Le quart d'accord du garde-du-corps

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Le quart d'accord du garde-du-corps
Texte paru le 2012-03-17 par JacquesLamoureux   Drapeau-qc.svg
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Template-magazine.pngMagazine Zipper
  • Vol. 3, no. 2
  • Date : Mai-Juin 1996
  • Rubrique : Fiction érection
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Dans la chaleur humide d’un après-midi d’été, le ciel s’assombrissait; les lourds nuages écrasaient l’atmosphère et rendaient l’air suffocant. Dans ces circonstances, le seul moyen de se rafraîchir, c'est la picine... Je décide d’aller à une piscine publique non-loin de chez-moi. Chemin faisant, je me rappelais les canicules de mon enfance et surtout les premiers fantasmes que j’avais éprouvés à me montrer nu dans une douche publique. Je me souvenais également de mes premiers bandages et du désir intense que j’éprouvais à tater du sexe pour le sexe; je sentais toujours une crainte morbide à bander malgré moi. Aujourd’hui, heureusement, ça ne me dérange plus guère, quoique parfois...

Curieusement ce jour-là, cette pataugeuse pour adultes était quasi-déserte; quelques habitués se pratiquaient pour des performances professionnelles alors que d'autres, plus libertins, s’esbroufaient allègrement sous les regards indifférents du superbe life-guard. Innocemment je fis quelques longueurs de piscine question de me dégourdir quelque peu les membres et sourtout de me rafraîchir. Rien ne semblait vouloir perturber davantage le clapotis des vaguelettes sur les rebords de la piscine...

Au bout d'un certain temps, je passai à la douche avant de quitter l’endroit. Là, une surprise de taille m’attendait: quatre mâles super-shapés prenaient leur douche. Leur crâne rasé de près me fit croire qu’ils étaient militaires et leurs allures de gars straights confirmèrent mes appréhensions. Je les écoutais distraitement parler en anglais de leur adjudant tout en étirant un peu mes mouvements afin de laisser traîner mes regards sur ces corps de jeunes hommes endurcis. Dire qu’ils me serviront peut-être un jour de défenseurs! Est-il possible que de telles images de la beauté physique se transforment un jour en chair à canons? À mes yeux c’était des bombes anatomiques...

Ils étaient magnifiques, dans leur fragile vingtaine parfaitement inscrite dans toute la force de leurs traits virils. Le premier, grand et mince, offrait ça et là quelques poils hirsutes sur un torse plus que prometteur; le second, un peu trapu, présentait une sensualité innocente par sa robuste musculature. Le troisième, dans des allures de guerrier combatif, bombardait presque son corps pileux comme si c’était une corvée à patates. Enfin, le dernier, visiblement plus timide, s’efforçait par des gestes et des mouvements précis de ne rien laisser paraître des voluptés que ses mouvements lui procuraient; pourtant, ses muscles durs et fermes frissonnaient à toutes les alertes que provoquaient ses mains...

Tous les quatre affichaient des queues bien découpés et de bons calibres qui firent jaillir à mon esprit pacifiste des idées belliqueuses, idées qui n’avaient rien de bien meurtrier... Surtout pour le petit dernier; celui-là, je l’aurais volontier mis à mort pour le reste de sa vie. M’enfin... Je dus cependant vite arrêter mes élans de voyeur car je commençais à bander. Ah ! Si les straights étaient moins straights!

Les trois premiers soldats quittèrent un à un l’endroit tandis que le dernier semblait étirer ses ablutions par des gestes ralentis et un peu comme s’il voulait attirer mon attention; lentement il passait et repassait ses mains câlines et fouineuses tantôt sur ses reins, tantôt sur ses fesses qu’il s’amusait à frotter en faisant mousser le savon comme les annonces à la télévision. Voluptueusement, il cherchait, on eut dit, un secteur improbable où le savon n’aurait pas fait son devoir... Parfois, il prenait farouchement son pénis à pleines mains et le tourmentait jalousement sous le jet direct de la douche comme s’il avait voulu le dégourdir d’une léthargie involontaire.

Il était là, maintenant seul, son groupe l’ayant abandonné, et moi j’étais là, à ses côtés, éperdu, la queue bien bandée. Il me torpilla du regard... Je fermai prestement la douche et j’entrepris de me sécher calmement. Il jeta un coup d’oeil en rase-motte tout en poursuivant sa série de mouvements affriolants.

Sans l’ombre d’un doute, il savait que je le zieutait, que son sexe était la cible de mes envies et que je le narguait effrontément dans les lignes ennemies.

Soudain, il fit un demi tour et je vis à mon grand plaisir que son arme avait été bien astiquée et prête à toute éventualité. Mon reluquage insista au risque de me faire mitrailler d’insultes. Toutefois, la stratégie porta fruit, si bien que je vis son gland éxécuter quelques soubressauts en défiant d’aise le tir puissant de la douche grande ouverte. J’avais la joie sourde d’admirer le jeu affolant de sa queue qui titillait sous la pression de l'eau tandis que ses gosses valsaient candidement au moindre mouvement. J’échappai «involontairement» ma serviette projetant ainsi à ses yeux faussement incrédules mon érection visiblement complice.

L’affrontement était inévitable et, dans un geste lent et précis, il entreprit une suave caresse de sa longue queue, l’enserrant de ses doigts nerveux comme pour lui donner un peu plus de volume; puis par des gestes répétitifs allant du bas vers le haut, et du haut vers le bas comme une manière de push-ups sexuels, il sembla m’inviter à des agissements similaires et tout autant indiscrets. Je m’avançai d’un pas hésitant, mon artillerie lourde à la main...

Tout en méfiance, on se regardait l’un l’autre, s’espionnant le sexe, nos armes dirigées l’un contre l’autre, ou pointant dans la même direction, nous nous sommes pâmés dans une démonstration de mouvements aguichants et sensuels à souhait; il enserrait fortement sa queue d’une main et en frottait lentement le gland avec la paume de son autre main comme s’il voulait ajuster un condom imagainaire. Pendant que je savonnais généreusement ma queue affolée, il me fixait et je sentais un désir de convoitise aussi dangereux qu’ahurissant. Il semblait aussi fier qu’un soldat sur le point de prendre d’assaut une batterie ennemie. Il promenait maintenant le savon de sa queue à ses gosses, puis à ses fesses, insistant particulièrement à l’entre-deux. J’étais allumé comme une torche et ses gestes m’énervaient tellement que je me sentais sur le point de jouir; j’aurais voulu sauter sur lui et l’enfiler comme un hussard, manu militari! Sa queue était tellement raide et fière qu’elle semblait collée de son bas-ventre jusqu’au nombril. Je commençais à me masturber de la main gauche et j’approchais ma main droite de sa pine vertigineuse. Au moment même où j’enserrais son appât viril, je sentis cet organe nerveux éclater, puis éjaculer plusieurs saccades de sperme loin devant lui; il avait agrippé au passage mon bras qu’il serrait très fortement. Sa queue rebondissait de spasmes et je dus la lâcher (malgré mon plaisir) tant sa main serrait fortement mon bras. Je me sabordai (saborder: mettre fin volontairement aux activités de son entreprise) et j’éjaculai sur sa cuisse... De très longues secondes passèrent dans cet état d’extase, craignant que quelqu’un n’apparaisse et ne découvre la démonstration de nos désirs et de leurs ruines...

Soudain, comme un coup de canon, une voix tonitruante résonna d’un bout à l’autre des douches: «Hé, Dany! Are you coming? Nancy is waiting for us! You have to be her baby-sitter tonight...»

La surprise passée, il me jeta un clin d’oeil pacificateur et il se débarrassa en quelques mouvements rapides de tout ce qui perlait encore sur sa peau puis il enroba son corps dans sa serviette humide...

Je le regardai se défiler en sifflotant une marche militaire quelconque. Au travers la cacophonie shakespearienne de leurs voix, je repris une douche en rêvassant à d’impossibles retrouvailles. Je remarquai alors les demi-lunes rouges que ses ongles avaient inscrites sur mon bras droit; je ressortis dans la chaleur étouffante de l’été...


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