passé.

Je suis maintenant certain que les jeunes savaient exactement ce qui se passe dans ce camp lorsqu’ils se sont inscrits et qu’ils attendent cette cérémonie d’initiation avec autant d’impatience que moi. Ce doit être un secret de polichinelle à l’intérieur de la fraternité, comme tous les bizutages, officiellement interdits, et qui doivent toujours se pratiquer.