Oh douce nuit... (2 de 2)

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Oh douce nuit... (2 de 2)
Texte paru le 2012-12-31 par François T.   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Oh douce nuit...

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En sortant du bain on s’aperçoit qu’on a foutu de la flotte partout. Pendant nos ébats j’entendais des chutes Niaguaresques par dessus le bord mais j’avais d’autres choses à m’occuper, n’est ce pas ? C’est plus que des miettes qu’elle allait avoir à ramasser la ménagère, mais maintenant je m’en fous de laisser des traces : on vient de se mettre à la colle, Nico et moi et je suis sur un petit nuage. Tiens un autre truc de bourges : les serviettes. Chez moi elles sont toutes fines d’usure et grandes comme des tire-jus. Ici elles sont moelleuses et épaisses, elles t’enveloppent des épaules aux cuissots et quand ton pote t’essuie les endosses, t’es pas loin du paradis. Une fois sec, bonne âme, Nico les fout par terre, histoire d’endiguer l’inondation.

Je ne suis pas à l’aise en retournant à poil dans la carré. Dans la salle de bain c’était un peu comme dans un cocon mais ici je retrouve notre situasse un peu merdique, d’autant plus qu’il y a dehors des claquements de portières. Je me fige, livide. Et puis on entend, étouffés des «À bientôt, bonne route... Merci encore », toutes les conneries que les gens se croient obligés de dire en se quittant, sur le trottoir. Nicolas a vu mon trouble, il me serre contre lui, me caresse le dos, je m’accroche à son lui comme un morbac à un crépu.

— Fais moi confiance mon petit Pierre d’amour, on est vraiment peinard ici.

Ah comme je voudrais le croire ! Je m’apaise sous ses bisous, sa langue me chatouille le creux de l’oreille puis il descend dans le cou. Va me faire rebander le cochon ! Il me claque gentiment les fesses. « Allez à table. »

Le frigo est bien garni. On se fait une bouffe de porcs avec un plateau de charcutailles sous blister, une pizza surgelée et un paquet de chips que Nico explose directement sur la table. Tiens à ce propos, c’est marrant une table en verre quand t’es à oilpé, on se voit le bide et le service trois pièce à travers. Elle est belle aussi comme ça, sa teub au repos, couchée sur les petits oreillers dodus. Enfin moi, je trouve ça beau. Je crois que j’ai toujours aimé lorgner sur les zigounettes de mes petits copains, tu crois que ça fait un moment que je suis de la jaquette ? Parce qu’il ne faut plus que je me raconte de charres, c’est les mecs que je préfère. Au collège je fais celui qui ne voit pas qu’il y a des mousmés qui lui tournent autour, je sais maintenant que c’est pas par timidité.

On se finit avec une crème Montblanc vanille, à la façon qu’on la mange, ça devient mon parfum préféré. Pas besoin de cuillère, toujours ça de moins à laver. C’est très malpoli de lécher son assiette ! Même si l’assiette va du pubis au sternum ? On s’en fout partout, mais attention hein, on nettoie bien consciencieusement, faudrait pas qu’il en reste une goutte sur un téton ou au creux d’un nombril. Et puis on partage équitablement, t’en as plein la bouche ? Donne un peu ! Déjà que j’aime bien les mouillettes dans le café au lait, alors tu parles si une bite à la vanille, je raffole ! Fais attention Nico, ne te coupes pas sur le rebord de la boîte, faudrait faire un garrot. Je suis trop raide pour tremper mon biscuit alors Nico me fait allonger sur la moquette, verse le restant de la boite sur mon bas-ventre (une boîte familiale avec 20 % gratuit, c’est écrit dessus) et commence une léchouille d’enfer, bien partout. Je grimpe aux rideaux tellement c’est bon quand il me suce Popaul ou avale les sœurs siamoises. Il me relève les guibolles, me voilà avec le trou de balle à l’air, eh ça n’a pas coulé si bas quand même ! Il tient à s’en assurer jusque dans des recoins obscurs. C’est plus une bite que j’ai, c’est un manche de pioche et sa langue roulée me fait monter au creux des reins des désirs inconnus.

— C’est marrant, Pierrot, on dirait que t’es pas fini, ça te fait comme une couture qui va de là à là. Et de me faire une tyrolienne du bout de la menteuse depuis les boules jusqu’au troufignon. Humm, t’es vachement bon à déguster, t’es tout doux et tout lisse, ça tombe bien j’aime pas la tarte aux poils.

Je me dis qu’il doit être raide dingue de moi pour me faire un truc pareil, je ne sais pas si je pourrais. Il insiste encore, pousse plus loin ses investigations, ses dessins ne sont pas impénétrables et je ne le suis pas non plus. En tout cas je me sens faiblir, j’ai de plus en plus envie qu’il me mettre autre chose que sa langue.

— Arrête s’il te plaît, si tu continues je vais te demander de m’enfiler.

— Hé hé, je suis très doué pour préparer les petits poulets à la broche.

Tout en me tenant les cuisses relevées, il se penche vers mes lèvres pour des petits baisers frôleurs, sa queue remplace sa langue pour une affolante caresse dans ma raie.

— Ça ne passera jamais Nico !

— T’inquiète, je ne vais pas te le faire à la brutale, je vais être Nico la douceur. Promis je te mets juste le bout.

— Ouais c’est ça, juste les treize premiers centimètres ! Et après tu fais comme le boucher avec sa cliente : « y en a un petit peu plus ma petite dame, j’vous mets tout ?

— T’es chiant Pierrot, tu peux pas fermer ton moulin à conneries trente secondes? C'est du sérieux, là !

— Excuse, je cache ma peur.

Il relâche mes gambettes et s’allonge de tout son long sur moi, pesant de son bassin sur mon ventre.

— Tu le sens comme j’ai envie de te prendre ? C'est pas du chiqué, j'ai jamais bandé aussi dur pour une femelle... Laisse-toi faire mon ami Pierrot… montre-moi ta lune… je veux te faire une plume… et une petite sodo. Te marre pas, tu me rends branque, je veux être ton homme.

Ça me fait comme si une main me tordait la boyace. La c’est sûr, maintenant j’en ai vraiment envie. Je baisse mes stores et j’acquiesce de la tête. J’ai le droit à un déferlement de bécots sur tout le corps puis il m’attrape les pognes et m’aide à me relever.

— Allons sur le lit, c’est plus confortable pour fêter la saint Trou.

Je me jette sur le lit, vache de plume ! Le proprio, il mégote pas avec la qualité de ses draps. C’est là que tu te dis qu’il faut aller un peu plus loin que le CAP pour pouvoir t’en payer un jour des pareils. Nico vient me rejoindre après être passé par la salle de bain. Il pose un tube sur la table de nuit.

— C’est pourquoi faire ? Un massage ?

— Pour te masser la rondelle, oui. Tu mouilles pas comme une gisquette à ce que je sache.

Ce problème technique ne m’avait même pas effleuré, eh je suis vachement innocent... Maintenant s’il utilise des armes secrètes, sûr que je vais me la prendre bien comme il faut. Il m’allonge sur le ventre et commence une agréable série de caresses et de bisous sur mon dos et mes fesses qu’il ponctue par une langue fourrée princesse. Puis c’est le doigt inquisiteur. Ça, je connaissais déjà, enfin le mien. Bien sûr que je me jouais parfois des petits solos pendant mes branloches, y a pas de mal à se faire du bien, m’enfin pas jusqu’à la dernière phalange. Ou je commence à tordre le nez, c’est quand il m’en carre deux dans le baigneur, là j’aime moins. Du coup je suis tout tendu quand il me chevauche. Heureusement qu’il est bien raide car j’ai les cuissots si serrés, les fesses tellement crispées que je sais même pas comment il a fait pour trouver l’entrée de mon tunnel. Une bite n’a pas d’œil pourtant.

Les premières secondes, je regrette de lui avoir cédé. Ma doué, quel suée ! Je suis à deux doigts d’agiter le drapeau blanc, c’est gentil de vouloir faire plaisir mais ça me coûte, je cache ma tronche dans les draps pour pas qu’il me voit, le plus bizarre c’est que je continue d’en avoir super envie, mon petit chauve à col roulé, il ne baisse pas le tête, loin de là, il est même à l’étroit dans son habit de peau. Nico, pour sûr, il tient sa promesse, il ne me le fait pas à la sauvage, tout en douceur et délicatesse, trop peut être même… Hé ho, maintenant que la porte est ouverte, reste pas sur le palier, viens visiter le reste du logis… Tu crois qu’il faudrait que je l’invite ? Je recule juste un peu histoire de mieux le sentir et il reçoit mon message cinq sur cinq. Il glisse un genou puis deux entre mes guibolles serrées et me force à les écarter. Ouh la la, voilà mon petit chose sans défense ! Monsieur s’installe, prend ses aises et me fait deviner ce que prendre son pied veut dire. Un plaisir pareil on a raison de l’interdire, faut pas que ça se sache, t’imagines si dans les manuels scolaires t’avais ce genre de phrase : « L’intromission d’un pénis convenablement lubrifié dans un anus, procure aux deux participants, un plaisir d’une intensité à nulle autre pareille. » Pour sûr qu’il y aurait des volontaires pour les T.P., moi je vous le dis !

En réalité, ça fait un bout de temps que je ne pense plus à rien, je m’abandonne au travail d’artiste de la petite canaille qui m’emmène dans des chemins jusqu’alors inconnus. L’envers est pavé de bonnes tentations. Je subis, je participe, appelle, repousse, supplie « encore ! », supplie « assez ! », je m’affole en songeant que je ne suis plus maître de ma jouissance, qu’un autre que moi décide de ma délivrance, pas encore, je n’en peux plus, pas maintenant, pitié. Mon corps réagit contre ma volonté, il se dégage, haletant et trempé. Nico l’attire à lui, le retourne, lui écarte les jambes et le reprend.

Ça y est c’est fini. Y a eu la grosse explosion et nous sommes là, emmêlés, anéantis. Je peine à me remettre, les grandes douleurs sont muettes, les grands bonheurs aussi, je vous l’assure. Je sombre doucement, la profondeur des bras de Nicolas m’attire, je plonge en apnée dans sa chaleur.

Quand tu trouves un jouet nouveau dans tes chaussons le soir de Noël, t'as qu'une envie, c'est de l'utiliser, d'en user et même d'en abuser. C'est pareil pour moi! Le petit Père avec ses rennes m'a apporté un beau Nico tout bien équipé, avec les piles qui ne demandent qu'à être vidées. C'est le modèle multi-positions et il faut bien toutes les tester. Lui aussi est content de son cadeau, il me garde, ne veut pas m'échanger, d'ailleurs il a jeté le ticket de caisse, je suis à lui maintenant, à lui pour la nuit et il me l'a dit, pour plus longtemps encore. Bref, tout ça pour dire, qu'on a remis plusieurs fois le couvert avant de sombrer, Nicolas les couilles vides et moi le ventre plein, dans un profond sommeil réparateur.


Il fait un noir de four, je ne vois pas plus loin que le bout du radio-réveil. Putain, huit heures ! Va y avoir du populo plein la street, des mémés chiens qui font crotter leur dernier né sur le trottoir, lendemain de fête ou pas, ç’a besoin de se vider à heure fixe ces bébêtes. Faut qu’on s’arrache et vite fait ! Mais comment s’arracher quand on a un pardessus douillet en peau de Nico sur les endosses ? Il est vachement à ma taille, y a pas d’ourlet à reprendre, il me tombe bien de partout. C’est simple, on fait qu’un tous les deux, couchés sur le côté, intimement liés des épaules à la plante des pieds et ses bras qui m’enserrent le poitrail. C’est pas humain de vouloir se séparer, faut être poussin pour quitter sa coquille. Tiens prends ça dans tes chailles, petite voix de ma raison, je suis trop bien, juste cinq broquilles encore, allez on dit huit heures sept et je le réveille, ouais encore cinq minutes, pas plus. Cinq minut, c..q mi..nu..t…


La lumière du plaftard m’explose dans les mirettes, vache de secousse, j’ai le palpitant qui part à dame et la peau des couilles qui se recroqueville. Pas besoin qu’on me fasse un crobar, Nico est toujours contre moi, c’est pas lui qu’a allumé la loubarde. Je cligne des yeux, pire qu’un stroboscope. Dans l’encadrement de la porte, y a un grand type avec un blouson bleu, l’air vraiment pas aimable. S’il n’est pas de la BAC, il est du palier d’en face. Chienne de vie, vous croyez qu’ils vont nous servir du foie gras pendant la garde à vue ?

Nico pionce toujours du sommeil des bienheureux. Je le secoue par la hanche. Viens à la rescousse petit pote, on est dans la mouise, ne me laisse pas seul, je n’ai pas les épaules. Maintenant que j’ai les chasses débarbouillées, je le vois mieux notre visiteur. C’est un grand type gaulé comme un rugbyman, un vieux de trente piges peut-être, moi je sais pas bien les reconnaître dés qu’ils sont un peu vioques.

Le coup de suée passé, j’analyse. Bon le blouson c’est de la marque, pas un truc qui vient de la maison poulbock et puis il est tout seulâbre. C’est jamais tout seul un schmit, ça a l’instinct grégaire ces petites bébêtes ; quand t’en vois un, t’as le clone qu’est pas loin, et puis ça prend des airs de cow-boys à la Starsky avec le péteux à la main quand ça tombe sur de la mauvaise graine comme nous.

C’est sûrement le proprio. Et alors qu’est-ce que ça change ? Il est de taille à nous tenir à bout de bras si on fait du ramdam, tiens l’aura même pas besoin de se fatiguer, on est à oilpé avec nos fringues disséminées dans toute la maison, suffit qu’il claque la lourde, cric-crac double tour de caroube et qu'il fasse le 17. Doit savoir compter jusque là. « Bonjour messieurs, je suis désolé de vous déranger un si beau jour mais, cela va bien vous amuser, j’ai trouvé en rentrant chez moi... naninanère... non ne vous inquiétez pas, ils ne se sauverons pas par la fenêtre, hihihi, je peux vous l’assurer...oui c’est cela, ils vous attendent avec impatience. À tout de suite. » Sûr que c’est pas un scénar que je me fais dans la caboche, va le faire ce con...

Nico bouge enfin, il se décolle de mon dos, rejette les draps qui nous couvrent, saute du pieu et en fait le tour avec popaul qui lui ouvre la route comme une canne blanche pour un aveugle. L’est inconscient ou quoi le Nico ? Pile devant le type il se dresse sur les arpions, va pas lui filer un coup de boule quand même ! Si une bagarre se déclenche, je pourrai pas faire mieux que de lui mordre les mollets à Terminator. Et non, il lui cloque une grosse bise sur les lèvres !

— Tu bouches le passage Laurent, j’ai envie de pisser.

Docile le mecton s’écarte, Nico passe devant, princier, en lui touchant ostensiblement la braguette de la main. D’un coup de mâchoire le rugbyman me désigne.

— C’est qui celui là ?

— Ç’uilà, c’est mon doudou, tu sais que j’aime pas dormir seul, j’en cherchais un depuis que ma mère a foutu mon ours en peluche à la poubelle.

Et de se diriger vers la salle de bain, plus tranquille que s'il était chez lui. Le gonze le suit, il ouvre des yeux effarés en découvrant le carnage.

— Mais c’est quoi ce foutoir ?

— Râle pas c’est juste de la baille, on va réparer. Je suis sûr que tu vas adorer quand on va faire ton ménage à poil.

Moi, du fond de mon lit j’ai la comprenette qui déraille, les rouages qui ont du mal à s’engrener. Nico se pose à l’entrée de la chambre.

— Amène toi Pierrot, je vais te présenter.

Moi j’aimerais bien remettre mon calbut mais Nicolas me saisit par les épaules, me colle contre son ventre et d’un coup de pubis me pousse face à l’homme.

— Tiens voilà, c'est Pierrot. Il vaut le coût de tout ce chantier, non ? Je lui ai fait croire qu'on cassait une baraque pour lui foutre les foies et qu'il me tombe dans les pognes. J'ai un peu honte mais j'avais trop envie de me le mettre au bout du nœud et... et c'est au bout du cœur que je me le suis accroché. Ouaip mon Lolo j'suis amoureux et il m'a dit que lui aussi. Le pied, non? Lui c’est Laurent, l’appelle pas Lolo, il n’aime pas.

Je me retrouve vraiment très con et comme je ne sais pas quoi faire je tends la main.

— Bonjour monsieur.

L’homme s’est nettement déridé depuis tout à l’heure, il a un petit sourire amusé qui flotte sur ses lèvres, il me détaille de la racine des tifs à la pointe des arpions avec un arrêt prolongé au milieu. Il me saisit la main, la garde dans la sienne puis se penche pour me faire un petit mimi mouillé sur les labiales.

— Ici on se dit bonjour comme cela, bienvenue petit Pierrot. Tu es ici chez toi puisque tu es l'ami de Nicolas.

Et son regard de replonger vers mon ventre où nos ébats de la nuit ont laissés de larges traces de foutre séché.

— Héhé, voici en quelque sorte du sperme lyophilisé. Par simple curiosité scientifique je me demande si avec un peu de salive, on obtiendra le même résultat qu’avec du Nescafé.

Avant qu’il n’ait pu plonger vers mon bide, Nicolas me tire en arrière.

— Holà doucement Lolo, plus tard tes expériences, on ne touche qu’avec les yeux ! Propriété privée ! Si tu nous faisais plutôt un bon café avec tes croissants surgelés bien sûr, on a besoin de reprendre des forces.

L’homme s’esbigne dans la cuisine.

— Viens on va ramasser notre bordel, Laurent est un peu chochotte, ça lui défrise les moustaches de voir sa carrée transformée en champs de bataille.

Je me serai bien rhabillé mais d’un froncement de sourcils Nicolas m’en dissuade, un peu tyran le Nico, c’est pas parce que j’ai le béguin que je vais me laisser faire comme une greluche, bon ça va pour cette fois parce qu’il me convainc avec des petit bisous dans la nuque.

— Reste comme ça Pierrot, c’est notre écot pour carmer la piaule et puis j’aime tellement mater tes petites pommes... C’est un crime de les planquouiller dans des linges, y a que les moches qu’ont besoin de se cacher.

Ah je vous jure il sait trouver les mots, lui. Ceux qui vous font frissonner le creux des reins et vous filent la chaire de poulet. Y aurait pas l’autre à mater comme un malade, je crois que je me serais remis à goder. Le Laurent, appuyé à la porte de la cuisine, n’en perd pas une miette, il a les gobilles qui lui tombent sur les joues. Je risque un œil vers son fûte, y a tempête dans le calbute moi je vous le dis, il a dressé les voiles autour du mât. La table est propre et l’homme apporte un plateau fumant, le petit futé se garde bien de le poser au milieu, eh faut pas masquer la vue. Je me trémousse sur ma chaise, les cuisses serrées, tout est planqué ça me fait comme un petit minou avec juste le duvet qui dépasse. Eh oh ! J’ai ma dignité, je voudrais pas passer pour un qu’aime se déguiser en gonzesse alors j’écarte les guiboles, j'expose mes bijoux, peux zieuter à son aise maintenant.

Il y a une converse entre Laurent et Nico mais je décroche complètement, je pense que l’heure tourne salement et qu’il va falloir que je refasse surface du côté de chez mes vioques. Cette idée me file un sérieux coup de vapeur, ça y est j’ai la boule dans l’estomac. Qu’est-ce que je vais prendre ! Les marrons, ils vont pas être autour de la dinde, la bûche elle va être en bois d’arbre et si j’ai pas le dargif couleur houppelande, c’est que mon dabe se sera essoufflé avant.

— Qu’est-ce que tu as mon Pierrot, t’es tout chose.

Je lui déballe mon probloc.

— Ouais ta raison, faut y aller, je te ramène chez Fabrice, il va arranger le coup avec ton père, c'est un embrouilleur de première et il dira que t'as passé la nuit chez lui. Moi je ne peux pas te servir d'alibi, je sens trop le souffre.

Sur le chemin du retour je ne peux pas m'empêcher de lui poser la question sur lui et Laurent.

— T'es jalmince ? Chouette, c'est que t'en pinces pour moi ! Te fais pas de mouron, c'est fini. C'est mon dépuceleur, le mec qui m'a tout appris quand j'étais minot alors normal, le premier mec ça compte et on est restés potes. Il est super sympa, il me laisse les clefs de sa maison, ça nous fait un point de chute pour nous voir tranquilos. N'y vas pas tout seul, il est porté sur les jeunots et il te ferait un coup de charme. Ça me défriserait que tu te fasses embobiner. Tu vois, moi aussi j'suis jaloux parce que je tiens à toi.

Je suis tout joyce de ce que je viens d'entendre, je grimpe sur un petit nuage. Y a plus qu'a affronter le paternel avec l'aide de Fabrice et l'affaire sera réglée mais je me goure un peu quand même.

En approchant du quartier on voit des loupiottes bleues et oranges qui sont pas des décos de Noël. On se rencarde auprès des badauds qui tournicotent dans les parages : des gonzes qu’avaient marre de glander dans le hall de la tour trois ont allumé une poubelle histoire de participer à la fête, ça n’a pas fait fondre que le plastoc, y a la moitié de la loge du gardien qu’a fondu aussi. Heureusement y avait personne mais tu verrais la tronche de la loge après le passage des pompiers, la salle de bain de Laurent, c’est du pipi de chansonnette.

On est là a contempler le désastre quand une pogne s’abat sur mon épaule. Cette main là, je la reconnaîtrais les yeux fermés. Bon va falloir payer maintenant. Mon père me foudroie du regard, il est palot le father, pas rasé et les yeux rouges, ça lui faisait pas cet effet le pastaga avant...

— Ou t’étais ?

Je suis un peu pris de court pour inventer une belle histoire, si je lui raconte celle du bel au bois dormant qui s’est fait troncher par son prince charmant, même en version expurgé, il risque de ne pas apprécier le conte, il a perdu son âme d’enfant, mon papa.

— Il était avec moi, Monsieur, on a dormi chez mon cousin.

— Avec toi Nicolas ? (Tiens, mon père connaît Nico !) Tu me le jures.

— Promis. J’ai trouvé Pierrot à la dérive, il avait pas ses clefs pour rentrer alors je l’ai harponné par une aile et je l’ai emmené dormir chez mon cousin Laurent, il pourra vous le dire.

Je sens que ça se décontracte du côté du biceps droit, la taloche, elle va pas partir tout de suite. Il a les épaules qui s’affaissent et d’un seul coup il me chope dans ses bras, je me retrouve tout bêtasse avec les abatis coincés le long du corps.

— Putain que j’ai eu peur Pierrot, j’ai cru que t’étais avec les voyous qu’ont foutu le feu. Je m’en voulais à mort de m’être saoulé un soir de Noël. Tu me pardonnes fiston ? Je sais pas le dire mais je t’aime.

— Je t’aime aussi, Papa.


Et là, tu sais ce qu’il fait ce con, en pleine rue, devant des potes qui passent ?

IL M’EMBRAAAASSE !!!!

Fin. Et bien sûr: Meilleurs voeux et joyeuses fêtes à tous! neo14@hushmail.com


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